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L'embauchoir. 125 réponses pour le plein-emploi actif

De
440 pages
Max Moreau recommande ici un pacte des libertés d'entreprendre, une optimisation de la compétitivité et un partenariat correct entre l'Etat et les entreprises qui dissocie l'essentiel de l'accessoire. Il nourrit l'ambition d'exiger, par l'action concrète, un avenir du plein-emploi actif pour la jeunesse. Il propose une méthode pour se procurer les moyens de lancer ce grand défi, enjeu majeur de notre économie nationale, qu'il conclut par six idées fondatrices originales, 125 réponses au plein emploi actif et un glossaire économique très complet.
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« L’embauchoir »
125 réponses pour le plein-emploi actif

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© L’HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13071-5 EAN : 9782296130715

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Max MOREAU

« L’embauchoir »
125 réponses pour le plein-emploi actif

Préface de Jean Poulit

Nouvelle édition

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Du même auteur

Le management pratique de l’entreprise, Editions Economica. Prix du meilleur ouvrage économique. FFF 79. La maîtrise de l’énergie, Editions Economica. L’économie de la Polyénergie, Editions Economica. Prix Sadi-Carnot, prix de l’Energie. Energie : Guide Pratique en cent questions, Editions Economica. L’Embauchoir. Cent vingt réponses au plein-emploi, Editions L’Harmattan. La mousse bleue, Roman, Editions Le Luy de France. Télescopages, Essai, Editions Atlantica. Une brassée de roses-thé, Roman, Editions Atlantica. L’audace écarlate, Roman, Editions du Compas. Le révolté de Blagnac, Roman. Editions Atlantica. Sixième B, Roman. Editions Atlantica. Les choux de Bruxelles, Roman. Editions Atlantica. Le clandestin du Mato Grosso, Roman, Editions L’Harmattan. L’économie hybride pratique, Editions L’Harmattan. Le buveur d’aube rouge, Roman, Editions L’Harmattan. L’économie manipulée et floutée, Editions L’Harmattan. L'économie moderne et le trialisme républicain, Editions L’Harmattan

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Chroniques La Gestion prévisionnelle de l’entreprise. C.J.P. La Productivité du bâtiment. Batibat. F.N.B. Un Manager efficace pour une entreprise performante. La Maîtrise du Temps, source de performance. La Formation de la maintenance dans l’Hôtellerie. Le Marketing des Economies d’énergie. Incendies : l’Expert spécialiste ou généraliste ? Internet : moteur ou frein au Management performant ? Les enjeux économiques français à l’aube du millénaire. Réceptions Académie Béarn Thierry Moulonguet, Jean Poulit. Nouvelles Gazon pervers. Golf européen. Mirages. Escales d’auteurs. ACCOR.

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Avec amour à Chris. A Catherine, Corinne, Valérie, Philippe, Arnaud et Pascal. A Louisa, Maeve et Olivier. A Sophie, Charlotte, Elena, Dimitri, Alexis, Caspar, Baptiste et Ayden. Mes remerciements à Jean Poulit pour sa préface chaleureuse, à ma fille Corinne Dujardin pour son minutieux graphisme et à Olivier Fagnot, mon gendre, pour ses recherches fructueuses. A mes amis béarnais de sang, de coeur ou d’adoption, à mes compagnons de La Garbure et du Réveil Basco-Béarnais. A Denis et Xavier Pryen, mes Editeurs qui m’ont fait confiance, et à leur dynamique équipe de L’Harmattan pour son efficacité.

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Sommaire

Bibliographie de Max Moreau .......................................... 7 Préface de Jean Poulit ...................................................... 13 Prolégomènes .................................................................. 17 1. L’emploi et l’employeur ................................................ 19 2. Dans quelle société voulons-nous vivre ? ..................... 71 3. Comment réussir ? .................................................... 107 4. Objectifs et stratégies du plein-emploi actif ............... 155 5. Le Pacte des libertés d’entreprendre .......................... 185 6. Préserver la compétitivité ......................................... 221 7. Partenariat état-Entreprises ...................................... 279 8. épilogue .................................................................... 325 9. 125 réponses pour le plein-emploi actif ..................... 343 11

10. Adages et formules .................................................. 367 11. Glossaire ................................................................. 371 12. CV. Max Moreau. Cabotage d’un câblo-économiste ................................... 419 13. Bibliographie ........................................................... 423 14. Schémas – Graphiques ............................................. 429

