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Intelligence-Société

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EAN13 : 9782296144132
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. . ((INTELLIGENCE))
SOCIETE

.,

,

Dessin de la couverture T. ARAB Sans Frontière Hebdomadaire de "Immigration et du Tiers - Monde

14.20 Mai 1982 No.62

Copyright

L'Harmattan
ISBN:

- Science

Libre 1988

2-7384-00:.10-2

Jean Belkhir
Francois FEJTO Philip BOYS

Jerry Hirsch

((INTELLIGENCE» . , ,

.

SOCIETE
Textes choisis de Jerry HIRSCH Traduction de l'américain par Elisabeth CALLU et ClaraFIDEL Texte anglais de Ph. BOYS traduit par Clara FIDEL

-

.

L'HARMATTAN Edition - Diffusion
7, rue de l'Ecole

- Polytechnique

75005. Paris Tél: 43 54 79 10

«Les sciences ont deux extrémités qui se touchent: la première est la pure ignorance naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant. L'autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, et se rencontrent dans cette même ignorance d'où ils étaient partis. Mais c'est une ignorance savante qui se connaÎt. Ceux d'entre eux qui sont sortis de l'ignorance naturelle, et n'ont pu arriver à l'autre, ont quelque teinture de cette science suffisante et font les entendus. Ceux-là troublent le monde et jugent plus mal de tout que les autres». Pascal

Collection Science Libre Dirigée par Jean Belkhir Richard C. Lewontin, Garlard Allen, Robert Proctor, Barry Mehler, Freda Salzman, John Beckwith, John Durkin, Robin Crompton, Barbara Beckwith, Philip Boys, Joseph Alper, Jean Belkhir Egalité sociale, Diversité biologique Biology as destiny: Scientific Fact or Social Bias? Jerry Hirsch, Jean Belkhir Pierre Roubertoux, Michel Duyme «Défroquer les charlatans» Au sein du corps scientifique et social

LE COMBAT

INTELLECTUEL
Jean Belkhir

«L 'homme ne doit plus subir son sort car il peut désormais orienter sa destinée vers un
avenir réf/échiJ>

J. DAUSSET Président du M.U.R.S. - France

LE COMBAT 1) Rôle et fonction de l'intellectuel:

INTELLECTUEL

«Ce que je veux, ce ne sont Sitôt dits, Ce que je veux, ce n'est Qui plie au

pas des mots sitôt envolés pas la férule gré des vents

Ce que je veux, tel que j'en rêve Les mains ne peuvent le savoir Telle soleil au zenith Les yeux ne peuvent le fixer Ce que je veux me paraît D'une valeur inestimable III nous entoure, il nous attend Et personne ne l'atteint Ce que je veux n'a qu'un visage Celui de la Vérité, blanc comme un linceul Mais la Vérité est fuie Redoutée par les gens Poème Kabyle de Ferhat d'Imaziten Imula, chanteur berbère d'Algerie Ma réflexion s'articule sur deux points importants 1) un point de vue général sur le rôle et la fonction de l'intellectuel. Cette partie repose sur mon précédent livre: L'intelligentsia, l'intellectuel et les manuels, 2) un point de vue exemplaire concernant le travail intellectuel de Jerry Hirsch sur l'intelligence.
* Cette partie: rôle et fonction de l'intellectuel est fondée sur mon livre collectif: L'intelligentsia, les intellectuels et les manuels. Editions Anthropos, 1983. Avec la participation de E. Balibar, Ch. Bettelheim, P. Bourdieu, M. Duyme, F. Fejto, J.P. Garnier, A. Jacquard, M. L6wy, E. Morin, P.E. Tixier.

Jean Belkhir

Comme François Fejto et Philip Boys, Jerry Hirsch apporte une contribution fondamentale pour comprendre que le rôle et la fonction de l'intellectuel .ne se résume pas à son travail de scientifique. Bertrand Russell: Science et Religion a montré que le devoir du scientifique est la recherche de la vérite en dehors des a priori idéologiques conscients ou non, dont chaque individu est intoxiqué en tant que membre du corps social et appartenant à la société civile, telle que la définissait A. Gramsci dans ses Ecrits Politiques. Le travail de Jerry Hirsch est vaste. Je ne fais qu'en publier une partie en essayant de fournir la trame essentielle de sa réflexion scientifico-critique sur la controverse concernant le problème de l'intelligence humaine. Tout d'abord, je voudrais rappeler ma pensée sur le rôle et la fonction de l'intellectuel, afin de mettre en valeur les raisons qui motivent la publication des écrits de Jerry Hirsch, dont les travaux scientifiques et critiques sont d'une importance fondamentale pour notre propos. Pourquoi les enfants de Dieu, qui étaient nus au Paradis, se sont-ils découverts habillés les uns de soie, les autres dehailIons? Egaux dans le péché originel comme ils l'avaient été dans l'innocence, d'où leur est venue l'inégalité? Par la voix de John Bali cette question de 1381, lors de la révolte des trava ilieurs anglais, résonne encore en nous en cette fin du XXe siècle. A l'autre bout du monde et du temps, Tirouvallouva, le divin-prêtre-pariah, dans son livre: Le Livre des Devoirs, aux lois de Manou, lançait cet avertissement à tous ceux qui s'imaginent que le monde des pariahs restera éternellement une loi divine: «Malheur à ceux qui ont interdit au pariah la terre, le soleil, l'eau, le riz, le feu. Malheur à ceux qui les ont forcés d'abriter la vieillesse de J'aïeul et le berceau des enfants dans les réduits des fauves. Malheur à ceux qui ont rejeté les pariahs dans la caste des vautours au pied jaune et des chacals immondes. Car les pariahs sont des humains». Hier comme aujourd'hui, le pariah, par suite de son genre d'occupation et de ses conditions d'existence, n'a ni les moyens, ni le temps, ni même l'envie de comprendre le «mensonge déconcertant» des proclamations d'une certaine élite intellectuelle dite scientifique. Les théories n'ont jamais été le produit intel4

