France, Québec, Wallonie : même combat !

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Les grandes communautés de langue maternelle française en France, au Québec, en Acadie, en Belgique et en Suisse font face à un hégémonisme nord-américain et anglophone qui va durer encore des années. Toutes ces communautés doivent donc résister en commun aux menaces communes. Ce livre est un appel vibrant à la résistance et à la décolonisation de la France, du Québec, de toute la Francophonie.
Publié le : vendredi 1 février 2008
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EAN13 : 9782336250908
Nombre de pages : 195
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France, Québec, Wallonie même combat!

Du même auteur
La politique culturelle de l'Allemagne à l'étranger, Documentation française, Paris, 1970. Vocabulaire critique des relations culturelles internationales, CILF, Paris, 1978. L'action culturelle de la France dans le monde, Nathan, Paris, 1983. Colas colo, Colas colère - Un enfant de France contre les empires, L'Harmattan, Paris, 2007. Contributions à des ouvrages collectifs: Histoire de la langue française (continuation du «Ferdinand Brunot »et du «Charles Bruneau », sous la direction du Recteur Gérald Antoine), tomes XIV et XV, CNRS, Paris, 1993 et 1996. Atlas historique de la langue française, Bordas, Paris, 1994. Quelle Francophonie pour le 21ème siècle? Karthala et Agence intergouvernementale de la Francophonie, Paris 1995. Les Français et leur langue en 2001, Le Droit de comprendre; Editions des Ecrivains, Paris, 200l. Les défis de la Francophonie, avec MM. Arnaud et Guillou, Alpharès-Max Milo, Paris, 2002. Alerte francophone, avec Alfred Gilder, SEFI-Arnaud Franel, Paris, 2004. La tragédie européenne et la France, sous la direction du général Pierre-Marie Gallois et de Pierre Maillard, ambassadeur de France; François-Xavier de Guibert, Paris,2004.

ALBERT SALON

France, Québec, Wallonie même combat!
Libérons-nous tous de l'empire américain et retrouvons ensemble notre monde humain!

L 'HARMATTAN

cg L'HARMATTAN,

2008

5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com harmattanl @wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-04956-7 EAN : 9782296049567

À Philippe ROSSILLON, Xavier DENIAU, Jean-Marc LEGER, Lucien OUTERS, Roland BEGUELIN, Et à tous les pionniers de la Communauté francophone d'Europe, et du monde.

A los valientes

: la libertad

!

« Là où il y a la volonté, il y a un chemin. » Schopenhauer

SOMMAIRE
Préface de M. Nicolas Dupont-Aignan Lettre à M. Nicolas Sarkozy Appel aux Français: souveraineté à affirmer ll 15 19 20 31 37 41 47 51 53 55 57

Appel à un referendum sur le « traité de Lisbonne»
qui reprend le traité rejeté en 2005 Un leurre renouvelé: une «Europe-puissance » virtuelle, sans peuple, et impuissante Le traité rejeté consolidait une Europe vassale, par Bruxelles, des Etats-Unis: elle l'est toujours La déculturation au profit de l'anglais continue La dimension sociale du traité reste introuvable L'aménagement du territoire reste axé par l'Union sur un régionalisme anti-Etats Le budget européen croît toujours Turquerie dans l'admission de la Turquie Une vie après un 2ème « non» du peuple français

Appel aux Wallons et Bruxellois (et aux Flamands indépendantistes) en cas d'éclatement de l'actuelle Belgique 65 Où en sont l'Allemagne et la relation

allemande « moteur de l'Europe» ?
Le combat de «Bruxelles» français et la Francophonie

franco75

contre la France, le 89

Français, Wallons, n'ayez pas peur de sortir d'un enfermement « U .E. »stérilisant 99

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Québécois et francophones d'Amérique! Vers la non-indifférence

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Pourquoi appeler les francophones à résister ensemble à l'hégémonie de l'empire? 123 La Francophonie: une chance énorme mais négligée Quel avenir pour la France? ANNEXES 1 : Appel à une action mondiale pour le français et la Francophonie

143 171 183 183 187 193

2 : Déclarationsde conformité du « traité de Lisbonne»
à la « constitution» rejetée 3 : M. Sarkozy et la francophonie

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PREFACE

Albert Salon fait partie de ces quelques rares personnalités qui ont l'amour de la France chevillé au corps et qui, surtout, ne renoncent pas face au rouleau compresseur d'une certaine normalisation, qu'elle vienne de Bruxelles ou d'ailleurs.

