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Abréviations utilisées
ASLEF :AssociatedSociety ofLocomotiveSteamEnginemenand
Firemen
GLA:GreaterLondonAuthority
GLC:GreaterLondonCouncil
LD :LondonDevelopmentAgency
MSE :MayoralSelectionExecutiv
NAAR :NationalAssemblyAgainstRacism
NEC:NationalExecutiveCommittee
OMOV “one member one vote
PPP :Public/PrivatePartnership
RMT : the national union ofRail,MaritimeandTransport workers
TfL:Transport forLondon
TGWU :TransportandGeneralWorkersUnion
UKIP :UnitedKingdomIndependenceParty
” :
eTable des matières
Introduction………………..………………………….... 9
1 -L’abolitionduGLC………..……………………..…. 15
2 -LaGLA: de laconsultationau référendu …..…..… 33
3 -L’investituredescandidats…………..…………….... 55
4 - ’électiondu premier maire etde la première
assemblée.…………………………….………..…..... 77
5 -Le premier mandat: uneaffaire de transports en
commun………………………..………………….…. 91
6 -Réintégration et réélection.………………………...... 117
7 -Le deuxième mandat.Livingstone: maire
olympiqu ………………………..…………....…..… 137
8 -Épilogue:Ken versusBoris, labataille de
marginaux……………………………………...…..... 161
Chronologie………….........………………………..…… 179
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mAnnexes&bibliographie
AnnexeIL escirconscriptions électorales de l 195
GLA
AnnexeII Résultats des élections de 2000, 2004& 196
2008 dans lescirconscriptions
électorale
AnnexeIII Compositionde l’assembléede laGLA 198
paraffiliation politique: 2000, 2004&
2008
AnnexeIV Le système de membresadditionnels 199
(SMA
AnnexeVÉ lectionsau poste de maire, 2000, 2004 202
& 2008
AnnexeVI Les 32Boroughs (municipalités) de 205
Londres et laCity
AnnexeVIIC irconscriptions électorales deLondres: 206
élections législatives
AnnexeIIX L’organisationde la gouvernanced 208
Londres 1986-2000
AnnexeIX Résultats du référendum dans les 209
différentes municipalités
Bibliographie sommair …………………….………... 210
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Introduction
Celui que l’onsurnomme Ken ‘le rouge’ en raison de sesaffinités trotskistes
est un personnage connu mais atypique dans le paysage politique britannique.
Sa carrière politique s’étend sur quelque trente-cinqannéesaucours desquelles
il ne perdit qu’une seule élection, celle qui devait le désigner maire de Londres
pour la troisième foisconsécutive.Malgré sa longévité, trè peud’écrits exis ent
sur cet homme politique alors qu’il affiche un parcours hors du commun. En
effet, les deux biographies officielles qui luisont consacrées attesten
1pleinement d’une carrièreriche en rebondissements: alors que John Carvel
explique comment Livingstone a su constamment se réinventer, Andrew
2Hoskin décrit dans le détail les hauts etles basqui ont émaillé sa carrière.
L’ambition du présent ouvrage est d’utiliser le parcours passionnant de Ken
Livingstone pour expliquer la suppression du Greater London Council GLC),
puis la création et le fonctionnement de la nouvelle mairie de Londres, l
GreaterLondonAuthority GLA), quatorzeannées plus tard.
C’est en 1981 que la carrière politique deKenneth Livingstone prend une
véritable envergure nationale lorsqu’au lendemain des élections municipales d
Londres, il parvient à ravir le siège de dirigeant du GL à son ami et mento
Andrew McIntosh. En effet, grâce à un tour de passe-passe, la gauche plus
modérée au sein du GLC est remplacée par la gauche dure et«Ken le rouge »
déclare ouvertement vouloir se servir de son mandat pour s’opposer aux
gouvernements de Mme Thatcher. County Hall, le siège du GLC, qui se trouve
à quelques encablures seulement duParlementbritannique, est idéalement plac
pour permettre à Livingstone, passé maître dans l’art de la provocation
politique, de narguer MargaretThatcher. Sous sa houlette, le conseil municipal
du grand Londres se plaît à se prononcer sur un nombre important de sujets
n’ayant résolument aucun lien avec le mandat pour lequel il a été élu. Les
déclarations de Livingstone, relayées constamment par les médias, sont une
source permanente d’embarras pour le gouvernement centraltout comme son
goût prononcéd’accueilliràCountyHallcertains personnages qui,aux yeux de
l’opinion publique, sont non grata sur le solbritannique.
L’exaspération de Mme Thatcher est à son comble lorsque le GLC décid
unilatéralementdebaisser de manière substantielle les tarifs dans les transport
en commun londoniens car cette mesure fragilise sérieusement la politiqu
gouvernementale de réduction des dépenses publiques.De toute évidence, il ya
incompatibilité profonde entre le socialisme municipal du GLC et les pratiques
politiques du gouvernement de la Dame de Fer. Pour mettre un terme à cette
situation conflictuelle, plutôt que de les réformer, la décision est prise de
1JohnCarvel,TurnAgainLivingstone,London:ProfileBooks, 1999.
