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Finlande, "Finlandisation", Union Soviétique

De
160 pages
Depuis bientôt trente années, le mot "finlandisation" hante l'Europe. Mais que sait-on à ce sujet ? La capitale de la Finlande n'est cependant qu'à trois heures de Paris... Jacques Arnault, selon une méthode toute simple qui a fait sa réputation de journaliste et d'écrivain, s'est rendu en Finlande : il a questionné les divers acteurs de la vie politique, économique culturelle, religieuse et de la défense universitaires et journalistes. Il a interrogé longuement l'histoire. - Puis il s'est rendu en Union soviétique pour entendre plus particulièrement les personnalités et spécialistes qui participent directement à l'élaboration et à la mise en oeuvre des relations soviéto-finlandaises. Cet ouvrage, ce sont les réponses des divers protagonistes que l'auteur soumet à notre examen. Donnant à voir, il invite à la réflexion. Le mot "finlandisation" recouvre-t-il un concept consistant ? Au lecteur de juger... Chemin faisant, on découvrira une surprenante Finlande qui est venue se placer en peu d'années au premier rang des pays industrialisés…
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FINLANDE " FINLANDISATION" UNION SOVIÉTIQUE...

DU MEME AUTEUR

Aux Editions de la Nouvelle Critique:
Procès du colonialisme (1958) Cuba et le marxisme (1962) Du colonialisme au socialisme: Hanoï, La Havane, Alger, Bamako, Conakry, Accra (1966)

Aux Editions Sociales: Journal de voyage en Amérique latine, deux volumes (1969) Le «Socialisme» suédois (1970) Les Ouvriers américains (1972) La Démocratie à Sacramento-U.S.A. (1976) La Démocratie à Washington (1980) Aux Editions Pierre Seghers: La Suède en question: une société mixte (1971)

Jacques ARNAULT

FINLANDE " FINLANDISATION" UNION SOVIÉTIQUE...
Préface du Général F. GAMBIEZ membre de l'Institut

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

@ L'Harmattan, 1986 ISBN 2-85802-701-3

Sommaire

PREFACE du Général Gambiez, membre de l'Institut. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

9

1. Introduction En cet endroit du monde - «Finnlandisierung» (1953) - «Finlandisation» (1983) Le silenceet l'oubli - Un zestede réprobation

-

-

Une enquête. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

13

2. Histoire I

Les rois de Suède - Les tsars de Russie « Rouges» et «Blancs» - La Républiquede Finlande. ............................

-

17

3. Histoire fi
L'expansion hitlérienne - La sécurité de Leningrad - Les entretiens Paasikivi-Staline -

«Sans terrain de manœuvre» -

L'échec..

21

4. Histoirem

La « guerre d'Hiver» Les intrigues francobritanniques - «TI serait difficile de trouver dans l'histoire...» ......................

-

29

5. Histoire IV

La reprise des hostilités - L'engrenage hitlérien- « Bonne deuxième» - Tant les guerres ont marqué les esprits... ..................

35 5

6. Les traités de 1947 et 1948 J.K. Paasikivi- Un nouveau type de relations - Le Traité de Paix, d'Amitié et de Coopération - Jusqu'en 2002 ..... 7. Bref aperçu économique On vit frugalement- La révolution industrielle

41

-

De la campagne à la ville - 75 % et 25 %

49

8. La liberté d'entreprise La concentration industrielle et financière Deux banques - Le secteur d'Etat - L'internationalisation - «Voyez notre Bourse...» ..

55

9. Les relations sociales La Confédérationdu patronat - Une discipline stricte - Les Confédérations de salariés - Les
conventions collectives - Les grèves «sauvages» - Deux conflits - Le «rattrapage» finlandais - Procédure ou conjoncture? ....

63

10. La liberté de gouverner Le président - La Chambre des représentants - La Constitution - La majorité des deux
tiers

- Les courants politiques. . . . . . . . . . . .

75

Il.

La liberté de religion L'Eglise luthérienne - L'enseignement religieux - «Le péché est toujours présent» - L'éthique du travail........................

83

12. La liberté de l'enseignement L'identité nationale - Le «Kalevala» « Dallas» et «Dynastie» - Le systèmeéducatif - La sélection Un manuel d'histoire

-

91

13. La liberté de la presse

De grands consommateurs «Autant d'ampleur d'information» - Autocensure? - La critique indirecte...- ... et directe... ........ 6

-

99

14. La Défense nationale Le Traité de Paris - L'organisation des forces - « Un tiers, un tiers, un tiers» - Les missiles
de croisière

- Défenseet détente. . . . . . . . . . 105

15. Le mécanisme des échanges finIando-soviétiques Le système de compensation - Sur la base des prix mondiaux - A long terme - « Une belle base pour nos entreprises» - «Nous partons
de faits concrets» Le caravansérail - Une vitrine?

......................