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Préface

Max Moreau porte toujours avec optimisme, enthousiasme et persévérance un message fort : Comment créer le plein-emploi en France ? Il réédite aujourd’hui, en l’actualisant et en le complétant, l’ouvrage qu’il a publié en 1996 et qui garde toute sa pertinence. On ne redira jamais assez combien le chômage endémique dont souffre notre pays crée un profond traumatisme dans le corps social, notamment chez les jeunes et les seniors, premières victimes de cette situation inacceptable. Il faut rappeler qu’en 1975, la France comportait 793 000 chômeurs. En 2009, elle en comporte 2 577 000. Comment en est-on arrivé là ? Jusqu’au milieu des années 1970, les Français ont vécu dans l’esprit des trente glorieuses. Après le dernier conflit mondial, la tâche première est de reconstruire le pays, de réaliser de grandes infrastructures reliant les hommes, autoroutes, moyens modernes de télécommunications. Il faut assurer l’indépendance énergétique du pays grâce à un ambitieux programme électronucléaire. Il faut concevoir et réaliser des moyens modernes de transport, Concorde, Airbus, TGV. L’ambition est partout présente. Le pays resplendit d’énergie. L’emploi est au rendez vous.

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Puis le climat change. Le doute s’installe. Certains plaident même les vertus de la croissance zéro. Les grands investissements se tarissent. Les ressources publiques ne sont plus consacrées à préparer l’avenir mais à gérer le présent. Le pays vit progressivement dans la morosité et n’a plus confiance en lui. Le chômage est au rendez vous. Max Moreau montre que cette situation n’est pas inexorable. Des solutions pour lutter efficacement contre le chômage existent. Il les décrit dans son ouvrage en s’appuyant sur sa longue expérience de chef d’entreprise, très sensible à l’environnement social et géographique du territoire au sein duquel l’activité se déploie. La clef réside dans l’établissement des conditions permettant d’instaurer un taux de croissance annuel à moyen et long terme soutenu, d’au moins 3% en volume. Max Moreau détaille toutes les mesures pouvant conduire à ce résultat. Ce ne sont pas les relances par le déficit public qui permettront d’atteindre un tel objectif. L’effet ne pourra, de toute évidence, être que transitoire car il faudra bien payer un jour ou l’autre ses dettes. Non, il faut agir sur des leviers de bon sens, qui reposent sur une explication simple de la façon dont la richesse est produite dans un pays. Qu’est ce donc que la richesse d’un pays ? Ce sont des « cerveaux », « bien formés », « qui travaillent », « ensemble ». La richesse ne provient que des hommes. La vitalité biologique d’un pays précède toujours sa vitalité économique. Il faut se réjouir que la France, l’un des pays les moins denses d’Europe, ait conduit depuis de nombreuses années une politique de soutien de la fécondité des ménages. Le taux de natalité observé dans notre pays est le premier d’Europe. C’est une excellente chose. La formation est un facteur essentiel de vitalité économique. Des progrès restent encore à

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faire dans ce domaine. Il convient que les formations initiales et continues soient mieux adaptées aux besoins de l’économie. L’enseignement supérieur et la recherche doivent être notamment soutenues avec détermination. L’autonomie des universités va dans le bon sens avec des responsables qui se préoccupent de l’avenir de leurs étudiants et qui établissent d’étroites liaisons avec le monde de l’entreprise. Le temps de travail est bien entendu une clef de la création de richesse. Avec 35 heures par semaine pendant 35 ans, un actif consacre à concevoir, créer et gérer des biens et des services, 55 000 heures dans sa vie. Avec 40 heures par semaine pendant 40 ans, il en consacre 72 000, soit 30% de plus. Il faut bien entendu faire en sorte que le travail soit un acte de création valorisant qui permet à chacun de s’épanouir. Le résultat est alors spectaculaire. Enfin un territoire bien desservi par des infrastructures modernes permet à chaque actif de trouver, dans un temps de déplacement qui ne varie pas, l’emploi qui convient à sa formation. Réciproquement, l’employeur peut trouver l’actif dont la formation convient à l’emploi qu’il souhaite promouvoir. L’univers des emplois accessibles dans un temps de transport donné s’épanouit. Chacun trouve « chaussure à son pied » et devient plus efficace dans l’activité qu’il déploie. L’échange d’information entre les hommes, grâce aux vertus irremplaçables du « face à face », s’amplifie. Ce phénomène est d’une très grande efficacité puisque l’amélioration de la productivité qu’il induit par rapport à la situation de l’actif isolé explique 45% de la richesse du pays. D’où l’importance cruciale qu’il y a à réaliser des infrastructures de transport rapides et respectueuses de l’environnement desservant avec efficacité l’ensemble des territoires de notre pays. Le territoire devient dès lors le prolongement naturel des bienfaits de la formation.

