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Gnassingbé Eyadema (Volume I )

432 pages
Ce premier volume inaugure une série de six publications. Ce volume rassemble les discours et allocutions prononcées par le Président Gnassingbé Eyadema de sa prise de pouvoir en janvier 1967 à février 1975 au moment de la signature des accords CEE-ACP. Les textes rassemblés offrent un panorama des crises et des mutations qu'aura connues le Togo et permettent de comprendre son architecture présente et ses évolutions politiques futures.
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Assiongbor FOLIVI

Grandes Figures d’Afrique
Collection dirigée par André Julien Mbem
Les acteurs de la vie politique, intellectuelle, sociale ou culturelle africaine sont les axes majeurs de cette collection. Le genre biographique autour de personnalités marquantes de l’histoire contemporaine du continent africain reste à promouvoir. Et pourtant, depuis l’accession des pays africains à l’indépendance, en Afrique ou dans sa diaspora, des personnages d’une importante densité occupent la scène du monde et la quittent parfois sans que soit mis en récit, au besoin avec leurs concours, leurs parcours. La collection Grandes Figures d’Afrique privilégie l’archive, le témoignage direct, en veillant autant que possible à l’authenticité du matériau historique.

© L’Harmattan, 2009 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanado.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-07797-3 EAN : 9782296077973

Parus dans la même collection

Bernard Dadié Itinéraire d’un écrivain africain dans la première moitié du XXème siècle Frédéric Lemaire Combattre pour le présent et l’avenir Charles Pascal Tolno Les hommes d’église et le pouvoir politique en Afrique noire Jean-Claude Djereke Afrique passion et résistance Jean Pierre Ndiaye Joseph Ki-Zerbo Itinéraire d’un intellectuel africain au XXe siècle Florian Pajot Le Pasteur et le Président (entretiens avec Omar Bongo Ondimba) Francis Michel Mbadinga Et L’Afrique brillera de mille feux Jean Ping

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. A LA SOURCE DE L’HISTOIRE TOGOLAISE

L’intérêt de la publication de l’intégralité des discours officiels du Général Gnassingbé Eyadema, Président de la République togolaise entre 1967 et 2005, ne fait aucun doute. Un tel document constitue un matériau essentiel pour qui veut revisiter la pensée et l’œuvre du président Eyadema que « la Commission de Réhabilitation de l’Histoire » a décidé de faire entrer dans la mémoire collective comme le Père de la Nation togolaise. Que l’on soit un thuriféraire ou un contempteur, le répertoire de ses discours est un précieux outil pour mieux comprendre des pans entiers de l’histoire du Togo et, accessoirement, celle de l’évolution récente du continent africain. Il offre pour tout chercheur, l’opportunité d’étudier les dimensions insoupçonnées (politique, sociologique, littéraire, linguistique etc.) que recèle toute communication publique, a fortiori celle d’un dirigeant africain d’envergure. Ce caractère didactique impose le choix d’une édition des discours dans leur état brut, sans commentaires ni annotations, afin de laisser libre cours à toute réflexion, évaluation et appropriation dans la mesure où ces textes tombés dans le domaine public, sont accessibles à tous. Dans les six volumes de la présente édition, figurent quelques 435 discours qu’il a fallu pendant plusieurs mois extirper des archives, recenser et rassembler. Ce panorama historique commence le 13 janvier 1967 lorsque, en sa qualité de Chef d’Etat Major des Forces Armées togolaises (FAT), il s’adressa pour la première fois au peuple togolais, par les ondes de Radio Lomé. Dans un style dépouillé et bien trempé qui ne le quittera plus jamais, il donna les raisons de la prise du pouvoir par l’armée, et communiqua les premières mesures politiques des insurgés. Ce premier discours est fondateur puisqu’il projette déjà devant la scène nationale, la marque de celui qui, trois mois plus tard, le 14 avril 1967, deviendra le Chef de

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l’Etat de fait, après la dissolution du Comité de Réconciliation Nationale mis en place en janvier. Trente sept ans plus tard, le 29 décembre 2004, comme pour faire ses adieux au monde, il délivra au corps diplomatique accrédité auprès de la République togolaise, son dernier discours officiel dans lequel il lança un ultime appel aux pays du Nord en vue d’une solidarité plus accrue envers les pays pauvres. Dernière parole publique d’un homme d’Etat qui a consacré une grande partie de sa vie pour conduire la destinée du Togo. La disparition du président Eyadema, le 05 février 2005, mit un terme à un parcours somme toute exceptionnel d’un fils de paysan devenu l’une des grandes figures de l’Afrique contemporaine. La publication des discours du président Eyadema est par ailleurs justifiée par le fait que l’ex-Chef d’Etat n’a pas écrit ses mémoires. Sans doute projetait-il de le faire avant que le sort en décidât autrement. Les historiens ou tout simplement le citoyen lambda n’aurait-il pas voulu qu’il révèle les aspects occultés de certains faits, ses sentiments personnels, ses motivations, ses déceptions, son rêve pour son pays ? Et à l’instar des dirigeants qui ont eu la chance de laisser leurs mémoires, eût-il rappelé ses souvenirs d’enfance, ses moments de joie et les peines qui ont jalonné son exercice du pouvoir ? Faute de mémoire ou de récit autobiographique, on peut dire aujourd’hui que ses interventions parlent pour lui et peuvent faire office d’écrits mémoriaux. Ses discours, qu’ils soient les fondements de sa philosophie politique ou de sa praxis, les fruits de ses réflexions, l’explication d’un acte posé ou sa vision sur les grandes questions universelles, ont par conséquent une importance indéniable pour le décryptage de l’histoire du Togo. C’est une contribution, si modeste soit-elle, à la lecture de l’histoire mouvementée du Togo loin des préjugés et des perceptions politiciennes. Soldat et autodidacte, le président EYADEMA était connu pour son verbe sobre, épuré, direct, bref sa sémantique sans fioritures. Un franc parler qui lui a fait frôler un incident diplomatique majeur lorsque, le 22 novembre 1972, lors de la visite officielle à Lomé du Président de la République française, M Georges POMPIDOU, il esquissa publiquement une réflexion sur un réajustement de la parité du CFA par rapport au franc français. Initiative hardie qu’aucun de ses pairs n’osa à l’époque. L’unité nationale, la recherche de la paix, la démocratie, l’intégration régionale et africaine, les problèmes de développement, le nouvel ordre économique, la