Le combat intellectuel

lectuel des pariahs. Toutes les analyses scientifiques et intellectuelles sortent de la tête de l'intelligentsia. Elles ne sont pas le résultat de la détresse matérielle et intellectuelle des pariahs, mais de l'abondance de culture de l'intelligentsia. On trouve à peine quelques pariahs parmi les théoriciens qui furent les pionniers de la critique sociale et scientifique. Ce fait est le dénominateur commun de toutes les sociétés depuis l'aube de la civilisation dite humaine. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner de ne trouver qu'une infime minorité d'intellectuels qui jouent un rôle réellement critique et scientifique, comme I~avait défini Karl Marx dans ce célèbre avertissement non-entendu par la grande majorité des «révolutionnaires» : Le révolutionnaire est celui qui mène: une critique impitoyable de tout ce qui existe, impitoyable dans le sens où la critique ne reculera ni devant ses propres conclusions ni devant le conflit avec le pouvoir quel qu'il soit. La critique intellectuelle implique deux «questions», elle ne peut être élaborée par les pariahs, mais seulement par l'intelligentsia, parce que, comme V. Lénine l'a fortement soulignée, la critique intellectuelle ne naît pas dans le marasme de la vie' «végétative» du monde des pariahs, d'une part, et elle «oblige» l'intellectuel critique de ne jamais reculer devant ses propres conclusions ni devant le conflit avec le pouvoir, quel qu'il soit, d'autre part. Le rôle et la fonction de l'intellectuel est donc important et fondamental: le «pariah» a besoin de l'intellectuel, comme l'a magistralement théorisé K. Kautsky dans sa polémique avec L. Trostky concernant les lendemains de la révolution russe. L'intellectuel est le grand maître de son travail. Il a le libre choix de placer ou non des bornes à son devoir d'intellectuel. Jusqu'où veut-il aller? Il conduit la marche de la pensée. Il est le seul responsable de sa pensée et de ses actes. Je n'attribue aucun pouvoir exceptionnel à l'intellectuel. La trahison de l'intellectuel à sa fonction intellectuelle est généralement motivée par sa philosophie sociale, même Julien Benda, le célèbre auteur de La trahison des clercs n'a pas pu respecter sa pensée. Nous lirons

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Belkhir

avec intérêt les Mémoires de F. Fejto, et plus particulièrement les passages concernant ses relations avec J. Benda et K. Lukacs. Mais, c'est seulement l'intellectuel qui peut véritablement contribuer au progrès ou au statu quo tant social que scientifique. Il peut placer des barrières à la connaissance, ou les briser. L'intellectuel peut s'approcher le plus près possible de la vérité, s'il se place d'un point de vue purement scientifique face à son travail de pourvoyeur de connaissance. Son objectivité et son intégrité scientifico-intellectuelle se mesurent en fonction du rôle qu'il tend à faire jouer à la connaissance. Son travail influence toujours la vie sociale et scientifique de son époque. En ce sens, seule sa recherche de la «vérité scientifique» peut lui éviter d'être le larron ou le luron de l'histoire. Mais cette recherche de la vérité scientifique n'est possible que s'il applique, à lui-même, le fameux «principe du fiacre» du sociologue M. Weber. C'est ce que n'a «jamais» fait le marxisme. Et, Max Weber avait entièrement raison, lorsqu'il reprochait au marxisme de s'auto-glorifier. Dans son discours sur la vocation politique en 1919, M. Weber disait: «L'interprétation matérialiste de l'histoire n'est pas un fiacre sur lequel on peut monter à son gré et qu i s'arrêterait devant les promoteurs de la révolution». C'est toute la tragédie du marxisme qui se condense dans ce refus d'appliquer, à lui-même, la critique qu'il lançait contre les autres théories scientifiques. «Le principe du fiacre» wébérien consiste non seulement à «défroquer» les autres courants de pensée, dévoilant sous leur masque d'objectivité, universaliste et neutraliste, leur vrai visage: un point de vue de «classe» partisan et social; mais aussi à «déchirer» son propre masque et de révéler son propre visage social. Je reprends, comme le sociologue Mannheim, la formule wébérienne du «principe du fiacre», selon lequel la supériorité de la pensée sociologique de la connaissance n'est supérieure que si : elle enlève tous les masques sans exception et montre le caractère unilatéral, perspectiviste, idéologique, socialement conditionné de toutes les formes de pensée et connaissance scientifique. K. Mannheim pose un vrai problème, souligne M. Lowy, dont on 'ne peut nier la valeur pratique. Il a encore raison, malgré les 6

