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Hymne à l'intérêt dévastateur

De
222 pages

L'intérêt a été détourné de sa vocation économique et sociale pour servir les desseins de la spéculation effrénée. L'auteur, partant de ce constat, propose une analyse des nouveaux rapports économiques et financiers mondiaux.

Publié par :
Ajouté le : 01 février 2014
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EAN13 : 9782336337272
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Mustapha Baba-Ahmed
HYMNE A L’INTERET DEVASTATEUR
HYMNE A L’INTERET DEVASTATEUR
© L’HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02467-7 EAN : 9782343024677
Mustapha Baba-AhmedHYMNE A
L’INTERET DEVASTATEUR
INTRODUCTION « Levieil homme de la Méditerranée», nom donné à la Turquie, a succombé en tant qu’empire au terme d’un siècle de vieillesse, de la Convention de Vienne à la Première Guerre mondiale. Le soleil ne se couchait pas sur l’empire britannique, qui dominait, alors, le monde, mais l’empire ottoman avait bien connu son heure de gloire. Le déclin d’une puissance est toujours un processus long: l’édifice commence d’abord à se fissurer comme une vieille bâtisse avant de se mettre à craqueler devant les assauts des compétiteurs qui sont à l’affût des moindres signes de faiblesse. Différents signes évidents se manifestent depuis quelque temps, qui semblent annoncer la relégation de l’Amérique en tant qu’hyper puissance : -; laLe monde a retenu son souffle fin 2012 début 2013 plus grande puissance était en situation de défautde facto,après une alerte en été 2011: elle a épuisé le niveau d’endettement légalement autorisé et a dû recourir à des subterfuges pour continuer à dépenser par augmentation de sa dette publique, sans limite préétablie pendant quatre mois ; -Face à l’Amérique devenue économiquement ingouvernable dans la difficulté, la Chine gagne sur tous les terrains: elle inaugure, en contexte de forte croissance, son propre GPS et met en circulation un train TGV qui couvre 2300 km en huit heures ; elle réduit donc les distances pour ses populations ; -L’OCDE annonce que la Chine produira bientôt davantage de richesses que les Etats Unis: les taux de croissance de la Chine et de l’Inde sont peu affectés par la crise, qui ne lâche pas son étreinte sur le monde occidental, loin s’en faut. Ce monde reste enlisé dans une morosité sans issue ; 7
-L’écart de taux de croissance entre les deux mondes devient structurel : en 2030, la Chine produira, selon l’OCDE, 28% du PIB mondial, l’Amérique seulement 18% et la zone euro 12%. Les responsables de grandes puissances défilent en Chine et en Inde pour partager avec elles leur dynamisme. Le feuilleton des incertitudes sur les arrangements budgétaires en Amérique a son pendant dans la zone euro: le serpent de mer de la dette souveraine de pays de plus en plus nombreux en dépit des décisions et des annonces sur les fronts monétaire et budgétaire. Le marché ne laisse pas de répit à ces deux espaces: il obéit à une temporalité qui ne s’accommode pas d’hésitations. «Hic et nunc». Les idées défendues par chacun des partis reflètent un antagonisme idéologique singulier et irréductible entre les deux « Amériques » et ajoutent à la césure sociale qui déchire le pays. La zone euro risque de ne pas trouver assez de ressort avec le retour de la récession et le passage de la France au statut de pays « malade ». L’année 2012 a vécu deux shows politiques et médiatiques pour l’élection des présidents américain et français. L’argumentaire des prétendants a pu faire rêver de nombreux citoyens qui vivent ici et là des réalités amères mais qui sont peu au fait des mécanismes de l’économie. Le premier débat télévisé qui a opposé les candidats en Amérique a porté sur l’économie, domaine important s’il en est; il s’est soldé, à la surprise générale, par un chaos au profit du candidat républicain. Chaos apparent et trompeur: en effet, ce dernier avait commis le crime de lèse-majesté de menacer le président de la Fed pour son «laxisme». Il s’est, du coup, aliéné le monde financier qui oriente les marchés. On a peine à croire que le président candidat éprouvait des difficultés pour défendre le bilan économique de son mandat, face à son compétiteur, même si la croissance demeurait poussive et la reprise de l’emploi incertaine.
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Les ruines laissées par G. W Bush à son départ étaient une pierre de Sisyphe pour son successeur. Dans cet échantillon de candidats, c’était l’Amérique réelle actuelle dans tous ses états : l’Amérique réaliste et l’autre fondamentaliste au ton péremptoire, martial. Deux Amériques fortement antagoniques dont la cohésion sociale est gravement malmenée même si le pays n’a donné le spectacle de déchirure et de grogne, habituel ailleurs, que pendant l’occupation de Wall Street par les OWS. La civilisation venue d’Europe s’est, en effet, dépouillée ici de tout humanisme et se retrouve totalement asservie par le capital et les marchés. Le candidat Romney a passé les dernières années à détruire des emplois : le Fonds d’investissement de Private Equity qu’il possède a pour rôle d’acheter des entreprises industrielles non cotées pour les restructurer à travers des plans sociaux, aux fins de les rendre plus profitables, grâce à d’importants prêts bancaires moyennant la délocalisation au moins partielle des activités. Les profits colossaux sans création de véritable valeur ajoutée sont alors faiblement taxés, comme tous les revenus du capital ;l’Etat subit un double manque à gagner: au titre de cette faible imposition, mais aussi et surtout du fait du chômage induit par la destruction de l’outil de production. La demande de biens est, alors, couverte par des produits importés. Cela n’a pas empêché le candidat de promettre de créer douze millions d’empois !A l’international, les dirigeants républicains n’ont, par ailleurs, pas guidé le peuple américain vers un idéal de réconciliation avec le reste du monde. Ils ont été va-t-en guerre, recourant à tous les moyens pour intervenir militairement, aux dépens des pays envahis, mais aussi à la longue au détriment de l’Amérique. Ils ont affaibli leur pays par les coûts exorbitants des guerres, aggravant ses déséquilibres liés, par ailleurs, à leur gestion néomonétariste ruineuse pour l’économie et la monnaie. Pire encore, les orientations idéologiques qu’ils ont impulsées ont fini par hypothéquer l’autonomie de décision du 9