113

16. Moscou I - Leningrad

merce «frontalier» - Des rapportsconfiants
121

-

-

«L'argent, c'est l'argent» Le pôle Nord? Le com-

-

- «Nous déjeunons ensemble» .......... 17. Tallin

Une même origine - Satisfactions et irritations - 100 000 Finlandais «Les contrariétés idéologiques ne doivent pas altérer les relations mutuelles» ............................ 127

-

18. Moscou fi
«

La certitude absolue qu'un jour... »

Churchill lique?

... et beaucoup d'estime -

-

- Winston Beaucoup de suspicion... «La ligne Passikivi-

-

Un jeu machiavé133

En gardant ses positions propres. .

19. Une expérience de quarante années
Un intérêt légitime

Kekkonen» - Ce qui compte, c'est d'être constant - Les eaux calmes. . . . . . . . . . . . . . . . . .

137

20. « Des expériences à la disposition de toUS»
«

C'est très frustrant...
Au huitième rang

»

nomie, le «consensus», la condition féminine, l'éducation, la perméabilité sociale - «Nulle part une aussi petite quantité d'alcool...» Restrictive

-

-

-

Je n'y pense jamais Interrogation sur l'éco-

- Approcher les réalités. . . . . . . . 145
7

Préface

Jacques Arnault, journaliste, écrivain, auteur d'une analyse critique du «modèle suédois », aborde aujourd'hui le difficile problème des relations finlando-soviétique, en appliquant ici une fois encore la méthode qui a fait son succès: construire son ouvrage à partir d'enquêtes personnelles dans les pays concernés.
Son grand mérite est d'avoir su réaliser une brillante synthèse de la situation sociale, politique, historique et culturelle de la Finlande. Car que sait-on au juste de ce petit pays de 337000 kilomètres carrés, peuplé de 4,8 millions d'habitants, possédant une frontière commune avec l'Union soviétique de 1 270 kilomètres et dont le produit national brut par habitant est supérieur à celui de la France? Rien ou presque rien. Ce qui frappe, c'est la rareté des études sur la Finlande moderne.

Ainsi, mis à part quelques mémoires d'officiers ayant été en poste en Finlande au cours de la Seconde Guerre mondiale et quelques très rares articles de revues, c'est le silence. Or aujourd'hui, inconsciemment ou non, la Finlande a donné son nom à un mot: finlandisation, évocateur pour nous d'un Etat qui, pour prix de relations pacifiques avec
son voisin, aurait aliéné sa liberté.
«

Ensemble

de limitations

imposées par un puissant Etat à l'autonomie d'un voisin plus faible», telle est la définition du dictionnaire encyclopédique Larousse. 9

A partir de ce postulat, Jacques Arnault va s'attacher à donner, à l'aide d'entretiens tant en Union soviétique qu'en Finlande, une vision originale et précise des choses. Il dépeint les Finlandais comme un peuple courageux et novateur, la Finlande comme un pays cherchant à s'organiser et qui d'abord veut être. Puis, Jacques Arnault va puiser dans l'histoire, source du passé, l'explication de la situation actuelle. En effet, la Finlande reste marquée à la fois par son intégration à la Suède au cours du XIIe siècle, qui la rattache à la sphère politique, économique, culturelle et religieuse de l'Occident chrétien, et par son incorporation à la Russie, en 1806, qui l'enchaîne au monde slave jusqu'en 1917, date à laquelle elle reprend son indépendance. La Finlande occupe donc dans le monde scandinave une position particulière, celle d'Etat frontière proche d'un monde étranger, comme le dit si justement Jacques Arnault, ce qui l'oblige à mener une politique de compromis qu'illustre son attitude au cours de la Seconde Guerre mondiale. En effet, par son habileté, le maréchal Mannerheim la préserve de l'occupation et des bouleversements qu'ont connus les autres voisins immédiats de l'U.R.S.S.: en l'associant à l'attaque nazie de juin 1941, il lui permet de récupérer les territoires perdus lors de la guerre d'hiver de 1939-1940, mais il refuse de lancer son pays dans la croisade anti-bolchévique.

La Finlande, fait-on observer à Helsinki, est, parmi les belligérants européens de la Seconde Guerre mondiale, un des trois pays, avec l'Angleterre et l'U.R.S.S., dont la capitale n'a pas été occupée. Cette politique à la fois tout en compromis et en finesse, fort bien mise en valeur par Jacques Arnault, on la
retrouve encore dans l'après-guerre.