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coopération internationale, étaient ces thèmes de prédilection. On se rappelle que pendant des décennies le Togo était l’objet de toutes les sollicitations. En dehors de ses médiations dont on redécouvre dans les pages suivantes le fil conducteur, d’autres interventions sont prononcées à l’occasion de la signature dans la capitale togolaise des quatre Conventions ACP et CEE appelées Conventions de Lomé, de la Conférence des Chefs d’Etat de France et d’Afrique, de la création de la CEDEAO dont la décision a été prise à Lomé au cours d’une réunion des ministres des affaires étrangères et du passage de l’Organisation de l’Union Africaine à l’Union Africaine. L’action du président Eyadema a un goût d’inachevé. Alité, il n’a pas prononcé, pour la première fois, son incontournable message à la nation, le 13 janvier 2005. Dans le climat difficile et complexe des années 2000, il n’a pas pu parachever la politique de libéralisation des institutions en dépit de l’amorce du dialogue intertogolais sous l’égide de Bruxelles et de la reprise partielle de la coopération avec l’Union Européenne rompue en 1993 pour cause de déficit démocratique. Devant l’homme d’Etat, ses discours, ses pensées et son œuvre, l’histoire sera le seul juge. Aujourd’hui, faute d’avoir une vision commune de l’histoire, des hommes politiques, des historiens ou des chercheurs togolais, chacun attaché à sa chapelle, livrent leur version des annales de la vie nationale. Ce qui pose l’équation si présente à nos esprits de l’objectivité de l’histoire par rapport à l’impartialité de l’historien. Et si, au moment où les nouvelles autorités togolaises engagent une procédure pour le triomphe de l’indissociable triptyque : vérité, justice et réconciliation, l’on tentait de s’entendre sur la même écriture des éléments fondateurs de la nation togolaise réconciliée avec elle-même et pour y parvenir, de mettre à disposition une documentation adéquate ! Comportant une chronologie qui permet de suivre pas à pas l’évolution du pays et les temps forts du règne du Président Eyadema de 1967 à 2005, cette édition de ses discours, s’inscrit dans cette perspective.

A. FOLIVI

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Togolaises, Togolais, Notre pays, une fois encore depuis les événements du 13 janvier 1963, traverse une crise grave dans les circonstances que voici ! Le 17 novembre 1966, pendant l’absence de M. Nicolas GRUNITZKY, Président de la République togolaise, un décret pris par M. Antoine MEATCHI mettait fin aux fonctions de M. FOUSSENI Mama, ministre de l’Intérieur. Cet événement met ainsi à jour la crise que connaît l’équipe gouvernementale depuis sa formation. En effet, depuis un certain moment, des tracts étaient lancés dans la ville de Lomé, les uns accusant le Président GRUNITZKY et les autres, le Vice-président MEATCHI. A ce propos, le ministre de l’Intérieur procédant à des enquêtes en vue d’en découvrir leurs auteurs est amené à porter ses soupçons sur le Vice-président de la République M. Antoine MEATCHI. Le fait étant découvert, ce dernier a cru devoir agir de la manière ci-devant relatée. Considérant que le 13 janvier 1963, un coup d’Etat militaire mettait fin au gouvernement présidé par Sylvanus OLYMPIO, les raisons de ce coup d’Etat étant connues, Considérant que le pouvoir avait été immédiatement confié par le Comité insurrectionnel qui s’était constitué à une équipe de civils dirigée par M. Nicolas GRUNITZKY, laquelle a organisé des élections à l’issue desquelles un gouvernement définitif a été constitué par le Président GRUNITZKY, secondé par M. Antoine MEATCHI, ce dernier en qualité de Vice-président de la République, Considérant qu’une politique d’Union et de Réconciliation nationales a été préconisée devant permettre la fraternisation entre tous les Togolais sans distinction aucune, Constatant que la situation présente prouve l’insuccès de cette politique, les deux hommes s’étant engagés dans une lutte d’hégémonie, chacun voulant éliminer l’autre, et que de ce fait un désordre s’est installé dans le pays, désordre qui a conduit à la situation actuelle, Constatant qu’à ce jour malgré toutes les réformes gouvernementales et institutionnelles supprimant le bicéphalisme, la division créée et entretenue au sein de la population depuis bientôt quatre ans, du fait de la lutte d’hégémonie existant

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entre le Président et le Vice-président de la République, s’agrandit de jour en jour, provoquant une psychose de guerre civile imminente ; Considérant que le budget national accuse un déficit de plus en plus élevé depuis près de quatre ans alors qu’aucune action gouvernementale n’est engagée en vue de son absorption, Estimant la situation grave et dans le but de défendre l’intégrité de la Nation Togolaise ainsi que la protection des personnes et des biens, DECIDONS DE CE QUI SUIT : 1°) L’Armée Nationale Togolaise prend la responsabilité des pouvoirs civils, politiques et militaires sur toute l’étendue du territoire, 2°) 3°) 4°) La Constitution est suspendue, L’Assemblée Nationale est dissoute, Toutes les activités politiques sont suspendues,

5°) Un comité de réconciliation nationale sera mis sur pied dans les heures qui suivront et aura pour tâche dans un délai de trois mois de préparer les institutions devant permettre des élections libres et démocratiques à l’issue desquelles l’armée s’engage à se retirer de la scène politique, 6°) Que tous les citoyens togolais arrêtés après les manifestations du 21 novembre soient immédiatement libérés, 7°) Proclame l’état d’urgence sur toute l’étendue du territoire, en conséquence décrète le couvre-feu de 20 h à 5 heures du matin, 8°) Proclamons la fidélité de la Nation Togolaise à la Charte des Nations Unies.

Nous nous engageons solennellement à respecter et faire respecter tous les traités et accords internationaux conclus jusqu’à ce jour par la République Togolaise avec tous les Etats du monde. Nous affirmons notre attachement à l’Organisation de l’Unité Africaine et Malgache (O.C.A.M.) et au Conseil de l’Entente.

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Nous demandons à tous les étrangers installés au Togo de garder une neutralité absolue en ne s’immisçant pas dans nos affaires intérieures, leur sécurité et leurs biens seront assurés. TOGOLAISES, TOGOLAIS, nous vous invitons tous à garder le calme et à faire confiance à votre Armée qui n’a aucune intention de garder le pouvoir. La parole sera donnée au peuple dès que les circonstances le permettront. Vive la République Togolaise !

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C’est pour moi une joie et un plaisir d’être parmi vous aujourd’hui avec mon Etatmajor à l’occasion de cette prise d’armes. Cette cérémonie met fin à une marche fameuse qui vient de se dérouler dans le Fazao ; marche dont le but était de prendre contact avec les villages et la plaine du Mô et de parcourir les réserves et chasses afin de dépister les braconniers et de détruire les pièges. Vous savez que notre intention est de revaloriser la réserve du Fazao en protégeant le gibier et en créant des parcours de visite afin de mettre en valeur cette région sur le plan du tourisme international. Or actuellement cette réserve est pillée par les braconniers qui systématiquement détruisent le gibier. Pour mettre fin à ce pillage, j’ai décidé d’intensifier le contrôle de la réserve et des sanctions très sévères seront appliquées à ceux qui seront pris en flagrant délit. Il vous appartient à vous tous qui habitez sur les limites de cette réserve de nous aider afin que ce projet soit réalisé rapidement et il ne peut l’être qu’avec votre concours, concours qui n’exige que le respect des lois. Tout à l’heure, pour la première fois à Bassari, défileront devant vous des éléments de la gendarmerie et de la deuxième compagnie du premier bataillon d’Infanterie togolaise. Ce défilé sera rehaussé par la présence du drapeau et de la musique. Quel symbole évoquera-t-il en vous ? Je pense qu’il représentera la fusion du peuple togolais, car l’armée est formée des fils du pays issus de toutes les régions du Togo. Ceci est rendu possible parce qu’au départ il y a union. Union dans le travail fait en commun ; union, car le but poursuivi est unique. Puisse cette cohésion être un exemple. Ce n’est que dans l’union que notre pays acquerra prospérité et équilibre. Ainsi j’invite chacun d’entre vous à travailler dans ce but. Je terminerai en remerciant le chef supérieur, les chefs de canton, les chefs de village, la population de Bassari qui spontanément ont accueilli la troupe, lui réservant un accueil chaleureux. Vive la Circonscription de Bassari ! Vive le Togo !