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Max Moreau décrit bien d’autres actions permettant de faire émerger progressivement des emplois plus nombreux dans notre pays. Il y a là, non seulement un acte de foi mais des règles de bon sens que des approches trop souvent financières de l’activité économique du pays nous ont fait progressivement oublier. Merci à Max Moreau de nous l’avoir rappelé. Jean Poulit Ancien Préfet, Directeur régional de l’Equipement de l’Ile-de-France, Ancien Directeur général de l’Institut Géographique National Membre de l’Académie de Béarn

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Prolégomènes

« Toutes choses sont dites déjà ; mais comme personne n’écoute, il faut toujours recommencer. » André Gide

Ecrits dans les années 1980 - 1990, les articles, causeries et séminaires sur le plein-emploi actif constituent l’histoire de ce livre. C’est à cette époque que j’ai ébauché pour la première fois les idées et le concept qui soutiennent que le chômage n’est pas l’absurde fatalité d’une loi naturelle de l’économie. J’avais consigné mes réflexions, aussi concises que possible, dans un livre intitulé « L’embauchoir », paru aux éditions L’Harmattan en 1996. J’espérais contribuer à persuader le public et les gouvernants de l’absurdité des mesures court-termistes concernant l’emploi. Le temps a passé et le chômage récurrent perdure escortant toujours l’activité économique dans une série séquentielle cauchemardesque. En septembre 2010, le leitmotiv d’une partition à deux voix - Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI, et Juan Somavia, Directeur général de l’OIT - insiste sur la convergence d’intérêts entre le capital

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et le travail par la priorité du plein-emploi. Car il ne peut y avoir de stabilisation financière sans cohésion sociale. En parfaite adéquation avec les préoccupations de L’Embauchoir. Sous la pression de quelques amis et de mes éditeurs Denis et Xavier Pryen, j’entreprends la renaissance d’idées évoquées il y a quinze ans : un diagnostic de l’économie française et de l’emploi, une stratégie, des choix rigoureux et des objectifs ambitieux. Une société souhaitée dans laquelle nous voulons vivre, un pacte des libertés d’entreprendre, une optimisation de la compétitivité et un partenariat correct Etat - Entreprises, proposant 125 réponses pour le plein-emploi actif. Certaines mesures suggérées à l’époque ont été progressivement appliquées, mais beaucoup sont restées lettre-morte. J’ai toujours eu le sentiment naïf de croire que mon destin était de guider et d’instruire mes semblables sur les maigres connaissances que j’avais acquises ou que je croyais posséder. Avec le regret de ne pouvoir les distraire sur un sujet si épineux. Alors, que faire ?

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1. L’emploi et l’employeur

« C’est l’indécision qui fait perdre le plus de temps » Charles FLORY

« Deux tailleurs de pierre : - Que fais-tu ? - Je sculpte du marbre. Et toi, que fais-tu ? - Je bâtis une cathédrale. »

Introduction Pourquoi décider de l’emploi sans l’opinion et l’assentiment de l’employeur qui, lui, possède une certaine expérience des affaires ? Pourquoi négliger l’essentiel ? Car c’est l’employeur, force vive de l’appareil productif, qui crée l’emploi par le développement de son entreprise. Telle est la question fondamentale de l’Embauchoir.