La Finlande, condamnée au traité de Paris en février 1947, élabore une politique originale avec son puissant voisin qui, tout en la liant par un traité de coopération et d'assistance mutuelle en vigueur jusqu'en 2002, lui laisse
10

pourtant sa totale indépendance. Et l'action de Jacques Arnault se situe dans cette optique, d'où tout l'intérêt de
son livre. Il s'agit, grâce à un considérable travail de recueil de témoignages écrits et oraux auprès de personnalités tant finlandaises que soviétiques, de prouver que la Finlande a réussi à préserver sa totale indépendance tout en maintenant d'excellentes relations avec l'U.R.S.S. Tâche d'autant plus ardue et ingrate que, nous autres Occidentaux, sommes généralement réticents à admettre cet état de fait... Le mérite de l'auteur est d'avoir recherché la vérité, or celle-ci n'éclate pas au grand jour mais, comme le disait Léon Tolstoï, se cache dans le coin sombre d'une cave emmitouflée de mensonges. Il n'en reste pas moins vrai que l'expérience des relations de la Finlande - le voisin faible - et de l'Union soviétique le puissant Etat mérite mieux que la commisération ou la condescendance. Chaque pays fait des expériences différentes et il est difficile de projeter ailleurs, en Europe, la situation de la Finlande. Néanmoins, sa propre expérience est à la disposition de tous.

-

-

Le Général d'Armée F. Gambiez membre de l'Institut

11

Frontières de la Finlande au XX. siècle

NORVEGE

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les Aland.

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P . PodckaIa(Cédéâbalâl'URSS, 1944-1956)

= Hanko.(Cédéâbalâl'URSS,I940-1941)

1
Introduction
En cet endroit du monde « Finnlandisierung» (1953) - {( Finlandisation» (1983) - Le silence et l'oubli Un zeste de réprobation Une enquête.

-

-

-

Quitter Paris en un mi-mai frileux à la manière d'un touriste s'envolant vers le pôle; toucher terre, trois heures plus tard, à Helsinki par un soleil d'été; déambuler parmi une foule généralement blonde, assez égalitaire dans le vêtement, respectueuse des feux de circulation; dans une ville sans publicité agressive, d'apparence peu américanisée et non érotisée (Ie nu ne serait pas en Finlande un incitatif à la vente tant le «sauna» l'a vulgarisé...) ; frayer sa voie parmi les buveurs de soleil et les buveurs de bière (un « demi» finlandais est un demi-litre) au coude à coude sur les bancs et les terrasses de l'Esplanade; noter quelques
silhouettes titubantes avant de quitter Paris récente:
lisent l'Etat,

taux de consommation de l'alcool

-

à ce qu'il est en France; constater que la ville est toute
les édifices les plus anciens
d'architecture classique

-

souvent par deux - bien que le vous l'avez relevé soit de 2,4 inférieur en Finlande

-

-

ceux qui symbofurent construits

après 1820; que les édifices privés du tournant du siècle, au style tourmenté, portent la marque d'une grande prospérité bourgeoise; que l'architecture moderne a su s'entendre avec la nature, que cette nature et la mer pénètrent la ville; flâner sur le marché du port, qui n'a rien à

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envier, au bruitage près, aux marchés de Provence; s'embarquer pour une des îles qui parsèment le golfe et découvrir, au retour, un des panoramas les plus précieux du monde: la ville semble émerger; d'abord les dômes des deux cathédrales - bleuté sur blanc pour la luthérienne, or et brique pour l'orthodoxe qui symbolisent ici la ligne de rencontre (ou de séparation) entre les chrétientés d'Orient et d'Occident; puis, en contrebas, l'horizontalité des édifices du fond du golfe qu'animent bientôt les oriflammes de la Présidence de la République et de l'Hôtel de ville; puis les quais latéraux le long desquels viennent se ranger les hautes structures colorées des ferry-boats qui desservent la Baltique; remarquer que chaque rue ou place portent deux noms le finnois et le suédois - dont vous chercherez en vain, tant ils sont dissemblables, la parenté; déduire enfin du menu des restaurants - pas des selfservices - que le cours du mark finlandais est élevé ou que celui du franc est bas... ces impressions suffisent à meubler un premier après-midi d'un séjour en Finlande... Pourquoi venir en Finlande? L'intérêt touristique est certain (la Carélie, on le saura plus tard - lacs, forets, lumière, silence est un enchantement): un million de visiteurs en 1985 dont la moitié de Scandinaves, 300 000 de langue allemande, 100000 de Nord-Américains pour qui le passage par Helsinki est le plus court chemin vers Leningrad et l'U.R.S.S. Peu de Français (20000). L'intrigue est ici de caractère politique. Courtisée à l'orée de Ja Seconde Guerre mondiale, «courageuse », « héroïque », invitée par les gouvernements anglais et français à résister face à l'Union soviétique jusqu'au dernier Finlandais, la Finlande retomba dans l'oubli dont la rappelleront périodiquement quelques noms prestigieux: Alvar Aalto pour l'architecture et le design, Mika Waltari et Vaino Linna pour la littérature, Lasse Viren pour l'athlétisme ou quelque grande rencontre politique telle la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe que concluront les Accords de Helsinki (1975). Oubli bientôt accompagné d'un zeste de réprobation: la création du terme «finlandisation» pour désigner un Etat qui, pour prix de relations pacifiques avec son principal voisin, aurait aliéné sa liberté.

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