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L'Agence Spatiale Africaine

De
190 pages
L'Algérie est en train de finaliser la conception de son premier satellite national ALSAT2B qui devrait être entièrement conçu par ses ingénieurs. Le Nigéria veut envoyer un astronaute dans l'espace avant la fin 2015. Qui peut le croire ? Et pourtant, l'Afrique possède des agences spatiales nationales crédibles et des organisations panafricaines qui travaillent sur le sujet. Pour utiliser efficacement ces applications spatiales au service du développement, l'auteur défend la création d'une Agence Spatiale Africaine.
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L’Agence Spatiale Africaine
Sékou OUEDRAOGO
Vecteur de développement
L’Algérie est en train de fnaliser la conception de son premier
satellite national ALSAT2B qui devrait être entièrement conçu par ses L’Agence Spatiale Africaine
propres ingénieurs d’ici moins d’un an. Le Nigéria veut envoyer un
astronaute nigérian dans l’espace avant la fn 2015. Qui peut le croire ? Vecteur de développement
Et pourtant, oui, l’Afrique possède en son sein des agences spatiales
nationales crédibles et des organisations panafricaines qui travaillent
sur le sujet. L’Afrique a progressé et, avec elle, sa volonté de maîtrise des Préface de Jean-Loup Chrétien
technologies du XXIème siècle. Plus qu’un outil de propagande,
l’acAstronaute cès à l’espace peut avant toutes choses concourir au développement du
continent africain. La création d’une Agence Spatiale Africaine (ASA),
inspirée des agences spatiales européenne, indienne, brésilienne et
chinoise, mais consciente de ses spécifcités, est une solution que Sékou
OUEDRAOGO propose pour utiliser efcacement les applications spa -
tiales au service du développement. Ce livre défend cette thèse, et
constitue un message destiné aux décideurs africains et, plus
largement, à tous ceux qui, comme l’auteur, optent pour la création d’une
Agence Spatiale Africaine : l’ASA.
Sékou Ouedraogo, originaire du Burkina Faso, est ingénieur diplômé de l’école
polytechnique de l’université de Nantes, de l’ENSMP (Ecole Nationale Supérieure des
Mines de Paris), et titulaire d’un master 2 en relations internationales approfondies
du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques Paris (CEDS). Après une
expérience d’ingénieur chargé de la régulation du troisième étage du lanceur Ariane 5
ESCA chez EADS–LV aux Mureaux, il intègre le groupe SAFRAN. Il est
actuellement chef de projet aéronautique chez Snecma, société du groupe SAFRAN pour
laquelle il travaille depuis 13 ans.
Centre de perfectionnement pour diplomates, fonctionnaires
internationaux, attachés de défense et dirigeants, le Centre d'Études Diplomatiques
et Stratégiques (CEDS), organisme doté du statut consultatif auprès du
Conseil économique et social des Nations Unies, a formé, depuis 1985,
des responsables et des hauts dirigeants de plus de cent vingt nationalités.
DIPLOMATIE ET STRATÉGIE
18,50 €
ISBN : 978-2-343-05942-6
L’Agence Spatiale Africaine
Sékou OUEDRAOGOL’AGENCE SPATIALE AFRICAINE
vecteur de développement« Diplomatie et stratégie »
Collection dirigée par Emmanuel Caulier
Dernières parutions
Olivier LAJOUS, L’Art du temps, 2015.
Cantal-Nina KOUOH, Diplomates indépendants. Emergence d’un
statut. La dynamique des diplomaties non gouvernementales à
el’orée du XXI siècle, 2015.
Raymond H. A. CARTER, Comment se défendre verbalement au
quotidien. La parole, arme ultime de la « communication
psychotactique », 2014.
RaymGuide pratique de survie en zone
urbaine et en campagne, 2014.
Alain OUDOT DE DAINVILLE, Faut-il avoir peur de 2030 ?,
2014.
Lambert ISSAKA, La grande chute, 2014.
Abdul Naim ASAS, Les enjeux stratégiques de l’Afghanistan,
2013.
