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Israël, un Etat d'apartheid ?

De
272 pages
La démarche de ces diverses contributions consistant à se demander si l'Etat d'Israël peut être qualifié d'Etat d'apartheid n'est pas idéologique mais scientifique. Elle se fixe pour principal objectif d'enrichir le champ des études consacrées au conflit opposant Israël aux Palestiniens. La mise à l'épreuve du concept d'Apartheid permet un regard nouveau et de sortir des approches dites "équilibrées", avatar idéologique de la fiction du "processus de paix".
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Sous l Céline Lebrun et Julien Saling
Israël, un État d’apart Enjeux juridiques et politique
Préface de Mireille Fanon Mendès-Fra
Israël, un État d’apartheid ?
Comprendre le Moyen-Orient Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud Pierre GUILLOSSOU,La Palestine contemporaine, des Ottomans aux Israéliens, 2013. Mohammad AL SUBAIE,L’idéologie de l’islamisme radical.La nouvelle génération des intellectuels islamistes,2012. Didier LEROY,Hezbollah, la résilience islamique au Liban, 2012. Hassan Diab EL HARAKÉ,: quelRépublique islamique d’Iran pouvoir pour le peuple ?, 2012.Alice POULLEAU,À Damas sous les bombes,Journal d’une Française pendant la révolte syrienne (1924-1926),2012.Malkom KASP,La République islamique et les heures sombres de l’Iran, 2012.Simon VALADOU,La Jordanie et la paix avec Israël, 2012.Dominique LE NEN,De Gaza à Jénine, Au cœur de la Palestine, 2012. Estelle BRACK,Systèmes bancaires et financiers des pays arabes. Vers un modèle commun ?, 2012.Philippe CONTE,Afghanistan, guerre lointaine ?, 2011. Samson N’Tadadjèl KAGMATCHE,Etudes comparatives entre les lamassu et les chérubins bibliques, 2011. Ali AOUATTAH,Pensée et idéologie arabes. Figures, courants et thèmes au XXe siècle, 2011. Vivi KEFALA,L’évolution du Liban, les facteurs déterminants, 2011. R. PORTEILLA, J. FONTAINE, P. ICARD, A. LARCENEUX (dir.), Quel État pour quelle Palestine ?,2011. Guillaume VAREILLES,Les frontières de la Palestine. 1914-1947, 2010. Aline BALDINGER,Israéliens – Palestiniens. Libres paroles au-dessus du mur, 2010. Mohamed EL BATTIUI,La Gestion de l'eau au Moyen-Orient, 2010. François SARINDAR,Lawrence d'Arabie. Thomas Edward, cet inconnu, 2010. Marie-Thérèse OLIVER-SAIDI,Le Liban et la Syrie au miroir français (1946-1991), 2010.
Sous la direction de Céline Lebrun et Julien Salingue Israël, un État d’apartheid ? Enjeux juridiques et politiques Avant-propos du collectif Palestine Paris-VIII Préface de Mireille Fanon Mendès-France
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00034-3 EAN : 9782343000343
Sommaire Avant-propos (Collectif Palestine Paris VIII)………………7 Préface (Mireille Fanon Mendès-France)……………………11 Introduction (Céline Lebrun et Julien Salingue)……………17 Partie I : Israël, un État d’apartheid ? La notion d’apartheid en droit international : questions pour une a lication au cas d’Israël François Dubuisson ……………23 Palestiniens dans « l'État des Juifs » : les Palestiniens de 1948, auF°XUdispositif discriminatoire (Layla Damiri et Céline du Lebrun)……………………………………………………......41 La situation des Bédouins en Israël (Irène Steinert)…………57 La normalisation du nettoyage ethnique et de l’apartheid à Jérusalem (Ben Scribner)…..………………………………..71 L’évolution territoriale de la Cisjordanie occupée : vers un spatiocide (Jacques Fontaine)………………………………83 Territoires palestiniens occupés, « Administration civile » et apartheid (Julien Salingue)…………………………………105 Le sionisme politique : un projet nationaliste et colonial à l’origine d’un régime d’apartheid ? (Céline Lebrun)………117 ème La 3 session du Tribunal Russell sur la Palestine : Israël, un État d’apartheid ? (Geneviève Coudrais)……………………135 Partie II : Sanctionner l’État d’Israël ? La « résistance nonpalestinienne et l’appel auviolente » Boycott d’Israël (Julien Salingue)….……………………….147 BDS pour les droits palestiniens : le moment sud-africain (Omar Barghouti)……………………………………..……159 Leçons d’Afrique du Sud : retour sur le boycott de l’Apartheid (Jacqueline Dérens) …………………………………..……171 Quand l’Union Européenne coopère avec l’industrie israélienne de l’armement (David Cronin)………………………..……181
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Quelle mise en œuvre du droit ? Quels procédés de sanctions contre Israël ? (Gilles Devers)..…………….…….195 La légalité de l’appel au boycott visant la politique d’occupation de l’État d’Israël (François Dubuisson)…....…213 Partie III : Questions sur le boycott universitaire Sur l’enfermement des universités et des universitaires palestiniens (Ivar Ekeland)………………………….…….231 Questions à Sonia Dayan-Herzbrun….……………………239 Questions à Christine Delphy………………………………244 Questions à Alain Brossat…………………………………245 Annexes……………………………………………………..253
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Avant-propos« Israël : un État d’apartheid ? ». En posant cette question, le collectif étudiant que nous sommes ne pensait pas qu’il allait, à ce point, susciter la polémique. En effet, la question de savoir si le terme « apartheid » est pertinent pour qualifier les pratiques d’Israël n’est pas nouvelle. En 2007, le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en territoire palestinien occupé, John Dugard, reprenant les conclusions de nombreux experts, affirmait ainsi que « les deux régimes ont beau avoir leurs différences, les lois et les pratiques israéliennes dans le territoire palestinien occupé rappellent indubitablement certains aspects de l’Apartheid ». La question n’est pas davantage un tabou en Israël. Dès 2002, Avi Primor, ancien ambassadeur d’Israël auprès de l’Union Européenne, condamnait la « stratégie "sud-africaine" » d’Ariel Sharon, tandis qu’un éditorial du quotidienHaaretzévoquait, en janvier 2011, un « glissement sur la pente de l’apartheid ». Lorsque nous avons pris la décision d’organiser en février 2012, au sein de notre université, Paris VIII, un colloque interrogeant la pertinence de la qualification du régime israélien au moyen du concept d’apartheid, nous pensions logiquement nous inscrire dans un débat mené depuis plusieurs années à l’échelle internationale, mais qui n’avait jusqu’alors guère trouvé de canaux d’expression dans les universités françaises. De toute évidence, la présidence de l’Université Paris VIII partageait notre point de vue, puisqu’elle a non seulement accepté d’héberger, mais également de financer l’événement par l’intermédiaire du Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Étudiantes (FSDIE). Les affiches et les programmes ont été imprimés, l’information a été diffusée, les invitations ont été lancées, les billets de trains des intervenants ont été achetés, les chambres d’hôtel ont été réservées. Tout s’annonçait pour le mieux. Mais ça, c’était avant.
