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L'Afrique... des drames de l'histoire aux raisons d'espérer

De
174 pages
Cet ouvrage propose quelques esquisses de réponses à des questions que les Africains d'aujourd'hui et de demain peuvent se poser à propos de leur éventuel futur pays unique, quelques pistes de réflexion sur la situation présente par rapport aux heures grandioses ou tragiques du passé et surtout une projection sur l'avenir. Il propose des itinéraires possibles en partant de la situation globale de la totalité des pays de l'Afrique d'aujourd'hui.
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L’AFRIQUE … DES DRAMES DE L’HISTOIRE AUX RAISONS D’ESPERER

MICHEL NKOTI BOHOLE

L’AFRIQUE … DES DRAMES DE L’HISTOIRE AUX RAISONS D’ESPERER

© L’Harmattan, 2009 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanado.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-10421-1 EAN : 9782296104211

A mes enfants, afin que chacun d’eux agisse comme un levain qui contribuera à faire germer l’arbre de l’Afrique de demain

Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. Isaac Newton

REMERCIEMENTS

Cet ouvrage est le résultat d’une longue chaîne de solidarité. Amorcé à Paris en avril 2003, et achevé à Kribi en avril 2009, il est le fruit de la volonté d’un citoyen du Cameroun, d’Afrique et du monde, qui estime avoir beaucoup reçu des autres, et qui essaye à son tour de donner un peu. Les responsabilités administratives, sociales, culturelles, et surtout politiques, ne m’ont pas souvent laissé le temps de m’y pencher. C’est à partir de Juin 2007 qu’un certain concours de circonstances m’a permis d’y consacrer suffisamment de temps. De nombreux voyages ont été nécessaires, bien des bibliothèques ont été visitées dans un certain nombre de capitales européennes et africaines, de nombreux ouvrages ont été lus. Les délais de recherche et de rédaction étant longs, peut-être qu’à la parution du présent ouvrage, certains sujets abordés auront évolué, seront dépassées. Tel spécialiste de telle période, de telle région ou de tel sujet sera peut-être scandalisé par le schématisme de tel ou tel chapitre. Il serait impossible d’énumérer les noms de toutes les personnes qui m’ont aidé de leurs conseils, de leurs encouragements, de leur assistance multiforme au cours des six années de rédaction de cet ouvrage, qu’il s’agisse d’éminents professeurs, de directeurs et agents de bibliothèques, de proches parents et d’amis ; je pense aussi aux secrétaires, chauffeurs de taxis, cuisiniers de restaurants et de cantines universitaires etc… Quelques-uns ont requis l’anonymat ; qu’il me soit permis de citer au moins, en plus de ma femme et de mes enfants, Innocent Ondoa Nkou, Claude Melone Loe, Michel Mahouve, Serge Benae, Pierre Mahouve Ntheppe, Martin Ndende,Guy She Etoundi, Jean Marie Abouna,
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Xavier Ekambi, Marie Antoinette Ekambi, Roger Mboulley, Elise Mboulley, Jean Marcel Cluzelle, Collins Mahouve, Anicet Eloundou, Joël Aristide Mbvoula, sans oublier Joséphine Mbonga Ewala, la secrétaire qui a sorti ce texte de sa forme manuscrite. Enfin, je remercie d’avance les lecteurs et lectrices des quelques lignes qui vont suivre.

