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France-Chine

De
228 pages
À cette époque où les échanges internationaux se développent, la question de la communication entre les cultures se pose. Les malentendus qui ont émaillé les relations franco-chinoises, notamment pendant l'Année de la Chine en France, prouvent que la communication interculturelle est compliquée. Des auteurs français et chinois analysent ces difficultés, notamment dans les relations entre entreprises multinationales, qui sont aussi multiculturelles.
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Sous là dIRECtIoN dE HuguEs Ho
France-cHi
iNtERCultuRàlIté Et CommuNIC
France-Chine Interculturalité et communication
Communication des organisationsCollection dirigée par Hugues Hotier Déjà parus
Hugues, HOTIER,Non-verbal et organisation, 2000, 258 p. Gino, GRAMACCIA,Actes de langage, 2001, 288 p. Nicole, DENOIT,Le pouvoir du don,tome 1, le paradoxe d’une communication d’entreprise par le mécénat, 2002, 334 p. Nicole, DENOIT,Le pouvoir du don,tome 2années, Des « fric » aux « années banlieues », 2002, 220 p. Jacques, BONNET, Rosette, BONNET,Nouvelles compétences des cadres dirigeants, 2003, 254 p. Elizabeth, GARDERE,Le capital mémoire de l’entreprise, 2003, 302 p. Elizabeth, GARDERE, Gino, GRAMACCIA,Coexister dans les mondes organisationnels, 2003, 184 p. Arlette, BOUZON,La place de la communication dans la conception des systèmes à risques, 2004, 242 p. Valérie, CARAYOL,Communication organisationnelle une perspective allagmatique, 2004, 235 p. Valérie, CARAYOL,Vivre l’urgence dans les organisations, 2005, 164 p. Henri, ALEXIS,La communication des organisations à la croisée des chemins disciplinaires, 2005, 156 p. Michèle, GABAY, Communiquer dans un monde en crise, 2005, 152 p. Arlette, BOUZON,La communication organisationnelle en débat, 2006, 298 p. Luc, BONNEVILLE, Sylvie, GROSJEAN,Repenser la communication dans les organisations, 2007, 300 p. Jacques, BONNET, Rosette, BONNET, Gino GRAMACCIA, Management et communication, 2011, 276 p. Benoît, CORDELIER,Changement organisationnel et management par projet, 2012, 328 p. Aurélie, LABORDE,TIC et agriculture: appropriation des dispositifs numériques et mutation des organisations agricoles, 2012 244p.
Sous la direction de Hugues Hotier
France-Chine
Interculturalité et communication
Du même auteur L’imaginaire du cirque,Paris, L’Harmattan, 2006 La fonction éducative du cirque, Paris, L’Harmattan, 2003 Un cirque pour l’éducation, Paris, L’Harmattan, 2001 Non verbal et organisation, Paris, L’Harmattan, 2001 Signes du cirque, Bruxelles, Editions de l’Association Internationale de Sémiologie du Spectacle, 1984 Le vocabulaire du cirque et du music-hall en France, Paris, Maloine, 1982 Approche sociolinguistique de l’hebdomadaire France Dimanche, (Thèse de doctorat d’Etat), Publications de l’Université de Compiègne, 1979 Bonjour les clowns, défense et illustration de l’art clownesque, Gap, Publications scientifiques Louis-Jean, 1975 © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00848-6 EAN : 9782343008486
Avant-propos Hugues Hotier  C’étaitdans le cadre d’une de mes activités personnelles autres qu’universitaires. Je faisais découvrir la ville de Reims à un jeune Chinois membre d’une troupe de cirque qui travaillait en France. Je venais de le rencontrer et m’étais proposé pour lui rendre ce service. Il parlait un peu anglais mais il utilisait aussi une de ces petites machines de traduction si pratiques pour survivre dans un pays étranger. A brûle-pourpoint, il me posa une question surprenante: «How old are you? ».Je n’aurais pas dû m’étonner car à chacun de mes séjours en Chine on me demande mon âge. Surtout depuis que cet âge s’avance de manière inexorable… D’ailleurs, dansComprendre la Chine aujourd’hui, l’éminent sinologue Jean-Luc Domenach aborde ce sujet et rapporte: «Je dois l’avouer: à l’âge de cinquante-huit ans, c’est en Chine que je me sens pour la première fois vieux, car c’est ici que l’on me le dit. En France, l’âge est jusqu’à un certain point ce que l’on en fait: fonction de l’apparence, de la vivacité, du regard des autres. En France donc, je pouvais me comprendre comme un quinquagénaire encore vert. En Chine, tout a changé. D’emblée, mes cheveux gris, ma démarche, ma façon d’être ont été interprétés comme les éléments d’un diagnostic inévitable : je suis vieux. Inutile de 1 le masquer, on peut seulement faire bonne figure…»Et d’ajouter qu’on l’appelle «vieux maréchal» sans qu’on sache bien si ce sobriquet est affectueux ou traduit une consternation
