Kabila et le réveil du géant

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Produit par un groupe de témoins de l'histoire immédiate de la République démocratique du Congo constitué par le ministère de la Communication et des Médias, ce livre est une compilation de mises au point et de contre-analyses, reflétant la vision de l'exécutif congolais. C'est également l'occasion d'un compte-rendu à la nation et au monde de l'action de stabilisation et de normalisation en cours dans ce pays. Il y est montré que la RDC devient de plus en plus une success story grâce à Joseph Kabila et son gouvernement.
Publié le : dimanche 1 novembre 2015
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EAN13 : 9782336395371
Nombre de pages : 266
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Sous la dirSous la dirSous la direction de ection de ection de
Kabila Lambert MLambert MLambert MENDEENDEENDE O O OMALANGAMALANGAMALANGA
et le réveil du géant
Le regard des uns et des autres
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Produit par un groupe de témoins de l’histoire immédiate de la République
démocratique du Congo constitué par le ministère de la Communication et le révet le révet le réveil du géanteil du géanteil du géant
et des Médias, ce livre est une compilation de mises au point et de
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livre Les Congolais rejettent le régime de Kabila, écrit par des intellectuels
expatriés, que les auteurs considèrent comme non conformes à la réalité
vécue dans le pays sous le leadership de Joseph Kabila Kabange,
le quatrième prle quatrième prle quatrième président de la RDC.
C’est en même temps l’occasion d’un compte-rendu à la nation et
au monde de la palpitante action de stabilisation et de normalisation
en cours dans ce pays, que d’aucuns avaient naguère résolu de rayer de
la carla carla carte dans ses frontièrontièrontières héritées de la colonisation, mais qui a fait
prprpreuveuveuve de de d’une étonnante résilience.
Il y est démontré que la RDC devient de plus en plus une success
story, grâce à Joseph Kabila et à son gouvernement, qui s’eff orcent avec
détermination de « mettre en œuvre les réformes nécessaires pour une
crcrcroissance foroissance forte et durable ; entrable ; entrable ; entrer dans le peloton de l’économie mondiale ;
faire du Congo un pays modernisé, créatif et profondément attaché aux
valeurs démocratiques. Enfi n, renforcer la paix et la sécurité. »
PréfPréfPréfacacace d’e d’e d’AAAugusugusugustin Matin Matin Matatatata Pta Pta Ponononyyyo Mapono Mapono Mapon
Photographies de couverture : le nouvel hôtel
du gouvernement à Kinshasa et Joseph Kabila.
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Kabila et le réveil du géant
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Lambert MENDE OMALANGA
Le regard des uns et des autres Lambert MLambert MENDEENDE O OMALANGAMALANGA
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Kabila et le réveil du géant

Sous la direction de
Lambert MENDE OMALANGA



Kabila et le réveil du géant
Le regard des uns et des autres










Préface d’Augustin Matata Ponyo Mapon




















































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-07440-5
EAN : 9782343074405
SOMMAIRE
REMERCIEMENTS ............................................................................ 9
ABRÉVIATIONS .............................................................................. 11
PRÉFACE .......................................................................................... 13
AVANT-PROPOS .............................................................................. 17
INTRODUCTION .............................................................................. 23

CHAPITRE I
Au-delà du débat constitutionnel, le point de vue
de la majorité silencieuse sur le mandat de Kabila ............................ 29
CHAPITRE II
Des controverses stériles et surannées ................................................ 41
CHAPITRE III
Au-delà du débat juridique, un combat d’arrière-garde ..................... 55
CHAPITRE IV
Au fil de l’actualité : les faits, plus probants que les plaidoyers ........ 93
CHAPITRE V
Et si nous parlions honnêtement de Joseph Kabila ! ........................ 117
CHAPITRE VI
Le bilan Kabila ................................................................................. 167
CHAPITRE VII
Le vrai débat qui vaille : Que faire du Congo ? ............................... 219

ÉPILOGUE
Des raisons d’espérer ........................................................................ 239

ANNEXES ....................................................................................... 245
REMERCIEMENTS
Les auteurs tiennent à exprimer leur reconnaissance à tous ceux qui,
de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de cet ouvrage.

Il s’agit, entre autres, de :

– M. le Professeur Jean-Baptiste Ntagoma qui a accepté de consacrer
un peu de son précieux temps à la relecture du chapitre relatif au
bilan et y a apporté nombre d’éléments complémentaires
indispensables.

