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L'affaire Soisson

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168 pages
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Ajouté le : 01 janvier 0001
Lecture(s) : 236
EAN13 : 9782296277397
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L'AFFAIRE SOISSON
Le Rose et le Noir

ARISTARQUE

L'AFFAIRE SOISSON
Le Rose et le Noir

Editions L'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique 75 002 Paris

1993 ISBN: 2-7384-1893-7

@ L'Harmattan,

"On a tout intérêt à pousser le F.N. Il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C'est la chance des socialistes" Pierre BEREGOVOY à Franz-Olivier GIESBERT le 21 juin 1984

"Il faut une bonne mémoire,

après qu'on a menti. " Médée-Corneille

"Le Ciel défend, de vrai, certains contentements. Mais on trouve, avec lui, des accommodements. " Tartuffe-Molière

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En guise d'ouverture

...

Le 27 mars 1992, vers treize heures trente, Jean-Pierre Soisson, maire d'Auxerre et ministre du gouvernement d'Edith Cresson était élu, contre toute attente, Président du Conseil régional de Bourgogne.
Contre toute attente, car le ministre d'ouverture avait nettement perdu les élections régionales, sur l'ensemble de la région mais surtout dans son propre département, l'Yonne. Le 22 mars au soir, il comptait trois élus issus des listes qu'il avait présentées sur cinquante sept membres de l'assemblée bourguignonne. Les pages qui suivent montrent qu'il doit cette présidence au Front national. Le succès a été acquis grâce à l'action volontaire d'un groupe politique d'extrême-droite, qui, pendant tout le mandat régional précédent, faisait de lui sa cible favorite. Au plan national, en Bourgogne surtout, tous les observateurs ont noté la violence avec laquelle J.-P. Soisson était attaqué par les hommes de Jean-Marie Le Pen. Ceux-ci n'aimaient pas la droite classique, alors une droite passée à gauche...Plus que les socialistes, J.-P. Soisson avait droit à leurs invectives. J.-P. Soisson rendait rarement les coups, répondant le plus souvent par le silence. Régulièrement, il déclarait que toute alliance politique avec le Front national était, pour lui, exclue. Et ce disant, J.-P. Soisson se tournait notamment vers ses ex-alliés de la droite libérale. Or J.-P. Soisson a accepté de se compromettre. II ne s'est pas contenté d'accepter les votes de ses pires ennemis. A partir de l'élection, il a contracté avec eux une véritable alliance politique, allant bien au-delà de la simple conjonction d'intérêts circonstanciels. II fut un intermédiaire de fait entre le groupe du Front national du Conseil régional et les socialistes élus dans l'assemblée bourguignonne. Les socialistes L.Qui aurait cru qu'ils se trouveraient un jour dans un combat commun, durable, avec le Front national contre la droite modérée? Que n'a-t-on pas entendu, 7