Guy SALLAT, Décider en stratège. La voie de la performance,
2013.
Arnaud MAILHOS, Les travailleurs birmans dans le nord de la
Thaïlande. Géopolitique d’un pays clandestin, 2013.
Mehdi LAZAR, Espace et histoire de l’université américaine, De
Bologne à Harvard, 2013.
Nathalie BORDEAU (dir.), L’Intelligence Économique à l’épreuve
de l’éthique, 2013.
Stéphane Charles NATALE, Business à risque à Bagdad. Le
retour des entreprises françaises en Irak, 2012.
© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05942-6
EAN : 9782343059426Sékou OUEDRAOGO
L’AGENCE SPATIALE AFRICAINE
vecteur de développement
Préface
Jean-Loup Chrétien
L’Harmattan Remerciements
A l’occasion de la publication de cet ouvrage, je
tiens à remercier mon père qui m’a soutenu, qui a cru en
moi et a su me transmettre la connaissance du continent
africain et plus particulièrement celle de mon pays
d’origine, le Burkina Faso.
Je remercie également ma femme Virginie qui m’a
aidé pour la rédaction de cet essai.
Je transmets toute ma reconnaissance aux
professeurs de physique et de mathématiques qui avaient prédit
aux élèves ingénieurs dont je faisais partie qu’ils seraient à
la base des innovations à venir. Grâce à eux, cette
prédiction s’est réalisée pour nombre d’entre nous.
Toute ma gratitude va également au colonel
JeanLuc Lefebvre pour son expertise précieuse et son aide
inconditionnelle.
Enfin, je remercie le général Jean Loup Chrétien,
premier Européen de l'Ouest dans l'espace, qui a bien
voulu préfacer ce livre. Il a été pour moi l’exemple qui m’a
permis de croire que tout était possible. Préface
L’ouvrage proposé par M. Sekou Ouedraogo, relatif à
la création d’une agence spatiale africaine, mérite plus
que notre attention. Il mérite une ferme intention de nous
voir aboutir à la naissance d’un tel projet, pour toutes les
raisons qu’il a su patiemment mettre en forme dans ce
livre. J’insisterai pour ma part sur quelques raisons
politiques et humaines, entre autres.
L’Afrique a apporté à l’Europe et à une bonne partie
du monde le ciment de ses fondations, les richesses et la
diversité d’une population en permanente effervescence.
A un moment où des mouvements farouchement
désordonnés tentent de semer le trouble et la terreur à travers
notre Planète, nous sommes tous en quête de grands
exemples de rassemblement, capables de montrer aux
hommes ce que l’Homme est capable de réussir. L’Espace
est sans équivoque le domaine où l’œuvre des humains
demande le plus d’intelligence, d’audace, d’honnêteté et
d’abnégation. Devant l’immensité du Cosmos et l’attrait
de ses mystères, nous ressentons tous ce besoin d’union et
de Paix. Regarder les images magnifiques envoyées par le
télescope Hubble nous incite à la simplicité, l’humilité, la
volonté de tout faire ensemble pour réussir cette
transcendance qui depuis l’infini nous ouvrira les portes de cette
immense dimension encore inaccessible. Comment ne pas
comprendre le message de cette beauté universelle, en
contraste avec la tristesse de nos échecs. Impossible à
réaliser sans l’union de nos forces et de nos moyens, cette
grande mission pacifique se met en place lentement grâce
à ces pionniers qui vivent sans comprendre, à l’écart des
tumultes barbares qui avaient pourtant disparu de notre
planète. L’union, le grand rassemblement de tous ces
artisans de la science cosmique sauront participer à la
rédac5tion de ce nouveau Guide de l’Humanité vers son futur
cosmique, bâti sur un esprit d’union et de paix.
Les grandes agences spatiales du Monde ont su mettre
en place de grands programmes de coopération, véritables
exemples d’une science moderne coopérative, véritables
remparts contre l’ignorance et le repli sur soi, contre la
renaissance d’un monde médiéval, belliqueux et
sanguinaire.