– M. Yvon Ramazani patron du BSC, qui a eu l’amabilité de nous
fournir gracieusement la plupart des photos qui illustrent les
données de cet ouvrage.

– MM. José Mbembo Mahungu et Marcel Mupfuni Karutsi qui ont
mis leurs talents à contribution pour la saisie de l’ensemble des
textes.

A tous et à chacun, nous disons merci.

Les auteurs.


ABRÉVIATIONS
ABAKO : Alliance des Bakongo
ADF : Allied Democratic Forces
AFDL : Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération
AFP : Agence France Presse
ANC : Armée Nationale Congolaise
ARP : Armée de Résistance Populaire
ASADHO : Association Africaine des Droits de l’Homme
CARG : Conseil Agricole et Rural de Gestion
CCP : Conseil Consultatif Provincial
CEEAC : Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale
CENI : Commission Electorale Nationale Indépendante
CEPGL : des Pays des Grands Lacs
CEREA : Centre de Regroupement Africain
CIAT : Comité International d’Accompagnement de la Transition
CIRGL : Conférence Internationale sur la Région des Grands-Lacs
CLCR : Centres Locaux de Compilation des Résultats
CNDP : Conseil National pour la Défense du Peuple
COMESA : Communauté Economique des Etats d’Afrique Australe
CONAKAT : Convention Nationale du Katanga
ACPLS : Alliance pour un Congo Libre et Souverain
DEP : Direction d’Etudes et Planification (Min. EPS)
ECIDE : Engagement Citoyen pour le Développement
ETD : Entités Territoriales Décentralisées
FARDC : Forces Armées de la République Démocratique du Congo
FAC : Forces Armées Congolaises
FAZ : Forces Armées Zaïroises
FDC : Forces de Défense Congolaise
FDD : se de la Démocratie (Burundi)
FDIPC : Force de Défense des Intérêts du Peuple Congolais
FDLR : Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda
FIDH : Fédération Internationale des Droits de l’Homme
FIPI : Front pour l’Intégration et la Paix en Ituri
FLC : Front de Libération du Congo
FNI : Front des Nationalistes et Intégrationnistes
FNL : Front National de Libération
FNLC : al de Libération du Congo
FPDC : Front Populaire pour la Démocratie au Congo
FPR : Front Patriotique Rwandais
FRPI : Front de Résistance Patriotique de l’Ituri
GECAMINES : Générale des Carrières et des Mines
HGK : Hôpital Général de Kinshasa
IDH : Indice de Développement Humain.
LDK : Laurent-Désiré Kabila
LRA : Lord Resistance Army
M23 : Mouvement du 23 mars
MAC : Mouvement d’Action pour le Changement
MLC : Mouvement de Libération du Congo
MNC : Mouvement National Congolais
MONUSCO : Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation du Congo
MP : Majorité Présidentielle
MPCR : Mouvement du Peuple Congolais pour la République
MPLA : Mouvement Populaire pour la Libération de l’Angola
MPR : e de la Révolution
NALU : National Army for Liberation of Ouganda
NTIC : Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication
OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economiques
ONATRA : Office National des Transports
ONG : Non Gouvernementale
ONIP : Office National pour l’Identification de la Population
ONU : Organisation des Nations-Unies
OVD : Office des Voiries et Drainage
PARECO : Patriotes Résistants Congolais
PIB : Produit Intérieur Brut
PNB : Produit National Brut
PNUD : Programme des Nations-Unies pour le Développement
PPRD : Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement
PPTE : Pays Pauvres Très Endettés
PRP : Parti de la Révolution Populaire
PSA : Parti Solidaire Africain
PSB : Parti Socialiste Belge
PTT : Postes, Téléphones et Télécommunications
RCD : Rassemblement Congolais pour la Démocratie
RFI : Radio France Internationale
RTNC : Radio-Télévision Nationale Congolaise
RVF : Régie des Voies Fluviales
RVM : Régie des Voies Maritimes
SADC : Southern Africa Development Community
SAPP : Southern African Power Pool
SECOPE : Service de Contrôle et de la Paie des Enseignants
SERNIE : National d’Identification des Elèves
SNCC : Société Nationale des Chemins de fer du Congo
SNCZ : Société Nationale des Chemins de Fer du Zaïre
SNEL : Société Nationale d’Electricité
SWAPO : South West Africa People Organization
TRANSCO : Transport du Congo
TRANSKIN : Transport de Kinshasa
UDEMO : Union des Démocrates Mobutistes
UDPS : Union pour la Démocratie et le Progrès Social
UJPS : Union des Jeunes Patriotes Sacrifiés
UNC : Union pour la Nation Congolaise
UNRF II : Uganda National Rescue Front
UPC : Union des Populations Congolaises
UPCP : Union des Patriotes Congolais pour la Paix
USA : United States of America
USD : United States Dollar
WNDF : West Nile Defense Forces

