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Europe quel avenir?

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Ajouté le : 01 janvier 0001
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EAN13 : 9782296370791
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Europe, quel avenir? Emploi, chômage des jeunes, coopératives, clandestins

Collection

LOl!.iQues Sociales

Brigitte BRÉBANT, pauvreté, un destin? 1984, 284 pages. La J.-M. BEMBE,Les jeunes et l'ordre politique en Afrique noire. 1985, 256 pages.

Guy MINGUET, Naissance de l'Anjou industriel. Entreprise et société locale à Angers et dans le Choletais. 1985, 232 pages. Groupe. de Sociologie du Travail, Le travail et sa sociologie: essais critiques. Colloque de Gif-sur-Yvette. 1985, 304 pages. Majhemout DIOP, istoire des classes sociales dans l'Afrique de H l'Ouest. Tome 1 : Le Mali. Tome 2 : Le Sénégal. 1985.
Pierre COUSIN,Jean-Pierre BOUfINET,Michel MORFIN,Aspirations religieuses des jeunes lycéens. 1985, 172 pages. Michel DEBOUf,Gérard CLA vAIROL,Le désordre médical. 1986, Y 160 pages.
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@ L'Harmattan, 1986 ISBN: 2-85802-699-8

Franco Foschi

Europe, quel avenir?
Emploi, chômage des jeunes, coopératives, clandestins

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Editions L'Harmattan

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7, rue de l'Ecole-Polytechnique
75005 Paris

Présentation

Cet ouvrage est un recueil des documents que r auteur a rédigés dans le cadre des travaux de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, au cours des trois dernières années, sur quelques thèmes névralgiques touchant la politique sociale en Europe tels que l'emploi, le chômage des jeunes, le mouvement de coopératisme et les travailleurs étrangers en situation irrégulière. Il s'agit de documents qui font p"artie intégrante des rapports de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe sur les thèmes en question (1). Nous estimons que l'initiative de réunir ces documents dans un ouvrage à large diffusion et dans une collection traitant de questions sociales présente plusieurs mérites. D'abord, le mérite de faire connaître des documents qui, jetant un regard comparatif sur tous les pays du Conseil de l'Europe, nous offrent une approche internationale d'autant plus intéressante que l'information, en ce domaine, souffre d'une lacune importante. En outre, ce recueil vise à faire sortir des bureaux administratifs des institutions et organismes internationaux, où ils restent d'habitude enfermés, des documents dont les sujets de débat et la réflexion mériteraient de s'adresser à un public
(I) Conseil de l'Europe; assemblée parlementaire. Enlploi en Europe (Doc. 5201); Chômage des jeunes (Doc. 5303); Avenir des coopératives en Europe (Doc. 5321) et Migrations clandestines en Europe (Doc. 5265). 5

bien plus large et de susciter l'intérêt des partenaires sociaux et de tous ceux qui mènent une action collective dans le domaine des politiques sociales. Enfin, ce recueil a le mérite de mettre en valeur le travail de recherche de l'auteur qui, depuis plusieurs années, suit de près les problèmes sociaux à l'échelle européenne. Bien qu'il s'agisse de plusieurs sujets, il y a entre eux des liens très étroits que l'approche de l'auteur met en évidence: articulation dont toute politique sociale devrait tenir compte. Peut-on, en effet, définir des politiques de marché de l'emploi sans faire une analyse de la présence en Europe de 15 millions d'immigrés (travailleurs et familles), du taux de chômage qui dépasse les 10 % dans les pays de la Communauté, des proportions alarmantes prises par le chômage des jeunes (entre 26 % et 44 % fin 1984 en France, Angleterre, Espagne et Italie), du nombre élevé de travailleurs étrangers en situation illégale dans presque tous les pays européens (estimation dépassant le million) ? Est-il possible, d'autre part, de développer des politiques d'emploi - visant surtout les jeunes - sans étudier le rôle que le mouvement coopératif (coopératives agricoles et ouvrières en particulier) pourrait y jouer pour sortir de la récession économique actuelle? Question - celle-ci- qui s'insère dans le cadre plus général du débat sur la participation des travailleurs au processus de décision et qui touche notamment la France où le secteur coopératif a été particulièrement marginalisé et parfois méconnu autant des milieux politiques que financiers, par rapport à d'autres pays européens comme l'Espagne et l'Italie (1 400 coopératives en France, 15 000 en Espagne et 20000 en Italie). Il s'agit là de questions importantes sur lesquelles l'auteur essaie d'apporter, sinon des solutions, du moins des éclairages que nous considérons comme essentiels pour bien poser les problèmes.

