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Identités et espaces publics européens

De
232 pages
Les identités se construisent, s'entre-définissent, changent, se perdent peut-être, s'articulent certainement. Chacun est soumis à des processus de socialisation spécifiques, de construction, reconstruction, de recomposition constante des identités, en participant à leurs évolutions, engageant ainsi des mutations politiques, mais aussi culturelles et linguistiques. C'est ainsi que les identités se construisent dans les quotidiens.
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Sous la direction de Radovan Gura & Natasza Styczyńska
IDENTITÉS ET ESPACES PUBLICS EUROPÉENS
Identitésetespacespublicseuropéens
Migrations, Mobilités, Frontières et Voisinages,Maria Rosteková & Serge Dufoulon (dir.) Citoyennetés et Nationalités en Europe, articulations et pratiques,Gilles Rouet (dir.) Nations, cultures et entreprises en Europe,Gilles Rouet (dir.) Productions et perceptions des créations culturelles,Helena Bálintová & Janka Palková (dir.) La photographie : mythe global et usage local,Ivaylo Ditchev & Gilles Rouet (dir.) Pratiques artistiques contemporaines en Martinique. Esthétique de la rencontre 1,Dominique Berthet Usages de l’Internet, éducation & culture, Gilles Rouet (dir.) Usages politiques des nouveaux médias, Gilles Rouet (dir.) Participations & citoyennetés depuis le Printemps arabe,Antoniy Galabov & Jamil Sayah (dir.) Internet ou la boîte à usages, Serge Dufoulon (dir.) Géoartistique & Géopolitique. Frontières, François Soulages (dir.) Europe partagée, Europe des partages, Serge Dufoulon & Gilles Rouet (dir.) Frontières géoculturelles & géopolitiques, Gilles Rouet & François Soulages (dir.)Transhumanités. Fictions, formes et usages de l’humain dans les arts contemporains,Isabelle Moindrot & Sangkyu Shin (dir.) e-Citoyenneté, Anna Krasteva (dir.) Quelles frontières pour quels usages ?, Gilles Rouet (dir.) Médias et sociétés interculturelles,Martin Klus & Gilles Rouet (dir.) Arts et espaces publics, Marc Veyrat (dir.) Mobilisations citoyennes dans l’espace public,Gilles Rouet (dir.) Esthétiques de l’espace public,Serge Dufoulon & Jacques Lolive (dir.) Comitéscientifiqueinternationaldelecture Argentine(Silvia Solas, Univ. de La Plata),Belgique(Claude Javeau, Univ. Libre de Bruxelles), Brésil(Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia, Salvador),Bulgarie(Ivaylo Ditchev, Univ. de Sofia St-Clément-d’Ohrid),Chili(Rodrigo Zuniga, Univ. du Chili, Santiago),Corée du Sud(Jin-Eun Seo Daegu Arts University, Séoul),Espagne(Pilar Garcia, Univ. de Séville),France(Gilles Rouet, Univ. Reims, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica & François Soulages, Univ. Paris 8),Géorgie(Marine Vekua, Univ. de Tbilissi),Grèce(Panayotis Papadimitropoulos, Univ. d’Ioannina),Japon(Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo),Hongrie(Anikó Ádam, Univ. Catholique Pázmány Péter, Budapest),Russie(Tamara Gella, Univ. d’Orel),Slovaquie(Radovan Gura, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica),Taïwan(Stéphanie Tsai, Univ. Centrale de Taiwan, Taipei)
Sous la direction de RadovanGURA&NataszaSTYCZYŃSKAIdentitésetespacespublicseuropéens
Ce volume réunit principalement des contributions issues de la troisième université d’été «Identities and Citizenship in Europe» organisée à Banská Bystrica du 24 juinau 6 juillet 2013 par la Faculté des sciences politiques et des relations internationales de l’Université Matej Bel de Banská Bystrica en partenariat avec l’Institut d’Études Européennes de l’Université Jagellon de Cracovie, l’Université Pierre Mendès France de Grenoble, le département des sciences politiques de la Nouvelle Université Bulgare de Sofia et la Chaire Jean Monnetad personam« Identités et Cultures en Europe ». Recension scientifique du volume par : Thierry Côme et Antoniy Galabov Rédacteurs scientifiques : Anne-Coralie Bonnaire et Christophe Lips
Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne. Cette publication n’engage que ses auteurs et la Commission n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont contenues. Partenairesdelacollection RETINA.International, Recherches Esthétiques & Théorétiques sur les Images Nouvelles & Anciennes, ECAC,Europe Contemporaine & Art Contemporain, Paris 8, IEEI,Institut d’Études Européennes et Internationales, Reims, ISM,Institut Supérieur de Management, Versailles St-Quentin-en-Yvelines & Faculté de Sciences Politiques et des Relations Internationales, Banská Bystrica.©L’Harmattan,2014 5-7,ruedel’Écolepolytechnique;75005Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISSN : 2257-3690 ISBN :978-2-343-02583-4EAN :9782343025834
Introduction L’Europeetsesidentités Gilles Rouet L’identité européenne, à savoir la définition de cette fédération politique d’un genre nouveau, est très certainement moins problématique que la question des identités européennes, c’est-à-dire des postures identitaires des habitants de cet espace politiquement déterminé, citoyens européens comme résidents officiels ou clandestins s’estimant intégrés. Les articulations entre approches sociales, psychologiques et politiques ne vont pas de soi. La construction européenne, avant et après la chute du Mur de Berlin, n’est pas un long fleuve tranquille et il faut bien évidemment reconnaître la réalité des tensions liées aux différences culturelles, réelles ou représentées, aux processus d’intégration, à la reconnaissance d’un «voisinage »de type nouveau, ou encore aux replis nationaux, communautaires ou « identitaires », justement… Cet ouvrage réunit des textes élaborés à l’occasion d’une 1 université d’étédont le projet était d’amener des doctorants de quatre pays et de différents champs disciplinaires à partager des approches complémentaires, à intégrer les aspects culturels, à amorcer, collectivement, une réflexion sur les valeurs, les habitudes comme sur les modes de pensée relatifs aux fonctionnements des sociétés.
