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Géoéconomie du sport

De
151 pages
Aujourd'hui, le sport est devenu un instrument politique et économique ouvertement utilisé par les Etats dans leurs relations internationales. C'est un facteur structurant d'intégration et un instrument de la mondialisation économique, politique, sociale et culturelle. Le CIO et la FIFA exercent une influence croissante dans les questions diplomatiques et l'ouverture des frontières. Le sport devient un moyen d'action et un instrument de politique qu'il est important d'analyser sous ses divers aspects.
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Le sport, au cœur de la politique et de l’économie internationales

Géoéconomie du sport

Liliane Bensahel, Pierre Chaix Jacques, Gautier et Maxence Fontanel

Le sport, au cœur de la politique et de l’économie internationales

Géoéconomie du sport

Ouvrage publié sous la direction de Maxence Fontanel et Jacques Fontanel

L’Harmattan 2009

C o l l e c t i o n

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L ES ID É ES ET LES TH É ORIES Á L ’ É PREUVE DES FAITS
Collection dirigée par Jacques FONTANEL, Professeur d’économie et Vice-président chargé des relations internationales à l’Université Pierre-Mendès-France, Grenoble et par Liliane BENSAHEL, Directrice adjointe du Centre de recherche économique sur les politiques publiques en économie de marché (CREPPEM), Espace Europe, Université Pierre-Mendès-France, Grenoble. « Les idées et les théories à l’épreuve des faits » est une collection des Éditions L’Harmattan. Elle est destinée à recevoir de petits ouvrages couvrant tous le champ des sciences sociales. Les auteurs proposent de chercher dans les faits ce qui permet de conforter ou d’infirmer les théories et les idées d’aujourd’hui. L’observation vient alors au secours de la recherche de l’exactitude et de la science, en mettant en évidence les explications insuffisantes ou les incontestables de la réalité contemporaine fournies par une idée ou par une théorie. Dans la même collection : L. BENSAHEL et J. FONTANEL (Dir.), L’économie souterraine. L’exemple de la Russie, 2006. C. BLATIER (Dir.), Prévenir la délinquance dès la petite enfance, 2006. C. COURLET (Dir.), Territoire et développement économique au Maroc. Le cas des systèmes productifs localisés, 2006 J. FONTANEL (Dir.) Questions d’éthique, 2007. I. VEZEANU, Impossibilia moralia, 2007. J. FONTANEL, M. FONTANEL (Dir.) Géoéconomie du sport, le sport, au cœur de la politique et de l’économie internationales, 2009.

Les auteurs

Jacques FONTANEL est Professeur à l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble, Directeur de CREPPEM (Centre de Recherche Economique des politiques publiques en économie de marché). Auteur de plusieurs livres sur le sport et la mondialisation, dont : Réflexions sur l’économie du sport, Grenoble, PUG, 2001 et La globalisation en analyse. Initiation à la géo-économie, coll. « La Librairie des Humanités », Paris, L’Harmattan, 2005. Maxence FONTANEL est Directeur des Études Programme International École de Commerce. Docteur en Sciences de Gestion. Il est notamment auteur du livre : Sportif de haut niveau : Manager en devenir, « La Librairie des Humanités, Paris, L’Harmattan, 2008 et « La formation morale par le sport », in J. Fontanel, Questions d’éthique, coll. « Les idées et les théories à l’épreuve des faits », Paris, L’Harmattan, 2007. Liliane BENSAHEL est Ingénieur de recherche à l’Université PierreMendès-France de Grenoble, Directrice-adjointe de CREPPEM. Responsable de la spécialité de Master « Stratégie économique du sport et du tourisme, elle a publié plusieurs ouvrages, dont : Le tourisme, facteur du développement local, coll. « Débats », Grenoble, PUG, 1999) et Réflexions sur l’économie du sport en collaboration avec Jacques Fontanel, Grenoble, PUG, 2001. Pierre CHAIX est Maître de Conférences à l’Université Pierre-MendèsFrance de Grenoble. Docteur en économie, Membre du laboratoire CREPPEM (Centre de Recherches Économiques sur les Politiques Publiques dans une Économie de Marché). Il travaille principalement sur le domaine du sport professionnel en France et à l’étranger. Il est membre de l’Association Internationale des Économistes du Sport. Auteur du livre Le rugby professionnel en France, enjeux économiques et sociaux, coll. « La Librairie des Humanités », Paris, L’Harmattan, 2004. Gautier FONTANEL est Consultant dans une société de conseil, Professeur associé à Wesford, École de Commerce de Grenoble. Docteur en économie, il a publié plusieurs articles sur l’éthique et les clubs comme « entreprises ».