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AVANT-PROPOS

L’ambition de l’auteur des quelques lignes qui vont suivre a été de dire ce qu’il observe, ce qu’il croit comprendre, ce qu’il espère de toutes ses forces, et surtout ce qu’il propose. Son propos se fonde sur sa vision du monde actuel, sur la situation actuelle de l’Afrique et sur sa conviction que ce continent aux multiples facettes peut faire beaucoup mieux qu’aujourd’hui, pourvu qu’il accepte de s’unir véritablement. A l’heure où même les plus grands sentent la nécessité de grandir davantage en s’unissant, l’éventualité de l’émergence d’une nouvelle et unique nation africaine à travers une multitude de réalités et d’êtres ne peut se ramener à des discours, à des formules, à des images ou à des mythes ; il faut plutôt des propositions concrètes, qui ont certainement déjà été faites, mais sur lesquelles il n’est ni inutile, ni superflu de revenir, tant que cet impératif salvateur ne se sera pas réalisé. La présente contribution propose quelques esquisses de réponses à des questions que les Africains d’aujourd’hui et de demain peuvent se poser à propos de leur éventuel futur pays unique, quelques pistes de réflexion sur la situation présente par rapport aux heures grandioses ou tragiques du passé et surtout une projection sur l’avenir. Elle n’embrasse pas une période déterminée ; elle propose plutôt des itinéraires possibles en partant de la situation globale de la totalité des pays de l’Afrique d’aujourd’hui. Des années s’écouleront, des siècles peut-être, avant que la balkanisation actuelle ne prenne fin, cédant ainsi la place à une seule et unique entité étatique. Beaucoup « d’encre et de salive » coulera ; beaucoup de
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sueur, de larmes et peut-être même de sang aussi ; des situations évolueront, certaines même changeront du tout au tout. En parcourant ces lignes après leur écriture, l’auteur souhaite que le sentiment qui prédominera chez le lecteur ne soit pas celui d’avoir déjà lu ou entendu ce qui s’y trouve. L’auteur espère beaucoup mieux : que ce lecteur, citoyen d’Afrique ou du monde, quelque soit sa race, son lieu de résidence, rejoigne la cohorte des Africains qui se demandent comment un continent aux potentialités humaines et économiques si connues peut-il se trouver dans la situation catastrophique que même les observateurs les plus complaisants lui reconnaissent aujourd’hui ? La présente contribution est publiée à un moment où la plupart des pays Africains semblent traverser une crise politique, économique, sociale et morale sans précèdent. Pour nombre d’observateurs impartiaux, la réalité et le quotidien de l’Afrique d’aujourd’hui qui ont pour noms concussion, trafics de toutes sortes, tribalisme, népotisme, incivisme, irresponsabilité et inhumanité apparaissent comme un solide legs des aînés sociaux de toutes sortes ; certains n’hésitent pas à penser que la situation est irrémédiablement compromise, qu’il n’y a plus rien à faire… La présente contribution voudrait, à la suite de biens d’autres, rendre justice à certains « pères des indépendances », rassemblés en pensée politique sous l’appellation du « Groupe de Casablanca », qui n’a malheureusement pas été suivi par le « Groupe de Monrovia ». Elle se veut une réaction contre le découragement, la résignation, voire la démission, un refus de penser que tout est fini, que les Africains ne peuvent pas se ressaisir, une invitation aux générations présentes et surtout futures à ne jamais perdre de vue que rien de
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vraiment grand ne se construit sans qu’il y ait au départ un rêve réellement puissant, puis, un labeur continu et réfléchi, un humanisme à toute épreuve, un sens élevé de l’autre et de l’Etat et une volonté inébranlable de les servir, et que les triomphes et les défauts du dehors, sont des reflets fidèles des qualités et des insuffisances du dedans. La situation de l’Afrique d’aujourd’hui devrait amener tous ses enfants à réfléchir sur son avenir. Puissent ces quelques lignes y contribuer…