Infatigablepromoteur de la francophonie - dont il mesure
combien elle est essentielle, non seulement à notre pays lui-même, mais encore à un monde plus que jamais

déstabilisé par les hégémonies politiques et culturelles le bouillant ancien ambassadeur a à son actif plusieurs combats pour la défense du français menacé aujourd'hui de toutes part : la campagne contre le protocole de Londres, hélas adopté il y a peu, qui enterre notre langue dans le domaine industriel et scientifique en rendant licite l'anglais pour la rédaction des brevets en France, l'interpellation répétée de nos administrations d'Etat qui jugent désormais «efficace» de communiquer avec Bruxelles et le Parlement européen dans la langue de Shakespeare, ou encore la lutte pied à pied, dans laquelle les syndicats ont été entraînés, pour maintenir le français comme langue usuelle dans nos propres entreprises.. . Mais chez Albert ne s'arrête pas nécessaire mais hauteur de vue de Salon la promotion de la francophonie à sa dimension défensive, qui est rend incomplètement compte de la ce combat fondamental: il y a autant la

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volonté de faire rayonner notre langue et, à travers elle, un mode de pensée et des valeurs universelles uniques. C'est bien pourquoi son livre est le bienvenu, car il rappelle l'unité de sens qui rassemble les souverainistes du Québec, les réunionistes wallons et les patriotes qui continuent à se démener contre vents et marées dans l'Hexagone: l'idéal d'une civilisation originale qui n'imagine le monde que dans sa diversité et le respect de ses peuples libres. La liberté, une valeur neuve au xxrrne siècle, qu'on a laissée trop souvent s'enliser dans les sables mouvants d'un capitalisme globalisé sans foi ni loi! Car quoi de commun entre l'indépendance des peuples, condition d'une vraie liberté de l'individu, de son bien-être comme de sa dignité, et la course au veau d'or déshumanisée de la gangrène ultralibérale ?! Enfin, comment ne pas voir que le livre d'Albert Salon arrive à point nommé pour alimenter l'indispensable résistance au retour d'une «constitution européenne» ressuscitée dans le dos des Français et qu'on cherche à leur imposer en catimini, en leur propre nom! Le Blitzkrieg des élites françaises et européennes contre le 29 mai 2005 scandalise et afflige tout à la fois, tant il révèle le recul de l'idée libérale et démocratique parmi la nouvelle oligarchie continentale. Les Français ne doivent pas se laisser abuser par les promesses d'avenir radieux de cette Europe qui n'en a que le nom: il s'agit en réalité d'un retour de 500 ans en arrière, d'une revanche rétrograde contre 1789 et l'esprit démocratique des Lumières. Une revanche contre ce que la France et la civilisation française, qu'on le veuille ou non, ont apporté au monde ces 200 dernières années et doivent continuer à lui apporter dans l'intérêt du genre humain. Il n'est donc

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que temps de partager les ardentes indignations d'Albert Salon, qui nous convie tous à un sursaut salvateur pour que notre antique civilisation française, patiemment entretenue et cultivée à travers les âges, connaisse une nouvelle jeunesse et joue à nouveau tout son rôle dans un monde plein de bruit, de fureur et d'injustice...

Nicolas DUPONT-AIGNAN, Député non-inscrit de l'Essonne, Président de Debout la République

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Le prologue à l'appel aux Français est une lettre au Président de la République qu'ils ont élu en mai 2007.

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En guise de Prologue, cette lettre ouverte à Monsieur Nicolas Sarkozy :

Monsieur le Président de la République

Vous avez voulu le pouvoir suprême. Vous voulez l'exercer avec élan et efficacité. Vous avez déjà ouvert une période nouvelle. Vous voulez qu'elle soit une époque que l'Histoire retiendrait comme elle retient les époques d'action et de réformes haletantes et exaltantes de Richelieu, de Colbert, du Bonaparte Consul, du Napoléon des Cent jours, de Mendès- France, de Charles de Gaulle et Michel Debré de 1958 à 1962. Si vous voulez une époque de grandes réformes et de redressement dont la France vous sache gré, vous ne pouvez vouloir la dissolution de la Nation dans le magma indistinct d'une Europe en fusion et une soumission à l'empire américain dont Bruxelles est aujourd'hui un instrument. Vous avez, du reste, déjà constaté que les principaux pouvoirs que vous voudriez légitimement exercer ne sont plus guère à Paris: ils ont été abusivement transférés à Bruxelles. Réformer: oui! Beaucoup de Français le veulent et pensent que vous le voulez comme eux. Ils vous donnent votre chance pour conduire les réformes importantes dont

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la France a besoin, au moins celles - peu nombreuses qui dépendent encore de sa propre décision.

Mais nos associations pour la langue française et nos mouvements souverainistes disent un «non! » très ferme à toute mesure qui tendrait, sans consultation du peuple souverain, à transformer notre pays en une pauvre circonscription administrative d'un empire. Redresser la France, accomplir les réformes reconnues indispensables, c'est d'abord affirmer et affermir sa souveraineté, ne pas l'enfermer dans une Europe lit de Procuste, bien trop petite pour elle comme elle est trop étroite pour la Grande Bretagne, l'Allemagne, l'Espagne.. . C'est la rendre, avec tous les Français qui le veulent, d'abord à elle-même, à son grand large, à la Communauté francophone, et à tous ceux qui, dans le monde entier, continuent à espérer en elle. Voilà la respiration de ce peuple que vous voulez pleinement représenter et remettre en course. Rapatriez sa souveraineté, veillez à sa langue, et vous l'aurez avec vous.

