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France, état des lieux

De
149 pages
Les apôtres du déclin nous minent le moral. L'organisation des pouvoirs ne convient pas, l'éducation est inadaptée, l'environnement se détériore. La crise est là, économique, politique, diplomatique... Il y a pourtant une autre approche pour parler de l'état des lieux. C'est la voie de l'optimisme, celle qui permet de constater les dégâts tout en gardant l'espoir d'une amélioration possible. Une vision positive de l'événement aide à trouver les solutions et réduire les difficultés. Elle seule permet d'accéder, au terme de l'effort, à ce qui s'appelle la réussite ou le succès.
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FRANCE, ÉTAT DES LIEUX

www.librairieharrnattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr hannattanl @wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-02497-7 EAN : 9782296024977

Alain DENIS

FRANCE, ÉTAT DES LIEUX
Le pire n'est jamais sûr

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; FRANCE
L'Harmattan Hongrie Konyvesbolt Kossuth L. u. 14-16

75005 Paris

Espace L' Harmattan Kinshasa Fac des Sc Sociales, Pol. et Adm, BP243, KIN XI
Université de Kinshasa

L'Harmattan

Italia 15

L'Harmattan

Burkina

Faso

Via Degli Artisti, 10124 Torino IT ALlE

1200 logements 12B2260 Ouagadougou

villa 96

1053 Budapest

- RDC

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Du même auteur

- Sans

les honneurs de la guerre, Presses de la Cité, 2000.

- Guerre froide et mers chaudes, L'Harmattan, 2002.
- L'illusion de la paix, L'Harmattan, 2003. - La ribote, L'Harmattan, 2005.

On exploitait alors les épithètes homériques, les métaphores fleuries. On frissonnait et se gargarisait d'inconscient dans un déferlement d'irrationalisme, de pessimisme et d'individualisme. On évoquait le désarroi, l'angoisse, bref le «mal du siècle». L'anticonformisme faisait loi, pulvérisant toutes les conventions sociales, les valeurs morales et culturelles établies.

Vladimir FEDOROVSKl Le Roman de l'Orient-Express

CHAPITRE 1 Les apôtres du déclin

Le pire n'est jamais sûr! Quelle que soit la situation, quelles que puissent être les tares d'une société, les erreurs de ses dirigeants, les illusions d'un peuple, il n'y a pas d'exemple dans l'histoire du monde qu'une inversion de tendance ne vienne un jour ou l'autre rétablir les équilibres et restaurer la confiance, redonnant du courage à l'individu et de l'espoir à la collectivité. Les «déclinologues» font leur miel de ces périodes de troubles. Leurs analyses, pour exactes qu'elles soient, se veulent sombres, non réversibles, incontestables: rien ne va dans l'organisation des pouvoirs, les équilibres économiques, les capacités industrielles. L'univers lui-même est contre nous: le gaz carbonique envahit l'atmosphère, la sécheresse sévit, les glaciers fondent. Le réchauffement de la planète nous 9

menace et 1'homme, désorienté, en vient à se plaindre et se désespérer que, même dans les zones tempérées où nous avons la chance de vivre, il fasse chaud en été et froid en hiver. Trop, c'est trop! Surtout quand le discours vient de ceux qui vivent dans le confort de ce que les Britanniques appellent 1'« establishment », quand la notoriété est déjà acquise, les tirages assurés, le vedettariat recherché. L'audience et le succès sont alors d'autant plus accessibles que la critique est plus acerbe. En d'autres temps, on disait «il ne faut pas désespérer Billancourt ». Dialectique de classes! Elle n'est plus prioritaire si tant est qu'elle soit encore d'actualité. Je souhaite qu'on lui substitue une dialectique de générations et que l'on se propose aujourd'hui de ne pas désespérer la jeunesse. Certes, il serait vain et contraire à la vérité de nier l'évidence, de vouloir ignorer les symptômes du mal, les défauts de notre société, autrement dit nos propres défauts, la péremption de nos structures matérielles et morales, l'inadaptation de nos mentalités, l'archaïsme du débat politique. Je veux bien tenter d'en faire l'inventaire avec, je le reconnais, un risque élevé d'erreur d'appréciation et une quantification approximative, donc discutable, de la traduction chiffrée de cet état des lieux, car ce n'est pas là mon métier et même en ce qui concerne la Défense, je tiens à rester prudent dans l'expression de mes convictions personnelles. Mais je suis persuadé que l'état présent, si critiquable qu'il soit, ne peut pas s'inscrire dans la durée. Il est impossible, dans ce pays qui est le nôtre, richement doté par la nature, que les perspectives politiques soient durablement figées dans une opposition stérile, une lutte absurde, un combat fratricide entre deux factions hostiles, 10