12 PRÉFACE
La bonne gouvernance se caractérise entre autres choses par la
garantie offerte aux citoyens d’accéder facilement à l’information qui
reste un des droits fondamentaux de l’homme. C’est une exigence de
la démocratie participative dont la transparence est un des éléments
fondamentaux.
Dire le vrai aux gouvernés sur ceux qui ont la charge des affaires
de leur pays et sur les tenants et aboutissants de leurs actions est à cet
égard un impératif auquel des animateurs d’institutions publiques
dignes de ce nom se doivent de sacrifier. C’est le but poursuivi par la
production du présent ouvrage en guise de réplique à un livre intitulé «
Les Congolais rejettent le régime de Kabila » distribué récemment à
partir de l’étranger par quelques compatriotes dont on peut
raisonnablement douter de la bonne foi.
Produit par un groupe de témoins de l’histoire immédiate au
ministère de la Communication et Médias, c’est une compilation de mises
au point et de contre-analyses reflétant la vision de l’exécutif
congolais qui partage ces réponses à certains aspects du livre susmentionné
jugés non conformes à la réalité vécue par les Congolais sous le
leadership de Joseph Kabila Kabange, le quatrième président de la
République Démocratique du Congo. C’est en même temps l’occasion
d’un compte rendu à la nation et au monde sur la palpitante action de
stabilisation et de normalisation en cours dans ce pays que d’aucuns
avaient, il n’y a pas si longtemps, résolu de rayer de la carte dans ses
frontières héritées de la colonisation.
Je me félicite du fait que les réflexions qui suivent accompagnent
les récits historiques de l’avènement du système politique et de
l’organisation socioéconomique en place dans le pays ainsi que la
description des actions et des projections ambitieuses que
l’administration Kabila a élaborées pour permettre à la RD Congo
d’atteindre l’émergence dans un avenir prévisible. L’historique des
interrelations des acteurs passés et présents des ainsi dites actions et
projections avec les structures institutionnelles étatiques et la
communauté internationale occupe une place importante dans la compilation.
Elle permet une mise au point sur quelques contre-vérités contenues
dans l’ouvrage objet de la réplique.
C’est l’expression du devoir de redevabilité grâce auquel les
citoyens peuvent voir ceux qui animent leurs institutions publiques
s’exprimer de manière transparente sur leurs prestations.
Justice peut de la sorte être faite à la République Démocratique du
Congo et à ses dirigeants qui sont devenus les cibles privilégiées
d’attaques pas toujours loyales auxquelles ils sont en droit de riposter
légitimement dans le but d’informer objectivement le public en temps
utile sur leurs actions et programmes d’actions qui sont trop souvent,
et trop gratuitement, méconnus et galvaudés.
Cet ouvrage qui donnera aussi à ses lecteurs une idée du niveau et
de la qualité réelle des relations qui existent entre la RD Congo et le
reste du monde est une nécessité, car, comme le rappelle Paul Valéry,
« nous pensons tous sur les pensées des autres ».
En peu de mots, le Congo Démocratique moderne est fondé à
démontrer qu’il est engagé, comme toutes les autres nations du
monde, dans une quête volontariste d’un développement intégré et de
l’émergence à plus ou moins brève échéance. Une ambition qui n’est
pas sans conséquences car sa situation géostratégique, sa population,
ses potentialités le prédisposent tout naturellement à jouer un rôle
phare au cœur de l’Afrique.
Les évolutions prometteuses des paramètres macroéconomiques du
pays, confirmées par diverses statistiques, nonobstant des défis
sécuritaires lourds et un environnement financier mondial précaire attestent
de ce que le Président Joseph Kabila a été bien inspiré de faire en sorte
que le pays prenne lui-même son destin à bras le corps.
Ce que les auteurs de « Joseph Kabila et le réveil du géant : le
regard des uns et des autres » apprennent au lecteur c’est que, a
contrario des projections pessimistes répandues dans l’ouvrage « Les
Congolais rejettent le régime de Kabila », la RD Congo devient de
plus en plus une success-story grâce à Joseph Kabila et à son
gouvernement qui s’efforcent avec détermination à « mettre en œuvre
les réformes nécessaires pour une croissance forte et durable ; entrer
dans le peloton de l’économie mondiale ; faire du Congo un pays
modernisé, créatif et profondément attaché aux valeurs
démocratiques. Enfin, renforcer la paix et la sécurité ».
14 En tout état de cause, au-delà de la polémique, ce débat par
publications interposées présente l’avantage de vivifier la démocratie
congolaise qui, mettant face à face des opinions de Congolais sur leur
pays, s’inscrit dans le droit fil d’une des dernières recommandations
de l’inoubliable Héros National Patrice-Emery Lumumba pour qui
l’histoire du Congo ne doit être écrite que par les Congolais
euxmêmes.
Augustin Matata Ponyo Mapon