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Après une analyse critique de certains thèmes de modernisation qui s’avèrent destructeurs d’emploi, la réflexion porte sur la nécessité du plein-emploi actif, objectif ambitieux qu’il est possible d’atteindre en suivant une démarche simple et enthousiaste, issue de l’expérience. Le challenge du pleinemploi sera l’ajustement obsessionnel de l’offre à la demande selon une stratégie active à trois volets : - Un Pacte des Libertés d’Entreprendre, stimulant du plein- emploi actif, ce qui implique de : • Restaurerl’autoritéuniquedel’employeur, • Rendrelalibertéd’embaucheetdelicenciement. • Promouvoirdesexpériencessocialestemporaires, • Faciliterlacréationetlatransmissiondel’entreprise. - Une Préservation de la Compétitivité, ce qui a pour conséquence de : • Permettrel’optimisationdetouslescomposantsdela compétitivité, • Luttercontrelacorruptionquiestunfreinàlaperformance, • Réduire es rélèvements ociaux ’une anière aisonnable l p s d m r en proposant des mesures compensatoires, • Limiterlesprélèvementsfiscauxdécourageants. - Un Partenariat Etat-Entreprises, ce qui suppose que l’on s’efforce de : • Créerunmouvementsocio-économiquepropice, • Favoriserlacroissanceenliaisonavecunestratégiede l’activité productive, • Mener une réflexion commune sur les problèmes relatifs à l’éducation, l’apprentissage et la formation permanente d’une part, à l’aménagement du territoire d’autre part. • Vouloirréellementsimplifierlesprocéduresadministratives et pratiquer une réduction significative du train de vie de l’Etat.

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Les observations et les réflexions ci-dessus conduisent, in fine, à un ensemble de mesures pratiques susceptibles d’apporter des solutions rapides aux problèmes soulevés. Des graphiques, une table des matières détaillée, un glossaire et une bibliographie complètent l’ouvrage. Fruit d’un engagement personnel, ce livre est le regard provocateur d’un manager sur l’économie de l’emploi. Ce premier chapitre, l’Emploi et l’Employeur, vise à présenter le travail, l’employeur, le management source de performance de l’entreprise, les populations au travail et le challenge du plein- emploi actif. Il offre un cadre d’ensemble qui sera développé dans les chapitres suivants. 1. Le travail Travail : Ensemble des activités humaines, coordonnées en vue de produire ou de contribuer à produire ce qui est utile ou jugé tel ; état, situation d’un homme qui agit avec suite en vue d’obtenir un tel résultat. Considéré le plus souvent comme une nécessité ou un devoir. Action, activité, labeur, œuvre, ouvrage. Le fait de produire un effet utile par son travail. Activité économique professionnelle organisée à l’intérieur du groupe social et exercée d’une manière réglée, elle est productrice d’utilité sociale par des hommes (aidés ou non par des machines). Elle induit la fonction, le métier, la profession, le gagne-pain, l’emploi, continu ou partiel, l’intérim, le chômage. On n’a rien trouvé de mieux pour commencer à gagner sa vie. Manuel ou intellectuel, personnel ou collectif, le TRAVAIL est pénible et accablant pour beaucoup d’entre nous. Associé à une corvée, à une besogne, à la fatigue, à la souffrance, aux activités astreignantes, aux périodes difficiles, aux crises de mutation profonde, c’est une rançon et une exigence de la nature.

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Mesurées au besoin et au désir qu’elles satisfont, son utilité et sa valeur d’échange caractérisent ce facteur humain vital de la production. La manière dont tout travail s’accomplit est jaugée, comparée, rémunérée. Activité créatrice, monnaie d’échange de capacité, le travail permet à l’homme d’assurer sa vie matérielle dans la société. Aujourd’hui, pourrait-il survivre dans une communauté oisive ? Comme on le sait, les mots « travail » (du latin vulgaire tripaliare : torturer avec le tripalium) et « labeur » (du latin labor : travail souvent pénible) s’opposent à « œuvre » (du latin opera : activité, service). Ces deux significations antagoniques s’affrontent au quotidien dans l’organisation sociale : Servitude du travail continu, répétitif, à la chaîne, compartimenté, canalisé, dirigé, imposé, subordonné, passif, routinier, modeste, dépendant, ennuyeux, esclave, assujetti à l’horaire, obligatoire du manœuvre, de l’ouvrier et de l’employé sans qualification, du vacataire de la fonction publique, par opposition à Epanouissement, liberté, indépendance, choix, plaisir, bonheur, fierté, chance du travail sans contrainte du créateur, de l’artisan, de l’auto-entrepreneur, de l’artiste, du chercheur, du libéral, de l’indépendant, du cadre dirigeant, du manager, de l’employeur, où la contribution créatrice évince l’obligation de présence selon un horaire strict. Il faut entendre par contribution créatrice l’activité productrice que l’homme fournit à la réalisation de son travail ou de la tâche qui lui est assignée. Ainsi, on met en valeur la production de son travail en le motivant, tout en supprimant la soumission à un horaire rigoureux et rigide. L’accès à la félicité sélective exige formation, remise en question, courage, pugnacité, singularité, initiative, intelligence, compétence et talent.