2AndrewHosken,Ken, theUpsandDowns ofKenLivingston ,London:Arcadia, 2008.
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supprimer tous les Conseils Métropolitains sous prétexte que cette strate de
gouvernance est devenue superflue.Malgré lacampagne de résistance organisée
par le GLC et une bataillejuridique de longue haleine, County Hall ferme ses
portes le 30avril 1986.
LeGLC est remplacé par un réseau complexe d’instances décisionnelles qui
rappelleront à tout instant que Londres est la seule capitale européenne à êtr
dépourvued’uneautorité supra municipaleayant lacompétence nécessaire pour
gérer des projets de grande envergure.Aufil du temps, la gestion deLondres s
complexifie, chaque nouvelle responsabilité appelant la mise en place d’une
instance compétente supplémentaire. Mais il faudra attendre l’émergence du
NewLabour deTonyBlair pour que la possibilitédecréer une nouvelleautorit
centrale à Londres soit évoquée. Cependant, le New Labour avance trè
prudemment dans ce dossier car toute référence à la mairie de Londres évoqu
les vieux démons du GL et l’image d’un Parti travailliste en proie à des
divisions internes destructrices et surtout incapable de maîtriser sa frange la plus
extrémiste. Or, les modernisateurs menés par John Smith et plus tard par Tony
Blair cherchent à tout prix à entériner la rupture par rapport à des pratique
politiques qu’ils souhaiteraientconsignerau passé définitivement révolu de leur
parti.Pour l’heure,après quatredéfaites successivesaux élections législatives, il
s’agit d’apporter la preuve que les travaillistes appartiennent à une formation
politique à qui l’élector t peut confier le pouvoir. Cela passe avant tout par
l’imaged’un parti uni, fort etcrédible, rigoureusement l’inversedubilanaffiché
pendant lesannées quatre-vingt.
À mesure que leNewLabourapport la preuvede sacapacitéd’être un parti
de gouvernement, sesdéclarationsconcernant la mise en place éventuelle d’une
nouvelle mairie dans lacapitale se précisent.Àc et égard, son manifest
électoral de 1997 permet à l’électorat de savoir que dans l’hypothèse d’une
victoire aux élections législatives, il a l’intention d’organiser un référendum
pour interroger les Londoniens sur l’opportunité deleur donner une nouvelle
mairie. Néanmoins, si le New Labour avait pu prévoir une victoire aussilarge,
tout porteàcroire qu’il n’aurait pas eu recoursàce s rutin populaire.Malgré sa
majoritéabsolue historique, il entend honorer,coûte quecoûte, ses engagements
électoraux. Mais alors que les référenda en Écosse et au pays de Galles fon
appelàlafibre nationaliste des électeurs, le référendumdeLondres nebénéficie
aucunementdu même engouement. Il est, en outre, l’objet de tractations des
plus fastidieuses au sein du Parlement où on s’interroge beaucoup sur sa réelle
utilité compte tenu du fait qu’il doit intervenir, finalement, après les étapes
législatives nécessaires à la création de la nouvelle mairie de Londres.
Nonobstant, le référendum est organisé le 7 mai 1998 et endépitd’un très faible
taux de participation le « oui » l’emporte.
Les principales formations politiques n’ont pas attenduler ésul at du
référendum pour se mettre en quête de candidats au poste de maire. Il s’agi
d’une responsabilité exécutive - alors que l’assemblée sera essentiellement
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consultative et chaque parti est en mesure d’évaluer le bénéfice politique
d’avoir l’un des leurs à la tête de la nouvelle mairie. Des primaires son
organisées au seind e chaque parti mais pour écarter la candidature de
Livingstone, le Parti travailliste n’hésite pas à truquer son processus d
sélection. C’est lorsque Livingstone se rend compte qu’il n’a aucune chance
d’être le candidat officielde son parti qu’il se déclare acculé à proposer s
candidature indépendante à l’électoratlondonien. Cette démarche lui vaut une
sanction exemplaire etil est exclu du parti pour une durée decinqans.
Ains , c’est à bord de son bus mauve orné des slogans irrévérencieux
3Ken4London e Hoot4Ken et équipé de haut-parleurs puissants queLivingston
mène sa campagne en promettant aux Londoniens, s’il est élu, de la pluie, mais
surtout beaucoup de beau temps. Face à cette candidature très bigarrée, le New
Labour propose celle deFrankDobson, ministre de la Sécurité Sociale. S’il es
inconnu du grand public, les architectes du New Labour savent qu’il saura être
le relais parfait de leur projet politique dans la capitale dont le rayonnemen
dans le monde entier s’affirme quotidiennement. Livingstone, en revanche, se
refuseàaccepter que la priorité soitaccordéeaux intérêts duNewLabour plutô
qu’aux vraie préoccupations desLondoniens.
L’investiture du candidat conservateur connaît, elle aussi, son lot de
rebondissements et finalement c’est le flamboyant Steven Norris qui est
sélectionné. En tout, le jour de l’élection, onze candidats figurent sur les
bulletinsde vote pour l’électionau postede maire.