Premier Ministre de la République Démocratique du Congo
15 AVANT-PROPOS
Lambert Mende Omalanga
Un recueil de pamphlets au vitriol écrit avec des plumes trempées
dans les miasmes nauséeux d’une haine revancharde signé par une
dizaine d’exilés antikabilistes en Europe et aux États-Unis
d’Amérique est proposé au public depuis quelques semaines en format papier
et via la toile. Il est intitulé « Les Congolais rejettent le régime de
1Kabila » .
Fweley Diangitukwa, qui en revendique la « direction » est un de
ces intellectuels désincarnés qui, à l’instar des chiens perdus sans
collier de Gilbert Cesbron, écument le vaste monde en quête de bonnes
raisons de dire pis que prendre de son pays d’origine.
Manifestement affublé de l’illusion du savoir immédiat, l’homme
s’est contenté en fait de compiler des bouts de réflexions sans liens
entre elles et dépourvues de contenu étiologique par rapport à la
situation actuelle de la République Démocratique du Congo sous le
leadership de Joseph Kabila. Il s’agit d’articles (on va les appeler
ainsi) des chroniqueurs occasionnels Lomomba Emongo, Jean-Bosco
Mulangaluend Kongolo, Babanya Kabudi Mbelu, Georges Nzongola,
Roger Mbuangi Puati, Boniface Musavuli, Augustin Ramazani,
Baudouin Amba Wetshi et Jean-Jacques Omanyundu. Une photo d’un
corps d’homme couvert de sang et agonisant orne la couverture de
l’ouvrage. Elle est destinée à mettre le lecteur dans l’ambiance
sanguinolente qui est supposée être le propre du « Congo sous
Kabila ». Il est permis de douter que cette scène macabre ait eu pour
théâtre la République Démocratique du Congo quand on sait qu’à
l’occasion des manifestations de mi-janvier 2015 à Kinshasa, les