Le combat intellectuel

critiques marxistes qui lui reprochent de faire de la vérité l'apanage des scientifiques, tel que L. Goldmann dans son livre Sciences humaines et Philasaphie. Pour M. Seliger, la principale vertu du travail de K. Mannheim est précisément d'avoir mis l'accent sur le rôle des scientifiques pour «découvrir la vérité». Dans son livre: The marxist conceptian af idealagy, cité par M. Lowy, il explique clairement que: Mannheim a simplement soutenu que l'établissement de la vérité est l'affaire de ceux qui sont professionnellement engagés dans les divers champs de la science, et il a ainsi réaffirmé ce qu'un respect modéré pour le bon sens aurait pu empêcher n'importe qui de jamais oublier. En effet, on ne voit pas un «pariah» des usines «Renault de Boulogne-Billancourt» répondre au discours «scientifique» de Jensen ou Jencks sur l'héritabilité du QI. Il n'y a qu'un scientifique de la compétence professionnelle d'un Hirsch pour s'opposer, et par conséquent «défendre Billancourt», au racisme de classe de la théorie de l'héritabilité du QI à la mode dans le discours sur les différences «héréditaires» entre les classes et les races. En un mot, la critique scientifique passe obligatoirement par les «diplômes» synonymes de connaissance. Aujourd'hui,. seule une minorité d'individus possèdent des diplômes universitaires: c'est l'intelligentsia. C'est parmi elle que "on peut trouver les meilleurs critiques ou les meilleurs défenseurs d'une science, quelle qu'elle soit, sociale ou autre. En ce sens, l'intelligentsia, en tant que propriétaire du capital culturel scientifique joue un rôle particulier dans toutes les formes de sociétés. Et maintenant qu'est-ce que l'intellectuel, pour reprendre la question d'E. Morin dans mon livre L'intellectuel, l'intelligentsia et les manuels? La notion d'intellectuel correspond, non pas tant à la profession elle-même qu'à un rôle dans la société. L'intellectuel dépasse sa profession pour entrer, directement ou indirectement, consciemment ou non, dans J'arène de la politique sociale. Il s'engage parce qu'i I refuse le mensonge déconcertant, et adopte la philosophie du personnage du très beau livre de Sciascia: Candida. Ce candide qui interroge parce qu'il rejette le mensonge. En ce sens, J. Hirsch caricature ce type de «candida» quand il utilise sa science et sa compétence, non pas pour défendre le «marxisme» ou une philosophie sociale, mais uniquement parce qu'il 7

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croit profondément que la Science ne peut être vendue sur le marché des dogmes sociaux. L'intellectuel se définit par son travail sur les idées, par les idées, pour les idées: il travaille les idées. L'intellectuel est le descendant d'une très antique tradition, nous dit E. Morin: celle des prêtres-mages, énonciateurs de la vérité sacrée, producteurs/gardiens des mythes. C'est sur la rupture de cette tradition que s'est constitué l'intel/ectuel moderne. A partir du siècle des Lumières, "intellectuel soumet toute vérité sacrée, tout mythe à l'épreuve de la critique rationnelle. Mais, nous le savons, le siècle des Lumières a produit, à partir de cette critique, le mythe nouveau de la raison. Et, par contre-coup, c'est dans le milieu même de l'intelligentsia de la fin du XVIIIe que surgit l'autre nouveau mythe, celui de la nature. Depuis, la sphère de l'intellectuel se définit par une double et contradictoire activité: 1) la production de mythes et d'idéologies relle, sociale et politique; 2) la critique des mythes et idéologies. à fonction cultu-