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Avant que deux officines spécialisées dans la censure de toute critique de la politique conduite par l’État d’Israël ne fassent connaître leur « indignation » au sujet de ce colloque. Le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) et le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme (BNVCA), puisque c’est d’eux dont il s’agit, sont en effet coutumiers des attaques contre toute expression d’idées ne se conformant pas à leur position de soutien inconditionnel à Israël : campagnes contre France 2, son journaliste Charles Enderlin et l’émission « Un œil sur la planète », protestation contre la diffusion par Canal + de la série « Le Serment », pressions sur l’ENS pour interdire une conférence de Stéphane Hessel… Autant de précédents qui n’honorent guère le CRIF et le BNVCA, passés maîtres dans l’art de faire passer la critique d’Israël pour de l’antisémitisme, et qui participent d’un climat d’intimidation peu compatible avec la liberté d’expression et le débat d’idées. Reprenant l’argumentation de ces officines qui dénonçaient, probablement dans le but de les susciter, des risques de « troubles à l’ordre public », le Président de Paris VIII est revenu brusquement sur son autorisation initiale et a décidé d’interdire la tenue du colloque au sein de l’université, donnant dès lors, volontairement ou non, raison aux censeurs. Ceux-ci, qui dénonçaient également l’autre thématique du colloque, à savoir une mise en perspective de la campagne internationale de Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël (BDS), ont ainsi obtenu une victoire qui n’a pas grandi la direction de Paris VIII. Cette dernière, en nous proposant que le colloque se déroule hors des murs de l’université, a failli à remplir l’une des missions pourtant fondamentales de l’institution universitaire : la garantie de la liberté de pensée et des libertés académiques, qui devraient être protégées lorsqu’elles sont menacées par des spécialistes de l’intimidation et des pressions politiques. Certains ont néanmoins sauvé l’honneur, à l’instar de ces 500 universitaires et chercheurs qui ont signé, dans les jours suivant l’interdiction, une lettre ouverte au Président de Paris VIII, qui affirmait notamment ce qui suit : « Nous ne partageons pas
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nécessairement les vues et les objectifs du colloque des 27 et 28 février. Mais l’essentiel n’est pas là. Ce qui est en jeu est en effet le droit de mettre en débat dans l’espace public, en l’occurrence dans ce lieu symbolique qu’est l’Université, des travaux et des opinions qui méritent d’être entendues et qui ne sont en aucun cas répréhensibles d’un point de vue légal. Que le CRIF ne souhaite pas que certaines positions soient défendues est une chose. Qu’une institution universitaire cède à la pression et aux menaces en est une autre. Imaginerait-on un colloque sur le Tibet annulé au motif que des représentants officiels ou officieux du gouvernement chinois menaceraient de troubler l’événement ? ». Forts de ces nombreux soutiens, nous avons décidé de maintenir l’initiative, qui s’est finalement déroulée hors de Paris VIII puisque le Président, incapable de reconnaître son erreur et conscient du caractère minoritaire de sa décision dans l’université elle-même, a pris la grave décision de fermer administrativement cette dernière durant les deux jours du colloque. Ce sont ainsi plus de 300 personnes qui ont assisté, les 27 et 28 février 2011, aux interventions et débats organisés à la Bourse du Travail de Saint-Denis, dans une ambiance studieuse, parfois polémique, mais à mille lieues des prétendus « troubles à l’ordre public » que prévoyaient (souhaitaient ?) certains. Le succès du colloque et la qualité des textes qui suivent sont, de notre point de vue, le plus efficace des démentis vis-à-vis des petits procureurs des tribunaux de la pensée et de tous ceux qui ont cru bon de sacrifier les libertés académiques sur l’autel de la censure politique. Nous tenons à remercier tous les participants au colloque, tous ceux et toutes celles qui nous ont apporté leur soutien dans notre démarche, que nous comptons bien poursuivre, ainsi que l’ensemble des intervenants, qui ont permis à ce colloque puis à ce livre de voir le jour. Nous remercions également Jean-Paul Chagnollaud et les éditions l’Harmattan, qui ont rendu possible sa publication. Le Collectif Palestine Paris VIII
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