Paris, mars 1986

Antonio PEROTTI Directeur du C.I.E.M.I.

Chapitre premier L'emploi en Europe

I. Introduction

L'an dernier a été caractérisé par la prise de conscience collective, notamment au niveau des responsables politiques, du phénomène du « chômage» sous tous ses aspects. Il en a résulté une série de réunions à un niveau élevé, qui ont essayé de considérer le problème sous des angles différents, par exemple aux Communautés, la session extraordinaire du Parlement européen en avril 1983, sur le plan local et régional, la Conférence permanente des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe, octobre 1983, dans le cadre du dialogue entre les partenaires sociaux, la Conférence internationale du Travail, Genève, juin 1983, et,. enfin, la Conférence des ministres européens du Travail des vingt et un pays membres du Conseil de l'Europe (Paris, 3-5 mai 1983). On pourrait certes se demander pourquoi les ministres du Travail des pays membres du Conseil de l'Europe ont attendu onze ans (la dernière conférence date de novembre 1982)pour reprendre la discussion d'un phénomène dont ils avaient déjà si bien pronostiqué la recrudescence. Mais on ne peut que se féliciter de leur initiative récente et espérer que cette conférence constituera un premier pas décisif vers une action européenne solidaire et responsable contre le chômage. Certains experts, peut-être pour alléger la responsabilité 7 ~

qui pèse sur les politiques monétaristes, essayent d'expliquer la situation actuelle par l'arrivée sur le marché du travail d'un grand nombre de jeunes, conséquence de la forte natalité pendant les années 60. Selon eux, cette pression, qui devrait encore se faire sentir pendant les années 80, sera suivie d'un renversement de tendance avec même le risque d'une pénurie de main-d'œuvre vers la fin du siècle. La définition des politiques du marché de remploi et celle des politiques sociales correspondantes ne peuvent reposer que sur des prévisions d'autant plus incertaines qu'elles ne tiennent pas compte de la responsabilité politique de l'Europe pour une plus grande solidarité entre les nations, dont l'élément le plus concret est le grand nombre de travailleurs migrants et de réfugiés qui vivent et travaillent dans les pays européens et qui compensent, pour ainsi dire, le ralentissement démographique en Europe. Ce serait une grave erreur historique que de vouloir résoudre le problème du chômage en l'exportant vers d'autres pays. Les risques politiques, sans compter les risques commerciaux, d'une telle opération dépasseraient de loin les avantages présumés. Nous avons eu l'occasion de discuter plus à fond de cette question dans le débat à propos du rapport de la commission des migrations, des réfugiés et de la démographie sur les mouvements xénophobes en Europe.

II. Conséquences sociales du chômage à long terme

Nous considérons que le droit au travail énoncé dans la Charte sociale européenne est un droit fondamental de tout être humain, mais nous ne savons pas encore grand-chose de l'effet du chômage sur l'individu du point de vue social, ni de la manière dont il contribue à la marginalisation de certaines catégories de la population active. Trop peu de recherches scientifiques ont été conduites jusqu'ici pour que l'on puisse se faire une idée exacte de ce
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que sera le tissu social dans une société européenne où le taux de chômage permanent est élevé et où des personnes connaissent de longues périodes de chômage. La courbe' suivante permet de comprendre mieux comment l'expérience du chômage est vécue d'une manière générale pour le demandeur d'emploi:

L'expérience du chômage moral

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renoncer à mes compétences ? dois-je

soucis d'argent ennui perte progressive du respect de soi chances de plus en plus réduites de retrouver un emploi

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région?

changer de

laisser tomber complètement? optimisme ---"'péssimisme fatalisme

état de choc

Source: R. Harrison: "The Demoralising Experience of Prolonged Unemployment". Depart11zent of E11zploY111ent Gazette, avril 1976, p.340.