Au grand dam du Parti travailliste, Livingstone sort assez facilemen
victorieux de ce scrutin et devient ainsil e premier maire de Londres. Son
premier mandat sera marqué par son opposition très forte au projet
gouvernementald’utiliser un partenariat entre les secteurs public et privé PPP)
pour rénover le métro de Londres. Livingstone ne cède qu’après avoir englout
des sommes considérables d’argent public dans des procès sans fin destinés
faire reculer le gouvernement sur ce dossier. D’autre part, ce mandat ser
l’occasion pour le nouveau maire d’instaurer, le 17 février 2003, sa taxe anti
embouteillages, conformément à l’engagement pris dans son manifeste
électoral. Il s’agit d’une première mondiale: tout véhicule qui désire pénétrer
dans le centred e la capitale doit s’acquitter d’unetaxe forfaitaire dont les
bénéfices seront utilisés a prior pour améliorer les transports en commun.
Ainsi, Livingstone espère en même temps réduire le trafic automobile dans le
centre-ville et améliorer l’offre de transports publics. Par ailleurs, pour l
première fois en Grande-Bretagne une collectivité territoriale est autorisée
générer en son nom des fonds propres.
De l’aveu général la taxe ant -embouteillages est une réussite et permet
Livingstone d’envisager sereinement de briguer un deuxième mandat. L New
Labour,e n revanche, est aux abois, car compte tenu de la popularité de
3Donnez uncoup de klaxon pourKen.
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Livingstone, il n’est pas en mesure de proposer un candidatcapable de lui
contester le poste de maire. Les dirigeants du parti se rendent à l’évidence:il
faut trouver le moyen de lever la sanction dont Livingstone est frappé pour
pouvoir le choisir comme candidat lors des élections à la mairie de 2004. En
outre, Tony Blair sait que la future candidature de Londres pour accueillir le
Jeux Olympiques de 2012 ne sera recevable quesi on met un terme à l
situationconflictuelle entre le gouvernementcentral et la mairie deLondres.Or,
de nombreuses voixau sein duParti travailliste s’élèvent contre la réintégration
dece trublion qui rappelle trop le militantisme de l’aile gauchedu parti.Malgré
sa popularité et ses succès, Livingstone a encore de nombreux ennemis parmi
ceux qui ont tout mis en œuvre pour moderniser le Parti travailliste et l’adapter
aux exigences du monde moderne.
Il faudra, par conséquent, un an de tractations pour faire céder les plus
farouches opposants à sa réintégration, et c’est bel et bien en tant que candidat
travailliste que Livingstone se présente à l’élection de 2004 au poste de mair
de Londres. Cette fois-ci, la victoire de Livingstone est toutefois nettement
moins retentissante et il semble avoir payéle prix fort de son retour au sein du
New Labour. On craint que «Ken le rouge », qui a jusqu’alors défendu les
intérêts de Londres avant ceux du gouvernement, ne soit devenu le «maire de
Blair ». En effet, la désaffection par rapport au Parti travailliste est toujour
palpable surtout depuis l’entrée en guerre de laGrand -Bretagne aux côtés de
Américains en Irak. Tandis que le New Labour est dûmenthumilié lors de
élections municipales organisées le même jour que les élections à la mairie de
Londres,Livingstone peut se targuerd’être sorti la tête hautedecettejournée.
Les rapports entre la mairie et le gouvernement deTonyBlair semblentavoir
retrouvé un semblant de sérénité et la réputation internationale du maireconnaît
un essor très largement documenté dans la presse. À telle enseigne que l’on
craint les chances de Londres d’accueillir les JO compromises lorsque le mair
défraie lachronique pour insulteà aractèreantisémite.Depuis l’accueil qu’ila
réservé, au mois de juillet 2004, à Sheikh Yusuf al-Qaradawi, religieux
musulman très contesté en Europe et interdit de séjour aux États-Unis,
Livingstone est, en effet, sous haute surveillance.C’estainsi que sonaltercation
avec un journaliste de confession juive va laisser des traces indélébiles sur c
deuxième mandat.
Pourtant, l’immense joie exprimée lorsque le 6 juillet 2005 Londres es
désignée pour accueillir lesJO de 2012 fait quelque peu taire les critiques. Le
célébrations sont toutefois decourte durée,car dès le lendemain,Londres est l
cible de trois attentats terroristes qui tuent cinquante-deux personnes etqui en
laissentdes centaines d’autres blessées. Les certitudes multiculturalistes des
Britanniques en sontébranléesalors que le maire deLondres prend unecertain
hauteur enclamant devant les médias du monde entierque jamais « sa»ville ne
cédera devant une tellebarbarie.
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Aprèsavoirconnu un pic de popularitéau moment desattentats,Livingstone
chute encore une fois dans les sondages peu de temps après lorsqu’il verse d
nouveau dans l’insulte antisémite ainsi que dans des analyses à l'emporte-pièc
à la foisde l’actionde songouvernement etde la géopolitique.Malgré la frond
et comme à son habitude, le maire semble puiser une certaine force dan
l’adversité. Il annonce même d’autres projets pour la capitale, dont un accord
très contesté avec Hugo Chavez, Président du Venezuela:Londres va pouvoi
acheter du pétrole à bas prix contre une aide logistique en matière de gestion
urbaine.