L'intellectuel est double. Il peut non seulement être le pourvoyeur de mythes, comme le mythe de l'héritabilité du QI, mais aussi le critique des mythes, comme l'anti-héréditariste du QI, sans voir, ni l'un ni l'autre, leurs propres mythes. l'intellectuel qui n'adopte pas le principe du fiacre dans sa fonction de critique ne peut pas jouer un réel rôle d'intellectuel. Il fournit, produit et formule par sa critique des mythes, une nouvelle idéologie mythique. L'intellectuel voit rarement l'idéologie critiquable camouflée sous sa démystification de certains mythes. En prenant l'intellectuel de gauche contemporain, il est aisé de démontrer la contradiction. L'intellectuel a été (est) le plus grand producteur et pourvoyeur du dramatique mythe sur la classe ouvrière. Il élabora la plus grande mystification historique connue à ce jour sur le rôle de la classe ouvrière comme étant le peuple élu pour l'émancipation mondiale. L'intellectuel de gauche concentra toute son énergie intellectuelle pour créer le mythe de la classe ouvrière comme porteuse d'une mission salvatrice pour l'humanité toute entière. Et nous avons pu assister à ce que Duvignaud a 8

Le combat intellectuel

si bien appelé le «vaudou des intellectuels))~: les intellectuels les plus incroyablement bourgeois de vie et de mœurs possédés dans leur parole par le prolétariat, et, bien entendu, s'enchantant au nom du prolétariat de toutes les «erreurs» de la marche au pouvoir du «socialisme mondial sur le modèle de l'Union Soviétique». L'histoire de l'intellectuel de gauche est un modèle exemplaire de la maladie idéaliste même, qui est de prendre l'idée pour la réalité. Le poète et écrivain Ivan Binar a stigmatisé ce mythe du pouvoir ouvrier dans les pays dirigés par un parti communiste: «Le pouvoir ouvrier: comme au soldat inconnu, on construit des monuments à sa gloire comme créateur de valeurs, force motrice de l'histoire et héros du travail pacifique. Héros dévoué. L'ouvrier est devenu un terme abstrait et creux que chacun peut utiliser à sa guise. Grimpé sur le dos de l'ouvrier, cramponné à sa tête, son nouveau maître autoproclamé se déclare sans vergogne le représentant de la classe dirigeante. Il dirige, décide, punit et défend la patrie devant son propre peuple ... Dans la chaîne infinie des mensonges quotidiens dont on abreuve de tous côtés les citoyens tchécoslovaques (dans l'enseignement, sur les écrans de cinéma, dans les livres, les affiches et jusqu'aux annuaires statistiques), le pire mensonge est celui qui est censé légitimer le pouvoir d'Etat: l'ouvrier est au pouvoir dans notre pays». Le marxisme, référence-phare de l'intellectuel de gauche pendant des décennies (et ceux qui n'ont pas lu Marx lui vouent un respect d'autant plus grand) fut le producteur d'un tragique mythe dont la classe des manuels n'avaient pas besoin. En tant que critique du système de classe, le marxisme garde son actualité, mais il a été incapable d'imaginer la marche au pouvoir de l'intelligentsia. Alors que Marx démythifie le système de classe capiliste, le marxisme fonde le pouvoir de l'intelligentsia. Le marxisme est ,devenu l'idéologie la plus crétinisante et réactionnaire entre les mains des «marxistes». Le marxisme rend aveugle à la réalité de la marche au pouvoir de l'intelligentsia, prophétisé par M. Bakounine, et analysé par des anti.marxistes, tels que E. Lozinski, J.W. Makhaiski, A. Ciliga, G. Konrad, I. Szelenyi, F. Fejto, et autres.
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Ces auteurs, bien que non-marxistes ou ex-marxistes, ont vu clair sociologiquement et historiquement, c'est-à-dire dans le domaine marxiste par excellence, sur un phénomène social. On a fini par «découvrir», après avoir condamné et ignoré la majorité des travaux concernés par cette question, l'absence de classe ouvrière dans la plupart des pays où règne le parti communiste, l'absence de pouvoir ouvrier là où il y a la classe ouvrière, l'absence de démocratie et le silence des individus dans toutes les démocraties «socialistes» . Et, surtout, on a fini par «accepter», avec les écrits de F. Fejto et ceux de G. Konrad - I. Szelenyi, que la classe ouvrière est incapable de mener une lutte victorieuse contre la marche au pouvoir de l'intelligentsia; Elle sait qu'elle ne peut pas exercer le pouvoir. Qu'elle a besoin de médiateur, qu'elle n'a pas la compétence de l'intelligentsia. Pour la première fois dans l'histoire, l'intelligentsia est en train de devenir une classe dominante. Je renvoie le lecteur au texte de F. Fejto publié dans ce livre. Ce phénomène est lourd de conséquences, car il touche directement la controverse sur l'intelligence. Nous entrons dans l'ère de «l'intelligence au pouvoir», où Saint-Simon tend la main à Pareto pour aller à la rencontre de l'idéologie méritocratique , tels que Eysenck, Herrnstein ou Jensen et al. Mais, c'est aussi chez l'intellectuel que l'on trouve le meilleur défenseur de la liberté d'expression. L'intellectuel est capable du meilleur et du pire. C'est chez Jerry Hirsch ou François Fejto, que l'on trouve la vérité scientifique contre le mensonge déconcertant. Tout cela est la problématique permanente de l'intellectuel, qu'il ne saurait dépasser, mais qu'il peut et doit reconnaître et contrôler. C'est à cette condition qu'il peut lutter contre les tendances très profondes, inéliminables, qui le poussent à devenir la cloche félée d'un a priori idéologique. Le rôle de l'intellectuel est difficile, précisément parce qu'il subit des forces de dégradations internes énormes, et qu'une formidable pression politique, idéologique, scientifico-disciplinaire, médiatique, économique, professionnelle, tend à le laminer et le détruire. C'est pour cette raison que l'intelligentsia est incapable de penser, non seulement le réel, mais l'idéologie de sa propre idéologie, caractérisée par Pierre Bourdieu comme l'idéologie du 10