La présidence de la France est - croyons-nous - beaucoup plus importante que la présidence, éventuelle et illusoire, d'une pseudo-fédération européenne condamnée à l'échec faute de peuple européen.
Le message qui suit est adressé aux Français, qui doivent pouvoir se prononcer eux-mêmes sur l'avenir de la France, tant en Europe où elle ne saurait s'enfermer, que dans le monde entier.

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La France doit regarder vers son propre « grand large» et
œuvrer pour le développement de la Francophonie. Vous l' avez-va us-même proclamé dans vos discours inspirés durant la campagne électorale, et avez refusé d'approuver votre Ministre M. Kouchner qui, en titre de chapitre de son dernier livre, proclame «l'anglais avenir de la Francophonie ».

Ce message est, du reste, adressé aussi aux Québécois et aux Wallons. Vous connaissez très bien, et écoutez volontiers, non seulement les grands patrons français, mais encore les grands chefs d'entreprise et les puissants financiers du Québec et de la Wallonie, tels les Paul Desmarais et Albert Frère, qui ont d'ailleurs beaucoup investi en France. Mais les peuples auxquels ils appartiennent ont, eux aussi, dans des environnements certes bien différents, des problèmes d'identité nationale et de souveraineté qui sont proches des nôtres. Nous leur proposons d'en parler et traiter ensemble. Sans vous rendre ingérant, cela ne peut vous laisser indifférent.

Monsieur le Président de la République, il devient vital et urgent de rendre la France à elle-même, à la Francophonie, et au monde! Ce message exprime ce à quoi nos mouvements peuvent et veulent contribuer. Nous souhaitons et espérons que ce puisse être avec vous!

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Nous serions heureux que vous choisissiez de suivre non pas tels patrons d'entreprise et de media, et tels de vos

ministres - ainsi que votre propre pente? - dans les excès
dangereux de l'atlantisme, mais notre peuple dans son profond sillon multiséculaire, et de prendre la tête d'un nouvel élan de la France dans et pour le monde.

Veuillez, Monsieur le Président de la République, agréer l'expression de notre très haute considération, du profond respect que nous avons pour votre fonction, et des grands espoirs que nous croyons pouvoir placer en votre personne.

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Français,

Vous avez donné au Président de la République le mandat de réformer le pays: son système d'éducation, de formation et de recherche, et son Etat. Beaucoup d'entre vous attendent de lui qu'il le fasse sans reculer sur l'essentiel. Mais nous devons clamer que la France doit rester la France et ne doit pas se noyer dans un magma euroaméricain. Le maintien de la souveraineté de la France et le recouvrement de ce qui en a été indûment abandonné reste pour nous l'une des principales bases et justifications de l'action réformatrice elle-même.

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Un referendum sur le « traité modificatif de Lisbonne»

Refusez, d'abord, tout détournement et effacement de votre «non» du 29 mai 2005, donc le principe même d'un «traité modificatif », signé le 13 décembre 2007 à Lisbonne. Posez ensuite avec force, si sa ratification reste autorisée par le seul Parlement, que ce traité reste illégitime faute d'un nouveau referendum.
Car ce traité n'est qu'un avatar sommairement déguisé,

voire camouflé, du projet de « traité constitutionnel» que
les Français puis les Hollandais ont rejeté le 29 mai et le

1er juin 2005, et que d'autres peuples eussent sans doute
aussi rejeté s'ils eussent pu se prononcer à la place de

leurs parlements nationaux, ou si leurs gouvernements -

britannique, par exemple - n'avaient pas suspendu sine
die une procédure référendaire qui les eût sans doute désavoués.

Ce traité, sans l'aval du peuple souverain, est illégitime.

Français, vous avez le 29 mai 2005, dit «non» à un traité qui établissait une constitution et une citoyenneté européennes et confirmait que le droit européen

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dominerait le droit national des Etats membres, y compris leurs constitutions. Vous avez eu raison, car on vous présentait ce traité comme une Fédération d'États-nations, le «principe de

subsidiarité » protégeant, disait-on, la liberté des nations.
En réalité, on établissait bel et bien une «constitution» pour un «peuple européen» qui n'existe pas, dans une
« subsidiarité à l'envers », où tout le pouvoir réel allait au

centre. Dans ce super-Etat, en fait centralisé, qui recevait la personnalité juridique, la souveraineté réputée inaliénable du peuple français se trouvait abolie. L' eussiez- vous approuvé, la France fût devenue une simple circonscription administrative en Europe. En effet: «La Constitution et le droit adopté par les institutions de l'Union, dans l'exercice des compétences qui sont attribuées à celle-ci, priment le droit des États membres. ». Point crucial. Par des votes à la majorité qualifiée, et par les pouvoirs conférés aux juges de la Cour de Justice européenne, quasi-Cour suprême qui utilise toujours dans le même sens «communautaire» son monopole d'interprétation du droit européen, la France minoritaire eût pu se voir imposer des décisions et mesures totalement contraires à ses principes fondateurs, à sa culture, à ses traditions et à ses intérêts essentiels, y compris dans les domaines de la laïcité, de la culture, et de l'immigration. La France n'eût eu alors aucun droit de veto, ni aucun vrai recours sauf la sortie de l'Union. La possibilité d'une telle sortie était effectivement prévue, mais assez illusoire dans la pratique.

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