Les années2 006 et 2007 voient le budget olympique dépasser toutesle
estimations même les plus fantaisistes. Livingstone, qui n’ajamais caché son
désintérêt par rapport à la pratique sportive, ’efforce de calmer les esprits en
expliquant que,bonan mal an, lesJeux permettrontàLondresdedisposer d’un
budget colossal pour réhabiliter tout un quartier à l’est de la ville. Le proje
comprendra, entreautres, laconstruction de milliers de logements.D'autre part,
il sera possible de procéderà desaméliorations significatives dans les transports
en commun de la capitale. En effet, malgré les prévisions alarmistes quant au
coût desJeux, le proje CrossRail est maintenu, etce, en dépit de labanquerout
annoncée par Metrone , fleuron du PPP tantdécrié par Livingstone. Le maire
semble ainsi résister tant bien que mal aux plus vives critiques quant
l’opportunité d’organiser les Jeux à Londres et dans la mesure où aucun autre
candidat ne se manifeste, il semblebien placé pour pouvoirbriguer un troisième
mandat.
C’estsans compter sur le candidat conservateur Boris Johnson plus connu
pour ses prestations télévisuelles que pour son travail de député. Cela dit, il est
indéniable que contrairement à Livingstone, Johnson bénéficie de l’aura que
confère lacélébrité.Pendant queJohnson signe desautographes,Livingstone s
retrouve de plus en plus empêtré dans des affaires de corruption qui finissen
par sérieusement entachersa réputation. L’équipe deJohnson s’engouffre dans
la brèche et sa stratégie consiste à bâtir un programme pour leur candidat qui
metteclairement en lumière les faiblesses des deux mandats du maire sortant.
la fin de ce deuxième mandat, la popularité de Livingstone qui accusele coup
est incontestablement enberne.
La troisième élection voit le poste de maire échapper à Livingstone e
marque un retourau pouvoir duParticonservateur par lebiais de leurcandidat,
BorisJohnson.Ken Livingstone a beau être un franc-tireur et avoi
constamment privilégié l’intérêt de la ville par rapport à celui du New Labour,
l’usure du pouvoir a fait son œuvre. Lors de ce scrutin, son surnom our Ken
sonnait un peu creux tandis que le slogan Time for achange de son adversaire,
Johnson, semblait particulièrement pertinent.Ilya fortà parier,cependant, qu
dans l’hypothèse d’une victoire des conservateurs lors des prochaines élections
législatives, Johnson accepte plusv olontiers que son prédécesseur d’être le
relais du pouvoircentral dans l capitale.Cette tendance s’inversera sansdoute,
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si,comme il ena déjà exprimé le désir,Livingstone se représente, renaît de se
cendres et gagne de nouveau en 2012.
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1 - L’abolition duGL
Après les élections législatives de 1979 et la première d’une série de
victoires patentes pour lesconservateurs, leParti travailliste entame une période
de grande instabilité: à cette époque, il est la proiede divisions internes qui,
pendant de longues années vont contribuer à le rendre inéligible aux yeux de
1’électorat. L’émergence en son sein de la Militant Tendenc ,surtout auprè
des instances municipales dirigées par les travaillistes, met en exergue son
incapacité à s’organiser de façon à museler la mouvance se revendiquantde
l’extrême gauchedu parti.Mêmesi le groupe travailliste duGLC neconnaît pa
la même radicalisation que ceux d’autres municipalités - et notamment celle de
Liverpool il fait tout de même l’objet d’une certaine agitation. Au premier
rang de ces agitateurs se trouve Livingstone qui, par un tour de passe-passe
habile, va réussir contre toute attente à ravir le poste de dirigeant du GLC à
celui qui est sorti vainqueur du processus démocratique des élection
municipales. Or, jusqu’alors, le GLC n’a pas été un enjeu majeur pour le Pa ti
2conservateur.Dans son manifeste électoral de 1979 , il ne faitaucune référenc
à la gestion de Londres et rien ne laisse présager qu’une hostilité franche v
éclater entre leGLC etMmeThatcher, futurPremier ministre.
C’est l’actiondeLivingstone la tête duGLC qui met le feuaux poudrescar
aux yeux de Mme Thatcher, il symbolise tout du genre de socialisme dont elle
3entend bien débarrasser le pays . Le Premier ministre considère, par ailleurs,
qu’ila été éludansdesconditions qui ne peuvent que rendre suspect l’ensemble
de son engagement politique,bienau-delà de son mandatauprès du GLC.Quel
que soit l’avis de Mme Thatcher, il ne fait aucun doute que cette nomination
propulsé Livingstone, devenu un virtuose de la provocation, au-devant de l
scène politique et lancé véritablement sacarrière.Désormais, son rôle personnel
s’avérera déterminant quant à la place qu’occupe le GLC dans le paysage
politique britannique. Sous sa responsabilité débute l’ère de la quêt
d’indépendance du GLC sous ormed’une confrontation militante quasi
permanenteavec laDame de fer.