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Une querelle futile a longtemps dévalorisé le travail manuel au profit du travail intellectuel plus recherché, drainant de lourds bataillons de bacheliers chômeurs, au préjudice de l’enseignement technique qui débouche sur un métier. Mais le travail manuel est moins éprouvant, la fatigue musculaire adoucie, sous les effets conjugués de l’humanisation des tâches, de l’amélioration technologique et ergonomique des machines et de l’outillage, de la rationalisation du travail à la chaîne au profit du travail d’équipe, du renforcement des conditions d’hygiène et de sécurité, de la motivation des travailleurs engendrée par une répartition équitable des profits. Ces mesures sont développées dans L’économie moderne et le trialisme républicain, Max Moreau, éditions L’Harmattan 2010, notamment la notion de « dépénibilisation », (rendre moins pénible). Ainsi, aujourd’hui, le taylorisme et le fordisme sont des notions qui ont perdu de leur signification, car outre la connaissance technique et l’habileté, le travail manuel exige désormais une acuité cérébrale permanente. D’autre part la concentration requise pour la recherche, la réflexion, la création, la négociation, la direction, la prise de décision du travail intellectuel, ronge, épuise le système nerveux et provoque le stress. Or, sous l’effet du progrès technologique, un glissement progressif irréversible bascule les emplois manuels vers des emplois cérébraux, ressources de savoir créatif. Travail manuel, travail intellectuel, chacun induit ses propres souffrances qui s’aggravent par l’obligation ou le dégoût. Encourager, respecter, glorifier également travail manuel et travail intellectuel ou cérébral, sans disputer la prééminence des « Cols blancs » aux « Cols bleus », sont un devoir impératif, pour une nation en proie à la compétition internationale.

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Réservons notre seul mépris à la paresse et à l’oisiveté qui étiolent notre appareil productif. Paradoxe naturel, l’homme est le seul bipède de la planète qui travaille pour survivre, bien que la recherche de la nourriture par tous les bipèdes est un travail extrêmement astreignant. 2. L’employeur L’employeur est une personne ayant à son service un ou plusieurs salariés à qui il doit une rétribution (salaire). Fait travailler pour son compte, donne un emploi en échange d’une rémunération. L’employeur crée l’emploi L’employeur est la personne qui occupe du personnel salarié. Outre les salariés et les travailleurs indépendants non employeurs, les employeurs se répartissent en diverses catégories socioprofessionnelles, dont l’évolution et les projections sont recensées au Graphique N°01. Employeurs : Agriculteurs exploitants, Artisans, commerçants, chefs d’entreprises, Professions libérales, Professions diverses : information, spectacle, santé, social, Etat (administrations, entreprises nationales), collectivités publiques et territoriales, ainsi que les Employeurs d’emplois familiaux. Force vive de l’appareil productif, c’est l’employeur qui crée l’emploi, par le développement de son entreprise. Il paraît aberrant de décider de l’emploi et de ses perspectives sans le consentement de l’employeur qui possède une certaine expérience des affaires. Au contraire, privilégier l’employeur et l’entreprise et substituer l’expérience professionnelle au raisonnement technocratique favorisent le plein-emploi.