1. Universitéd’été «Identités et Citoyennetés en Europe», 24.6-6.7.2013, organisée par la Faculté des sciences politiques et des relations internationales de l’Université Matej Bel de Banska Bystrica, en partenariat avec le département de sociologie de l’Université Pierre Mendès France de Grenoble, le département des sciences politiques de la Nouvelle Université Bulgare et l’Institut d’études européennes de l’Université Jagellon de Cracovie. 7
Gilles Rouet
Les identités ne sont ni immuables ni emboîtables (au sens des poupées russes). Elles se construisent, s’entre-définissent, changent, se perdent peut-être, s’articulent certainement. Chacun est ainsi soumis à des processus de socialisation spécifiques de construction et reconstruction, de recomposition constante des identités, en s’adaptant aux contextes, en participant à leurs évolutions, en engageant ainsi des mutations politiques, mais aussi culturelles ou linguistiques. Par la découverte, ou bien par le maintien dans l’ignorance, en organisant l’effacement ou dans une logique d’oubli: c’est ainsi que les identités se construisent dans les quotidiens. Ledesign desespaces publics, ses esthétiques et les esthétisations qui le concernent sont au centre d’une exploration symbolique de ce qui peut unir nationaux et… Européens (Serge Dufoulon et Pauline Seguin). En particulier, les espaces des villes d’Europe centrale et orientale ont bien changé, et s’organisent désormais entre «consumérisme »et «spectacle »(Svetlana Hristova). Les politiques culturelles des villes, dont il ne s’agit pas ici de retracer la genèse, mais d’en comprendre quelques éléments actuels, sont au centre de la réflexion, qu’il s’agisse de savoir si Marseille-Provence 2013 est un échec local (Cyprien Arnaud, Gabrielle Boulanger, Tom Follieret, Nelson Rodrigo & Vera Ruskova) ou bien de comprendre comment les citoyens peuvent participer aux projets de Capitale européenne de la culture de Košiceou de Wroclaw (Marin Chruściel). Cette participation est évidemment politique et c’est bien un des buts des institutions européennes que d’induire et d’instruire une pratique citoyenne européenne (Eric Gallibour) ou d’amener les citoyens à se reconnaître dans quelques symboles. De plus, le rôle des médias, traditionnels ou « nouveaux », est toujours (plus que jamais?) important dans la construction des représentations comme des impressions, par exemple sur la figure de l’Autre (Denitza Kamenova). Mais si des symboles peuvent être partagés (et revendiqués), les ressentis et sentiments ne convergent évidemment (heureusement) pas toujours, comme le montre l’analyse des réactions à une exposition de « vrais corps humains » proposée dans différents pays d’Europe (Simeon Gorov, Karol Kloc, Coline Lett & Muriel Sadoine). Politique, symbolique et émotions sont ainsi difficiles à désarticuler. Justement, envisageant identité européenne et 8
L’Europe et ses identitéseuroscepticisme dans le cas polonais, Natasza Styczyńska met en évidence le caractère émotionnel de la construction identitaire, de la détermination des groupes et aussi de leurs modes d’intercommunication (Jana Lasicová, Juraj Kalický & Jaroslav Ušiak). Les identités européennes sont donc évidemment multiples et les sociétés multiculturelles ont besoin de régulation. Par en haut, au sein de chaque État membre, des politiques anti-discriminations ont été mises en place sans pour autant résoudre les conflits, en particulier relatifs aux multiculturalismes religieux. Les revendications au droit au blasphème ou au port de signes religieux dans les espaces publics s’analysent justement en termes de discrimination, remettant alors en cause les politiques de cohésion. L’équilibre est difficile à trouver quand une politique contient en soi les éléments de son rejet… La faillite serait alors plutôt celle de la démarchetop-downmême si la prise en charge de ces problèmes par les citoyens eux-mêmes est évidemment problématique. Cependant, au sein de chaque pays, la situation reste différente. L’européanisation supposée est au mieux un socle minimum commun, au pire un mirage. Marek Lenč résume l’histoire démocratique de la République slovaque dans le cadre d’une telle « européanisation » particulière, s’agissant d’un des pays ayant organisé son «retour »en Europe… L’européanisation d’une européanité, en quelque sorte. Dans ce pays comme dans tous les autres, des lieux et des objets ont une forte charge émotionnelle et symbolique. Ils se juxtaposent, parfois se contrarient, s’oublient. Certains sont créés, d’autres font l’objet d’une reconfiguration. Le Parc central SNP de BanskáBystrica est au cœur d’une démarche d’exploration de ce type (Julien Doutre, Eva Pálešová, Pauline Seguin & Asra Wassfi), ce qui illustre très bien la matérialité des supports identitaires en relation avec une histoire intégrée, reconstruite, voire révisée. Une histoire qui est aussi celle des multiculturalismes, des confrontations et des intégrations, des «vivre ensemble» ou des «vivre en parallèle». Les supposées faillites des multiculturalismes espagnol, allemand, français ou anglais sont certainement en rapport avec les évolutions identitaires dans un contexte de crise économique, de défiance vis-à-vis des institutions, de malaise de grandes parties des populations européennes(Katarzyna Krawczyk, Liyana Petkova, Magdalena Rauch, Nabih Zbidi & Seungeun Lee). 9