des années durant, sur les rapprochements honteux entre les libéraux et J.-M. Le Pen! Combien de fois la "morale républicaine" n'a-t-elle pas été jetée au visage d'élus R.P.R. ou U.D.F.! Quel thème ressassé de campagne, pour le P.S. et ses alliés, que les accords secrets de la droite, ses pactes passés avec le diable! Une telle hypothèse n'était pas absurde. Pourtant le P.S., lui aussi, a accepté de se compromettre. On n'aurait garde de passer sous silence l'attitude inconcevable du Front national. Certes, J.-M. Le Pen confond allègrement ou presque, depuis plusieurs années, les socialistes et la droite libérale, auxquels il adjoint les communistes pour former sa "bande des quatre". Certes, cette vieille règle politique qui veut que l'adversaire prioritaire soit celui qui chasse sur les mêmes terres électorales que vous, joue à plein et explique les salves puissantes ou ironiques que le Front tire contre les libéraux. Il n'empêche; jamais le Front national n'avait franchi le Rubicon en pleine lumière pour se battre aux côtés des socialistes. Et puis le parti d'extrême-droite est une chose, son électorat en est une autre. A qui fera-t-on croire que les électeurs bourguignons du Front national étaient d'accord pour faire élire un ministre d'ouverture qui symbolise, d'une certaine façon, la caution droitière ou centriste des socialistes? Dans cette affaire, les élus du Front national se sont souvent contredits et ont largement utilisé le double langage. Mépris de l'opinion? Pari sur la capacité d'oubli de l'électorat? Ou tout simplement extrême embarras à expliquer l'inexplicable, le coup de pouce à l'élection de leur ennemi, J.-P. Soisson, et l'alliance objective avec les socialistes, voire les écologistes... Le Front national, encore davantage que les autres, a accepté de se compromettre. Il y a plus. Ces compromissions successives n'ont pas été l'acte d'un seul jour. Non seulement J.-P. Soisson a été élu grâce au Front national, mais encore les socialistes et lui se sont maintenus au pouvoir régional, dans une situation d'impasse politique totale, grâce au bon vouloir des amis de J.-M. Le Pen.

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De cette consolidation de l'élection du Président par le Front national, les pages suivantes apportent aussi la démonstration. Fallait-il écrire tout cela? L'affaire est ancienne, elle appartient au passé. D'autre part, pourquoi vouloir à tout prix introduire de la morale dans la politique? Ne sont-ce pas là deux catégories trop différentes pour être liées? Enfin, ce récit n'allait-il pas détourner plus encore les électeurs du monde politique, si peu populaire aujourd'hui? Depuis l'élection de J.-P. Soisson, bientôt une année se sera écoulée. Pourtant, régulièrement, l'affaire revient à la surface; elle colle à la peau du héraut de l'ouverture comme la tunique de Nessus. Sa démission a été demandée jusqu'à la fin du printemps, puis de nouveau à l'automne, avec obstination, comme une sorte de leitmotiv politique. Son retour au gouvernement, en octobre, le rejet d'un budget supplémentaire de la Région de Bourgogne début novembre, ont remis l'affaire Soisson sur la sellette. L'opinion, les médias, la classe politique ne parviennent pas à oublier, et le soupçon, à chaque fois, revient: "Soisson? Ah oui, il a été élu par le Front national, son ennemi politique..." Le maire d'Auxerre apparaît comme marqué au fer rouge par les initiales de l'extrême-droite française. Pour une autre raison, l'affaire reste d'actualité. La collusion bourguignonne entre le Front national et le Parti socialiste n'a-t-elle pas vocation, dans des conditions qui ne peuvent être précisées aujourd'hui, à s'étendre de la Bourgogne à toute la France, après les législatives de mars 1993 ? Qui garantit qu'avec un autre, voire avec lui, certains fins stratèges ne retenteraient pas l'expérience? Car si, à l'évidence, l'éthique de J.-P. Soisson ne rencontre jamais celle du Front national, si les idées du P.S. sont bien éloignées de celles de l'extrême-droite, un objectif commun, à la force autrement plus efficace que l'idéologie, les a unis: la conquête, puis la conservation du pouvoir. Pourquoi en irait-il autrement, si les circonstances s'y prêtaient? Pour l'opposition, l'affaire ne doit surtout pas appartenir au passé.