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Qu’est le véritable plein-emploi ? Le véritable plein-emploi est le volume d’emploi qui permet d’obtenir au moyen des facteurs de production le volume de richesses produites le plus important selon une évolution tenant compte des besoins de la collectivité. C’est l’ensemble de la population active potentielle occupée par un travail acceptable, estimable et respectable qui lui assure un revenu décent. Le plein-emploi des hommes ou de la main-d’œuvre est atteint lorsque le rapport entre la population active effective et la population active potentielle est égal à 1. En raison du chômage frictionnel incompressible (chômage marginal de transition entre deux emplois) estimé entre 1 et 3% de la population active au sens du BIT, on considère que le plein- emploi est atteint lorsque ce rapport est égal à 0,97. Ainsi le plein-emploi ne signifie pas simplement que chacun a un emploi, mais que les emplois rendent maximale la différence entre le passif (le travail étant supporté comme une charge) et l’actif (tous les biens et services mis à la disposition de la collectivité). L’expérience, genèse inconsciente, découvre le gouffre, sans cesse élargi, qui sépare la logique économique et les théories modélistes de la pratique quotidienne de l’entreprise. A l’opposé des cultures philosophiques et managériales, des modèles séquentiels, de l’intégration pluridisciplinaire, des systèmes conditionnés, l’entreprise fait macérer instinct, intuition, illogisme, irrationnel, imperfections, contradictions, routine et humanisme, pour promouvoir la créativité. « Se coltiner » le concret, « aller au charbon », scruter, observer, équilibrer les identiques, les différents et les contraires, écouter pour jauger en permanence hommes et

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situations esquissent le portrait atypique de l’employeur et relèvent du bon sens. Surmonter les crises et promouvoir les opportunités, pratiquer, essayer, persévérer, négocier, beaucoup écouter, parler peu, se tromper, en découvrir les raisons, constater, tout cela instruit et enrichit la connaissance acquise par la pratique. Discerner l’essentiel de l’accessoire, cibler son domaine, rechercher sans cesse la clarté, dissocier l’erreur isolée de l’échec ou du succès - éléments constituants des principes de management -, exercer son jugement au carrefour des réalités de l’entreprise, telle est l’ambition occulte de l’expérience formatrice. Certifiée par l’échéance bancaire, elle induit au savoir pragmatique et au sens pratique l’entrepreneur qui assume les risques. Ainsi vérifiée, l’action concrète présente prépare l’avenir. L’éternel apprentissage du métier mûrit l’expérience latente et corrige les présomptions de jeunesse, et les meilleures idées semblent lui venir quand il s’éloigne de son entreprise et que sa vue s’élargit. Ne faut-il pas vingt ans pour maîtriser son entreprise et vingt jours pour la détruire ? Parce que son expérience est un guide irremplaçable et qu’elle prime la théorie, l’employeur a l’ardente obligation de s’impliquer dans la réflexion et la pratique de la lutte contre le chômage.

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« L’âme n’a pas de secret que la conduite ne révèle » Proverbe chinois Mais qu’est-ce qui fait courir l’employeur entreprenant ? Motifs apparents de la volonté d’entreprendre, l’argent et la jouissance matérielle qu’il procure masquent le mobile profond : La Vanité. Mais ce besoin perpétuel d’émerger de l’ombre, de paraître pour se distinguer du commun, de susciter admiration, étonnement ou envie, de se singulariser puis de s’illustrer, de s’auto satisfaire et de dominer, enfle et s’éternise. Vanité. Ce brasier des prétentions, parfois inconscientes, impulse la vigueur de l’action de l’entrepreneur, en quête de pouvoir et de réussite. Il jauge sa puissance à l’aune arrogante de sa masse salariale ou de son capital et nourrit son ardeur par un subtil alliage d’orgueil, de mégalomanie, de convoitise, de passion, de voracité, de jeu risqué, de liberté, d’hégémonie et de puissance. Il fait fi des critiques et des sarcasmes, pourvu qu’on parle de lui. Certes, nombre d’entrepreneurs, marqués d’imperceptibles différences, nuancent leurs faiblesses, mais la fibre vaniteuse commune motive l’espèce. Pour mieux séduire, une mascarade d’épithètes vertueuses : ambition, ardeur, devoir, exemple, modèle, vocation, sacerdoce, intérêt public, dissimule La Vanité. Elle atteint son paroxysme sous forme d’humilité feinte. Pour certains dirigeants, outre la vanité, le vice essentiel est la cupidité. Ce désir immodéré d’argent et de richesse, cette âpreté au gain, cet irrésistible greed (appât du gain), cette avidité et cette rapacité qui porte un coup fatal au système socio-économique et cause la perte de ceux qui s’y livrent. Peut-être est-ce une injure commise envers les plus modestes, déshérités, chômeurs, face à la douleur et aux larmes, que d’évoquer ces tares de privilégiés. Mais la réalité est ainsi faite.

