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Europe partagée, Europe des partages

De
242 pages
La crise actuelle serait peut-être une occasion de dessiner de nouvelles alliances, de nouvelles solidarités et de nouveaux équilibres au sein de l'Union européenne. Mais comment cette Europe partagée en politique peut-elle devenir une Europe des partages par et pour les citoyens ? L'Europe se construit du local des quotidiens plus que du global des institutions. Une Europe partagée, c'est une Europe qui se vit au quotidien. Il reste à apprécier, à découvrir voire à définir un projet collectif, européen.
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Europe partagée,
 
      Europe
des partages
 
Collection  Local & Global dirigée par Gilles ROUET et François SOULAGES  Cette collection publie des livres réfléchissant au double phénomène articulé qui scande et structure les mondes contemporains, à savoir la précipitation vers le global et la revendication du local. Pour certains, « globalisation » et « mondialisation » sont synonymes, pour d’autres la confrontation des triplets sémantiques « globe/global/globalisation » et « monde/mondial/mondialisation »  articule des analyses, des constats négatifs de cette transformation/évolution avec la positivité d’une ouverture au monde, d’être-au-monde, de découverte de l’autre comme monde, un monde qui dépasse le seul globe, constat physique, l’économique, qui s’inscrit dans une quête de sens. Mais aussi un monde décrit comme global plutôt qu’universel.   Déjà parus  Serge DUFOULON & Mária ROŠTEKOVÁ (dir.), Migrations, Mobilités, Frontières & Voisinage Gilles ROUET (dir.), Citoyennetés et nationalités en Europe, articulations et enjeux Gilles ROUET (dir.), Nations, cultures et entreprises en Europe Helena BÁLINTOVÁ & Janka PÁLKOVÁ (dir.), Création culturelle, productions locales et perceptions globales  Ivaylo DITCHEV & Gilles ROUET (dir.), La photographie, mythe global et usage local Dominique BERTHET, Pratiques artistiques contemporaines en Martinique. Esthétique de la Rencontre 1 Gilles ROUET (dir.), Usages de l’Internet, éducation et culture Gilles ROUET (dir.), Usages politiques des nouveaux médias Antoniy GALABOV & Jamil SAYAH (dir.), Participations et citoyennetés depuis le Printemps arabe  Serge DUFOULON (dir.), Internet ou la boîte à usages François SOULAGES (dir.), Géoartistique et géopolitique. Frontières     
 
 
Sous la direction de Serge DUFOULON & Gilles ROUET              Europe partagée, Europe des partages                 
 
    
 
Les directeurs de cette publication remercient les participants aux universités d’été 2011 et 2012 « Identités et citoyennetés en Europe », et, en particulier, Stéphane Alvarez, Anne-Coralie Bonnaire, Cecilia Germain, Christophe Lips, Samantha Lisik, Nelson Rodrigo, Pauline Rouet, Anna Slatinska et Yana Yovcheva pour leur important travail de traduction et de relecture attentive, patiente et efficace. Remerciements particuliers et amicaux à Mária Rošteková et Radovan Gura sans lesquels le projet n’aurait pas pu aboutir.   Publié avec le concours de l’Université Matej Bel de Banská Bystrica, du département de sociologie de l’Université Pierre Mendès France de Grenoble, du département de sciences politiques de la Nouvelle Université Bulgare de Sofia, de l’Institut Universitaire Franco-Slovaque, de l’Institut d’Études Européennes de l’Université Jagellon de Cracovie, de l’Université Corvinus de Budapest, de l’Institut d’Études Européennes et Internationales de Reims et de la Chaire Jean Monnet Identités et Cultures en Europe . et grâce au soutien de l’agence Erasmus SAIAC, Bratislava            
 
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École polytechnique ; 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00021-3 EAN : 9782343000213  
 
  Introduction     Partages et intégration européenne    Il est plaisant et curieux que le nom d’Europe trouve ses racines dans la mythologie grecque 1  alors que ce pays est aujourd’hui tourmenté par les crises financière, économique et sociale au point qu’une grande partie de sa population se pose la question de savoir si elle doit renoncer à l’Europe comme on abandonne aux usuriers un bijou de famille hérité de la nuit des temps.  
 Avers de la pièce de 2 euros, Grèce 2   Les Grecs rappellent le mythe à l’origine du nom du continent en l’inscrivant sur leur pièce de 2 euros. Les amours tumultueuses entre le dieu des dieux et la belle nymphe ont largement été illustrées par les artistes tels que Paul Véronèse (au palais des Doges, à Venise), Claude Lorrain (Buckingham Palace), le Titien, le Dominiquin (Munich) ; par Van Balen (Belvédère), Mignard, Natoire, Boucher, Gustave Moreau et bien d’autres. Il                                                      1. Cf. <http://crdp.ac-paris.fr/parcours/fondateurs/index.php/category/le-my the-deurope>. 2. Représentation du mythe de l’enlèvement d’Europe, fille d’Agénor, par Zeus, alors métamorphosé en taureau blanc. Légende : « Ευρώπη » (Europe). La valeur faciale est entourée des douze étoiles de l'Union.  7
 