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Messieurs les Chefs de Circonscription, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Le 13 janvier dernier, les Forces Armées Togolaises prenaient la responsabilité des pouvoirs politiques, civils et militaires sur toute l’étendue du territoire. Ma proclamation datant du même jour a largement stigmatisé les causes qui ont amené l’Armée à agir énergiquement et à temps. Depuis lors, j’ai eu à enregistrer diverses manifestations de soutien de toutes les couches de la population togolaise. Les télégrammes, les motions ainsi que les nombreuses délégations qui se sont rendues à Lomé nous ont apporté leur appui total et je tiens à mon tour, à cette occasion, à vous adresser en mon nom personnel et au nom de tous mes officiers, sous-officiers, gendarmes et soldats, nos remerciements pour toutes les diverses réactions spontanées de soutien moral et d’encouragement à notre Armée. Le pays avait le droit à connaître la Paix grâce à la Réconciliation nationale, mission qui était confiée à M. Nicolas GRUNITZKY et à M. Antoine MEATCHI après le renversement du régime inhumainement dictatorial de Sylvanus OLYMPIO. Mais une fois installés, les deux hommes se sont livrés la guerre au lieu de réconcilier tous les Togolais sans distinction aucune. En effet, comment est-il possible d’admettre que deux hommes, appartenant à un même parti, appelés à former un gouvernement de Réconciliation en vue de réaliser l’union des Togolais s’engagent dans une lutte d’élimination mutuelle, oubliant ainsi la mission qui leur sont confiée, le tout aux dépens de la population qui ne cherche qu’à travailler pour vivre en paix et décemment ? Comment concevoir que sous le couvert de groupements d’intérêts, pompeusement appelés partis politiques, facteurs de haine, de division et de désordre, la corruption sous toutes ses formes, les détournements des fonds publics, les ambitions démesurées pour le conquête du pouvoir deviennent la règles d’or d’un gouvernement alors que la presque totalité des citoyens ont à peine de quoi vivre et que le chômage s’intensifie chaque jour davantage ?

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L’Etat de crise qui a provoqué tous les événements précédents le 13 janvier, que chacun de vous connaît, allait précipiter le pays dans le gouffre de la guerre civile. Devant une telle situation, les Forces Armées Togolaises avaient le devoir sacré de supprimer les causes de la catastrophe et d’empêcher que le sang togolais soit versé sur le sol togolais par les Togolais eux-mêmes ; c’est ce qui a été fait et le serait encore si besoin en était. Un Comité de Réconciliation Nationale a été constitué et a pour tâche, après complet nettoyage de la maison, de mettre sur pied de nouvelles institutions. Ses membres ont été choisis sur la base unique de l’efficacité sans référence aucune à des appartenances politiques. Il doit être entendu que : l’Armée est résolument déterminée à en finir une fois pour toutes avec les anciens partis politiques, qu’elle est fermement décidée à instaurer dans ce pays l’unité nationale toujours bafouée par les anciens partis politiques qui après l’Indépendance acquise, n’ont plus aucun objectif à caractère national, qu’elle entend rassembler tous les citoyens togolais dans un même creuset national sans autre distinction que la valeur intrinsèque de chaque individu pour la construction équilibrée et harmonisée du pays. Dans ce but, l’Armée, le Comité de Réconciliation Nationale et les chefs de circonscription conjugueront leurs efforts pour extirper du corps de l’Etat ce malin cancer qui ronge la santé du pays ; j’ai nommé, les anciens partis politiques et toutes leurs malversations. L’avenir de ce pays dépend de ses fils. La terre ne nous fait pas défaut. Les possibilités industrielles ne manquent pas. Nous avons des bras vigoureux pour domestiquer la nature et nos disponibilités intellectuelles ne sont pas trop maigres. La production des éléments d’enrichissement du paysan nous oriente vers la terre et dans ce cadre, l’armée envisage une action vigoureuse d’encadrement et de production agricole en comptant sur la force des jeunes bras de la Nation. La diversification de l’agriculture jointe à nos moyens intellectuels et à nos ressources naturelles nous permettront d’espérer une industrialisation progressive.

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« AIDE-TOI ET DIEU T’AIDERA » Adage toujours vrai car le Togo ne manque pas d’amis qui sont prêts à venir l’aider dans sa volonté de développement. Grâce à nos amitiés et relations de toujours ainsi qu’à notre politique de la porte ouverte, nous avons bon espoir de résoudre nos problèmes de développement. Il nous appartient de nous rassembler dans une même volonté de construction et les pays amis à l’extérieur ne ménageront pas leurs efforts pour parfaire le nôtre. Vive la République Togolaise !

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Togolaises, Togolais, Le 13 janvier 1967, pour éviter à la Nation des affrontements sanglants, des déchirements dans lesquels le Togo eut perdu son âme, je vous annonçais que l’Armée prenait tous les pouvoirs. Aujourd’hui 14 avril 1967, à la demande de la majorité de nos populations et pour consolider et la paix intérieure, et les résultats acquis dans la remise en ordre de notre économie et de notre administration depuis le 13 janvier 1967, je proclame dissous, le Comité de Réconciliation Nationale auquel je rends un sincère hommage, tant à son président qu’aux membres qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes dans une situation particulièrement délicate, et je déclare constitué le gouvernement de la République Togolaise dont j’assume l’autorité suprême. Citoyens Togolais : Vous m’avez fait part de votre hantise de voir s’ouvrir à nouveau les jeux politiques qui ne devaient être pour certains que l’occasion de prendre une revanche ; vous m’avez fait part de la terreur qui s’emparait de nos paysans à l’annonce qu’à nouveau, clandestinement, des émissaires sillonnaient le pays pour préparer le retour au pouvoir d’hommes sourds à la voix du cœur et de la raison. Je prends solennellement aujourd’hui l’engagement de maintenir la paix dans ce pays par tous les moyens. Je vous demande de continuer à vivre et travailler mieux que vous ne l’avez jamais fait dans le passé. En accord avec les membres de mon gouvernement que j’ai l’honneur de vous présenter : 1°) 2°) 3°) 4°) Le lieutenant-colonel Etienne EYADEMA, Président de la République et ministre de la Défense nationale, Le colonel Kléber DADJO, Garde Sceaux et ministre de la Justice, Le chef de Bataillon James ASSILA, ministre de l’intérieur, Le chef d’Escadron Albert Alidou DJAFALO, ministre la santé publique,

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5°) 6°) 7°) 8°) 9°) 10°) 11°) 12°)

M. Joachin HUNLEDE, ministre des Affaires étrangères, M. Alex MIVEDOR, ministre des T.P., Mines, Transports, des Postes et Télécommunications, M. Boukari DJOBO, ministre des Finances et de l’Economie, M. Sylvain BABELEME, ministre de l’Education Nationale, M. Paulin EKLOU, ministre du Commerce, de l’Industrie, du Tourisme et du Plan, M. Benoît MALOU, ministre du Travail, des Affaires sociales et de la Fonction publique, M. Barthélémy LAMBONY, ministre de l’Information et de la Presse, M. Pierre ADOSSAMA, Ministre délégué à la Présidence chargé de l’Economie Rurale.