Le combat intellectuel

racisme de l'intelligence. C'est ici qu'apparaît l'originalité du travail intellectuel de Jerry Hirsch concernant la controverse sur l'intelligence. Il prend au sérieux la discussion. nous renvoie aux problèmes fondamentaux " des contraintes, servitudes, vérifications du problème de l'erreur et de la vérité. lutte contre i'intoxication idéologique d'un racis" me de l'intelligence simplificateur et arrogant. Le combat contre l'erreur coïncide avec le combat pour la vérité lorsqu'il s'assimile avec la lutte pour la science. Ce qui signifie que tant que l'intellectuel à ta parole, on ne peut pas lui demander autre chose que de décrire ce qu'il voit. La règle d'or de l'intellectuel est de savoir que la science est compatible avec la vérité pourvu seulement qu'il en éclaire toutes les faces. Le doute et le désaccord sont des faits, mais le mensonge est interdit à l'intellectuel scientifique. L'auteur de Science et Religion, B. Russell, permet une réflexion pour que la science soit la meilleure arme intellectuelle pour la défense de la vérité, et par voie de conséquence le meilleur outil pour comprendre la réalité. Le célèbre généticien, dont Jerry Hirsch fut l'un des collaborateurs de 1956 à 1960, Th. Dobzhansky définissait le rôle de la science comme anthropocentrique, c'est-à-dire focalisée sur l'être humain. La science doit être plus qu'une activité académique ou une gymnastique intellectuelle. L'utilité de la science est une entreprise humaniste. Je suis de ceux qui pensent, comme Dobzhansky, que la vie de l'intellect ne mène pas seulement à la vérité scientifique, mais aussi à la vérité sociale; que la science engendre une politique, et que le scientifique est, par définition, le porteparole de cette forme de politique, lorsqu'il entre dans l'arène sociale, comme le caricature si bien la controverse sur l'intelligence. Peut-être un jour pourrons-nous entendre d'une oreille attentive l'ancienne et encore moderne parole d'Héraclite, cité par .Ie philosophe Axelos dans son travail sur Lukacs: «Tout ce qui rampe est gouverné par les coups», Galilé a vaincu le géocentrisme de l'Eglise. Wegener a triomphé avec sa théorie de la tectonique des plaques. Darwin surmonta tous les «Procès du Singe». C. Burt est rejeté de l'histoire pour fraude, après avoir régné comme un des maîtres incontestés sur la psychologie occidentale 11

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pendant un demi-siècle. La controverse sur l'intelligence connaÎtra, elle aussi, une issue, où le débat sur "hérédité du 01 sera remplacé par la question: hérédité et intelligence. Dans ce combat contre le mythe de l'héritabilité de l'intelligence, Jerry Hirsch aura joué un rôle intellectuel, dont on ne mesure pas encore l'ampleur. Il éclaire, depuis les années 1960, la situation. Il souligne les erreurs et les falsifications. Il lutte contre le mensonge de "héritabilité du 01. Il est le porte-parole de la compétence et de l'intégrité scientifique. Armé et équipé de la tournure d'esprit scientifique circonspecte et tâtonnante, il sait que le scientifique ne connaît pas toute la vérité, ni même que son savoir le plus sûr est entièrement vrai, mais il rejette la recherche scientifique subordonnée à un préconçu idéologique. La connaissance scientifique doit être corrigée tôt ou tard, et cette correction exige la libertée de pensée, la libre recherche et la libre discussion. La subordination intellectuelle et idéologique ne peut en aucun cas déboucher sur un savoir scientifique. Jusqu'à ce jour d'aujourd'hui, la pensée intellectuelle libérée du dogmatisme idéologique a beaucoup de difficulté à émerger, parce que la pratique de l'inquisition ouverte ou déguisée, à savoir que la science est subordonnée à un a priori idéologique, ainsi le moyen de mettre en honneur la vérité scientifique est de qécréter une fois pour toutes ce qui est vrai, et d'imposer le silence à tous ceux qui ne sont pas d'accord. Cette inquisition règne dans les pays idéologiquement fermés et totalitaires, mais elle existe, aussi, dans les régimes démocratiques par le silence médiatique ou institutionnel. Aux USA et en Europe Occidentale, il est plus facile, par exemple, d'être un anti ou un pro héréditariste du 01 que de proclamer que cette controverse n'a aucun fondement scientifique. En ce sens, la fonction et le rôle intellectuel de Jerry Hirsch dans ce débat rejoint le travail de François Fejto sur la marche au pouvoir de l'intelligentsia dans les pays «communistes». L'intellectuel est un responsable. L'intellectuel qui voit se commettre un crime sous sa fenêtre en plein jour, sans que personne et lui-même se permette d'intervenir ou même de pousser un cri audible, peut-il garder ensuite la pleine estime de lui-même, la clarté de jugement, l'esprit critique, la capacité de découvrir.
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Le combat intellectuel