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Morale et politique ne font pas bon ménage, autant accorder Saint-Augustin et Machiavel. Et cependant, il est bien difficile, soit dans la vie politique, soit dans l'étude du milieu politique, d'écarter les considérations morales. L'opinion publique est de plus en plus sensible à cet aspect des choses. "L'autre façon de faire de la politique" dont se réclament maints nouveaux élus, notamment chez les écologistes, ne traduit pas un autre sentiment que celui-ci: on pourrait admettre à la rigueur que la conquête du pouvoir et sa conservation disposent de leur champ propre, semé de tromperies, mensonges, hypocrisies, sous-entendus... mais la politique est aussi l'expression de valeurs collectives. Ces valeurs signifient une morale et cette morale doit l'emporter. y compris dans les moyens employés. Notre société peut admirer le savoir-faire, l'habileté; elle juge sévèrement le cynisme et l'ambiguïté comme méthode permanente de gouvernement, à Paris, Dijon ou ailleurs... Cela peut réussir et être toléré un temps, pas éternellement. En particulier, était-il digne d'accepter les voix, puis le soutien de ceux qui, pendant des années, vous ont insulté publiquement? N'était-ce pas séparer exagérément morale et politique que de se maintenir au pouvoir en "préparant" régulièrement des votes, dans le secret des nuits dijonnaises ou beaunoises, avec ceux que l'on accuse de porter atteinte à la dignité de l'homme? Risquons la formule dès maintenant, même si elle relève de la conclusion bien davantage que du prologue: J.-P. Soisson n'aurait-il pas fait une excellente opération politique en se montrant plus moral? La même interrogation vaut, a fortiori, pour le Parti socialiste. Reste le danger de salir, davantage encore, un milieu politique bien mal en point aux yeux des Français. L'auteur de ces lignes ne s'est pas arrêté longtemps à ce danger, car ce livre montre aussi, à côté de tant d'arrangements et combinaisons diverses, qu'un groupe politique a su constamment demeurer fidèle à ses principes et à ses engagements, quitte à perdre le pouvoir. L'Union pour l'Avenir de la Bourgogne (U.A.B.), regroupant le R.P.R., l'U.D.F. et les divers de droite, détenait la présidence de la Région depuis mai 1983. Elle a, le 22 mars dernier, gagné les élections régionales. Elle possédait une solide majorité relative et devait, logiquement conserver les responsabilités de gestion de la 10

Région. Une attitude politique a été adoptée par ses membres avant les élections, attitude qui ne s'est pas modifiée après la perte de la présidence: le refus de toute alliance avec le Front national puis avec le nouveau Président, élu grâce aux suffrages de ce mouvement politique. On verra plus loin que les appels n'ont pourtant pas manqué et que chaque élu de l'U.A.B. était comme Ulysse, attaché à son mât, pour résister aux chants harmonieux des sirènes de l'ouverture... Par là, l'affaire Soisson peut redonner confiance à l'opinion en ses hommes politiques. Certains qui avaient pourtant gagné, ne se sont pas reniés: l'U.A.B. n'a pas accepté de se compromettre. Ce livre se présente comme un récit s'appuyant sur une enquête, agrémentée des multiples déclarations de tous bords, nationales et locales, anciennes et récentes, faites à propos de la conquête du pouvoir bourguignon par J.-P. Soisson. Il développe une thèse précise: son élection grâce au Front national. Beaucoup en sont convaincus, la description des stratagèmes par lesquels le Président de la Bourgogne a assis sa situation après l'élection renforcera encore leur sentiment. D'autres doutent, s'interrogent, soutiennent une autre thèse: ces pages les feront réfléchir. Pourtant, à la fin, chacun gardera sa part de vérité et sa liberté d'appréciation, le vote étant, comme c'est heureux, secret. Il n'est pas question ici d'inquisition dans les urnes. Mais plutôt de livrer, en spectateur attentif, une intime conviction.