Nous avons décidé : Primo : La République Togolaise, fidèle à ses engagements, reste la terre d’accueil pour tous les hommes de bonne volonté de quelque race et de quelque origine que ce soit. Secundo : Consciente de ses possibilités limitées dans le domaine économique et jusqu’à la mise en exploitation de toutes ses richesses, la République Togolaise lance un pressant appel à ses amis traditionnels, particulièrement à la France, à la République Fédérale Allemande, aux Etats-Unis et aux autres Nations pour l’aider à réaliser, dans les conditions optima, son plan quinquennal. Terso : Le Gouvernement, fervent partisan d’une politique libérale qui doit assurer un mieux être à l’ensemble de tous les citoyens, invite tous les artisans, commerçants, industriels, à fournir un effort accru dans les domaines de l’investissement et des salaires payés. Il invite également les propriétaires terriens à mettre en culture toutes leurs terres. Il invite tous nos paysans à s’attacher à fournir des produits agricoles d’une qualité sans cesse améliorée.

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Quarto : L’Armée s’engage, enfin à remettre à une autorité civile constitutionnellement établie tous ses pouvoirs, lorsque la paix, indispensable à tout progrès et à tout développement, sera revenue dans les esprits et les cœurs de tous les fils de ce pays, lorsque la réconciliation sera totale. Citoyens togolais et vous tous représentants des diverses communautés d’Europe, d’Amérique ou d’Asie, je vous convie au travail dans la dignité et la liberté. Vive le Togo !

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Recrues du 1er Bataillon D’Infanterie Togolaise ! Voici le Drapeau de nos Forces Armées auquel vous rendez les honneurs pour la première fois. Vous le servirez avec honneur, c’est l’emblème de votre Nation, c’est la justification du Sacrifice Suprême que vous tous, soldats sous l’uniforme, pourriez être appelés à offrir à votre Patrie. Il y a deux mots inscrits sur ce Drapeau : « Valeur et Discipline » Ne l’oubliez jamais. « VALEUR » : Cela signifie valeur physique, valeur morale, connaissance approfondie du métier des armes. Les menaces qui pèsent sur notre Nation revêtent de multiples formes. La guerre ouverte n’est plus la seule à laquelle vous devez vous préparer. Des formes plus sournoises de conflit peuvent aussi bien chercher à saper le moral du pays qu’à détruire ses ressources physiques. Vous devez être instruits pour mieux vous intégrer à la vie nationale pour mieux répondre aux coups que l’on pourrait lui porter. L’armée vous offre ainsi la possibilité de devenir de complets citoyens. « DISCIPLINE » : Vertu indispensable à la cohésion de l’Armée, donc à sa force, et, au-delà à la cohésion de la Nation. En toute occasion et en tout lieu, ayez présent devant vos yeux cette obligation parfois lourde, d’obéir à vos chefs, sans hésitation ni murmure. Il y va des victoires futures que vous remporterez sur vous-mêmes d’abord, pour le pays ensuite. Recrues, je vous présente votre Drapeau.

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Togolaises, Togolais, Demain nous fêterons le septième anniversaire de notre Indépendance. En cette veille de fête, je vous convie tous, hommes et femmes, du Nord et du Sud de notre pays, à établir avec moi en toute sincérité le bilan de notre indépendance. Il y a sept ans, aux termes de luttes parfois difficiles, nous obtenions notre titre de citoyens togolais. Une route lumineuse s’ouvrait devant nous. La paix dans la concorde, le bonheur dans la prospérité, devaient assurer à notre peuple une histoire sans nuages et une progression constante dans l’élévation de son niveau de vie. Il semblait alors tout naturel que s’effacent les ambitions et les convoitises personnelles pour que cette Nation qui voyait le jour, pût sans accident aucun, devenir pour tout, le foyer de la grande famille togolaise. Voilà ce que nous pouvions légitimement espérer il y a sept ans. Or qu’avez-vous fait ? Qu’avons-nous fait de notre indépendance ? Moins, beaucoup moins que nous n’aurions dû le faire. L’ambition effrénée de certains, le manque de scrupules de la plupart de ceux qui furent nos dirigeants, la recherche de nouveaux privilèges par ceux qui déjà les possédaient presque tous, ont par deux fois mené notre pays au bord de la faillite et de la ruine. Seule une aide généreuse et désintéressée de nos grands amis du monde libre nous a permis de faire illusion. Togolaises, Togolais, cela suffit. Nous devons mériter notre indépendance et nous devons la mériter chaque jour. L’Etat ne pourra indéfiniment se substituer à chaque individu de ce pays pour le tirer de sa misère et le faire progresser. Que chacun à son échelon se mettre courageusement au travail. Que ceux qui possèdent des capitaux ; recherchent ici les investissements rentables pour la Nation. Que ceux qui possèdent des terres mettent tout en œuvre pour obtenir des rendements sans cesse accrus.

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Que ceux qui possèdent l’intelligence soient les apôtres de notre résurrection ; que ceux enfin qui sont appelés à l’honneur de diriger ce pays, soient justes et désintéressés. Ce septième anniversaire de l’Indépendance sera placé sous le signe de l’austérité et du recueillement. Vous tous, adultes de notre libre Nation, interrogez-vous et demandez-vous : « Ne pourrait-je faire davantage pour mon pays ? »

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Demain s’ouvre la « deuxième semaine du Paysan », faisant suite à celle qui s’était déroulée du 2 au 7 mai 1966. Mon gouvernement et moi-même vous avons déjà fait part à plusieurs reprises, de l’angoisse dans laquelle nous plongeait la misère de la grande majorité de nos paysans. Nous vous avons donné quelques directives très générales pour que, sans attendre, nous puissions tous ensemble, remonter la rude pente qui mène vers un mieux-être. Cette semaine qui s’ouvre, va donc nous permettre de préciser de quelle manière le gouvernement entend agir et ce qu’en retour il escompte de nos paysans d’abord, de vous tous Togolais, ensuite. Notre gouvernement va s’attacher en priorité, à donner aux SORAD, ces jeunes sociétés que vous connaissez déjà bien, tous les moyens nécessaires pour en faire des sociétés modernes, efficaces et rentables. Nous accordons une totale confiance à notre ministre de l’Economie rurale dont les compétences en ce domaine sont très réelles, et qui saura, nous en sommes sûrs, les animer pour le plus grand bien des producteurs et des consommateurs. Bien entendu, une économie moderne, ne peut se passer de crédit. Nous avons décidé d’utiliser au maximum ce ressort indispensable à tout développement. Très bientôt la Caisse Nationale de Crédit Agricole verra le jour. Nous entendons tenter une expérience, dont l’issue décidera pour longtemps de notre destin. Ou chacun tiendra ses engagements, c’est-à-dire que chaque emprunteur fera l’effort nécessaire pour rembourser ses dettes dans les délais prescrits, et notre développement sera assuré ou alors le laisser-aller et la paresse régnant, les remboursements d’emprunts seront difficiles, irréguliers et nous aurons fait la preuve que nous ne sommes pas mûrs pour nous élever au-dessus de notre misère actuelle. C’est cela que nos éducateurs expliqueront à nos paysans durant cette semaine cruciale. Enfin, nous pensons que le développement des coopératives agricoles aux ambitions modestes, est indispensable à une commercialisation rationnelle de notre production agricole. Nous nous attacherons à ce que celles-ci soient effectivement au service des paysans et que les trop nombreux abus qui ont entravé leur développement disparaissent à tout jamais.

