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Groenland entre indépendance et récupération géostratégique ?

De
81 pages
Le Groenland occupe une place stratégique incontournable dans l'Arctique, nouvel espace de compétition et de coopération entre grandes puissances, riche en ressources énergétiques, minières et halieutiques. Ce pays inuit et danois est au carrefour des intérêts américains, canadiens, chinois, russes et de l'Union européenne. Le contrôle du Grand Nord est l'enjeu principal des stratégies nationales et régionales et le Groenland autonome ou indépendant y occupe une place centrale.
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Intelligence stratégique et géostratégie Collection dirigée par Viviane du Castel La collection « Intelligence stratégique et géostratégie » vise à mieux comprendre les évolutions du monde découlant de la nouvelle donne géopolitique en construction. Le recours à l’intelligence stratégique et à la géostratégie sont des incontournables du décryptage du monde. Les éditions L’Harmattan ont souhaité éclairer les lecteurs sur les changements géostratégiques en créant cette collection « Intelligence stratégique et géostratégie ». Celle-ci se donne pour objectif de présenter des analyses et des mises en relation d’événements internationaux, ainsi que des projections de la géographie et des composantes intrinsèques des États, face à un contexte spécifique, dans une perspective stratégique. Déjà paru : Jean-Pierre HAUET,Comprendre l’énergie. Pour une transition énergétique responsable, 2014. Fanny E.KOWAL,Être femme : une chance ! Quelle stratégie pour une vraie égalité ?2014. Jeanne RIVA,Europe à géométrie variable : la survie de l’UE ?, 2013. Chantal REVAULT d’ALLONES,Feu les psy, 2013. Julie ELIE,Nous ne sommes pas des quotas. Manifeste contre la discrimination positive, 2013. Jeanne RIVA,La difficile cohabitation États-nations Europe, 2013. Henri PRÉVOT,Moins de CO2 pour pas trop cher. Propositions pour une politique de l’énergie, 2012. Thierry Jacques LAURENT,Camus et de Gaulle, 2012. Jacques DA-ROCHA,Gao, je t’aime, 2012. Paul OHANA,Mon Père au cœur du Judaïsme marocain, 2012. Henri PROCHOR,Israël-Palestine : vers une paix historique. Le scénario d’une sortie de crise au Proche-Orient, 2012.
Du mêmeauteur La Biélorussie, une indépendance à la dérive, L’Harmattan, 1999. La géoéconomie et les organisations internationales, L’Harmattan, 2001. L’équilibre instable de la zone baltique. Vers un désenclavement au carrefour de l’Europe, L’Harmattan, 2002. Et al.,L’Europe globalisée. La fin des illusions, L’Harmattan, 2002. De Königsberg à Kaliningrad. L’Europe face à un nouveau département d’outre-terre russe sur la Baltique, édition augmentée et actualisée, L’Harmattan, 2008. Le Grand Nord : un nouvel enjeu très courtisé. L’exemple de la mer de Barents, Norvège, L’Harmattan, 2010. e Le gaz, enjeux géoéconomiques du XXIsiècle. L’exemple de l’Europe, L’Harmattan, 2011. Avec Julie Monfort,Renouveau du nucléaire après Fukushima, L’Harmattan, 2012. Avec Thibault Renard,Intelligence stratégique et énergie : un tandem indissociable au service d’une nouvelle géopolitique,L’Harmattan, 2012 La sécurité des approvisionnements énergétiques, L’Harmattan, 2014. © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr EAN Epub : 978-2-336-69501-3
Sommaire
Couverture 4e de couverture Titre Intelligence stratégique et géostratégie Copyright Sommaire Introduction I- Vers de nouvelles coopérations comme autant d’ancrages géopolitiques ? A- L’océan Arctique : entre stabilité et sécurité 1- L’Arctique, entre convoitises et menaces 2- Un développement sous contrôle des grandes puissances ? B- Coopération régionale, vecteur de puissance ? 1- Une coopération régionale très active 2- Les Inuits, une communauté spécifique ? 3- L’énergie, une problématique régionale ? C- Coopération avec l’Union européenne, une base constructive pour le futur ? 1- Le régime des PTOM, épine pour l’Union européenne ou nouvelle géopolitique ? 2- Groenland et Union européenne : entre incompréhension et volonté politique 3- L’Union européenne, une manne économique et financière indispensable ? II- Vers une domination géoéconomique des États-Unis ? A- Réchauffement climatique : vers de nouvelles opportunités ? 1- L’environnement, source de tensions géoéconomiques ? 2- Vers une recomposition maritime ? 3- Des appétences déstabilisatrices ? B- Économie et ressources naturelles, leviers de l’indépendance programmée ? 1- La pêche, phare de l’économie 2- L’énergie, vecteur de l’indépendance ? 3- Le tourisme, une manne saisonnière C- Terres rares, un nouvel Eldorado ? 1- Terres rares, une nouvelle rente ? 2- Vers une guerre économique entre l’Union européenne et la Chine ? III- Vers un contrôle géostratégique ? A- Groenland : tremplin pour la sécurité européenne ? 1- Vers une sécurisation des approvisionnements énergétiques ? 2- Base de Thulé, une dérive vers une guerre économique ? 3- Entre stratégie d’influence et de contre-influence B- Vers une domination de la Chine au Groenland ? 1- Enjeux géostratégiques, vecteurs de développement ? 2- Une nouvelle diplomatie ? C- Avenir géostratégique du Groenland : à la recherche d’un équilibre pragmatique ? 1- Russie, un acteur de poids ? 2- Vers un développement par les hydrocarbures ? Conclusion Bibliographie Sitographie Adresse
