Guerre et paix

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Sur le thème "Guerre et Paix", ces seize contributions d'historiens d'horizons divers apportent des éclairages avisés sur la longue durée, de l'Antiquité romaine au monde contemporain, en scrutant des espaces sociaux et politiques très divers, de la France au Vietnam, en passant par le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Algérie, l'Egypte ou la Palestine.
Publié le : jeudi 15 octobre 2015
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EAN13 : 9782336393551
Nombre de pages : 260
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Sous la direction de Marie-Claude L’Huillier et Anne Jollet
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Troisièmes rencontres d’Histoire critique Marie-Claude L’Huillier et Anne Jollet
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01/10/15 17:47
Guerre et paix
Troisièmes rencontres d’Histoire critique
CollectionHistoire, Textes, Sociétésdirigée par Monique Clavel-Lévêque et Laure LévêquePour questionner l'inscription du sujet social dans l'histoire, cette collection accueille des recherches très largement ouvertes tant dans la diachronie que dans les champs du savoir. L'objet affiché est d'explorer comment un ensemble de référents a pu structurer dans sa dynamique un rapport au monde. Dans la variété des sources – écrites ou orales –, elle se veut le lieu d'une enquête sur la mémoire, ses fondements, ses opérations de construction, ses refoulements aussi, ses modalités concrètes d'expression dans l'imaginaire, singulier ou collectif. Déjà parus Antoine Casanova,Figures de Dieu, entre masculin et féminin : la longue marche, 2015. Monique Clavel-Lévêque,Autour de la Domitienne. Genèse et identité du Biterrois gallo-romain, 2014. Enrique Fernández Domingo, Xavier Tabet (textes réunis et présentés par),Nation, identité et littérature en Europe et e e Amérique latine (XIX -XX siècles), 2013. Laure Lévêque (éditeur),Les voies de la création. Musique et littérature à l’épreuve de l’histoire, 2012. Sidonie Marchal (éditeur),Belfort et son territoire dans l’imaginaire républicain, 2012. Lydie Bodiou, Florence Gherchanoc, Valérie Huet, Véronique Mehl,Parures et artifices : le corps exposé dans l’Antiquité, 2011. Stève Sainlaude,Le gouvernement impérial et la guerre de Sécession (1861-1863),2011. Laure Lévêque (éditeur),Paysages de mémoire. Mémoire du paysage, 2006. Laure Lévêque (éditeur),Liens de mémoire. Genres, repères, imaginaires, 2006. Monique Clavel-Lévêque,Le paysage en partage. Mémoire des pratiques des arpenteurs, 2006.
Sous la direction de
Marie-Claude L’HUILLIERet Anne JOLLET
Guerre et paix
Troisièmes rencontres d’Histoire critique Gennevilliers – 28, 29 et 30 novembre 2013
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07423-8 EAN : 9782343074238
OUVERTUREPARM. JACQUESBOURGOIN, MAIRE DEGENNEVILLIERS
e En vous souhaitant la bienvenue aux 3 Rencontres d’Histoire Critique, je veux vous dire ma fierté que s’ancre dans la riche tradition culturelle de notre ville ce moment de réflexion, d’échange et de débat où se côtoient historiens, citoyens et militants. Nous partageons pleinement l’objectif des organisateurs de mettre l’histoire à la portée de tous, pour mieux réfléchir sur l’évolution de nos sociétés. Et d’ouvrir ainsi un lieu à l’exercice de la citoyenneté fondé sur la pensée critique, à l’ouverture à la cité, à l’ouverture au monde. C’est pourquoi, je tiens à remercier pour ces Rencontres bisannuelles,Les Cahiers d’Histoire. Revue d’histoire Critique et l’Université Populaire des Hauts-de-Seine, créée à Gennevilliers il y a bientôt 10 ans, pour promouvoir une éducation populaire. Je veux aussi remercier personnellement Marie-Claude L’Huillier et Anne Jollet, les chevilles ouvrières de cette manifestation, qu’elles ont préparée depuis deux ans. Le thème de cette édition 2013, « Guerre et Paix », est d’une brûlante actualité. Celle-ci nous livre chaque jour son lot de violences, d’exclusion et de conflits de par le monde, suscités par la volonté de domination impérialiste, le profit et le mépris des valeurs humaines. Cet horizon de guerres menaçantes, ces perspectives de guerres, larvées ou bien réelles, ce n’est pas l’avenir que nous souhaitons pour les générations futures. Un autre monde est possible, nous en sommes convaincus, et c’est pourquoi le combat pour la paix est toujours d’actualité. Les actions politiques, éducatives et culturelles doivent se conjuguer pour construire inlassablement un avenir de paix. À chaque agression ou occupation, comme encore ces dernières années en Irak et en