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Citoyens togolais des villes, et vous humbles paysans des campagnes, je vous le redis : à la base de tout redressement il y a un effort individuel à accomplir, dans une atmosphère de loyauté, de dignité. Je compte, le gouvernement compte sur vous tous pour que nos efforts ne soient pas vains. Vive le Togo !

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Excellence, C’est avec une particulière satisfaction que nous vous accueillons comme ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Japon auprès de la République togolaise. Votre présence ici, prouve l’intérêt que portent à notre pays votre Gouvernement et sa Majesté l’Empereur Hiro-Hito qui préside aux destinées de votre noble Nation. Nous sommes heureux de vous accueillir dans la grande famille des amis du Togo. Il est vrai que depuis quelques années nos relations commerciales vont s’amplifiant. Vous êtes devenu le deuxième fournisseur du Togo, avec plus d’un milliard et demi de francs CFA de produits finis que nous vous avons achetés. Ces produits d’ailleurs, jouissent sur le marché togolais d’une réputation flatteuse tant pour leur qualité, que par la relative modestie de leur prix de revient. Vous êtes aussi pour nous un client sérieux qui a su apprécier la qualité de nos matières premières. Notre seul souhait, c’est que dans ce domaine commercial, nous puissions équilibrer nos échanges. Mais ce qui fait notre joie de vous accueillir, Excellence, c’est que vous êtes le représentant d’une Nation dont nous apprécions les vertus et qui peut nous servir de modèle. Tout cela pour vous prouver que ce qui touche au Japon ne nous laisse pas indifférents. C’est pourquoi nous nous permettons de formuler un vœu : que par delà nos relations économiques, nous puissions tisser comme vous l’avez souligné dans votre discours tout à l’heure, des liens d’amitié suffisamment solides entre nos deux peuples. Excellence, nous souhaitons vous voir souvent au Togo où les membres de mon gouvernement et moi-même vous faciliterons au maximum votre tâche. Soyez notre interprète auprès de votre Gouvernement pour l’assurer de la cordialité de nos sentiments. Vive l’amitié entre nos deux peuples !

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C’est avec une joie sincère que je me trouve aujourd’hui au milieu de vous tous, pour procéder à la pose de la première pierre de notre nouvel Hôpital de LamaKara. La santé de tous les Citoyens de ce pays est l’une des préoccupations majeures de notre gouvernement. Si de rares zones privilégiées existent au Togo où la maladie et la faim n’exercent pas leurs ravages, notre chère petite province de Lama-Kara, très peuplée, au sol aride, est malheureusement l’une de celles où la vie est la plus rude et où la santé de ses enfants est la plus médiocre. Nous allons donc construire un hôpital moderne qui contribuera à l’amélioration de l’état sanitaire de la région et par-là redonnera un peu de bonheur et de confiance dans votre vie à vous tous, Cabrais déshérités. L’Entreprise UDEC et son directeur M. GATE qui ont toute notre confiance, vont se charger d’édifier cette construction. Cette entreprise qui a, à son actif de très modernes réalisations, entre autres celle du Marché de Lomé que nous venons d’inaugurer, a pu, par une politique financière que nous estimons intelligente, nous permettre, sans tracasserie administrative, d’avancer le calendrier des travaux de cet hôpital de plusieurs mois. Elle a préfinancé cette œuvre pour un montant de 100 millions de francs CFA. Bien sûr, nous devons acquitter comme pour tout prêt qui nous est consenti, un certain intérêt. Nous espérons seulement, que d’autres sociétés, s’inspirant des méthodes financières UDEC pourront à leur tour, nous présenter leurs propositions pour l’exécution des grands travaux prévus à notre plan quinquennal, travaux évalués à plusieurs milliards de francs CFA. Une intervention massive de ces sociétés, avec leurs bureaux d’études outillés, leurs services financiers souples et adaptés, permettrait au Togo de réaliser dans d’excellentes conditions son plan, et diminuerait j’en suis sûr, le taux de l’argent prêté.

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Et je m’adresse maintenant à vous ouvriers de l’Entreprise, venus de Lomé ou de Lama-Kara et de ses environs. Vous allez travailler sur un même chantier. Que cette œuvre commune vous permette de mieux vous comprendre. Compatriotes du Nord, accueillez fraternellement les ouvriers de Lomé, comme ceux de Lomé vous ont accueilli lorsqu’ils vous firent une place sur le chantier du Marché de notre Capitale. Les salaires qui vous seront versés, seront au taux de Lomé, taux prévus par des textes réglementaires. En conséquence je vous demande de travailler avec ardeur. Bannissez la paresse et le laisser-aller, intéressez-vous au rendement du travail que vous fournissez. Votre récompense sera, avec la satisfaction du devoir bien accompli, de laisser sur cette terre cabraise un hôpital digne de ce nom, digne de l’avenir de ce pays. Enfin, je voudrais évoquer devant vous, le problème du fonctionnement de cet hôpital. Quels médecins, quels chirurgiens, quels infirmiers ou infirmières auronsnous ? Nous le reconnaissons humblement, pour quelques années encore, nous feront appel à l’Assistance technique étrangère. Je sais très bien que certains experts des plus hautes instances internationales sont étonnés devant le fait que le petit Togo fournissait à certains grands pays plus de médecins, de professeurs qu’il n’en recevait, et ils estimaient qu’une mesure salutaire serait le rappel dans leur pays d’origine de ces élites. Nous répondrons à cela que nos médecins, nos professeurs en servant dans des pays de haute civilisation acquièrent culture, expérience, et aussi richesse, qui leur permettront, lorsqu’ils rejoindront le pays natal, d’œuvrer d’une façon moderne et efficace. Nous estimons que leur attitude n’est nullement égoïste, et nous leur demandons seulement de ne pas trop différer leur retour dans la mère patrie, pour assurer progressivement la relève de l’Assistance médicale étrangère dont nous apprécions les incomparables services. Vous tous qui m’avez écouté, je vous redis : Au travail, dans la Paix et la Dignité. Vive le Togo !