Il

Où les protagonistes entrent en scène parce qu'un grand personnage en sort
De mémoire de Bourguignon on n'avait vu un tel duel depuis celui qui opposa, il y a environ cinq siècles, Louis le rusé à Charles, dit à juste titre le Téméraire. L'assimilation du premier des deux avec J.-P. Soisson et celle du second avec le vaincu de l'élection, Dominique Perben, député-maire de Chalon-sur-Saône, est trop tentante pour y résister. L'âpreté du combat qui s'est engagé le 27 mars dernier rappelle l'opposition entre le Roi de France et le Duc de Bourgogne. Sauf qu'aujourd'hui, c'est J.-P. Soisson qui se baptise duc... sans vergogne.
TELLE FRANCE, TELLE BOURGOGNE

Voilà bien longtemps que la 150urgogne n'avait fait parler d'elle à ce point, elle qui, après Louis le rusé, s'est assagie et dont l'évolution économique, sociale et culturelle la fait si fort ressembler à la France entière. Le parallélisme est frappant: diversité des paysages, richesse des sites, mentalité rurale, attachement à ce côté patrimonial des choses qui sied si bien aux Français. Au plan politique s'y est installé, depuis longtemps, un équilibre des forces qui ressemble comme un frère à celui des partis sur la scène nationale: une droite classique comme ailleurs, avec une U.D.F. et un R.P.R. ruraux mais de plus en plus urbains, aux tendances radicales ou modernistes; un C.N.!., qui dans un de ses berceaux confirme le poids des notables ruraux; un P.S. ancien, à base ouvrière, en compétition avec une forte implantation communiste sur ses terrains d'élection, l'acier et le charbon; des centristes faibles, pris en tenaille et qui au milieu de l'échiquier bourguignon s'en tirent moins bien qu'une force radicale, volontiers rurale et parfois fortunée, sur des terres d'où sont issus certains des plus grands vins du monde.

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Quatre départements moyens lient leur destinée à la Bourgogne depuis les années soixante, avec des colorations politiques assez tranchées, sous une prédominance globale de la droite. La Côte-d'Or et l'Yonne lui ont quasiment toujours été fidèles, la Saône-et-Loire hésitant davantage alors que la Nièvre, le plus rural et le plus conservateur des quatre donne à la France François Mitterrand. En politique, la Bourgogne a compté plus par les Bourguignons que par elle-même. C'est une terre de ministres de la IVème et de la Vème Républiques: Robert Poujade, Roland Carraz pour la Côte-d'Or; Pierre Joxe , André Billardon, Philippe Malaud pour la Saône-et-Loire; Pierre Beregovoy, François Mitterrand, le Docteur Benoist, Hervé de Charette pour la Nièvre ; Jean Chamant, Henri Nallet et J.-P. Soisson, membre de gouvernements de droite puis de gauche pour l'Yonne... Depuis sa création en 1972, le Conseil régional a toujours été tenu par la droite avec Jean Chamant, Marcel Lucotte, Frédéric Lescure, Marcel Lucotte à nouveau et Raymond Janot, sauf l'intermède de 1979 à 1983 au cours duquel Pierre Joxe, pendant presque trois années, et André Billardon, pour quelques mois, ont occupé la présidence. Comme dans les autres domaines, la Bourgogne politique adopte le modèle français. Or à la suite des élections régionales de mars 1992, elle s'offre une situation des plus instables; la "majorité" la plus fragile de France conduit les affaires de la Région. Comme si elle avait voulu trancher sur la sérénité si paisible de ses terroirs.....
DOUBLE ENTRÉE EN LICE?

Touché par le cumul des mandats, lors des élections municipales de 1989, le Président M. Lucotte avait en quelque sorte déjà soulevé une difficulté de succession. R. Janot allait la transformer, après lui avoir succédé, en véritable problème politique, lorsqu'il renonçait à se présenter au scrutin de mars. Mais avant même qu'il ne fasse 14