L’Afrique est un grand partenaire, elle dispose de
nombreux atouts, à commencer par ses sites proches de
l’équateur qui lui donnent en matière de lancement un
avantage inégalé sur la planète. Ses universités, ses
compétences et son imbrication dans de nombreuses branches
d’activité internationale sont autant de jalons sur cette
route passionnante.
Le pas à franchir n’est pas bien grand, faisons-le,
ensemble.
Jean-Loup CHRETIEN
6SOMMAIRE
INTRODUCTION ............................................................. 9
1 - CE QUE L’ESPACE PEUT APPORTER AU
CONTINENT AFRICAIN ............................................ 11
Assurer l’ordre et la sécurité intérieure (police,
gendarmerie et sécurité civile, incluant la prévision et la
prévention des catastrophes) ............................................ 12
Garantir la sécurité extérieure .......................................... 19
Assurer la sécurité alimentaire (agriculture, eau et
pêche) ............................................................................... 25
Garantir des conditions de vie décentes avec une
perspective de développement durable ............................ 28
Veiller à la santé des concitoyens .................................... 39
Assurer l’éducation des concitoyens ................................ 40
Favoriser le développement économique ......................... 41
2 - CE QUE LES STRUCTURES EXISTANTES
APPORTENT DEJA A L’ESPACE AFRICAIN ........ 49
Les moyens nationaux africains ....................................... 49 oyens coopératifs régionaux africains .................... 81
3 - L’AGENCE SPATIALE AFRICAINE (ASA) :
UNE AMBITION LEGITIME POUR L’AFRIQUE
DU XXIEME SIECLE ................................................... 89
Trois exemples dont on peut s’inspirer : les politiques
spatiales Indienne, Brésilienne et Chinoise ..................... 89
Un mode d’organisation dont il faut s’inspirer : l’agence
spatiale européenne (ESA) ............................................. 125
L’Agence Spatiale Africaine .......................................... 147
CONCLUSION .............................................................. 151 Introduction
L’Afrique est un continent dépendant fortement des
contraintes climatiques (sécheresse, inondations, famines…).
Les applications spatiales concourent à l’amélioration des
conditions de vie des populations africaines et donc à leur
développement. Des nations dont les conditions climatiques
sont proches de celles du continent africain parviennent à
utiliser les applications spatiales pour leur développement.
Certaines nations africaines possèdent un savoir-faire
dans le domaine spatial. Quel est-il ? Etant donné le coût
important des installations spatiales, une mutualisation des
ressources africaines existantes n’est-elle pas une solution
pour les optimiser ?
Nous montrerons dans cet exposé en quoi les
applications spatiales peuvent concourir au développement du
continent africain.
Nous ferons ensuite la synthèse des institutions
nationales et régionales africaines spécialisées dans le domaine
spatial.
Puis nous décrirons 4 exemples d’agences spatiales :
celles de l’Inde, du Brésil, de la Chine et de l’Europe. Nous
proposerons enfin la création d’une Agence Spatiale
Africaine : l’ASA.
91. Ce que l’espace peut apporter au
continent africain
Nous donnerons dans un premier temps une définition
1de ce que représentent les applications spatiales :
« Une application spatiale est une activité dans laquelle
l'utilisation de signaux ou de données issus de satellites
peuvent :
apporter une amélioration à des services sociétaux
existants,
et/ou
proposer de nouveaux services, et ce à destination
d’acteurs et utilisateurs opérationnels, publics ou privés. »
Le continent africain peut s’appuyer sur des applications
spatiales pour renforcer certains devoirs régaliens et
améliorer ainsi la vie de ses citoyens. Les devoirs régaliens que
nous avons retenus pour cet exposé sont au nombre de sept :
1. Assurer l’ordre et la sécurité intérieure (police,
gendarmerie et sécurité civile, incluant la prévision et la
prévention des catastrophes),
2. Garantir la sécurité extérieure,
3. Assurer la sécurité alimentaire (agriculture, gestion de
l’eau et pêche),
4. Garantir des conditions de vie décentes en améliorant
l’aménagement du territoire dans une perspective de
développement durable,
5. Veiller à la santé,
6. Assurer l’éducation,
7. Favoriser le développement économique
1 Les définitions proviennent du site Internet du centre de compétence technique du CNES
(http://cct.cnes.fr/cct27/sommaire.htm).