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Nous voici réunis aujourd’hui pour couper le ruban symbolique qui marquera l’inauguration de ce que l’on peut appeler la nouvelle piste de notre aérodrome et, également, l’arrivée du premier quadriréacteur intercontinental à l’aéroport de Lomé. Cette manifestation, attendue depuis longtemps signifie que le Togo, doté d’un aéroport de classe internationale, va connaître une nouvelle évolution dans ses relations avec ses voisins proches ou lointains, et bénéficiera ainsi, encore davantage des progrès de la science moderne. Nous savons tous ce qu’il en coûte et singulièrement dans les pays sousdéveloppés, pour créer les infrastructures modernes, qu’il s’agisse des routes, combien précaires encore, de l’amélioration urbaine et de l’aménagement élémentaire de nos villages. Aujourd’hui, grâce à l’aide d’un pays ami, parmi ceux qui nous sont les plus chers, nous sommes à même de procéder à cette cérémonie. Permettez-moi, très brièvement, de vous dire ce que la France a apporté au Togo en cette circonstance. En avril 1963, 300 millions de francs CFA ont été mis à notre disposition pour une première étape dans l’amélioration de la piste de notre aérodrome. Cette somme, déjà considérable n’a cependant pas été suffisante pour permettre aux appareils à réaction de se poser à Lomé et une subvention supplémentaire de 120 millions est venue compléter le premier effort. Après tant de nombreuses manifestations de solidarité et d’amitié, la France, une nouvelle fois, a accompli ce geste désintéressé qui ne peut que renforcer encore les liens qui nous unissent. Le Togo, pays sous-développé, a à faire face à beaucoup de problèmes et doit surmonter d’innombrables difficultés. Fort heureusement, son peuple courageux et fier, avec le soutien de nos amis de l’extérieur, fait preuve de la plus grande détermination et pour ma part, je suis convaincu que nous parviendrons en dépit de tous les obstacles, aux buts que nous nous sommes fixés.

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Certes, la tâche sera rude, des sacrifices devront être consentis, des milliards seront nécessaires. Si nos efforts et je l’espère, quelques réussites aussi, s’avèrent efficaces, il ne fait pas de doute pour moi que nos amis « nantis », pour employer un terme à la mode, n’hésiteront pas à nous consentir de nouvelles aides pour nous permette de continuer à œuvrer pour la promotion économique, sociale et aussi industrielle de notre Togo. On entend, de ci, de là certaines récriminations, prétendant que les sommes investies dans les pays en voie de développement sont, soit détournées de leur destination, soit mal utilisées, bref, que les aides sont accordées en pure perte. Il reste à en apporter la justification et en ce qui nous concerne, nous prouverons le contraire. Nous demandons simplement que l’on comprenne l’immensité de la tâche que nous avons à accomplir, que l’on veuille bien admettre que tous nos efforts tendent, inlassablement à assurer le mieux-être de nos compatriotes. Je vous demande de m’excuser si je me suis quelque peu écarté du sujet qui nous réunit aujourd’hui, mais il est bon parfois, de dire nettement les choses. L’utilisation de notre aéroport par les avions à réaction va nous permettre des liaisons plus rapides, plus directes avec nos amis et interlocuteurs des autres continents ; il ne peut en résulter que plus d’efficacité dans nos contacts. Monsieur l’Ambassadeur de France, c’est à votre pays que nous devons ce nouveau pas dans la voie du progrès. Au nom de tous mes compatriotes, je serais très heureux que vous veuillez bien transmettre à M. le Président de la République Française, le Général de GAULE, l’expression de toute notre gratitude. Vive la Coopération franco-togolaise !

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C’est avec émotion que nous vous accueillons comme Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Vietnam. Soyez le bienvenu sur notre territoire, Excellence, car vous êtes pour nous le représentant d’une nation que nous avons connue et aimée, d’un pays dont le peuple tout entier, aujourd’hui encore, souffre comme rarement un peuple a souffert au cours des siècles. Et ces souffrances endurées avec une telle abnégation, depuis si longtemps font que nous n’avons plus notre conscience tranquille, et que nous nous sentons chaque jour davantage coupable de notre impuissance à agir, pour l’aider à retrouver la paix. Nous ne comprenons plus l’acharnement mis par certains à vouloir prolonger cette situation, qui ne fait pas honneur à l’humanité, et qui laisse une profonde amertume dans le cœur de chaque être conscient. Aussi nous ne pouvons que formuler un vœu : Que vous vous retrouviez avec vos frères du Nord et qu’ensemble vous régliez vos différends dans un esprit de tolérance, de justice et d’humilité, pour enfin, donner à ceux que vous guidez, le sentiment qu’ils sont devenus des hommes comme les autres, des hommes qui ont droit à la vie. Excellence, nous sommes prêts à coopérer avec votre peuple, tant sur le plan culturel qu’économique. Tous les membres de mon gouvernement s’emploieront au maximum à faciliter votre tâche. Venez souvent nous voir. Daignez transmettre à votre Gouvernement et à votre peuple si courageux, le salut affectueux et fraternel du Togo. Que bientôt la paix règne sur tout le Vietnam !

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C’est sans hésitation aucune et avec une profonde satisfaction, qu’à la demande de Monsieur le Professeur de Médecine VOVOR, nous avons accepté de présider cette cérémonie. Nous témoignons ainsi de l’intérêt tout particulier que nous portons aux efforts entrepris par ceux, qui malgré les difficultés multiples, contribuent inlassablement à promouvoir une AFRIQUE meilleure. Nous sommes ici aussi Mesdemoiselles, pour vous féliciter d’avoir choisi cette noble, cette délicate profession de sage-femme qui plus qu’un métier, doit être un apostolat. Monsieur le professeur VOVOR, nous sommes heureux de pouvoir exprimer aujourd’hui, publiquement toute l’estime que mon Gouvernement et moi-même portons à votre action. Tout en œuvrant à l’extérieur du TOGO pour la Communauté Africaine, car vos élèves des Universités de DAKAR et d’ABIDJAN appartiennent à de nombreux pays d’AFRIQUE, tant francophone qu’anglophone, vous avez réussi à consacrer une partie de votre précieux temps à votre pays, notre pays auquel vous vouez un profond attachement. La qualité de l’enseignement que vous dispensez ici à vos jeunes élèves est telle, que le diplôme que nous leur décernons dans quelques instants a pu obtenir sans difficulté, l’équivalence avec le diplôme décerné dans les Ecoles françaises. Votre présence, Messieurs les Doyens et Messieurs les Professeurs de la Faculté de PARIS, ici au TOGO, en qualité d’examinateurs, témoigne de l’importance et du sérieux attribué à ceux-ci. Soyez remerciés au nom de mon Gouvernement et au nom de nos élèves de l’aide que vous nous apportez en cette occasion, et de la confiance que vous nous témoignez. Professeur VOVOR, l’on vous a déjà beaucoup demandé. Et pourtant nous allons à nouveau solliciter vos exceptionnelles qualités pour une mission que nous estimons particulièrement importante. L’Etat sanitaire de nos populations laisse à désirer, et nos installations hospitalières ne sont pas toujours ce qu’elles devraient être. Votre légitime autorité sur vos confrères, votre expérience et votre sagesse doivent vous permettre de leur donner les conseils nécessaires pour redresser une situation difficile.