en permanente contradiction, principalement animées du désir de plaire à leurs électorats respectifs et de nuire à la partie adverse quand elle est aux affaires. De même, il est impossible que perdure en France cette stagnation de l'activité économique, à tout le moins cette relative marginalisation dans la compétition internationale, liées l'une comme l'autre à une moindre considération accordée à la notion de travail et une exigence insuffisante dans la gestion des finances publiques. Enfin, dans un pays de liberté, je conçois volontiers que certains masochistes prennent plaisir à s'autoflageller, se réjouissant de culpabiliser sur tous les malheurs du monde, se mettant la corde au cou comme les bourgeois de Calais et feuilletant fébrilement le guide Michelin pour retrouver le chemin de Canossa, mais qu'ils le fassent sans bruit et dans leur coin, laissant nos enfants et nos petitsenfants fiers de ce que leurs ancêtres ont pu faire de mieux sur cette terre et désireux d'apporter leur contribution à la compétitivité, à la notoriété, à l'ambition de la nation ou de l'ensemble des nations dont ils font partie. Oui, je crois à l'optimisme, qui est une dynamique de l'esprit. J'ai confiance dans la jeunesse pourvu qu'on la persuade de croire en elle et en son avenir. Je suis assuré que nous disposons de solides atouts dans la concurrence économique sous toutes ses formes, industrielle, agricole, financière") et que nous ne pouvons pas être marginalisés dans la compétition actuelle, étendue aux limites lointaines de la Chine et de l'Inde. J'espère surtout en l'assainissement de l'agitation politique par l'arrivée aux affaires de nouvelles personnalités désireuses de faire prévaloir l'intérêt général sur le sectarisme et l'égoïsme des partis traditionnels. Il

C'est dans cet état d'esprit que je vais tenter d'établir le constat de ce qui est l'état présent, rejoignant sur ce volet les prosélytes de la « déclinologie » nationale pour rechercher ensuite les tendances éventuelles d'une évolution favorable avec le désir de convaincre le lecteur que la réflexion est un instrument, I'humilité une précaution et l'espérance une nécessité.

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CHAPITRE 2 L'état des lieux

Si l'on veut faire objectivement l'analyse de la situation présente, on se doit, en premier lieu, d'observer la curieuse évolution des mentalités, cet état d'esprit particulier, répandu dans toutes les couches de la société, qui tend à majorer les difficultés, éluder le bon côté des choses, nier l'existence du moindre élément positif. Il n'est pas de bon ton d'approuver. Contredire est nécessaire. Si l'on est soi-même à l'abri de l'échec ou de l'épreuve, il faut rechercher au plus tôt qui, dans l'entourage, pourrait être dans le marasme et fonder le raisonnement général sur ce cas particulier. Ce comportement porte un nom dans les armées: c'est la démoralisation! Quelles batailles voulez-vous gagner, quels succès pouvez-vous obtenir avec une troupe 13

partiellement ou totalement démoralisée? Il n'est même plus question d'engager le combat: il est perdu d'avance! Le vice du pessimisme mine nos résolutions, notre capacité à entreprendre, notre confiance en nous-même. On se persuade, surtout en public, qu'il serait démodé «d'y croire », que l'on trahirait le monde entier, du Zimbabwe au Bangladesh en laissant entendre qu'il peut y avoir une ouverture, un accès vers la vie active, l'insertion professionnelle, la promotion sociale et, pourquoi pas, vers le succès, pourvu que l'on accepte d'y apporter toute son énergie, ses talents, son désir et sa volonté d'aboutir. Ceci étant, il n'en demeure pas moins que l'activité économique n'est pas à son meilleur niveau, mais cela n'est pas du aux seuls facteurs extérieurs et à cette « diablerie» de mondialisation dont nous ne voulons pas entendre parler, bien que nous ne puissions rien faire contre cette réalité bien concrète. Il est vrai, on s'accorde à le dire, que les finances de l'Etat ne sont pas dans une forme idéale, compte tenu de la permanence des déficits annuels et de l'immensité de la dette publique. Nous allons y revenir, mais reconnaissons d'abord, objectivement, que nous sommes tous coupables. En effet, cet anonymat, cette déresponsabilisation sont nocifs. Nous voulons à priori nous absoudre des fautes commises et reporter sur d'autres les conséquences des exigences que nous avons nous-mêmes formulées ou des interdits que nous opposons à toute tentative de réforme. De là procède la défiance collective à l'égard des gouvernements. Nous attendons tout de l'Etat mais nous refusons toutes les mesures qu'il propose. L'Etat lui-même se paralyse puisqu'il n'y a aucune solidarité parlementaire dans ces Assemblées qui font la loi, au sens propre du terme, et en particulier la loi de finances. 14