 Ministre de la Communication et Médias de la RD Congo.
1 Fweley Diangitukwa (sous la direction de) : Les Congolais rejettent le régime de Kabila,
Editions Monde Nouveau, Afrique Nouvelle, Vevey, Suisse, 2015).
mêmes opposants anti – Kabila de la diaspora avaient déjà abusé de la
crédulité des internautes en postant sur la toile une multitude d’images
d’incidents imaginaires ou survenus ailleurs pour illustrer la prétendue
cruauté des forces de défense et de sécurité congolaises. La chaîne de
télévision France 24, très peu suspecte de complaisance envers les
autorités congolaises, avait en cette circonstance publié un cinglant
démenti à leur sujet sur son site internet dans un article intitulé
« Désintox : ceci n’est pas la révolte congolaise ». On y découvre
comment les auteurs de ces manipulations avaient utilisé le mensonge
au-delà de tout entendement pour embraser leur pays. Pour cela, ils
avaient inondé le web de fausses images de prétendues atrocités
commises par la police congolaise ou des manifestants à Kinshasa le 19 ou
le 20 janvier alors qu’en réalité il s’agissait de photos prises lors
d’événements survenus à Haïti, aux Seychelles, au Congo-Brazzaville
ou au Burkina Faso et affichées sur les réseaux sociaux depuis
plusieurs mois, voire plusieurs années. Il y était même inséré, comble de
duplicité, des images tirées d’un film de fiction mettant en scène des
acteurs noirs présentés comme des députés congolais attrapés et «
punis » par des manifestants anti-Kabila furieux de leur « trahison ».
France 24 s’insurgeait contre le fait que ces photos que des petits
malins s’étaient empressés de lui transférer étaient présentées comme
prises à Kinshasa en janvier 2015 alors qu’elles n’avaient « rien à voir
avec la révolte congolaise ». Les commentaires de la chaîne publique
parisienne accompagnant les photos d’une violence extrême étaient
sans équivoque : « Dès lundi, alors que des étudiants de l’université
de Kinshasa s’affrontent avec la police congolaise, des photos des
"premiers blessés" étaient diffusées sur Twitter, notamment celle d’un
jeune garçon avec une plaie ouverte très impressionnante au niveau
du crâne avec la mention "des barricades et des affrontements à
l’Unikin aujourd’hui à Kinshasa". La photo n’a cependant rien à voir
avec Kinshasa, et a été publiée pour la première fois en 2012 sur un
site d’information des Seychelles et présenté comme la photo d’un
soldat blessé. La même journée, une "vidéo inédite" est publiée sur le
compte YouTube World News Vidéo présentée comme les exactions
commanditées par le général Kanyama, chef de la police de Kinshasa.
Sur ces images choquantes, des personnes s’enfuient, pendant que
d’autres sont grièvement blessées. Les images datent en réalité du 4
mars 2012 et avaient été filmées lors de l’explosion de la caserne de
Mpila au Congo Brazzaville qui avait fait au moins 250 morts (…) Les
images les plus retwittées étaient celles de manifestants défiant les
18 forces de l’ordre dans les rues. Certaines ont également été utilisées
par des sites en ligne d’information africains. Problème : la plupart
de ces images publiées quelques heures après les heurts de Kinshasa
avaient en réalité été prises au Burkina Faso, lors de la révolte du 30
octobre dernier. Autre exemple : une photo qui a été partagée plus de
200 fois sur Facebook et présentée comme celle d’un ‘député de
Kabila’ frappé par un manifestant. La photo est en réalité extraite du
compte Flickr d’un réalisateur de séries qui l’avait postée en 2009 en
précisant qu’il s’agissait d’une fausse scène de bagarre dans le cadre
d’un tournage (de film) à Kinshasa ».
De tels montages grossiers sont devenus une pratique courante dans
les officines d’une certaine opposition congolaise en Europe qui se
sont multipliées ces dernières années pour permettre à des individus
peu préparés à un débat démocratique loyal de dénoncer quasi
anonymement et sans la moindre preuve de prétendues atrocités
commises par un gouvernement qu’ils détestent ou de terroriser leurs
adversaires politiques réels ou supposés. Drôle de démocratie…
Le recueil de pamphlets pompeusement intitulé « Les Congolais
rejettent le régime de Kabila » de Diangitukwa et consorts ne s’écarte
malheureusement pas de la même logique. On a droit à une avalanche
d’abus de terminologie. Dans la relation des faits par ces faux témoins
de l’histoire, une banale interpellation d’un suspect par la police
devient « enlèvement » ou « disparition ». Ils se livrent à des attaques en
règle contre les cours et tribunaux de l’ordre judiciaire congolais,
systématiquement traînés dans la boue, le fait d’appartenir à un parti
politique de l’opposition ou une ONG affiliée à ladite opposition étant
érigé le plus arbitrairement du monde en une cause d’immunité dans le
but de soustraire des auteurs de délits ou crimes de droit commun à la
justice. À les suivre, des assassins, violeurs ou auteurs d’abus de biens
sociaux ou de spoliations de biens privés devraient bénéficier d’une
totale impunité dès lors qu’ils brandissent leur qualité de membre de
l’opposition ou d’un groupe assimilé à cette dernière…
Dans un article intitulé « Le continent noir ne se porte pas si
2mal » : Karen Rothmyer, une Européenne qui vit au Kenya avec sa
famille, a attiré l’attention sur l’image pessimiste qui colle comme une
seconde peau à nombre de pays africains. Evoquant particulièrement
la République Démocratique du Congo qui figure en bonne place
parmi les entités ainsi gratuitement vilipendées, elle a aligné quelques