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Nos malades et nous-mêmes comptons sur vous, Professeur, pour donner au Service de Santé togolais la réputation flatteuse qui fût la sienne il y a quelques années. Quant à vous Mesdemoiselles, la tâche qui vous attend est exaltante. Vous pencherez avec amour sur ces jeunes êtres dont le premier souffle sera entre vos mains. Soyez au-delà de la partie purement technique de votre métier, la conseillère écoutée des mamans qui trop souvent ignorent les règles élémentaires de l’hygiène. Si l’Afrique physique est en grande partie libérée, songez que la femme africaine, la mère africaine sont prisonnières de leur ignorance, de leur misère, des multiples contraintes qui pèsent sur la vie familiale. Dans les villes ou les villages où vous serez affectées, travaillez, travaillez toujours à cette libération, mettez tout votre courage, toute votre foi à préparer les jeunes générations, solides qui seront le capital le plus précieux de notre pays. Mesdemoiselles, votre tâche sera rude. Ne vous découragez pas, vous devez réussir, et vous réussirez, car nous saurons vous aider. Je vous redis à tous, Professeurs et élèves : MERCI ET BONNE CHANCE.

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Le Togo accueille avec respect sur son territoire, le représentant d’une très vieille nation d’Europe qui fêtait, il y a peu, les mille ans de son existence. Mille ans d’existence, mais nous savons aussi que ce sont mille ans d’une histoire tourmentée, où dix fois la Pologne fut sacrifiée, envahie, dépecée et où dix fois son peuple, quoique broyé, sut trouver en lui-même les énergies nécessaires pour se révolter contre un destin contraire, sauver son passé et mesurer son avenir. Et vous voici réinstallés dans de nouvelles et, souhaitons-le, définitives frontières, après la dernière et incroyable hécatombe où six millions des vôtres périrent, la plupart dans des lieux dont les noms resteront à jamais gravés dans la mémoire des hommes, comme symbole de la souffrance et de l’horreur. Aussi, Excellence, nous n’hésiterons pas à vous demander, nous qui émergeons à peine d’une longue nuit, de faire davantage entendre la voix de votre peuple, pour que ne se renouvelle plus une pareille tragédie. Nous pensons que, plus que quiconque, vous avez le devoir de prendre la tête de la croisade pour la paix. Nous sommes prêts, le Togo tout entier est prêt à soutenir toute action que le peuple polonais et son gouvernement entreprendraient à l’ONU ou ailleurs pour raffermir une paix chancelante, voire inexistante en trop d’endroits de la terre. Bien entendu, Excellence, nous espérons que des relations toujours plus confiantes s’établiront entre nos deux nations dont les idéaux de justice et de liberté sont identiques. Nous avons un long chemin à parcourir pour donner à tous nos citoyens des villes et des campagnes, un minimum de bien-être. Nous comptons fermement sur nos amis pour nous aider à réussir dans cette entreprise, qui, bien que n’était pas spectaculaire, est devenue pour nous, notre souci permanent. Et nous pensons ranger la Pologne dans le camp de nos amis.

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Excellence, nous regrettons fort que votre résidence ne soit pas Lomé. Néanmoins, nous réservons le meilleur accueil à tout industriel, tout commerçant ou tout professeur qui viendrait nouer des contacts particuliers avec nos concitoyens. Veuillez avoir l’obligeance de transmettre à Monsieur le président de la République de Pologne, à son gouvernement et au peuple polonais, le déférent salut du gouvernement et le peuple togolais. Longue vie à l’amitié entre nos deux peuples !

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Lorsque, le 14 avril 1967, nous annoncions à la nation togolaise la dissolution du Comité de Réconciliation Nationale et la création de l’actuel gouvernement, nous donnions les précisions suivantes : « L’armée s’engage, enfin, à remettre à une autorité civile, constitutionnellement établie, tous ses pouvoirs, lorsque la paix et la réconciliation seront définitivement restaurées dans ce pays ». Nous procédons aujourd’hui l’installation du Comité constitutionnel. Sa tâche, il n’est besoin de le dire, va consister à préparer, en vue de le soumettre au gouvernement, un projet de loi constitutionnelle qui permettra à notre pays d’être doté de l’assise juridique et morale sur laquelle devra être bâtie la nouvelle nation, honnête et désintéressée, que chaque citoyen attend. Vivant dans une République de libre démocratie, il est bien évident que le texte constitutionnel devra, avant sa mise en application, être soumis à la nation par voie de référendum et recevoir son approbation. Il serait superflu d’appeler trop longuement votre attention sur l’importance que vont revêtir vos travaux, lesquels, en s’inspirant de l’expérience du passé et de la ferme détermination de mon gouvernement de parvenir à un développement harmonieux et équilibré dans les domaines économique, politique, social et culturel, dégageront des solutions éliminant d’avance toutes les causes des errements que nous avons connus depuis notre indépendance, car si les constitutions précédentes furent, nous le croyons, bonnes, nous ne pouvons hélas en dire autant des hommes chargés de les appliquer. Est-il besoin de souligner vigoureusement qu’un poste politique ne sera plus pour son occupant un moyen inespéré d’enrichissement et que seules les dépenses occasionnées par un travail parlementaire effectif feront l’objet d’un remboursement par l’Etat. S’il en est ainsi, l’indemnité ministérielle actuelle impose l’institution, pour nos futurs parlementaires, d’une unique indemnisation lors des sessions.

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Je ne doute pas que vous soyez conscients de cet aspect du problème qui sera résolu dans notre prochaine constitution, car il y va de l’intérêt de la nation. Vous avez été désignés, Messieurs, ainsi que le dit l’article 2 de l’ordonnance n° 22-67 instituant le Comité constitutionnel, en raison de votre compétence en matière juridique, économique et politique. Nous avons donc tout lieu d’espérer que l’œuvre à laquelle vous aboutirez sera la mieux adaptée à l’évolution économique et politique du Togo. Nous avons voulu confier à une élite le soin de mettre sur pied le projet de constitution que, nous l’avons dit précédemment, le gouvernement sera appelé ensuite à étudier et sur lequel il aura à se prononcer avant de le proposer au pays. Je vous demande instamment de faire preuve, au cours de vos travaux, du plus profond civisme, d’agir avec toute la loyauté requise et de ne jamais perdre de vue qu’il y va du sort de tous nos concitoyens. Je vous souhaite, Messieurs, de mener à bien l’œuvre qui vous échoit.

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Excellence, Nous suivons avec une attention soutenue, les diverses épreuves auxquelles votre nation est soumise tant à l’intérieur de ses frontières qu’à travers toute la terre et je dirai même l’espace. Nous pensons que de la façon dont vous triompherez, dépendra l’avenir de la multitude des déshérités de ce monde. C’est pourquoi nous nous permettons seulement d’exprimer ce vœu : Que votre puissance, que votre richesse, que le génie de votre peuple soient toujours davantage utilisés à soulager l’homme pauvre des innombrables misères qui l’accablent, à l’éduquer, et à lui donner, enfin, un peu de joie et de bonheur. Excellence, nous vous demandons de redire à Monsieur le Président JOHNSON, combien l’attention qu’il porte à notre peuple nous touche. Nous souhaitons que les relations que vous entretiendrez avec les membres de mon gouvernement et avec notre peuple soient toujours empreintes de cordialité et d’efficacité. Qu’une longue amitié s’instaure entre nos deux peuples !