11
1.1. Assurer l’ordre et la sécurité intérieure
(police, gendarmerie et sécurité civile, incluant
la prévision et la prévention des catastrophes)
Le continent africain est victime de conditions
climatiques extrêmes qui le rendent vulnérable. Des applications
satellitaires permettent d’en atténuer les conséquences en
prévenant les citoyens au plus tôt. Les autorités nationales
de sécurité civile sont idéalement assistées par les
applications satellitaires en relation avec les catastrophes. Il existe
deux types de catastrophes, les catastrophes naturelles et les
catastrophes industrielles.
Les catastrophes naturelles les plus répandues sur le
continent africain auxquelles les systèmes spatiaux peuvent
apporter une réponse efficace sont les suivantes :
les inondations,
la sécheresse qui désertifie les forêts,
les feux de forêts,
les épidémies liées aux insectes qui véhiculent des
maladies,
les tremblements de terres et les éruptions
volcaniques,
les famines,
les ouragans et les cyclones.
Les catastrophes industrielles les plus communément
rencontrées sur le continent africain susceptibles d’être
anticipées et atténuées par les systèmes spatiaux sont les
suivantes :
pollution par hydrocarbures des fonds marins,
pollution de substances chimiques toxiques ou
radioactives dans les fonds marins.
12
1.1.1. Lutte contre les inondations
Les inondations sont fréquentes sur le continent africain
car les saisons de pluies dans les régions proches de
l’équateur sont le lit de pluies diluviennes qui entrainent de graves
2dommages . Deux types de données satellitaires peuvent
être utilisés : l’imagerie à haute résolution des satellites
optiques et les images radar. Ces images radar peuvent être
collectées même durant la nuit par temps nuageux et
pluvieux.
Les images satellitaires permettent de mener un travail
minutieux, d’analyser et d’évaluer les dommages
occasion3nés par les dégâts des eaux . Ces images sont à même de
restituer aux décideurs les informations clés, nécessaires
aux mesures d’urgence à entreprendre. Le travail, réalisable
à partir d’images satellitaires, permet :
de mettre à disposition des autorités, dans les
meilleurs délais, des documents cartographiques précis des
impacts des dégâts, qui sont nécessaires à la prise de décision
en termes de gestion de catastrophe ;
èmede cartographier aux échelles du 1/2 000 et 1/5
ème000 les zones d’habitation touchées en fonction des
hauteurs d’eau, permettant un inventaire des bâtisses affectées
par ces inondations ;
de réaliser des prévisions d’évolution des zones
inondées tout au long d’un bassin fluvial donné ;
de mettre en place des dispositifs de suivi des
opérations de relogement et de reconstruction.
De plus, les mouvements de terrain consécutifs au retrait
ou au gonflement des argiles représentent, après les
inondations, la sinistralité la plus coûteuse en France et dans le
2 Exemples d’applications spatiales sur le site de l’ESA :
(http://www.esa.int/fre/ESA_in_your_country/France/La_cartographie_des_inondation
s_par_satellite_au_service_de_la_securite_civile_dans_l_Est_de_la_France).
3 Exemples d’applications spatiales provenant du site de l’Agence Spatiale Algérienne
(ASAL) (http://www.asal.dz/mission.php).
13
monde au titre des catastrophes naturelles. Il a été démontré
que l’imagerie spectrale pouvait permettre l’établissement
de cartes de zones à risque. Cette technique remplace les
échantillonnages de terrain et les analyses géotechniques,
beaucoup plus coûteux.
1.1.2. Lutte contre la désertification
La désertification touche beaucoup de pays du continent
4et notamment toute la zone du Sahara et du Sahel . La
réalisation de cartes de sensibilité à la désertification par
l’utilisation de données satellitaires et des systèmes
d’information géographique est une solution efficace. Ces cartes
peuvent être concrétisées par une cartographie au
1/2 000 000ème. Elles constituent un outil d’aide à la
décision pour la mise en œuvre d’un plan d’action de lutte
contre la désertification.