faut croire que le mythe inspire davantage les artistes qui l’ont diffusé que les politiques qui le méconnaissent. Pourtant, sans entrer dans une analyse sémiologique et symbolique de ce mythe fondateur chez les Grecs, nous pouvons observer que la violence de l’enlèvement de la nymphe Europe par Zeus sera nécessaire à sa divinisation. La forme dieu-taureau donnera naissance à la constellation du taureau qui ainsi devient éternelle. Les mythes nous informent très souvent sur la manière dont les civilisations se construisent. Ils nous apprennent qu’il ne peut y avoir d’amour sans déchirement et de naissance sans douleur. L’histoire peut parfois dépasser le mythe, dans la beauté ou l’horreur, comme le démontra la Deuxième Guerre mondiale à l’origine de la construction européenne. Les mythes nous donnent à voir comment l’ordre et le désordre alternent, ce qui est singulier et ce qui est partagé, notamment à travers leurs variantes culturelles.  Cette Europe que nous connaissons aujourd’hui a été par le passé morcelée en tribus, royaumes, nations et cultures. Depuis l’Antiquité, quand elle fut unie par quelques princes ou tyrans, ce fut par les armes et dans le sang. Il serait illusoire de penser que les Européens, quel que soit leur lieu de villégiature, aient échappé aux brassages des peuples et aux déplacements face aux alliances, aux invasions et aux échanges de toute nature : les mythes sont là aussi pour nous rappeler ces vérités, c’est dans l’échange que se renforcent les peuples et que se fondent les civilisations, comme le donne à voir l’enlèvement des Sabines de la mythologie romaine 3 . Que reste-t-il aujourd’hui dans cette Europe métisse de ces échanges ? Dans le même mouvement, la construction européenne met les nations face à leur destin en leur rappelant le passé tragique, l’union et l’échange plutôt que la guerre ! Plusieurs chapitres de cet ouvrage analysent la structure des échanges entre nations au sein de la communauté européenne, les auteurs font la démonstration que si les échanges financiers, de biens, de services et d’humains sont réels, ils n’en demeurent pas moins largement asymétriques. Les premiers textes mettent ainsi en exergue différents aspects de cette asymétrie. Le premier chapitre s’interroge sur la structure et l’origine même de la création de l’Europe et met à jour des déséquilibres juridiques et                                                      3. Cf. <http://fr.wikipedia.org/wiki/E _ _ nl%C3%A8vement des Sabines>.  8
 
économiques majeurs, soit dans le droit qui s’impose aux nouveaux pays adhérents, soit dans les relations d’échange entre pays. En l’absence de mythe fondateur commun aux membres de l’UE, la crise économique et financière qui sévit depuis fin 2008 en Europe et dans le monde pourrait être une opportunité d’installation d’une nouvelle structure européenne, comme le montre le deuxième chapitre. Peut-être que cette fameuse crise pourrait jeter les bases d’un mythe rassembleur aujourd’hui absent. La crise est le moment où se dessinent de nouvelles alliances, de nouvelles solidarités et de nouveaux équilibres. Dans le troisième chapitre, cette réflexion est poursuivie à partir de la crise des dernières années : au fond, n’est-ce pas au sein même des structures politiques de la communauté européenne qu’il faut aller chercher les problèmes de l’eurozone ? L’Europe serait, d’une part, en mal de leadership, et, d’autre part, oscillerait entre une confédération et une fédération de nations, une structure hybride qui serait à la source du malaise européen. Les conséquences de cette situation sont un manque d’intérêt pour les institutions européennes et un déni de démocratie. Dans le quatrième chapitre, la question est de savoir s’il est possible de construire une Europe sociale. Entre les partisans néo-libéraux qui pensent que le marché crée les conditions du social et ceux qui partent du social comme condition de l’Union européenne, il s’agit de mettre en évidence l’hétérogénéité des modèles nationaux des différents pays d’Europe afin de comprendre comment ils organisent et gèrent la question sociale. Loin de tout pessimisme, il existerait donc en Europe une dimension sociale liée aux adaptations des normes nationales. Ainsi, le dialogue social, les représentations interprofessionnelles, les entreprises et citoyens sont reconnus comme des acteurs à part entière par les institutions européennes. Le cinquième chapitre pose la question de la libre circulation en Europe. Il s’agit d’un aspect fondamental, car chaque nation admet l’accès libre à la totalité de son territoire à tous les citoyens. Pour autant existent différentes réglementations européennes. Construire une identité européenne est bien s’approprier un territoire, des modes de faire et d’être tout à fait différents. En ce sens, la libre circulation est un outil économique pour les individus, mais également une façon de se construire en
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