1 Jean-Luc Domenach,Comprendre la Chine aujourd’hui, Paris, Editions Perrin, 2007, page 157.
apitoyée… Je dis donc mon âge à ce jeune homme mais j’ajoutai qu’en France il était mal venu de poser ce genre de questions. Aux femmes évidemment mais aussi aux hommes avec lesquels on n’était pas dans une relation de familiarité. Surtout s’ils ne sont plus très jeunes… Le lendemain ce garçon, plus rompu aux acrobaties de la piste qu’aux subtilités du savoir-vivre occidental, me mit sous les yeux son traducteur électronique dont l’écran affichait une phrase réconfortante: « Vous ne paraissez pas votre âge » ! J’ai moi-même commis le même type d’impair alors que, après un colloque à Wuhan, nous avions décidé de visiter la région de Shanghai. Nous nous étions assuré les services d’une jeune femme parlant français pour nous guider. Elle venait de terminer ses études supérieures et faisait visiter sa région d’origine avant de se lancer dans l’exportation. En fait, elle avait déjà commencé ce travail commercial à destination de la France et avait connu quelques déboires. Elle profitait de notre présence, nous interrogeait abondamment et sollicitait nos conseils. Comme je l’aurais fait avec n’importe laquelle de mes étudiantes, je lui demandai son âge avant, et afin, de lui suggérer de ne pas brûler les étapes. Je vis bien que ma question la choquait et je lui expliquais quel en était l’intérêt pour la conseiller. Puis, maladroitement sans doute, j’ajoutai que « après tout les Chinois demandaient l’âge à tout le monde, jeunes et vieux, hommes et femmes». Je m’entendis répondre que, effectivement, cela ne l’aurait pas étonnée si j’avais été chinois mais la choquait venant d’un Français.  Leprésent ouvrage ne s’en tiendra évidemment pas à ce genre d’anecdotes qui, futiles en apparence, n’en illustrent pas moins les difficultés de la communication interculturelle. Son objet est d’évoquer quelques uns des aspects de cette relation et de cette communication entre la Chine et la France. Depuis 1998, les auteurs, chinois et français, ont collaboré à des projets de recherche, ont participé à des symposiums, ont organisé ensemble des colloques. Notamment à Bordeaux et à Wuhan. Ces quinze années de travail en commun leur ont permis non seulement d’apprendre à vivre ensemble mais aussi à la fois 8
d’inventorier et d’examiner les problèmes que pose l’interculturalité. Cette situation où des cultures sont en présence dans une relation égalitaire, sans qu’aucune ne l’emporte sur l’autre, ou les autres, comme ce serait le cas dans un système colonial par exemple. Précisément, les situations que nous présentons dans ce livre relèvent bien, a priori, de l’interculturalité plutôt que du multiculturalisme dans la mesure où l’on présuppose une volonté d’établir un dialogue à égalité. Nous disons bien «a priori» etnous serons parfois amenés à constater que la relation égalitaire présupposée est battue en brèche par la réalité. Notamment par la réalité économique et/ou politique. Mais, plus encore, nous sommes soucieux de mettre à jour les obstacles à la communication que peuvent faire naître les différences entre les cultures en présence. On pourrait se demander parfois si les spécificités culturelles ne sont pas des déclinaisons d’invariants propres à l’espèce humaine. Ainsi, je n’ai jamais compris en quoi il serait plus grave de faire perdre la face à un Chinois qu’à un Français. Ou à tout autre individu de quelque nationalité que ce soit, d’ailleurs. Personnellement, moi non plus, je n’aime pas perdre la face ! Et sauver la face d’un partenaire ou d’un adversaire relève sans doute du respect mais tout aussi bien du bon sens : parce qu’il humiliait l’Allemagne, le Traité de Versailles de 1919 portait en lui les germes de la seconde guerre mondiale. Je veux dire par là que l’intérêt peut, dans une négociation par exemple, suppléer l’insuffisance de générosité. Quoi qu’il en soit, il me semble qu’aucun homme n’aime perdre la face et que, dans certains cas, c’est peut-être d’intensité de la réaction au stimulus qu’il faudrait parler plutôt que de spécificités culturelles. Peut-être pourrait-on dire que les Chinois sont plus susceptibles que les Français pour ce qui est de la face mais je ne sache pas qu’un individu, à quelque culture qu’il appartienne, soit satisfait de perdre la face.  Parcequ’ils se connaissent bien et qu’ils partagent une certaine idée de la communication interculturelle, les auteurs ont opéré, à l’initiative du signataire de cet avant-propos, une sélection parmi les textes issus des recherches qu’ils ont menées 9