Introduction
Si l’on retient la définition de Pascal Lorot, la géoéconomie est aujourd’hui la nouvelle grammaire des rivalités internationales. Elle s’inscrit dans un contexte où l’ouverture des frontières et la libéralisation des échanges ont favorisé l’émergence de firmes internationales aux stratégies planétaires. Les États sont aussi engagés dans des politiques de conquêtes de marchés extérieurs et des secteurs d’activités reconnus comme stratégiques. Le sport, comme activité sociale, exerce une influence importante dans la vie quotidienne des citoyens. À ce titre, il exerce une influence certaine sur les enjeux politiques principaux qui concernent les compétences internationales des États. Le sport a eu une image fluctuante selon les périodes. Si aujourd’hui il est souvent fait état des valeurs qu’il transmet, le sport n’a pas toujours eu une image positive. À l’origine, le sport signifiait un écart au regard d’une obligation. En ce sens, il s’agissait d’une activité de loisir susceptible de détourner l’attention des individus des fondements de l’existence dans ses dimensions religieuses et sociales. En Angleterre, au Moyen-âge, le sport était condamné car il était supposé réduire le potentiel des entraînements guerriers et militaires. Par la suite, il a été pratiqué principalement par les classes sociales supérieures, selon des modalités propres aux loisirs, dans le cadre de valeurs compétitives et éducatives réduites. Il fallut attendre la fin du XIXe siècle, sous l’influence des nouveaux Jeux Olympiques, pour que la pratique sportive soit recommandée afin de développer l’hygiène corporelle, favoriser la culture physique et célébrer le culte du corps. Dans ces nouvelles sociétés en situation de pollution urbaine, de pauvreté ambiante et de santé publique encore déficiente, le sport était perçu comme la promesse du retour au grand air, avec des qualités de régénérescences rappelant les bienfaits des activités physiques pour le corps et l’esprit.

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Géoéconomie du sport

Cependant, dès l’origine, le Baron Pierre de Coubertin insistait sur la capacité du sport de compétition à développer une forme de préparation militaire, nécessaire à la France après sa défaite contre l’Allemagne. Ces «valeurs» de force nationale accolée au sport connaîtront un développement important avant la première guerre mondiale. L’idée dominante reposait sur l’hypothèse selon laquelle la hiérarchie sportive dévoilait, comme un indicateur fiable, celle des Nations. Dans cette perspective, les stades étaient comparés, dans l’imaginaire collectif, à de véritables champs de bataille où se déroulaient des affrontements interétatiques virtuels en vue de comparer le rayonnement politique, éducatif, culturel et militaire des grandes puissances. L’olympisme était alors perçu, au moins partiellement, comme un substitut quadriennal aux déferlements nationalistes producteurs de guerres. La Grande Guerre va totalement bouleverser la géographie politique de l’Europe, avec l’accession de nouveaux États à l’indépendance, modifiant en conséquence les rapports entre la sphère politique et la conception du sport. Dans un premier temps, le sport redevient, aux yeux de l’opinion publique, un jeu, un amusement, un « hobby », même si des valeurs éducatives commencent enfin à lui être reconnues. Cependant, la perception des valeurs «politiques du sport» est immédiatement comprise et appliquée dans les chancelleries, au moins dans cinq de ses composantes reconnues : - Qualifiées de loisirs «petit-bourgeois», les compétitions sportives sont brocardées par les bolcheviques. - De nombreuses associations promeuvent alors le développement des pratiques sportives en vue d’améliorer la formation des jeunes gens dans le cadre des conquêtes militaires coloniales. Le principe fondamental étant alors de considérer que la pratique du sport est un entraînement adapté aux hommes de guerre. - L’essor de la grande presse valorise les résultats des sportifs en vue à la fois d’attiser les passions nationalistes, d’intéresser le lecteur et de pérenniser une information récurrente, source de réduction de coûts et de profits accrus. - Par ailleurs, le sport devient un spectacle à partir duquel les citoyens transfèrent leurs goûts pour la défense des valeurs