Maisforte de sa victoireauxMalouinescontre lesArgentins,MmeThatche
déclare ouvertement qu’elle va s’occuper maintenant de l’ennemi qui se trouv
sur le sol britannique. Dans sa ligne de mire setrouvent non seulementle
mouvement syndical mais égalementt ous ceux qui prônent le « socialisme
municipa ». À cet effet, il est indéniable que l’objectif de son gouvernement,
lorsqu’il décide au début des années 1980 la dissolution d s Conseil
1 La Militant Tendenc est un courant politique britannique fondé en 1964. À lafin des année
1970, elle est la principale force révolutionnaire dans le pays.
2 1979ConservativeParty,GeneralElectionManifesto,ConservativeParty, 1979.
3PatrickSeyd,TheRiseandFall of theLabourLef ,London:Macmillan, 1987, p.142.
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Métropolitains et surtout du GLC, est d’affaiblir la faction la plus radicale d
l’opposition. Livingstone et ses amis élus à l’assemblée du GLC contribuent
l’émergence de cette mouvance d’inspiration trotskiste et les conservateurs en
profit nt pour dénoncer à l’enviles liens indéfectibles qui existententre c
courant politique et l’ensemble du mouvement travailliste. Le manifeste
électoralconservateur de 1983 abonde dans ce sens et un bras de fer entre le
GLC et le gouvernement s’engage p r la suite.Ceconflit se termine en 1986 par
la disparition non seulement duGLC mais également de tous lesautresConseil
4Métropolitain contrôlés - il convient de le souligner -par les travaillistes
depuis les élections de 1981.
En 1980, un an à peine avant l’échéance des prochaines élection
municipales, Sir Reginald Goodwin, leader du groupe travailliste à County
5Hall , donne sa démission. Une simple lettre envoyée depuis son lieu de
vacances sertàannoncer la nouvelle et reflète, sansdoute, l’état de délabremen
du groupe travailliste au GLC depuis la défaite cinglanteaux municipales de
1977. Il est d’autant plus urgent de lui trouver un remplaçant qu’il faut préparer
les élections de 1981: pour certains jeunes élus travaillistes au GLC, cett
démission est uneaubaine qu’il s’agitd’exploiterafinde rénover l’ensembledu
projettravailliste pourLondres et surtout de lui donner une orientationbien plus
conforme aux valeurs traditionnelles du socialisme britannique. Dans l
Chambre des Communes l’opposition de Sa Majesté vit des moments difficile
et une victoire électorale dans la capitale permettrait aux travaillistes de mieux
organiser sa résistance par rapport à la Nouvelle Droite, du moins à l’échelon
municipal.
Pour succéder à Goodwin, trois candidats se présentent: Illtyd Harrington,
centriste, mais honni par l’aile gauche du parti pour avoir soutenu en 1975, en
tant que responsable des finances du GLC, les restrictions budgétaire
proposées par la municipalité à majoritétravailliste; Andrew McIntosh, le
candidat «naturel » de l’aile droite du groupe travailliste et Kenneth
Livingstone, de loin le meilleur stratège des trois. Lors du premier tour,
Livingstonearrive en tête, mais sans majoritéabsolue.Le report de voix lors du
deuxième tour est favorableàMcIntosh et dece fait,Harrington est éliminé.Au
moment du scrutin final,McIntosh l’emporte avec quatorze voix contre treize
pour Livingstone. Il s’ensuit un deuxième scrutin pour désigner le vic
président du groupe travaillist et assez curieusement, c’est Harrington qui est
choisiavec vingt-et-une voix contre sept pour Livingstone. Ainsi, si ce dernier
avait toutes seschancesd’être éluchefde filedu groupe travaillisteauGLC, ses
4 Greater Manchester, Merseyside, South Yorkshire, Tyne and Wear, West Midland et le West
Yorkshir .
5Il s’agitdes locauxaffectésà la gestiondeLondresde1922à 1986.C bâtimentimpressionnan
futconçu par l’architecteRalphKnott.Laconstructiondébute en 1911 et lebâtiment est inaugur
par le roiGeorgesV en 1922.
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partisans ne souhaitaient pas le voir remplir la fonction de second couteau.
Néanmoins, l’heuredeLivingstoneallaitbientôt sonner.