Introduction
Le Groenland (Kalaallit Nunaat) appartient au Danemark depuis 1721. 1 Le Danemark inclut deux territoires autonomes : le Groenland et les îles Féroé. Le Groenland a le statut de « communauté autonome appartenant au Royaume du Danemark ». Cette autonomie peut éventuellement conduire à l’indépendance du territoire. L’indépendance du Groenland aurait aussi des conséquences pour les autres « pays » et territoires d’outre-mer (PTOM), associés à l’Union européenne, à la suite de la « décision d’association d’outre-mer » adoptée par le Conseil de l’Union européenne, le 27 novembre 2001. Le Groenland est, de facto, un « territoire d’expérimentation » géopolitique, géoéconomique et géostratégique. Ce territoire focalise un ensemble d’enjeux importants : géopolitique avec des aspects juridiques et régionaux ; géoéconomique avec des problématiques aux incidences diplomatiques ; et enfin géostratégiques avec des implications internationales. Le processus, en cours, de construction étatique du Groenland, revêt de nombreux enjeux et évolue sous le regard de la communauté internationale. Le Groenland sera-t-il un modèle pour les autres PTOM de l’Union européenne ? De plus, la situation géographique du Groenland, proche de l’Arctique, le positionne au carrefour des intérêts de l’UE, des États-Unis et du Canada, de la Russie et de la Chine. e Au moment où l’Arctique apparaît comme un enjeu géopolitique majeur du XXIsiècle, de nombreux éléments donnent au Groenland une importance majeure, parmi les intérêts internationaux qui convergent vers cette région. Le Groenland — carrefour des intérêts des États-Unis et de l’Union européenne, mais aussi du Canada, de la Russie et de la Chine — est une province autonome du Danemark de 56.300 habitants (dont 89 % d’Inuits et 11 % de Danois), sur un territoire de 2 181 000 km², dont 410 000 km² ne sont pas recouverts de glace. La densité de la population est de 0,03 hab./km², essentiellement localisée sur les bandes de terre montagneuses périphériques, bordées par des fjords et placées sous l’influence du Gulf Stream. Le Groenland est recouvert à 80 % par une calotte glacière (Inlandsis). Sa capitale est Nuuk (Godthab) où 2 vivent 16 500 habitants Le régime politique du Groenland est celui d’une démocratie parlementaire avec une monarchie constitutionnelle, personnifiée par Marguerite II du Danemark (Margrethe Alexandrine Thorhildur Ingrid). Elle est représentée au Groenland par le Haut-Commissaire (Rigsombudsman), nommé par la Reine. En 1953, le Groenland est devenu un « territoire faisant partie du Royaume de Danemark », puis en 1979, avec la loi sur l’autonomie du Groenland (Hjemmestyre) du 21 février 1979, il a pris le statut de territoire autonome. En 1985, il reste sous souveraineté du Danemark (Rigsfaellesskab), tout en possédant son propre drapeau. La langue officielle est le groenlandais (de droit) et le danois (de facto). er Depuis le 1juillet 1998, les autorités locales groenlandaises contrôlent la gestion des ressources minérales et pétrolières. La prospection et l’exploitation relèvent de la double compétence avec le 3 Danemark En 1982, à la suite d’un référendum, le Groenland s’est retiré de la Communauté économique 4 européenne (CEE)., mais des dispositions spécifiques ont été mises en place, en 1984, afin de protéger 5 les intérêts du marché des pêches entre la CEE et le Groenland . Le Groenland est associé à l’Union européenne (UE) par la « Décision relative à l’association des pays et territoires d’outre-mer à la 6 Communauté européenne »adoptée par le Conseil de l’UE, le 27 novembre 2001. Dès lors, pour l’Union européenne, le Groenland est un PTOM (pays et territoire d’outre-mer), dont le statut relève des articles 198 à 203 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union européenne (modifié par le 0 Traité de Lisbonne) et du Protocole n34 sur « le régime particulier applicable au Groenland », annexé er 7 au Traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1décembre 2009. Cependant, si en 1979, le Groenland a obtenu son autonomie celle-ci a été étendue en novembre 2008, à la suite d’un référendum (75 % de voix pour avec un taux de participation de 72 %). Le 25 novembre 2008, le référendum interrogeait les Groenlandais sur le point suivant :