La moitié qui est aux affaires, quelle que soit sa tendance, est en butte à l'opposition systématique et paralysante de l'autre moitié qui ne vise qu'à bloquer la machine pour éliminer ce qui est en fait un adversaire et non un partenaire, dont les idées et les méthodes peuvent différer, mais dont l'ensemble, toutes factions confondues constitue bien l'une des deux composantes du Parlement, l'Assemblée nationale. C'est bien cet adjectif de « nationale» qui devrait rester dans les esprits de nos élus pour accepter de faire ensemble ce qui est nécessaire et même indispensable pour la nation. En fait, le citoyen est en droit de se demander si la politique peut devenir une profession. C'est, semble-t-il, le cas pour beaucoup d'élus du peuple, qu'ils relèvent du gouvernement de la République, des assemblées parlementaires, des conseils généraux ou régionaux. Certains semblent avoir traversé la vie en étant dans le coup ou en dehors selon le résultat d'élections diverses, donc en activité ou en réserve, repliés sur leur canton ou leur mairie, leur siège de sénateur ou de député, ou bien nanti de portefeuilles ministériels dans divers gouvernements, au gré des volontés collectives exprimées par le biais du suffrage universel, avec les alternances que l'on connaît. Est-ce là le bon système? A-t-on une meilleure vision des choses quand on n'a jamais connu la gestion des entreprises ou le commandement des hommes? N'estce pas le président d'une grande société de construction automobile, Ford je crois, qui a été aux Etats-Unis, il y a longtemps, l'un des meilleurs ministres de la Défense avant de retourner à ses anciennes activités. Il est vrai qu'en France, à la tête de nos Armées, il y en a eu un également, à qui l'industrie du pétrole et celle de l'atome doivent beaucoup. N'étant pas un élu du 15

peuple, il n'était jamais dans « sa» circonscription, donc tous les jours à l'Hôtel de Brienne et le rythme de travail des grands états-majors s'en était fort bien trouvé. Quoi qu'il en soit, la bonne gestion des finances publiques conditionne le développement de l'économie et c'est de ce développement ou de cette stagnation que procède la richesse nationale, donc celle qui peut ensuite se distribuer entre les divers contributeurs à la performance économique. Il n'y a pas de miracle: pour créer de la richesse, il faut vendre; pour vendre, il faut produire et produire à des prix compétitifs; pour produire, il faut investir, investir en hommes, c'est l'embauche, investir en infrastructures, en matériel et en matière grise, c'est la recherche et le développement. Si un point faible se crée dans la séquence, le système se dérègle. Le législateur, nous y reviendrons, devrait éviter d'intervenir brutalement et par la loi dans un système qui ne peut être intemationalement compétitif que si nous nous abstenons de légiférer sur l'un des paramètres en voulant ignorer les autres et en méconnaissant les caractéristiques de la concurrence étrangère. Faut-il rappeler ici que la durée moyenne effective du travail salarié était dans l'année 2004 de 1812 heures par an aux Etats-Unis, de 1816 au Japon, de 1646 au Royaume-Uni, de 1519 en Italie. En France, elle atteignait tout juste 1360 heures. L'Allemagne ne faisait guère mieux, mais elle a décidé de changer la donne. Et nous? Qu'allons nous faire d'autre que de nous en prendre au plombier polonais? Quant à la question de la dette et de ses conséquences, elle a, il faut bien le reconnaître, une permanence et une actualité particulièrement inquiétantes. 16