Ayant été désigné leade , Andrew McIntosh mène la bataille pour le
élections municipales, mais ses adversaires politiques ne sont pas dupes. Ils ne
manquent pas une occasion de souligner le fait que les travaillistes fon
campagne derrière l’image respectable de McIntosh, tout en sachant
pertinemment queLivingstone«le rouge » se tient prêtà essayer de lui ravir le
poste de responsable après la victoire. Force e t de constater qu’il ne s’en es
pas trop caché, mais ironie du sort, c’est grâce à Harrington, écarté dans l
course à la place de responsable, et aux voix de la gauche modérée qu
Livingstoneaccèdeau poste de dirigeant duGLCau lendemain des élections de
1981. Il faut dire que la gauche plus traditionnelle semble quelque peu séduite,
bien malgré elle, par la force que la gauche plus radicale est en traind’insuffler
au mouvement. Ainsi, même si les travaillistes remportent moins de sièges qu
prévu aux élections municipales, Livingstone sait qu’il dispose du soutien
nécessaire pour remplacer McIntosh à la tête du groupe et devenir, par
conséquent, le nouveau dirigeant du GLC. Fort de cette certitude, il convoqu
une réunion le lendemain de la victoire du 7 mai, en début d’après-midi.Celle
cidoit être suivied’une réunion plénièreàdix-sept heures, selon le souhait de la
fédération travailliste deLondres.McIntoshaurait préféré une réunion en début
de journée pour pouvoir organiser les nouvelles responsabilités et surtout pour
se faire reconnaître officiellement en tant que nouveau dirigeant du consei
municipal. Avec le recul, il aurait mieux fait d’exercer son autorité et couper
l’herbe sous le pieddeLivingstone, mais il est vraiaussi que lescélébrations de
la veille s’étaient terminées tarddans la nuit.
Selon Livingstone, l’objectif affiché de sa réunion est d’accueillir les
nouveaux élus travaillistes, mais très rapidement il s’aperçoit qu’une ma orit
du groupea pris place dans la salle.Il ya des élus de tous lesbords du parti,c
qui lui permet de manœuvrer non pas par le truchement d’une coterie politique
mais grâceà un scrutin démocratique, selon ses propres dires, « enbonne et due
forme ». De toute façon, ce n’est un secret pour pe sonne que Livingstone vis
le poste de dirigeant et on se demande tout simplement comment il va s’y
prendre. Livingstone s’applique à convaincre les élus du nouveau groupe
travailliste de la nécessité impérieuse de profonds changements, mais insist
aussi sur le fait que l’on doive, coûte que coûte, respecter les promesses
formulées dansle manifeste. Les travaillistes sontau pied du mur et dan
l’obligation, selon lui, d’opérer des réformes. Celle ci doivent s’inscrire dans
une certaine continuitéet pour y parvenir, Livingstone n’exclut pas, bien
entendu, la possibilité pour le groupe de changer de dirigeant. Sa manœuvre
pour prendre le pouvoir est donc parfaitement légitime, tout du moins à se
propres yeux, et répond à la fois aux besoins du partiet aux exigences les plus
élémentaires du processus démocratique.
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En attendant laréunion plénière du groupe travailliste prévue à dix-sept
heures, Livingstone énumère tous les postes à responsabilités qu’il s’agit d
pourvoir. Puisqu’une majorité des élus du groupe travailliste est présente, rien
ne s’opposeàce que ladistribution deces postes soit organisée sur-le-champ e
actée très rapidement.De fait, Livingstone l’usurpateur, s’installe d’ores et déjà
dans le rôle de responsable, ce qui va lui permettre de se porter candidat au
poste normalementréservé à McIntosh. Celui-ci a beau évoquer le soutien que
luiaccordeMichaelFoot, leader national du Parti travailliste, mais en vain. On
ne l’écoute pas et à peine quelques minutes après le début de la réunion
plénière,Livingstone sort victorieux de laconfrontation par trente voixà vingt.
De plus,dans la mesure oùMcIntosh n’a pasdressé une liste decandidats issus
de son aile du parti susceptibles de briguer des postes à responsabilités au sein
du nouveau conseil municipal, ceux-ci sont presque tous confiés aux amis de
6Livingstone selon la répartition décidée pendant l’après-mid . À sa grand
surprise, après une révolution de palais, McIntosh le maître se voit déposséd
du pouvoir par l’apprenti et le GLC s’apprête bel et bien à entrer dans l’ère d
7«Ken le rouge » . La presse populaire se déchaîne contre Livingstone et se
acolytes en les accusant d’avoir manipulé l’électorat car c’est grâce aux voix
données à la gauche modérée que la gauche dite plus dure est propulsée au
pouvoir dans la capitale. Madame Thatcher ne tarde pas à apporter son propr
commentaire et déclare que désormais l’objectif principal du GLC est
« d’imposer à cette nation une tyrannie que les peuples de l’Europe de l’Est
8aspirentà jeteraux ortie » .
Dès sa prise de pouvoir County Hall, Livingstone déclare ouvertemen
qu’il compte bien se servir de son mandat pour mener de front une campagn
contre le gouvernementconservateur etconfirmeainsi l’émergenceau seinde l
gauche londonienne de l MilitantTendenc .Àtelle enseigne quebien souvent,
la culture de la confrontation, dont s’inspire en profondeur le « socialisme
9municipal»du nouveau conseil, occulte les vraies missions des élus . L’image
qui en ressort est la volonté de défierle gouvernement plutôt que de servir les
Londoniens quitteà imaginer des services municipaux les plus ubuesques.Alors
que le gouvernement ne manque pas une occasion de dénoncer la propension du
GLC à gaspiller l’argent public et même s’il s’agit d’une fraction insignifiant
du budget global, il doit assister impuissant à la prolifération du nombre
d’associationsbénéficiairesde subventions.Au nomde la diversité culturelle et
6 McIntoshd éclare avoir voulu procéder à la distribution des responsabilités une fois s
nominationconfirmée.