2 The Nation, Naïrobi, traduit par Courrier International N° 1030 29 Juillet-18 Août 2010)
19 évidences comme autant de preuves qu’en dépit du fait qu’ils ne
nagent pas encore dans le nirvana d’un paradis sur terre, les Congolais
ont aujourd’hui plus qu’hier des raisons de penser que le pire
appartient au passé en épinglant, entre autres avancées :
– la débâcle de la quasi-totalité des groupes armés criminels
étrangers et nationaux qui ont écumé et endeuillé le Nord-Est du pays
depuis l’arrivée au pouvoir du FPR de Paul Kagame au Rwanda,
– la réforme du secteur de la sécurité avec l’accroissement
significatif des capacités des forces armées de la République
Démocratique du Congo, de la police nationale et des services
d’intelligence,
– le fonctionnement effectif des cours et tribunaux et de l’appareil
judiciaire aussi bien civil que militaire,
– l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative Pays Pauvres
Très Endettés (PPTE) avec la réduction subséquente de 10
milliards USD de dettes sur les 13 milliards USD que devait le pays
à ses créanciers occidentaux,
– le lancement effectif des grands chantiers des infrastructures qui
constituent le soubassement de la renaissance économique de la
RD Congo avec un effet multiplicateur sur l’offre d’emplois aux
masses laborieuses congolaises,
– la mise sur orbite du deuxième processus électoral de la
Troisième République avec la promulgation de la Loi organisant la
Commission Electorale Indépendante et la publication du
calendrier électoral,
– la synergie entre la direction politique congolaise et les pays
industrialisés utilisateurs finaux des ressources pillées en RD
Congo pour la répression du pillage de ces ressources grâce à
l’instauration d’un certificat de traçabilité pour les minerais en
provenance de la RD Congo.

Il s’agit là d’indications objectives d’une indéniable normalisation
de la situation au pays de Lumumba. Elles prennent manifestement de
court certaines engeances pour lesquelles la République Démocratique
du Congo devrait rester ad vitam aeternam le ventre mou de l’Afrique
pour la réalisation de desseins impérialistes inavoués et qui, en quête
permanente d’opportunités pour atteindre cet objectif, ont fait du
régime en place à la tête de la RD Congo, leur souffre-douleur.
Ces prophètes de malheur n’ont jamais cessé de déclamer urbi et
orbi leur conviction que ce pays est quasiment maudit et ne s’en
sor20 tira jamais. Et comme pour donner de la substance à leur thèse de
l’impuissance congénitale des élites de ce pays, ils se drapent
volontiers dans le manteau de l’ultime recours et s’auto attribuent la
« mission » de « sauver » un peuple qui ne leur a pourtant rien
demandé de tel. Rothmyer déclare sans prendre des gants qu’elle a « du
mal à croire que la situation soit réellement aussi désespérée que
l’ONU, la Banque Mondiale et la plupart des nombreuses ONG le
disent ». Ces sources, aussi prestigieuses les unes que les autres, font
pourtant autorité dans l’univers des médias et de certains «
africanistes » qui s’en délectent pour alimenter des théories manichéistes en
vase clos.
Le groupe d’intellos velléitaires de la diaspora congolaise en
Europe et aux USA auteurs du brûlot contre le président Kabila a donné
tête baissée dans la mode du Congo bashing qui en résulte et qui n’est
qu’un ersatz de l’afro pessimisme néocolonial ambiant reflétant moins
une situation réelle qu’une aspiration inavouée de groupes d’intérêts
prédateurs qui convoitent notre pays depuis des temps immémoriaux.
Michael Chege, de l’Université de Berkeley (USA) cité par Rothmyer
évoque à leur propos « ceux qui ont tout intérêt à ce que l’aide
humanitaire perdure (car) ils sont dépendants de cet argent, et des
organisations - tel le PNUD [Programme des Nations Unies pour le
Développement] – qui gagnent à présenter les choses de façon
négative. Si tout va bien, c’est leur carrière qui chancelle, leur emploi qui
disparaît ».
Tout se passe comme si les signataires de ce véritable hymne à la
malédiction de leur propre pays avaient été contaminés par ce mal
connu sous le nom syndrome de Stockholm par lequel une victime
adhère inconsciemment à la définition de la situation par son bourreau.
C’est une des explications les plus rationnelles de leur participation
volontaire à cette véritable opération d’émasculation politique d’une
nation qui leur a donné le jour et qu’ils regardent avec les yeux des
autres en intériorisant avec un zèle suicidaire l’image négative que
renvoient d’eux-mêmes les rapports des anciens maîtres qui les
prennent en charge loin de la mère - patrie. On peut calquer leur attitude
sur celle mise en exergue par Karen Rothmyer lorsqu’elle constata,
désabusée, que les attaques les plus virulentes aux conclusions des
études optimistes sur le continent africain de Sala i Martin et
Pinkowski remettant en cause certaines thèses afro-pessimistes étaient le
fait d’Africains bien-pensants et desquels elle s’attendait plutôt à un
sursaut de fierté légitime. « J’ai lu sur le site de la Banque Mondiale
21 le commentaire d’un intellectuel ougandais de la diaspora qui a
suggéré que si les indicateurs de Martin et Pinkowski révélaient que la
pauvreté était en baisse en Afrique, il devrait y avoir quelque chose
qui n’allait pas avec ces indicateurs », a-t-elle écrit, horrifiée.
La plupart de ceux qui se sont associés à la rédaction de l’ouvrage
« les Congolais rejettent le régime de Kabila » sont de ces exilés qui
passent le plus clair de leur temps à revendiquer avec une totale
inconscience les pires dirigeants du monde, la pire organisation
sociale, la pire armée du monde… pour la RD Congo afin de se
conformer à la vision négative prédominante répandue par les milieux
influents dans leur pays d’exil. Ils sont aussi dangereux pour le
devenir de cette jeune nation que les seigneurs de guerre qui ont
ensanglanté le pays de Lumumba au cours de ces dernières années. En
effet, à force d’invoquer tous les maux imaginables sur leur terroir, ils
le prédisposent à la mise en place d’un environnement propice à leur
occurrence. C’est ce contre quoi le Professeur Kayemba Ntamba de
l’Université de Kinshasa se faisait fort de mettre en garde
l’intelligentsia nationale lorsqu’il avait développé sa théorie dite de
l’anticipation créatrice ou « self fullfiling prophecy », une prophétie
qui entraîne sa réalisation par une sorte d’effet d’entraînement…
D’où la nécessité de remettre les choses à leur place par cette
clarification qui se veut une réponse aux inepties déversées sur
l’opinion publique au sujet d’un pays dont on se rend bien compte que
les détracteurs connaissent bien peu l’évolution réelle depuis qu’ils
l’ont quitté il y a de longues années pour une raison ou une autre.