Introduction

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locales et nationales. Il sert de propagande, notamment aux régimes mussolinien et hitlérien. Plus tard, le système stalinien s’engagera dans cette voie, n’hésitant pas à se livrer à des pratiques contestables de conditionnement, d’entraînement, de sélection et de dopage, pour fabriquer des champions devenus aussi les porte-drapeaux de leur politique. - Enfin, la mise en place de nouvelles relations internationales consécutives au Traité de Versailles, inscrit le sport au cœur des débats nationalistes, conduisant inéluctablement à une altération de l’image pure et pacifiste du sport1. Les premiers boycottages de l’histoire du sport témoignent de l’intégration des événements sportifs dans les stratégies politiques et diplomatiques des États avec ou sans l’accord des dirigeants sportifs. On assiste alors à l’élargissement de la pratique compétitive du sport et au développement de son influence dans les grands médias et à la mise en place de régimes totalitaires exerçant une influence considérable sur «les masses». Aujourd’hui, le sport souhaite incarner le respect des normes, un système des valeurs, le dépassement de soi. Cependant, c’est une activité économique spécifique, à laquelle il est accordé des valeurs humaines et morales que les faits rendent parfois illusoires (dopage, corruption, violence). En un siècle, les JO sont devenus un événement récurrent d’audience universelle, disposant d’une phénoménale couverture médiatique dans un nombre croissant de pays2. C’est aussi un phénomène culturel d’ambition mondiale, qui écrase les pluralités culturelles pour les transférer vers des valeurs internationalement reconnues. Pourtant, sur l’autel de la pérennisation des manifestations lucratives et médiatiques, l’idéal olympique, fondé sur les valeurs spécifiques du sport, a été sacrifié sans remords. Il n’en reste pas moins
1 Arnaud P. (2002), «Olympisme et relations internationales», in Relations Internationales, n°111, pp. 347-363. 2 Augustin J.-P., Gillon P. (2004), L’Olympisme, bilan et enjeux géopolitiques, Paris, Armand Colin, 2004, 173 p.

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vrai que la vision sportive du monde rassemble un ensemble de discours sur la performance, obtenue sur la base de la pureté du dogme athlétique et du caractère immaculé du mythe olympique3. Or, à partir du moment où l’exercice du sport a attiré des spectateurs, le désintéressement financier s’est envolé. La compétition sportive est dorénavant mise au service d’intérêts économiques, politiques et idéologiques qui, eux, sont bien réels. Le sport n’est plus désormais que l’une des composantes d’un temps et d’un espace organisé par les intérêts financiers et, parfois, des objectifs éducatifs. Il est consommateur de temps et producteur d’images. Nouvelles stars de la mondialisation, les champions ont pris la place des vedettes du cinéma et du show-biz. Le sportif de haut niveau est devenu le modèle à suivre, celui auquel la jeunesse doit s’identifier. Le «stakhanovisme» laborieux a perdu ses valeurs sociales au profit de celles que déclinent les talents des sportifs de haut niveau, en phase avec les règles de la concurrence et de la compétition et la justification des inégalités de revenus fondées sur l’équité productive. Dans ces conditions, le sport devient un instrument d’actions politiques et un pourvoyeur de profits et salaires élevés pour ses participants professionnels. Après le «sport amateur», synonyme de loisirs du début du siècle, et le «sport business» qui connaît un essor considérable dans les années 1980, on assiste aujourd’hui à la renaissance d’une véritable géopolitique du sport, laquelle est fondée sur trois caractéristiques principales : - Les significations multiples du sport, de leur valeur éducatives à l’école aux rencontres sportives internationales médiatisées, s’inscrivent dans de nouvelles dynamiques économiques, politiques, sociales et culturelles internationales ;
3 Chaix P. (2004), Le rugby professionnel en France. Enjeux économiques et sociaux, Paris, L’Harmattan. Ouvrage issu d’une thèse de doctorat soutenu à l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble. Il rappelle que l’amateurisme du rugby permettait aux classes supérieures de s’approprier un jeu. Le football qui s’est rapidement professionnalisé a rapidement obtenu un soutien populaire qui a facilité son exercice compétitif à toutes les classes de la population.