7En 1983,McIntosh devient pairà vie sur la recommandation deMichaelFoot, dirigeant duPart
travailliste.
8Discours deMmeThatcher prononcé lors de l ScottishConservativeConferenc , le 8 mai 1981
àPerthCityHall.
9VoirWesWHITEHOUSE,GLC – theInsideStory,Middlesex:JamesLesterPublishers,
pp.109-133.
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ethnique de la ville, le GL se délecte à choisir les associations en parfait
contradictionavec le projet desconservateurs,celles qui, parailleurs,attirent le
plus les feux des médias. Ainsi,les associations d’homosexuels, de minorité
10ethniques et de défense des droits des femmes se multiplien .En même temps,
le GLC a la fâcheuse habitude non seulement de dénoncer les choix politique
du gouvernement Thatchermais également de se prononcer sur des sujets qui
11dépassent largement son mandat électora : l’IR , le désarmement nucléaire,
la question palestinienne, la guerre desMalouines, la grève des mineurs pour ne
citer que quelques exemples. De l’aveu même de certains membres d
l’assemblée, «On passait le plus clair de notre temps à évoquer des sujets qu
12n’avaient strictement rien à voir avec nos responsabilités d’élus » .La press
populaire s’en mêle et traîne Livingstone dans la boue surtout lorsqu’il apporte
son soutien aux grévistes de la faim irlandais et refuse de condamner leurs
13acte .Selon lui, il s’agitd’un mouvement politique etdoit être reconnu en tant
14que te .
En agissant ainsi, Livingstone est très rapidementdevenu une véritable
attraction pour les médias, dont certains ont des journalistes occupés à temps
plein à suivre «Ken le rouge », privilège normalement réservé aux
personnalités les plus en vue. Livingstone n’hésite pas à donner sonavis sur un
vaste choix de sujets mais, si au début ses prises de position augmententle
tirage de la presse populaire et permettent par là même au GL de se fair
connaître, on craint qu’à force d’être une source intarissable de citations, il ne
finisse par jeter le discrédit à la foissur l’équipemunicipale et sur le Parti
travailliste dans son ensemble. C’estchose faite lorsqu’il refuse l’invitation
15d’assisterau mariage du PrinceCharles et de LadyD an maisce sont surtout
ses prises de position par rapportà lacause républicaine enIrlande qui obligent
ses amis politiques au GLC à prendre un peu de recul par rapport à leur
16dirigean . Suite à un attentat particulièrement sanglant etle refus de
10 L’association Babies Against the Bomb, d’après un groupe de mamans engagées dans la lutte
pour le désarmement nucléaire et qui assistent aux réunions accompagnées de leurs bambins, est
sansaucundoutecelle quia le plus de succès dans la presse.
11On peut légitimement se demander siLivingstone préparait sa future élection en tant que déput
de la circonscription Brent East où la population d’origine irlandaise est très importante et bien
implantée.
12La vieàCountyHall fascine tellement les médias qu’à partirdemai 1983,AnneSofer, élueau
GLC, est invitéeà la raconter régulièrement dan TheTime .
13 On apprendra vingt ans après qu’à cette époque, Livingstoneafait l’objet d’un «contrat ».
Michael Stone, tueur à gages professionnel,devait l’exécuter pour le compte des UlsterFreedom
Fighters.D’après Stone, la mission a été annulée trois jours avant la date prévue. The Mirro , 2
novembre 2006.
14Pourconfirmer son soutien, fin 1982, il ira jusqu’à inviter des membres de SinnFéin à venir à
CountyHall,ce quine manque pasdedéclencher les foudresde l’opinion publique etde la presse
qui luidonne l’étiquette infâmanted « l’homme le plusdétestablede laGrand -Bretagne ».
15Lemariage « du siècle »a lieu le 29juillet 1981.
16TheEveningStandard,21 juillet 1981&TheGuardian, 24 juillet 1981.
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17L vingstone de condamner l’IR , la presse populaire change radicalement de
ton et le qualifie de «crétin qui affirme que les terroristes ne sont pas de
18criminels » . Inéluctablement, les élus travaillistes du GL se rendent compte
que leurs effortssont n grande partie noyés sous une avalanche d’articles d
journaux déclenchée par leur responsable. Non seulement ils voient leur propr
engagement politiquebattu enbrèche par une opinion publique qui leur devien
hostile, mais égalementcelui de tout le mouvement travailliste,au plusbas dan
les sondages.Àtel point que lors de l’élection partielle du 22 octobre à
Croydon, circonscription détenue par les conservateurs, c’est le candidat du
Parti libéral quiarrive en tête,alors que tout portaitàcroire que les travailliste
étaient en mesure de s’emparer de ce siège.Assez curieusement, cependant, au
sein du groupe travailliste au GLC, peu de voix s’élèvent pour dénoncer
ouvertement lesagissements deLivingstone ou pour le mettre publiquement en
garde contre les effets délétères de ses prises de position sur l’image de s
famille politique. Cette solidarité peut à première vue paraître exagérée mais
elle est certainement imputableà la volonté des élus travaillistes de montrer un
front uni par rapport l’agressivité permanentede lapresse.Dans lescoulisses
du GLC, la loyauté des élus est bien moins évidente et, tandis que Livingstone
évolueconstamment sous les feux de larampe, ils réclament une approche plus
collégiale de la politique municipale conformément à la pratique travaillist
traditionnelle.