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Excellence, Nous sommes heureux de vous accueillir comme ambassadeur plénipotentiaire et extraordinaire de la République Socialiste Tchécoslovaque auprès de la République togolaise. Votre présence sur le sol togolais est pour nous le témoignage de l’estime que porte à notre jeune nation, votre pays dont nous connaissons le récent calvaire et dont le peuple peut être cité en exemple pour avoir eu rebâtir dans un temps record une patrie aujourd’hui enviée et admirée. Aussi, en nous exprimant librement devant vous, nous pensons que nos paroles recueilleront un écho favorable auprès des dirigeants de votre nation. Vous êtes ici, Excellence, sur l’une des plus petites nations de cette immense Afrique. Nos ressources naturelles sont modestes, notre industrie embryonnaire et notre agriculture est soumise aux aléas d’un commerce extérieur pour le moins instable. Certains de nos problèmes ne vous sont pas inconnus. Vous venez de les affronter avec succès puisque vous voilà classé parmi l’élite des républiques socialistes, tant votre production agricole, industrielle, artisanale, scientifique est appréciée, tant le dynamisme et la compétence de vos travailleurs sont unanimement reconnus. Nous souhaitons donc pourvoir établir de fructueux échanges dans lesquels nos matières premières, nos produits agricoles trouveront sur le marché tchécoslovaque une place de choix, tandis que vos produits finis, vos capitaux et mêmes vos techniciens seraient accueillis avec ferveur sur le sol togolais. Voilà pourquoi, Excellence, nous comptons sur vous pour que vous soyez au Togo l’ambassadeur des réalisations concrètes. Veuillez avoir l’obligeance de transmettre à Monsieur le Président de la République et aux membres de votre gouvernement nos vœux sincères de voir s’instaurer entre nos deux nations une collaboration loyale et active pour le seul bien-être de nos peuple.

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Excellence, Nous sommes heureux de vous accueillir comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la grande nation africaine, le Nigeria. Nous le sommes d’autant plus que votre désignation marque la confiance de votre gouvernement en l’avenir, confiance qui est pour nous, une preuve de son courage, et la marque de sa ferme volonté de sauver son pays, de ne pas l’abandonner aux forces de désintégration, d’où qu’elles viennent rassurant ainsi notre conscience de Togolais et d’Africains. Car notre crainte première est de voir le Nigeria « voler en éclats ». Cette grande nation se doit de conserver son unité. Nous savons bien, que les grandes ethnies, Haoussa, Yoruba, Ibo avec chacune leurs millions de représentants et leurs grands territoires, peuvent donner naissance à des Etats indépendants et viables. Nous savons plus spécialement combien peut être grande la tentation pour l’une d’entre elles, aux richesses naturelles considérables et aux élites nombreuses, de vouloir s’affranchir de la tutelle du gouvernement central pour assumer son propre destin. Nous avons suivi avec angoisse la rapide détérioration de la situation intérieure qui a abouti à cette catastrophique guerre civile où les frères africains de la même patrie s’entredéchirent aux applaudissements des ennemis de l’Afrique, alors qu’après la réunion d’ABURI, nous avions tous espéré que le drame serait évité. Aujourd’hui, la situation de votre nation concerne toute l’Afrique, sans exception. Des millions d’Africains, privés de liberté, espèrent en leurs frères libérés pour retrouver leur dignité d’hommes. C’est en fonction de leurs appels angoissés que vous devez et que nous devons vous aider à réagir pour stopper la course aux abîmes où vous êtes engagés.

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L’histoire de toutes les nations est remplie de drames affreux où des peuples entiers furent broyés par le caprice de quelques-uns. Mais l’histoire aussi a montré qu’il pouvait, chaque fois, surgir de ces peuples des hommes qui savaient APAISER, PARDONNER et RECONSTRUIRE. Nous prions pour que les actuels dirigeants de votre nation soient ces hommes. Nous sommes prêts, le cas échéant à participer dans la mesure de nos modestes moyens, à toute forme d’action que vous désireriez, qui permettrait une réconciliation dans l’honneur et la restauration d’un climat de confiance au niveau des populations qui ont déjà tant souffert. Excellence, redites à votre gouvernement combien nous souhaitons voir la paix revenir au Nigeria et combien serait dramatique pour toute l’Afrique la mort de la grande Fédération nigériane.

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Excellence, Vous venez de prononcer des paroles aimables à l’intention de notre pays. Soyez-en remercié et soyez assuré que mon gouvernement et moi-même ferons le maximum pour faciliter votre tâche au Togo, comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République libanaise. Car nous avons su apprécier l’attitude toute de sagesse et de dignité de votre pays et des hommes qui le dirigent, lors des récents et tragiques événements qui dans ce Moyen-Orient, berceau de tant de civilisations, faillirent dégénérer en guerre mondiale. Vous avez su rester en dehors d’un conflit qui fit rage à quelques kilomètres de vos frontières durant une brève période peut-être, mais combien lourde de conséquences. Excellence, Comme vous venez de le dire, le Togo et le Liban sont deux petites nations, mais deux nations éprises de paix et dont les dirigeants ont comme commun et majeur souci, l’amélioration des conditions de vie de chacun de leurs concitoyens. Nous savons que face aux géants qui règlent ou prétendent régler le sort de la planète, nos voix n’ont qu’une portée très limitée et nos souhaits ne sont souvent que des vœux pieusement exprimés Néanmoins, comme la cause de la paix est une cause toujours juste, à quelque échelon que l’on se trouve dans la hiérarchie des puissances, il est nécessaire de prendre parti. C’est en fonction de cela que nous souhaitons sincèrement que votre pays, où cohabitent si harmonieusement depuis des millénaires des religions différentes, devienne le lieu de rencontre des ennemis irréductibles d’hier et d’aujourd’hui mais qui, demain, réconciliés, seront les artisans admirés de la seule victoire qui compte dans cette région, la victoire sur les déserts.

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Il est indispensable que triomphe la sagesse. Il est indispensable que la voix de l’homme qui souffre et qui est en définitive l’éternel perdant, puisse se faire entendre afin que cesse le bruit des armes et que l’horizon s’éclaircisse. Excellence, Je voudrais aussi vous dire combien j’apprécie les recommandations que vous adressez à la Communauté libanaise installée au Togo depuis des décades et qui a su, par son talent et son habileté, acquérir une place enviée dans le secteur commercial de notre pays. Nous serons en effet heureux de la voir participer toujours plus activement au travail de construction de notre nation, en investissant ici, dans tous les domaines, une partie accrue des bénéfices qu’un fructueux négoce lui procure. Que cette Communauté soit assurée en échange de toute bienveillance et qu’elle se considère ici comme chez elle Excellence, Nous vous prions de transmettre à Monsieur le Président de la République Charles HELOU et à tout son peuple, les vœux que nous formulons pour leur bonheur et pour la prospérité de votre Nation.

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