Introduction

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- Les instances internationales du sport jouent un rôle de plus en plus important dans les milieux diplomatiques internationaux ; - Les entreprises, les villes, les États ou les médias s’emparent du sport comme un moyen d’action privilégié. Ces acteurs introduisent directement le sport dans les enjeux majeurs de politique étrangère. Aujourd’hui, l’analyse des nouveaux défis du sport international suppose la mise en place d’une grille de lecture sur ses rapports avec les relations économiques et politiques internationales. Plusieurs questions peuvent alors être posées : - Quels sont les principaux acteurs de ce nouvel édifice du sport international médiatisé, ceux qui développent ainsi leurs propres zones d’influence et surtout améliorent leurs rapports de forces. - Les États participent-ils à ce concert souvent cacophonique d’activités sportives aux valeurs déclarées rarement respectées ? Utilisent-ils le sport comme un instrument politique et diplomatique performant et rapidement utilisable ? Quels sont les nouveaux enjeux et risques d’application du sport dans l’arène politique et stratégique internationale ? - Quelle est la place du sport dans les questions des droits de l’homme, de lutte contre le racisme et en faveur des libertés individuelles et collectives ? Ministre de la France a commandité auprès du Secrétaire d’État Eric Besson un rapport sur la compétitivité du football français. Au fond, le sport professionnel, et notamment le football, devient un enjeu politique dont les gouvernements se préoccupent en vue d’améliorer leur propre image de marque auprès de leurs concitoyens et de réduire ainsi les tensions sociétales et sociales potentielles.

I.

Le sport comme expression de la puissance publique et d’une appartenance politique
GAUTIER FONTANEL, LILIANE BENSAHEL, JACQUES FONTANEL
L’activité sportive est à la fois une démarche éducative, un loisir, une philosophie, c’est aujourd’hui un phénomène social majeur, un reflet de la société. Sa consommation est, en termes économiques, un bien supérieur. Dans ces conditions, son expression par les résultats fournit une idée approximative de la richesse d’un pays et de son niveau d’éducation. Bien sûr, la mesure n’est pas exacte si les références se limitent aux palmarès bruts. Il faut aussi y inclure l’activité économique globale que le sport génère dans un pays et la capacité de celui-ci d’attirer les champions dans ses championnats ou dans ses filets de naturalisés. Le sport donne un exemple de la nécessité de la compétition, c’est un apprentissage au capitalisme. «Il produit un conflit contrôlé libérateur de la violence destructrice (au même titre, mais selon une intensité différente, que les guerres ou les luttes consécutives aux exclusions sociales) »4.