Malgré les inquiétudes exprimées par ses troupes, Livingstone parvientà
tenir la barre et semble même savourer toute l’attention médiatique qu’il
suscite. Il en profite allègrement pour narguer le gouvernement et l’hostilité
entre lui et le premier ministre atteint son paroxysme lorsqu’il fait ériger une
séried’énormes panneaux sur le toitdeCountyHall, juste en face duParlement,
19sur lesquels sont inscrits les chiffres du chômage à Londre . Lorsque le GLC
sebat pour réduire le prix desbillets dans les transports encommunàLondres,
ou encore lorsque la campagne contre l’abolition du GL est lancée, la façade
de County Hall est de nouveau le support idéal pour dénoncer leschoix
politiques du gouvernement conservateur. Mais ’est surtout dans cette
20première lutteautour du prix des transports – rapidementbaptiséeFaresFai -
que le GLC entre dans une période de confrontation directe avec le
gouvernementdeMadameThatcher.Il s’agitdedéfendre le service public qui
le plus d’impact auprès des Londoniens et, de ce fait, va peser lourd dans l
décision ultérieure de supprimer leGLC.
17 Le 10 octobre 1981, l’IRA fait exploser une bombe à Chelsea tuant deuxpersonnes et en
blessant grièvement 38autres.
18Première page du quotidienTheSun, 13octobre 1981.
19 A posteriori, Livingstone regrette de ne pasavoir investi dans des panneaux lumineux
électroniques quiauraient permis une miseà jour permanente deschiffres.
20 Jeu de mots qui exprime la volonté de voir s’appliquer dans les transports en commun de l
capitale des tarifs « socialement justes».
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S’il est un domaine où le GLC peut, en effet, fortement influencer le
services publics, c’est bien celui des transports en commun à Londres. Lors de
la campagne de 1981, les travaillistes s’étaient engagés à baisser d’au moins
25% le prix desbillets dans les transports londoniens, etAndrewMcIntoshavai
élaboré unbudget en fonctiondecet objectif.Pourl’atteindre, les élus disposent
d’une marge de manœuvre sous forme de la subvention octroyée par le GLC à
London Transport, l’organisme chargé d’organiser les transports en commun à
Londres. Or, dans la perspective d’une réduction globale des dépense
publiques - ce qui, par ailleurs, correspond parfaitement à ses ambitions
monétaristes-le gouvernementconservateur souhaitediminuer les subvention
de l’État aux municipalités.Pour ce faire,le ministre responsable de la mise en
place de cette réforme, Michael Heseltine, se réserve le droit d’imposer un
plafond aux impôts locaux s’ils sontjugés excessifs. La fiscalité locale doi
dorénavant répondre à des critères normalisés, sans tenir compte des besoin
spécifiques des différentes municipalités. Dans cette optique, celles-ci doivent
être en mesure de fournir un niveau « normalisé»de services par rapportà de
besoins«normalisés» dans tous les domaines qui relèvent de la responsabilit
publique. Celles qui ne respectent pas cette consigne seront sanctionnées et
subiront l’amputationd’une partiede leur subventionde l’État.À terme,celle-c
devra être compensée par une hausse del ’impôt local, qui entraînera d
nouvelles sanctionsau premier rang desquelles,celle des urnes.
Compte tenu decette réforme, les travaillistes duGL sontprisà la gorge e
se retrouvent confrontés à un choix cornélien: soitils renient leur promess
électorale, une véritable abomination pour la plupart d’entre eux, soit il
choisissent de poursuivre avec leur politique de baisse des tarifs sachant qu
cette décision aboutira forcément à une période de confrontation avec le
gouvernement e a prior à des sanctions financières. Entre-temps, Livingstone
continue d occuper les titres de la presse. Pourtant, ses déclarations diversese
variées aux antipodes des vrais enjeux de la capitale n’occultent aucunement la
décision du GLC non seulement de maintenir la réduction promise, mais de
21l’augmenterde 7% enajoutant un supplémentà l’impôt loca .
C’est cette dernière décision qu incite les élus conservateurs de l
municipalité deBromleyà intenter uneaction en justicecontre leGLC.Sachant
qu’il est parfaitement légal pour ce dernier d’utiliser l’impôt local pour
subventionner les transports en commun, il leur faut trouver une autre faille.
’augmentation brutale de la fiscalité locale pour améliorer la subvention du
GLC octroyéeàLondonTransport retient leurattention et ilsaffirment que pour
réduire le prix des transports, le GLC n’agit pas de manière « raisonnable»e n
ce sens qu’il ne respecte pas son devoir fiduciaire.Autrement dit, en accordant
la prioritéà sa promesse électorale debaisser les tarifs dans les transportsplutô
21ÀLondres, une partie de l’impôt local versé par chaque contribuable à samunicipalité revient
auGLC et lui permet de financer ses projets « supra-municipaux ».
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