22 INTRODUCTION
Frank Fikirini Mwene-Mbayu
Ne faisons pas comme l’autruche qui croit qu’il lui suffit de
plonger la tête – et les yeux – dans du sable pour échapper à des réalités
non vues. Cette réplique à une image tronquée de la RD Congo est
rendue indispensable par la nécessité de lever l’équivoque face aux
contre-vérités véhiculées sans vergogne sur ce pays dans l’ouvrage
intitulé « Les Congolais rejettent le régime de Kabila » par un groupe
1de compatriotes sous la direction de Fweley Diangitukwa . Il est utile,
d’entrée de jeu, de dénoncer la supercherie dudit ouvrage que ces
auteurs ont illustré en page de couverture, au mépris des règles
déontologiques, par une image violente qu’ils situent aux
manifestations politiques de janvier 2015 à Kinshasa. Celle d’un homme
baignant dans une marre de sang et qui est, à première vue, tirée de la
réclame d’un film « enfants non admis ». Voilà pour les auteurs
haineux anti-Kabila l’instrument d’intoxication pour tenter de persuader
les Congolais et ceux qui à l’étranger suivent la situation de la RD
Congo que le président Joseph Kabila et son gouvernement
passeraient le plus clair de leur temps à tuer leur peuple. Ces affabulateurs
tentent de la sorte d’abuser de la crédulité de leurs propres
compatriotes sur lesquels ils répandent des légendes d’infamie qui ne
correspondent à aucune réalité vécue.
La quasi-totalité des Congolais de la diaspora qui ont eu l’occasion
de séjourner ces dernières années dans leur pays ont constaté une
transformation en totale contradiction avec l’image infernale qui est
véhiculée par ce groupe de « lettrés » pour des raisons qui ne sont plus
qu’un secret de polichinelle. En effet, étant donné les mesures dras-