Cette question posée par Victor Serge au sujet des écrivains soviétiques massacrés par le stalinisme, ne concerne-t-elle pas le problème de la condamnation de millions d'enfants à des QI d'handicapés de l'intelligence? L'intellectuel scientifique peutil se taire face à l'arrogance et l'incompétence du racisme de l'intelligence ? Ici se posent les questions complexes de la science et de la vérité, inséparables de l'époque historique. Mais, aujourd' hui, nous pouvons exiger du scientifique intellectuel, qu'il n'oblitère pas la vérité et le questionnement. Le principe du fiacre wébérien est une vertu qui appartient à la méthodologie de travail de l'intellectuel scientifique. Seul, le principe du fiacre peut fournir au scientifique la connaissance claire, l'intégrité, la vérité, cette simple hygiène mentale, le sens de la dignité et du respect du genre humain. L'espoir reste toujours vivant, tant qu'il existe des hérétiques qui rejettent le présent, apparemment inébranlable et infaillible. On peut se tromper en tout - et nous gaspillons pour des erreurs le meilleur de nos forces - mais il n'est pas permis de se tromper sur un point: la science est au service du genre humain, et non au service d'une classe sociale ou d'un groupe ethnique. La science est faite pour nous faire comprendre les lois de la réalité, et non pour être subordonnée aux a priorismes fossilisés par leurs incapacités à regarder les faits tels qu'ils sont, et non tels que nous voulons qu'ils soient. En effet, la racine de tout ce qui est humain, écrit Sciascia dans Candida, y compris l'erreur, c'est "être humain. Il est la source de sa nullité et de sa grandeur. C'est lui-même, et lui seul qui est la source de sa vérité et de tout. C'est lui-même, et lui seul qui est à l'origine de l'erreur, et les inégalités sociales, tant entre les individus que les classes et les ethnies, sont d'origines humaines, et, en aucun cas, scientifiques ou génétiques. J'appliquerais à Jerry Hirsch, et à François Fejto, la réflexion d'Edgar Morin sur Soljénitsyne, qui, bien que et parce que non marxiste, a vu plus clair sociologiquement et historiquement sur le Goulag se réclamant de Marx que la quasi-majorité des marxistes. Jerry Hirsch voit plus clair psychologiquement et génétiquement, bien que champion des différences individuelles, que la totalité des anti héréditaristes de l'intelligence.

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l'anti-héritabiliste du QI est généralement de gauche ou libérai, mais il est persuadé de détenir la pensée juste, critique, rationnelle, scientifique, véritable dans la controverse sur l'intelligence. est presque totalement persuadé de posséder les lumières de la " science, et par cela même, il ne voit plus la nécessité de discuter sur la question de l'hérédité et l'intelligence. se contente d'une " critique juste contre l'héritabilisme. Mais il reste à la frontière de la science en repoussant certaines questions posées indirectement par les héréditaristes. s'arrête aux portes de la critique du racis" me en oubliant la question des différences individuelles. C'est ici que se révèle l'originalité des travaux de J. Hirsch, tant au niveau de sa critique contre le racisme, mais aussi dans son adhésion aux différences individuelles révélées par la génétique et la Bedéveloppe non seulement les concepts havior Genetics Analysis. " génétiques d'individualité, de norme de réaction et d'interaction, mais également son refus de subordonner la science à des fins idéologiques inégalitaires. Son intégrité et sa compétence scientifique lui permettent de remplir une fonction et un rôle intellectuel équivalent à celui que joue François Fejto dans le débat sur la marche au pouvoir de l'intelligentsia. 2) Le combat scientifico-intellectuel de Jerry Hirsch