connaître son retrait, nos deux rivaux, J.-P. Soisson et D. Perben montraient le bout de l'oreille.
A la fin de juillet 1991, la presse de l'Yonne publiait les résultats d'un sondage réalisé dans ce département sur les élections régionales. Selon ce sondage, J.-P. Soisson n'avait pas intérêt à s'allier aux socialistes en vue des régionales. Chose curieuse et qui aujoud'hui ne manque pas de saveur, 2 % des électeurs potentiels du Front national se déclaraient prêts à voter pour sa liste s'il se présentait sans socialistes. J.-P. Soisson sondait le terrain électoral. Manifestement, son image à droite, dans une Yonne libérale, ne souffrait pas de son appartenance aux gouvernements de Michel Rocard, puis d'Edith Cresson. En revanche, un lien trop évident avec le parti socialiste lui faisait perdre des voix. En somme, J.-P. Soisson gagnait sur les deux tableaux. Le sondage confirmait ce dont on se doutait depuis son entrée dans une équipe socialiste gouvernementale, en 1988: à gauche à Paris, il apparaissait comme un homme du centre-droit dans l'Yonne.. . D. Perben de son côté, s'exprimait en septembre dans le Journal de Saône-et-Loire. Le titre de l'article qu'il signait lui-même était révélateur: "l'enjeu régional" et les formules subséquentes confirmaient l'intention: "L'enjeu régional justifie un engagement sarIs réserve, pour ma part, j'y suis prêt" , et plus loin: "Créons un souffle régional". D. Perben appelait de ses voeux un "projet d'avenir" et terminait par un slogan électoral: "Peut-on imaginer un seul instant que ceux qui échouent lamentablement au niveau national aient la prétention de vouloir se rattraper au niveau de notre ré. ?" gLOn. .
UNE AFFAIRE DE SUCCESSION

Ni l'un, ni l'autre ne se doutaient de l'imminence de la décision du Président sortant, R. Janot. Pourtant, presque insensiblement, l'hypothèse suivant laquelle ce dernier ne se représenterait pas, devenait tout au long de l'automne, de plus en plus crédible. Le Président l'avait laissé entendre mais on le sentait hésitant: où était, non pas son intérêt personnel 15

cela n'était pas le genre du personnage - mais celui de la Bourgogne qu'il conduisait depuis bientôt trois années? n se remémorait certainement les interrogations cruelles de son prédécesseur, M. Lucotte , le sénateur-maire d'Autun. Celuici, après une longue période de doute, avait choisi le Palais du Luxembourg et sa ville contre le fauteuil de Président. Pour ce morvandiau enraciné dans sa terre, le choix fut déchirant: la Région lui avait procuré bien des satisfactions. n avait été, notamment, l'homme du développement de la politique régionale pour l'éducation, celle des lycées, dont la loi avait, en 1986, transféré la charge à la Région. Mais la dure loi du cumul des mandats s'était imposée et le 10 avrill989 , R. Janot lui avait succédé. Le sort avait été d'autant plus sévère pour M. Lucotte que, contraint de choisir à cause de la population d'Autun, supérieure à 20 000 habitants, il constatait quelque temps après qu'elle était descendue sous ce seuil fatidique, fixé par les textes. Son abandon lui avait été rendu encore plus pénible. On comprendra que ce sacrifice l'ait conforté dans son idée de retrouver, un jour, la présidence de la Bourgogne. Tout au long de l'année 1991. on entendit rarement M. Lucotte évoquer ce retour, mais l'opinion de ses amis politiques le confirmait: il songeait très sérieusement à la Région, y compris dans l'hypothèse où R. Janot se serait représenté et aurait été réélu. Ce dernier aurait pu lui céder la place au milieu de son deuxième mandat de Président, par exemple. Voire plus tôt. Il reste que ce type de retour est difficile, déjà en soi. De plus, dans le cas présent, discrètement mais nettement, de sérieuses réserves s'exprimaient. D'abord R. Janot avait surpris tout le monde en faisant vite oublier M. Lucotte. Ensuite, la présidence efficace mais rude du Sénateur n'avait pas laissé que de bons souvenirs. Y compris à l'U.D.F. locale. Quant au R.P.R, il estimait que compte tenu de ses progrès électoraux en Bourgogne, la présidence lui revenait désormais. Et cette prétention n'avait, au vu de son implantation croissante, rien de choquant.

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