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INTRODUCTION

Ces lignes s’adressent avant tout aux jeunes Africains, originaires de tous les Etats de l’Afrique d’aujourd’hui, surtout ceux qui sont nés après les années 90, les années pendant lesquelles la crise économique, et par ricochet politique et morale, a secoué le vieux continent ; ces jeunes qui, à tort ou à raison, critiquent tout et ambitionnent de prendre la relève de leurs aînés qui ont hérité des Etats d’aujourd’hui après les « Pères des indépendances », ces jeunes qui s’interrogent sur ce que ces pères et aînés ont été réellement, ont fait, et qui cherchent dans leurs comportements, dans leurs actes et écrits, des réponses aux questions qui les tourmentent sur la situation de leurs pays respectifs et de tout leur continent en général. Ces jeunes qui vont souvent jusqu'à oublier que leurs pères et aînés ont participé à de nombreuses batailles sur les différents fronts politiques, économiques et sociaux, souvent dans des conditions extrêmement difficiles, avec les moyens de leur temps. L’écrasante majorité de ces jeunes estiment que la situation actuelle de l’Afrique incite à penser que ces pères et aînés n’ont pas gagné ces batailles, pour ne pas dire qu’ils les ont même perdues, que leurs rêves n’étaient pas suffisamment puissants, que leur espérance n’était pas assez forte. Les leurs seront-ils plus puissants et plus forts ? Il faut l’espérer, tant l’Afrique est par bien des côtés déplorable aujourd’hui. De nombreuses voix s’élèvent à nouveau pour dire que la seule issue à cette situation est l’unité politique réelle du continent en une seule entité étatique. C’est du reste une des raisons majeures qui m’ont poussé à écrire ces lignes, qui ne constituent pas, loin s’en faut, une étude prospective et exhaustive de ce que peut
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être l’Afrique de demain. L’objectif est beaucoup plus modeste : égrener et évoquer quelques pistes de réflexion et essayer de parier sur l’avenir. D’aucuns trouveront ces lignes quelque peu utopiques, peut-être même simplistes jusqu’à la banalité des sentiers battus. Je pense sincèrement que si ces sentiers de l’union réelle pour un mieux- être de tous les Africains étaient tellement battus, nous n’en serions certainement pas là. D’autres parleront de rêves. Je réponds qu’au fond dans la vie tout commence par le rêve ; et que l’interprétation humaine du rêve constitue un travail considérable, avec des résultats souvent si petits, un travail qui suppose une modestie tellement nécessaire, avec pour seule espérance être parmi ceux qui soulèvent la réflexion qui doit aboutir un jour peut-être au sursaut de tous les Africains. La réflexion sur un rêve peut aussi aider à mieux situations. J’aimerais tant que les saisir certaines générations présentes et futures comprennent qu’il faut cette union politique et économique réelle, qu’il faut y travailler avec foi en pensant intensément à l’avenir de ces peuples, de ce continent où pratiquement tout apparaît aujourd’hui si morose, si terne, si sombre. Je serai certainement accusé de rêver les yeux ouverts, tant l’avènement des Etats-Unis d’Afrique, susceptible de faire du continent africain un acteur majeur sur la scène mondiale rencontre et continuera à rencontrer une opposition farouche à l’intérieur comme à l’extérieur. A cette accusation, je réponds que pour ma part, l’invitation à réfléchir qui est la pierre angulaire de cet ouvrage, devrait amener tout Africain libre, informé, équilibré et responsable à se demander si la recherche de la lumière sur certaines zones d’ombre ne peut aider à mieux saisir les différentes tares des pays de l’Afrique d’aujourd’hui, et par conséquent à mieux préparer leur jugement des événements et des hommes d’une part, et à prendre de
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bonnes résolutions sur l’avenir du plus grand nombre d’autre part. Alors, l’Afrique demain peut-être unie, décidément un rêve ? Après tout pourquoi pas, si ce rêve ressemble à celui qu’eut Martin Luther King à propos de l’émancipation des hommes de couleur en Amérique, à celui de John Fitzgerald Kennedy à propos d’un Noir Président des Etats-Unis d’Amérique un jour ? Ces deux rêves datent des années 60 ; qui pouvait prévoir en ce moment-là, que moins de cinquante ans plus tard, ces deux prophéties, pourtant pas moins compliquées que les EtatsUnis d’Afrique, se réaliseraient ? Alors continuons à rêver, à rester positifs, à penser que nous pouvons le faire. « Yes we can », a dit justement Barack OBAMA. Ainsi « l’histoire dira un jour son mot, l’Afrique écrira sa propre histoire 1», demain peut être…

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Patrice Lumumba

, dans sa dernière lettre à sa femme.
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PRESENTATION GENERALE DE L’AFRIQUE

Troisième continent par la superficie (30.500.000 km²), l’Afrique est peuplée d’environ 700 millions d’habitants (estimations de 1995) ; reliée à l’Asie par l’isthme de suez où a été creusé le canal du même nom, et séparé de l’Europe par le détroit de Gibraltar, elle s’étend entre le 37e degré de latitude nord et le 35e degré de latitude sud. Plusieurs spécialistes pensent que c’est d’elle que se sont détachées certaines autres masses continentales, notamment l’Amérique du sud, l’Australie, l’Antarctique et le Deccan, lorsque les terres émergées ne formaient que deux immenses îles : l’Eurasie et le Gondwana. Sur le plan humain, le continent africain, tout au moins dans sa partie orientale et australe, est considéré comme le berceau de l’humanité.