 Philosophe et Analyste politique.
1 Fweley Diangitukwa (sous la direction de), Les Congolais rejettent le régime de Kabila,
Editions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2015.
tiques prises notamment en Europe pour réfréner l’immigration
clandestine en provenance des pays de l’hémisphère sud, certains
ressortissants desdits pays s’activent à peindre les régimes au pouvoir
chez eux sous le plus sombre tableau afin de mériter le statut très
convoité d’exilé politique. Comme quoi la politique du ventre n’est pas
l’apanage des membres de la seule classe politique vivant sous les
tropiques...
L’ouvrage de Fweley Diangitukwa et consorts est truffé de
falsifications dont la moindre n’est pas cette image en page de
couverture qui ne nécessite pas le concours d’un spécialiste ès
manipulation pour être démasquée. On ne voit pas en effet pourquoi le
Président Kabila, qui se laisse insulter copieusement à longueur de
journée par des dizaines de tabloïds et des chroniqueurs très en verve
sur les médias audiovisuels qui fleurissent dans tous les coins de son
pays sans embastiller qui que ce soit, en viendrait à tuer uniquement
celui-là. En effet, le régime de Joseph Kabila aurait pu larguer sur la
rue les militants des partis de sa Majorité présidentielle (MP) qui se
comptent par centaines de milliers dans toutes les grandes
agglomérations congolaises pour contrer les quelques centaines de marcheurs à
la solde de l’opposition qui ont battu le pavé à Kinshasa en janvier
2015. Il ne l’a pas fait, préférant, par sagesse, tendre l’oreille à cette
frange de la population instrumentalisée à des fins politiciennes par
l’opposition et certaines chancelleries occidentales nostalgiques d’un
passé révolu.
Il n’est pas logique par ailleurs que le régime de Joseph Kabila ait
décidé de tuer seulement les manifestants de janvier 2015 et pas par
exemple ceux du 27 septembre 2014, pour ne citer que ce cas parmi
tant d’autres prestations de l’opposition qui se sont déroulées sans
heurts et avec autrement plus de succès de mobilisation dans la ville
de Kinshasa. En effet, le samedi 27 septembre 2014, une marche à
laquelle avaient participé les partis d’opposition UDPS, UNC, Parti
travailliste, UDEMO, MPCR, RCD, etc. ainsi que plusieurs
associations de la société civile proches de l’opposition, dont la Voix des
Sans Voix et l’Association Africaine des droits de l’homme
(ASADHO), avait eu lieu dans la capitale avec pour objectif de dire
« non à une éventuelle révision de la constitution, oui à la tenue d’un
2dialogue inclusif… ». Cette marche dont l’objectif, du point de vue
développé par Diangitukwa et consorts, était supposé mettre mal à

2 Nous constatons en passant que les mêmes qui revendiquaient le dialogue à cor et à cri le
récusent aujourd’hui avec la même verve.
24 l’aise le régime de Kabila, ne fut pas réprimée par respect de la
législation relative aux manifestations publiques.
La légende destinée à expliquer l’image de couverture de l’ouvrage
de Diangitukwa et consorts n’apporte pas plus d’éclairage. Elle
indique simplement que la photo exhibée serait celle d’un certain Gaby
Mamba dont les auteurs ne livrent ni la qualité, ni l’adresse, ni les
circonstances du décès, et même pas le jour précis où ledit décès aurait
eu lieu. Le lecteur se contentera seulement d’apprendre que cette
« victime de la répression » aurait été tuée « à Kinshasa à balles
réelles par la police du régime de Joseph Kabila lors des
manifestations des 19, 20 et 21 janvier 2015 » comme si un homme pouvait
mourir pendant trois jours d’affilée. Ils ne croient pas nécessaire d’être
plus précis pour crédibiliser leurs assertions. A l’évidence, ils n’ont
pas beaucoup de respect pour l’intelligence de leurs lecteurs et
s’imaginent qu’il suffit de proférer une assertion noir sur blanc pour
que celle-ci soit prise pour parole d’évangile par leurs lecteurs.
Tout ce qui est déclaré comme vérité est susceptible d’être passé au
tamis de la raison par quiconque en est doué. Voilà pourquoi, il
importe d’apporter le maximum de preuves accessibles à toutes les
thèses défendues en opposition aux assertions sans fondements écrites
par Fweley Diangitukwa, un ancien mandataire public révoqué de ses
fonctions de directeur général de l’office national du tourisme, une
grande entreprise publique congolaise, à la suite d’une opération
mains propres décidée par les autorités visées par sa croisade.
Il y a certes quelques analyses intéressantes et assez abondamment
documentées dans le livre « Les Congolais rejettent le régime de
Kabila », notamment sur les enjeux de la colonisation et du
néocolonialisme. Nous n’y reviendrons pas. Il est toutefois difficile de
comprendre comment ses auteurs en arrivent à greffer Joseph Kabila
dans ce système qui lui est pourtant hostile pour avoir inscrit son
action dans un schéma résolument nationaliste néo-lumumbiste. En
effet, comment concilier l’analyse de Jean-Jacques Omanyundu
Wondo affirmant que le choix de Joseph Kabila comme président en
2001 procédait du fait qu’« il fallait à tout prix un président qui
poursuive la stratégie néolibérale et hégémonique de la conquête et de la
3prédation du Congo initiée par les parrains de l’AFDL en 1996 » ,
« un président, Joseph Kabila, au leadership faible, apathique et qui
4manifeste très peu d’attaches au Congo » , avec le désamour observé

3 Pp. 132 et 133 de l’ouvrage précité.
4 Idem, p. 135.
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