1.1.3. Lutte contre les feux de forêts
La réalisation de l’évaluation régulière des feux de forêts
est possible grâce aux techniques de télédétection (cf.
annexe 3.1), ainsi que la prévention et la gestion des feux de
forêts à travers la mise en œuvre d’un système
d’informa5tion géographique . Les cartes de risques d’incendies de
forêts créées ainsi, permettent la gestion et la préservation du
patrimoine forestier par l’utilisation combinée des données
de l’observation de la terre et des indicateurs du risque des
feux de forêts. Les données météorologiques ainsi que les
facteurs de risque que sont l’inflammabilité des espèces, les
sols, la direction des vents et le taux d’humidité sont
exploitables. Ces cartes permettent l’accès et la surveillance sur
ces zones prédéfinies et une action plus efficace en cas de
feux avérés.
4 Ibid.
5 Ibid.
14La détection ou le suivi de processus ayant lieu en
surface à partir de mesures de l’atmosphère requiert l’imagerie
(à une résolution de 1 km ou mieux) pour détecter les
chan6gements horizontaux . Une technique utilisée pour réduire
les problèmes liés à la couverture nuageuse est
l’exploitation de la « mémoire atmosphérique ». Cette détection
permet de détecter des feux de forêt grâce aux mesures de CO2,
HCN et CO.
1.1.4. Luttes contre les épidémies de criquets
Le traitement et l’interprétation des images satellitaires
7permettent la surveillance des biotopes acridiens . En effet,
l’activité chlorophyllienne de moyenne à forte importance
constitue des conditions écologiques favorables à la
reproduction du criquet. Les techniques de télédétection
permettent cette lutte antiacridienne.
1.1.5. L’appui aux populations lors des
tremblements de terres et éruptions volcaniques
Les tremblements de terres sont peu fréquents sur le
continent africain, mais il arrive que dans des régions d’Afrique
du Nord par exemple, les images satellitaires puissent servir
à établir une carte de la situation d’urgence issue des
satel8lites d’observation . Des cartes peuvent être établies
rapidement pour aider les secours à agir au plus près des blessés
et donner une visibilité sur les zones potentiellement
utilisables par les rescapés.
6 La technique de détection des feux de forêts provient de la synthèse sur l’imagerie
hyper spectrale - groupe GSH CNES, p. 3
(http://teledetection.ipgp.fr/sfth/documents/GSH_Rapport_Final_Nov2008.pdf).
7 Exemples d’applications spatiales provenant du site de l’Agence Spatiale Algérienne
(ASAL) (http://www.asal.dz/mission.php).
8 La détection des tremblements de terre est issue des missions du Libyan Center for
Remote Sensing & Space Sciences (LCRSSS)
(http://www.temehu.com/LibyanScience.htm).
15Le continent africain, parsemé de zones montagneuses,
est aussi potentiellement la victime d’éruptions
volcaniques. Lors de ces éruptions volcaniques, il est possible de
déterminer approximativement le nombre de rescapés ainsi
que les zones sèches et propices à l’établissement de cartes
pour y implanter des camps de réfugiés. Les satellites
peuvent utiliser leurs instruments radar et infrarouges pour
analyser les nuages de cendres et alerter les autorités qui
pourront envoyer des équipes de secours dans des zones
d’urgence saines.
La détection des émissions volcaniques est possible à
partir des paramètres atmosphériques que sont le SO2, HCL
9et HF . Ces paramètres atmosphériques nécessitent
l’imagerie pour détecter les changements horizontaux,
particulièrement lorsqu’il y a des problèmes de couverture
nuageuse. Dans le cas d’une éruption volcanique sous-marine,
la détection de signatures de volcans sous-marins nécessite
la même technique que celle des volcans classiques. Mais
elle demande la détection de SO2, HCL, HF et H2S.