Il faut aussi se demander si et dans quelle mesure les jeunes générations futures, qui auront grandi dans des familles ayant connu le chômage, ne remettront pas en question les valeurs liées au travail et à l'organisation traditionnelle du travail. Ne risquons-nous pas de voir un jour une crise de r emploi coexister paradoxalement avec une crisé de l'éthique du travail? Aujourd'hui déjà on constate une dégradation du comportement des personnes vis-à-vis de leur travail et les taux d'absentéisme en Europe sont nettement supérieurs à ceux que l'on relève aux Etats-Unis et au Japon. Face précisément à la gravité exceptionnelle du chômage qui, dans presque tous les pays, touche relativement plus les 9

jeunes, il semble néanmoins légitime de se demander s'il ne conviendrait pas, à la lumière également des nombreuses initiatives prises sur des thèmes analogues au niveau des organismes internationaux et régionaux, d'aller au-delà de l'adoption rituelle de longues listes de conclusions ou de résolutions, en incitant les différentes institutions à donner un caractère plus concret aux suggestions qu'elles formulent. En dépit des difficultés et des limites auxquelles on risque de se heurter, il ne devrait pas être impossible de promouvoir des actions et des initiatives témoignant non pas seulement en théorie mais de manière tangible, de la volonté de travailler à des objectifs précis. Un aspect souvent sous-estimé du phénomène du chômage est celui du coût. Sans vouloir procéder ici à une étude détaillée du coût économique du chômage sous ses trois angles différents, c'est-à-dire le coût pour la société (manque à produire), le coût pour l'Etat (finances publiques) et le coût pour l'individu, limitons-nous à affirmer que ce coût est considérable et continuera à affecter nos pays pendant de longues années. Le coût de la perte de production est très difficile à estimer et nécessite des calculs élaborés. On l'évalue néanmoins pour les pays européens de l'O.C.D.E. au minimum à 6,7 % du P.N.B. pour l'année 1982 (1). En revanche, les estimations concernant les retombées sur les finances publiques sont relativement plus précises. Pour le Royaume-Uni, des. études ont montré que le coût pour le Trésor, au cours de l'année budgétaire 1981-1982, s'est élevé à 13 milliards de livres, soit un coût annuel par chômeur de 4 500 à 5 000 livres. Ainsi, ces coûts représentent l'incidence sur les recettes budgétaires et l'impact du chômage. En République Fédérale d'Allemagne, on a calculé que le coût moyen d'un chômeur s'est élevé, en 1983, à près de
(1) Une étude sur le coût économique du chômage dans certains pays du Conseil de l'Europe a été réalisée par l'Institut syndical européen (Doc. SOC (84) 2 du 25 janvier 1984). 10

24 000 DM, soit un coût annuel de près de 55 milliards de DM. Pour l'Etat autrichien, le coût annuel d'un travailleur de l'industrie au chômage touchant une rémunération moyenne est compris entre 152 000 et 167 000 schillings autrichiens. Les indemnités de chômage représentent moins de la moitié de ce coût. En Suède, l'on estime que le chômage déclaré a entraîné, en 1983,une ponction de 12 milliards de couronnes suédoises sur les finances publiques sous forme de prestations et sous forme de pertes' de recettes fiscales et de recettes de sécurité sociale. Les tableaux en annexe I permettent de mieux comprendre le problème du coût, compte tenu aussi de la durée moyenne de la période d'indemnisation dans certains pays.

III. Politiques du marché du travail
Face à un chômage durable et d'un niveau élevé, il convient, dans un premier temps, de prendre conscience de l'existence de certains risques latents. Le premier tient à la possibilité que les' tensions sociales et la pression de larges couches de l'opinion publique poussent les autorités responsables à tenter d'assainir la situation de l'emploi en recourant à des mesures spécifiques, mais non réfléchies, répondant aux exigences pressantes du moment. L'absence de vision d'ensemble pourrait conduire à adopter des mesures inefficaces, voire finalement néfastes pour l'économie et le bien-être général. Au nombre de ces mesures, on peut certainement compter: - le développement excessif et sans discernement de la demande globale, qui pourrait se révéler incompatible avec l'équilibre macro-économique; - la protection artificielle des niveaux d'emploi par le biais d'instruments législatifs ou d'autres mesures équivalenIl ~