Ouverture Palestine, répondent à Gennevilliers, comme partout dans le monde, de fortes mobilisations pour s’y opposer. C’est pourquoi également à Gennevilliers, comme dans de nombreuses villes, le travail de mémoire et d’éducation populaire, avec les jeunes notamment, est sans cesse renouvelé, pour mieux faire comprendre le sens et la réalité des guerres impérialistes, des guerres coloniales, ou bien de la résistance au nazisme. Il s’agit en effet d’un travail important et nécessaire qui vise à développer la solidarité et la culture de paix, à favoriser l’action citoyenne. Vous le voyez, c’est donc avec beaucoup d’intérêt que nous e accueillons ces 3 Rencontres d’histoire critique qui donnent à savoir et à penser. Car on peut dire avec le dramaturge Bertolt Brecht : « Mon général, on peut tirer beaucoup de l’homme Il sait voler, il sait tuer ; Mais il a un défaut : Il sait penser ». En nous souhaitant à tous, intervenants, participants, de féconds débats durant ces trois jours.
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AVANT-PROPOSPARMARIE-CLAUDEL’HUILLIER ETANNEJOLLETLes Rencontres d’histoire critique ouvrent tous les deux ans depuis 2009 à Gennevilliers un espace de débats autour de grandes questions abordées dans la longue durée et toujours en prise sur une actualité aux résonances à la fois locales, nationales et internationales. 1 Ainsi de « Vivre la ville » en 2009 à « Être d’ici et d’ailleurs » en 2011, qui a abordé la question vive, et particulièrement dramatique e aujourd’hui, des migrations, à « Guerre et paix » en 2013. Une 4 session des Rencontres est en cours de préparation dans le même esprit. Elle interrogera la problématique de l’existence et du fonctionnement des nations en temps de mondialisation. Le nôtre, 2 mais aussi dans le passé . Ces manifestations, lancées à l’initiative des Cahiers d’Histoire.Revue d’histoire critique et de l’Université populaire 92, sont soutenues et accueillies depuis leur création par la 3 ville de Gennevilliers . 1 e Une édition abrégée des Actes de ces 1 Rencontres a été publiée sous le titreVivre la ville. Rencontres d’histoire critiquepeut être commandée via le site des et Cahiers d’Histoire, https://chrhc.revues.org. 2 e 4 Rencontres d’histoire critique de Gennevilliers, « Nation (s)/Mondialisation(s) », 26-27-28 novembre 2015, https://chrhc.revues.org/4474 3  Nous remercions pour leur soutien fidèle, la municipalité de Gennevilliers qui, avec une formidable constance, contribue à l’épanouissement de la réflexion, de la création, des échanges de culture et de savoirs, ainsi que la Région Île-de-France (www.projets-citoyens.fr) qui rend possible cette publication, et la Fondation Gabriel Péri, grâce à laquelle, notamment, une partie des interventions a été enregistrée et mise en ligne sur Youtube, https://www.youtube.com. Ces Rencontres sont une œuvre collective. Elles n’existent que grâce à la participation dynamique et très active des associations d’histoire de Gennevilliers, de l’Université populaire 92 (http://www.universite-populaire92.org/), à l’investissement du collectif desCahiers d’Histoireet des nombreuses associations partenaires. Nous remercions également très vivement le dessinateur PEF pour les dessins qu’il a généreusement offerts pour illustrer les programmes des Rencontres, ainsi que les responsables de la présente collection, Monique Clavel-Lévêque et Laure Lévêque, pour l’accueil de ce volume dans leur collection et leur soutien dans
Avant-propos Ces Rencontres de réflexion et d’échanges traduisent, dans leur élaboration comme dans leur déroulement, la volonté de favoriser une appropriation citoyenne des connaissances. Elles répondent à une réelle demande d’histoire, aujourd’hui un enjeu social et politique majeur illustrée par les conflits et les débats récurrents ces dernières années autour des programmes scolaires ou des déclarations des dirigeants politiques qui, tous, se font plus ou moins historiens. Les Rencontres d’histoire critique prennent toute leur place dans un combat pour l’histoire qui est plus que jamais travaillé par des enjeux interprétatifs conflictuels. Ces Rencontres donnent la parole à d’autres voix que celles des discours dominants qui proposent des lectures qui, trop