J'admire beaucoup l'ardeur que vous avez dans les polémiques que vous soutenez contre certains héréditaristes. La lecture de vos textes concernant ces batailles est passionnante. On est informé de chaque démarche, de chaque communication téléphonique, de chaque fourberie. A vrai dire, cela me fait penser à un western. Vous y jouez le rôle du sheriff. Vos ennemis trament contre vous de sombres machinations qui, par moment, paraissent vous mettre en danger. Mais vous triomphez et je ne doute pas qu'à la fin du film, vous remportez la victoire.
Maurice Reuchlin, 14-01-1982 Cette lettre de Maurice Reuchlin, l'un des grands auteurs de la psychologie française ouvre le débat. En effet, elle donne la di14

Le combat intellectuel

mension du débat sur la controverse concernant l'intelligence. En effet, cette controverse révèle des questions vraies et fausses tout en démontrant que la science exerce un immense pouvoir sur la philosophie sociale. La fraude de Cyril Burt ne fut mise à jour qu'après sa mort. Chaque héréditariste utilisait ses travaux sur l'héritabilité du QI à partir des données fausses. Ce jeu scientifique dura pendant des décennies. Aujourd'hui, ses élèves et disciples, tels que Eysenck ou Jensen continuent et perpétuent certaines erreurs de Burt. Jerry Hirsch tente de remettre les pendules à l'heure. Il lutte contre cette pseudo science de l'héritabilité du QI. Il a l'histoire pour fui. Mais il serait temps que les spécialistes de "intelligence prennent connaissance de ses travaux contre les charlatans, qui s'enveloppent du manteau de la science pour diffuser des idéologies sociales réactionnaires et racistes. L'histoire enterrera cette pseudo «science» sur l'héritabilité du QI. Pourtant, les disciples de cette thèse sont trop nombreux. En effet, nous rencontrons sur ce terrain théorique des gens, tels que Eysenck, Jensen, mais aussi des modérés comme Jencks, Anastasi, Scarr et al. Ils sont très nombreux les partisans de l'héritabilité du QI. Ils dominent la psychologie occidentale. Cette controverse devrait cesser, si on appliquait juste un peu de logique. En effet, nous assistons à une terrible confusion sur deux questions différentes: hérédité et l'intelligence et héritabilité du QI. La question: hérédité et intelligence est complexe, par contre il est difficile de prendre au sérieux la controverse sur l'héritabilité du QI. Jerry Hirsch nous aide à comprendre cette fausse controverse. Mais est-il bien entendu? L'universitaire et le chercheur

Je reprends la présentation de Pierre Roubertoux dans sa préface au livre Défroquer les Charlatans. La personne de Jerry Hirsch est bien connue du monde scientifique français, grâce à ses interventions dans des colloques internationaux (Psychologie, 1976; Ethologie, 1985) qui se sont tenus en France, dans des réunions nationales (Société Française de Psychologie, 1985), des séminaires de recherche de différents laboratoires français, dans des jurys de thèse, etc. Son œuvre scientifique pu15

Jean Be/khir

bliée dans les revues scientifiques du plus haut niveau (Science, Journal of Comparative and Physiological Psychology, Proceedings of the National Academy of Sciences), 2 ouvrages très différents en dépit du même titre Behavior Genetic Analysis (1967 et 1982) en font, dans /e secteur articulant génétique et comportements, un auteur incontournable. La formation de Jerry Hirsch est double. Il est psychologue, élève de deux spécialistes de l'apprentissage Robert C. Tryon et Edward C. To/man. Il est aussi généticien et travaille sous la direction de ,. Michael Lerner et Curt Stern. Il soutient en 1955 sa thèse de Doctorat à l'Université de Californie à Berkeley, sous la direction de léo J. Postman. D'abord enseignant à l'Université de Columbia, il poursuit ses travaux dans le laboratoire de Th. Dobzhansky de 1956 à 1960. Puis, à partir de 1961, il est professeur de psychologie et d'éthologie à l'Université d'Illinois où il fonde sa propre équipe. Certains de ses élèves, tels que L. Erlenmeyer-Kimling, T. McGuire, T. Tully, S. Zawistowski jouent, dans le domaine interdisciplinaire génétique et comportement, un rôle non négligeable. Jerry Hirsch s'est vu confier la charge d'éditer deux périodiques importants: Animal Behaviour (1968 à 1973), Journal of Comparative Psychology (depuis 1982). Membre du Comité exécutif de l'Animal Behavior Society pendant dix ans, il en est élu Président en 1975. Le Comité des Conférences Internationales d'Ethologie, l'Union Internationale des Sciences Biologiques bénéficient également de ses services de 1975 jusqu'à respectivement 1982 et 1983. Parallèlement il dirige deux programmes de l'Institut National de la Santé Mentale (NIMH) sur une période qui s'étend de 1966 à 1986. Je signalerais ici l'importance du deuxième programme, dont il partage la direction avec Jim Anderson, Afro-Américain, spécialiste de l'histoire de l'éducation des Noirs aux USA. Les thèmes et les projets de ce programme interdisciplinaire sur l'étude de la nature du racisme: Institutional Racism Program révèlent mieux qu'un discours la personnalité de Jerry Hirsch. Ce programme d'étude sur le racisme institutionnel rassemble un grand nombre de disciplines des sciences humaines et naturelles. Cette interdisciplinarité permet aux chercheurs d'analyser et de com16