4 Fontanel J., Bensahel L. (2001), Réflexions sur l’économie du sport, « Eco+ », Grenoble, PUG, p. 7.

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Le sport comme expression de la puissance publique

Le sport représente donc plus que l’exercice du sport. Il n’est plus toujours un instrument éducatif, une préparation à la vie civique et au respect de l’autre. C’est aussi un marché. Le sport comme pratique et spectacle est parfaitement assimilé par les valeurs du marché. Il engage des ressources économiques considérables et croissantes. Cependant, le produit sportif peut être soit privé, soit public, notamment au regard des investissements et des infrastructures nécessaires. Le sport est parfois considéré comme un bien public national. La France s’est dotée d’un ministère de la Jeunesse et des Sports, avec une organisation administrative conséquente. Il fait l’objet d’une tutelle étroite de l’État et des collectivités locales. Le Parlement a adopté des lois concernant le dopage ou le statut des clubs professionnels. Ainsi, la loi Buffet du 6 juillet 2000 a eu pour objectifs de conforter les missions de service public du sport, en accentuant la vie démocratique, en renforçant l’unité du mouvement sportif et en modernisant l’encadrement des pratiques sportives par une réglementation idoine des cadres techniques. En France, il est possible même de parler de cogestion du sport. L’État accorde une délégation à l’organisation des compétitions sportives et à la gestion de l’ensemble de l’activité d’un sport à une Fédération, qui obtient ainsi à la fois une reconnaissance officielle et un monopole. Les financements collectifs publics sont importants, indispensables pour la survie de certains sports. L’économie publique est un instrument du développement du sport5. Il existe aussi des biens publics internationaux comme les JO ou la Coupe du monde de football. L’organisation des compétitions et les règles économiques qui définissent des droits et devoirs des acteurs économiques du sport sont dépendantes des financements et des lois décidés par les autorités publiques. Aucun des JO ne peut être organisé sans l’accord du gouvernement qui reçoit le site choisi et tout le fonctionnement des rapports marchands est structuré par des lois générales ou «ad hoc» qui s’imposent aux acteurs. L’économie publique assure la sauvegarde de l’ordre public, elle se propose aussi d’accorder un loisir sain et éducatif à la
5

Ibid, p. 104.

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population, elle conduit aussi à la recherche de la performance pour affirmer internationalement le prestige national. Le sport est une activité hautement technologique qui témoigne de la qualité relative des États au regard de ce pari national sur les performances des sportifs. Le sport charrie des valeurs spécifiques et des représentations oniriques qui le distinguent d’une activité économique normale. Les activités sportives, longtemps chantres du nationalisme ou du localisme, modèlent progressivement les valeurs anciennes au profit de intérêts privés, au moins dans leurs dimensions professionnelles. Le champion s’est substitué au héros militaire, c’est aussi l’ambassadeur tarifé d’un pays. Dans ces conditions, la victoire d’un homme devient la victoire d’un pays ou d’un système. Les victoires chimiques du dopé sont justifiées lorsqu’elles ne sont pas révélées. Comme pour les périodes de guerre, les moyens justifient toujours les moyens, sauf lorsque les situations de corruption ou de dopage deviennent publiques. Dans le monde contemporain, le sport s’inscrit dans le cadre d’une expression publique. Il est parfois prisonnier des idéologies qu’il n’a pas toujours cherchées à promouvoir, il constitue une vitrine pour des valeurs nationalistes, il se présente comme une vecteur positif de l’unité nationale et il donne aussi une indication intéressante sur la puissance présente et à venir d’un pays.

Une expression idéologique
Le sport véhicule des valeurs idéales, qui en font aujourd’hui un enjeu idéologique. Il se revendique comme une activité humaniste, destinée à favoriser les performances sportives des hommes, à améliorer la santé publique, à participer à l’essor du ludisme et à devenir un facteur d’intégration et d’amitié. Il contribue à l’émancipation des femmes, au combat contre le racisme et la xénophobie, à l’acceptation par les individus des valeurs républicaines et à l’expression, pour les plus chanceux, de l’ascenseur social. Le sport à visage humain rejette les déviations (de l’affairisme au dopage, des résultats arrangés à la corruption, de l’aggravation des violences à la marchandisation généralisée des «valeurs» sportives). Dans la sphère politique, il ne se conçoit jamais