souvent, lissent les rapports de force, les effets de domination, et détournent en douceur des recherches de compréhension globale. Face à ces offensives, l’urgence pour les Rencontres est donc double : d’une part, faire de l’histoire là où nos sociétés ont mal et font mal, et d’autre part, faire sortir les savoirs historiens de l’entre-soi des savants et les mettre en débat avec le public le plus large, notamment les jeunes, les lycéens, pour lesquels différentes initiatives prolongent ces Journées. Le succès de ces moments privilégiés de partage des savoirs incitait tout naturellement à en garder une trace écrite. Ceci d’autant plus que le thème de la guerre et de la paix s’est révélé être d’une encore plus cruelle actualité que nous l’avions pensé. Tandis que les historiens déployaient leurs efforts pour mieux comprendre la Grande Guerre, à l’occasion du centenaire du déclenchement de cette atroce boucherie, tandis que l’approche de l’anniversaire de l’assassinat de Jaurès conduisait à réfléchir sur les faiblesses du pacifisme et des e mobilisations du mouvement ouvrier en cette aube de XX siècle, le président de la République française engageait en cette année 2013 par deux fois les forces françaises à l’étranger, au Mali puis en Centrafrique, « ces anciennes colonies », comme on a pu le lire dans 4 certains journaux . « L’histoire dure longtemps ». L’année 2013 était aussi une année particulièrement meurtrière dans la Syrie en proie à la guerre depuis 2011. Mais on sait que, depuis, ces conflits sont loin de sa préparation.4  Nous renvoyons aux analyses publiées au même moment dans lesCahiers d’Histoire. Revue d’histoire critique, n° 127, 2015, « Penser et lutter contre la guerre e e XIX -XX siècles ».
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s’être apaisés. 220.000, 250.000 morts en Syrie, le décompte macabre n’en finit pas et chaque jour apporte son flot d’images qui, aussi puissantes qu’elles soient pour horrifier, n’en donnent pas plus de chance à la paix. La recherche de la paix par la guerre a beau montrer chaque jour son inefficacité, la contagion de la guerre menace bien plus aujourd’hui qu’en 2013 notre monde devenu plus que jamais à la fois un et ensanglanté. Face aux chiffres sombres des morts s’affichent les chiffres d’or du commerce des armes, florissant comme jamais. Le ministre de la Défense de la France peut se réjouir d’un montant inégalé des ventes d’armes en 2015... Un marché dopé par la situation africaine et le Proche-Orient... La boucle est bouclée. Face à ces contradictions mortelles des politiques, nous avons jugé utile de placer dans le débat public les interventions des historiens et historiennes réunis en novembre 2015 à Gennevilliers 5 autour de « Guerre et Paix » . Dans ce volume, les intervenant/es des Rencontres analysent en historiens et historiennes des contextes sociaux, politiques, parfois bien éloignés des nôtres, dans l’espace, le temps. Mais toutes ces études de cas d’un passé plus ou moins lointain, de l’Antiquité romaine à nos jours, impliquant des espaces aussi divers par leur histoire que par leur situation politique et économique que la France, le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Algérie, l’Égypte, la Palestine ou le Vietnam, nous conduisent à penser l’effroyable facilité du recours à la force pour les dominants, l’effroyable destin des peuples dans les guerres, la fragilité toujours grande de la paix. Ils nous disent aussi la complexité des négociations de paix, ces entre-deux négociés, souvent dans le secret de l’entre-soi des gouvernants, souvent expressions de rapports de force iniques qui appellent de nouvelles guerres. Ils disent aussi l’armement des peuples contre les dominants, les guerres libératrices, guerres parfois victorieuses, mais qui laissent elles aussi des traces, certes d’héroïsme, mais aussi de peurs, de souffrances. Dans toutes les configurations, ils nous rappellent ce temps long de l’histoire dont se nourrit notre présent, ils nous rappellent que, tout particulièrement, la guerre dure longtemps.
5 Nous remercions beaucoup les collègues qui ont accepté de remanier leur prise de parole, souvent limitée drastiquement pour permettre le temps du débat. Nous regrettons de n’avoir pas pu, pour des raisons techniques, laisser place dans cette publication aux échanges fructueux qui ont eu lieu au cours de ces débats.
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