1.1.6. Lutte contre la pollution par
hydrocarbures des fonds marins
Les applications de l’imagerie satellitaire permettent une
10assistance lors de prospections pétrolières . En effet,
l’environnement minier peut être mieux connu car l’imagerie
satellitaire permet la cartographie des panaches de
contamination, des minéraux du drainage minier acide, des cartes
prédictives du PH des sols, des minéraux porteurs de
contamination, l’impact des contaminations sur les sols et la
végétation, la contamination des eaux. En prospections
pétrolières, des études de détection de fuites d’hydrocarbures
9
La technique de détection des émissions volcaniques provient de la synthèse sur
l’imagerie hyper spectrale - groupe GSH CNES, p. 34
(http://teledetection.ipgp.fr/sfth/documents/GSH_Rapport_Final_Nov2008.pdf).
10
Ibid.
16par imagerie hyper spectrale ont été effectuées avec succès
sur des sites en Californie du Sud ; des zones de micro fuites
et de sols contaminés ont été identifiées. La détection des
fuites d’hydrocarbures peut reposer sur le stress de la
végétation qui peut également être facilement cartographiée et
détectée par spectro-imagerie ; elle repose sur des
indicateurs indirects tels les traces d’oxydes de fer, de carbonates.
Ces indicateurs sont liés aux réactions chimiques entre
hydrocarbures, roche, sol et argiles.
1.1.7. Lutte contre la pollution de substances
chimiques toxiques ou radioactives dans les fonds
marins
L’imagerie satellitaire permet de surveiller la pollution
dans les océans mais aussi au niveau des côtes victimes de
11la pollution industrielle .
la surveillance des océans :
Les océans et les côtes sont de plus en plus le lit de
pollutions naturelles ou provoquées par l’homme. Lors de ces
pollutions, la couleur de l’eau est un des indicateurs qui
peut informer de la nature de la pollution. La télédétection
optique de la couleur de l’eau s’est beaucoup développée en
imagerie spectrale. Les capteurs satellitaires permettent de
suivre la turbidité et les concentrations en particules
minérales en suspension, en chlorophylle et en matières
organiques dissoutes colorées. Ces paramètres de couleur de
l’eau sont aujourd’hui fournis de manière opérationnelle et
exploités dans le cadre d’importants projets à l’échelle
mondiale et notamment européens.
la surveillance des côtes :
La qualité des eaux littorales est très importante. En
effet, les eaux littorales et lacustres présentent des mélanges
organique/inorganique et dissous / particulaire plus
11
Ibid., p. 15.
17
xxcomplexes avec des concentrations pouvant être bien plus
élevées que celles rencontrées dans les eaux océaniques.
L’imagerie spectrale permet de déterminer pour les eaux
côtières leur turbidité avec le type et la taille des particules
en suspension, le type de pigments présents, le type de
matières organiques rencontrées, la nature des cyanobactéries
ou des polluants inorganiques. Par ailleurs, une
cartographie et un suivi des communautés benthiques
macroscopiques ou microscopiques est possible grâce à l’imagerie
hyper spectrale. Cette cartographie est utilisée dans le cadre
de l’observation et du suivi des eutrophisations par les
algues vertes ou du suivi de l’état de santé des récifs
coralliens. Elle sert à la détermination de la biodiversité littorale.
De plus, l’imagerie spectrale permet l’estimation de la
nature du substrat et de la couverture végétalisée des fonds
marins : la bathymétrie.
1.1.8. La contribution à la prévention des
cyclones
La prévision du temps est une application satellitaire
connue depuis plusieurs décennies, et l’observation des
zones nuageuses, alliée à des calculs intensifs sur des
modèles prédictifs, rend les prévisions de bonne qualité. Les
données météorologiques analysées permettent de
connaitre l’indice de végétation, les prévisions
météorologiques, l’intensité des cyclones, leur emplacement, le
brouillard, l’orage et les perturbations. Par exemple, des
récepteurs spécialement conçus ont été installés dans les
zones côtières indiennes à risque cyclonique. La télévision
relie ces informations rapidement en temps réel. Cela
permet aux services de l’Etat de réagir vite lors de menaces de
cyclone.
18