Le combat intellectuel

prendre les tentatives intellectuelles qui essaient de prouver la réalité scientifique d'une vraie hiérarchie raciale. Ces recherches sont faites tant au niveau des sciences génétiques qu'humaines, puisque Hirsch proclame bien haut qu'il mène des études raciales dans son laboratoire avec la mouche Drosophile. D'ailleurs, il reçoit en Décembre 1987 le titre de Docteur Honoris Causa de la Faculté de Médecine de Paris précisément pour ses travaux sur la Drosophile. La rigueur scientifique des études sur les différences individuelles à partir de la mouche Drosophila melanogaster permet de mieux comprendre la «science» des hypothèses racistes sur lesdifférences entre les ethnies ou les groupes. C'est cette double approche tant génétique qu'humaine qui permet de cerner les racines de la controverse sur le racisme de l'intelligence. Ce programme est un modèle non seulement d'interdisciplinarité entre les sciences naturelles et les sciences humaines, mais aussi un exemple montrant que la science peut servir à autre chose qu'à la théorisation d'une hiérarchie sociale ou raciale déterministe et fixiste. C'est ici que se révèle l'importance de l'articulation entre la génétique et la sociologie, si nous ne voulons pas être trompés par les charlatans du racisme de l'intelligence. La méconnaissance flagrante des acquis de la génétique, d'une part, et l'aveuglement aux faits sociaux, d'autre part, ouvrent la porte à tous les apriorismes idéologiques. Jerry Hirsch est une personne diverse, et dans un certain sens unique. est l'un de ces véritables scientifiques qui mènent une " lutte implacable et rigoureuse contre l'utilisation de la science à des fins idéologiques préconçues. n'hésite pas à entrer dans " l'arène sociale pour développer les acquis de la science, afin d'avertir le public des limites de l'intervention de la science dans les problèmes sociaux. Les spécialistes de l'intelligence, quelles que soient leurs disciplines, n'ont pas encore une vue réelle de l'ampleur des tfavaux scientifico-critiques de J. Hirsch contre le «racisme de l'intelligence». L'étroite articulation qui existe entre les travaux scientifiques et les écrits critiques de J. Hirsch en font un cas unique. C'est cette originalité qui fait de Hirsch un intellectuel et un scientifique hors du commun. Jerry Hirsch n'est ni marxiste ni égalitariste. n'appartient " 17

Jean Belkhir

pas à une école de pensée pro ou anti héréditabiliste de l'intelligence. Hirsch croit aux rapports entre l'hérédité et l'intelligence, mais il reconnah qu'ils ne sont pas simples. Il sait l'importance de l'hérédité mais il a également conscience de notre piètre compréhension du rôle qu'elle joue dans la genèse du comportement. C'est pour cette raison qu'il s'oppose à la pseudo controverse qui déchire les partisans pro ou anti héréditariste concernant la fumeuse question de l'héritabilité du QI. C'est un scientifique . incontournable pour éclairer le débat sur l'intelligence. Il est important que le lecteur sache à quel point la pensée de Hirsch s'appuie profondément sur son intégrité scientifique. Son intégrité et sa rigueur à aucun moment ne peuvent être mises en doute. C'est ce qui lui pose certains problèmes depuis le commencement de sa carrière professionnelle. Sa lucidité sur le problème du racisme de l'intelligence, lui a ouvert les portes en 1982 de l'Association Américaine pour l'Avancement de la Science en le sélectionnant comme candidat au titre de Award for Scientific Freedom and Responsability. Ce prix pour la responsabilité et la liberté scientifique est décerné annuellement aux scientifiques qui luttent contre l'obscurantisme. Et, Jerry Hirsch, comme me l'a dit dans une conversation lors de mon séjour aux USA en 1987, Jim Anderson, est un héros dans la lutte contre le racisme. C'est cette contradiction entre la reconnaissance et la non - reconnaissance de la personnalité de Jerry Hirsch qui tisse la vie professionnelle de cet auteur hors du commun. Ce sont ces actions et ses prises de position contre la falsification, l'interprétation abusive et la noncompétence qui forment la trame de l'histoire de Jerry Hirsch au sein de son Département de Psychologie à l'Université d'illinois et au niveau de l'Académie des Sciences aux USA. Le problème Hirsch Hirsch n'est pas seulement un modèle de combattant pour la liberté et la responsabilité scientifique,mais il est avant tout un exemple de courage et de lucidité dans un domaine où la passion idéologique l'emporte sur l'intégrité scientifique. Trop souvent, certains scientifiques prennent une position molle ou diplomatique dans les débats fortement controversés idéologiquement. 18