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Il y a quelque chose du Docteur Jekyll et de Mister Hyde dans le comportement de bien des employeurs. Que l’entrepreneur se déculpabilise ! La Vanité est le levier essentiel qui stimule la star, le champion sportif, le professeur agrégé, le maître du barreau, le leader politique, le grand commis, l’animateur de télévision, l’intellectuel, l’écrivain ou l’artiste. Boutonnières carminées, macarons de privilèges, arborescence d’insignes élitistes révèlent l’ambition de ces adulateurs serviles. Ainsi sont les hommes-entrepreneurs. Mieux vaut flatter leur Vanité, pourvu qu’ils embauchent. Aujourd’hui malheureusement, la plupart des employeurs, face à l’ampleur des incertitudes économiques et à la difficulté d’alléger, à l’occasion, leur effectif, n’embauchent plus, ignorant la plupart des mesures disparates d’aide à l’emploi, et qu’il existe une autre thérapeutique du chômage.

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L’entrepreneur entreprenant
« Nous ne nous intéressons pas à l’apparence des choses, nous ne nous intéressons pas à ce que nous voyons, mais à ce que nous ne voyons pas, à l’essence invisible des phénomènes » André WOLF. De l’ordre biologique

De tous les employeurs émerge une race particulière : l’entrepreneur qui risque et qui emploie. Entrepreneur : Personne qui dirige une entreprise pour son propre compte et qui met en œuvre les divers facteurs de production (agents naturels, travail, capital) en vue de vendre des produits et des services. Personne qui entreprend, qui se charge de l’exécution d’un travail par un contrat d’entreprise. Il y a aussi, à la tête de grandes entreprises, de grands entrepreneurs employant de nombreux salariés. J’exclus, bien entendu, de cette « catégorie » les quelques grands patrons magiciens, hypnotiseurs de ministres, abuseurs de financiers, communicants de tout poil, ne risquant que l’argent des autres, ensevelissant leurs comptes dans une opacité nauséabonde propice à des transferts illicites, somme toute voyous de grands chemins. L’entrepreneur, le vrai, est le stimulant de l’entreprise, cette communauté d’hommes organisée en vue d’assurer sa pérennité, financièrement indépendante, qui offre un service à d’autres hommes, par une prestation, un produit, ou la conjonction des deux, le plus souvent dans un milieu concurrentiel et à un prix qui couvre ses coûts et son profit pour lui permettre de prospérer dans un environnement dont elle dépend.

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Cette définition convient à l’ensemble très diversifié des entreprises françaises : de la plus petite unité, l’artisan et son apprenti, jusqu’au plus complexe des conglomérats, regroupant des dizaines de milliers de personnes. Entreprise personnelle, sociétaire, libérale, commerçante, industrielle, agricole, multinationale, coopérative, collective, publique et administrative composent le corps des entreprises, quels que soient leur statut, leur structure, leur degré de dépendance à l’égard des pouvoirs publics, et quelle que soit l’option du régime politique : capitaliste, libérale, libérale avancée, d’économie mixte, corporative, autogestionnaire, socialiste sous toutes ses formes. La conception moderne de l’entreprise consiste à offrir un produit et un service répondant aux besoins d’autres hommes, et non pas à vendre sans concurrence sur un marché protégé. Elle entraîne un renouvellement constant des firmes et des hommes. Les caractéristiques essentielles engendrées par une telle conception de l’entreprise et que doit bien discerner l’entrepreneur sont les suivantes : - Les échanges de l’entreprise avec ses clients reposent sur l’adéquation de l’offre du bien proposé à la demande des utilisateurs, le rapport qualité/prix/service étant le principal paramètre. Ce mécanisme à trois composantes est le régulateur central de l’activité. Formés librement par la confrontation de l’offre et de la demande, les prix orientent l’affectation des ressources vers une production rentable capable de satisfaire des besoins solvables. Cet ajustement plus ou moins automatique, par l’effet de concurrence, tend à éliminer les productions non rentables, bien que la concurrence parfaite n’existe pas. Ce qui induit des rapports élastiques ou visqueux entre l’offre et la demande.

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Cependant, il ne faut pas omettre que tout homme entreprenant, par son génie créateur, invente de nouveaux produits que le consommateur ne désirait pas et dont il ne pourrait se passer aujourd’hui. A la quête du Pricing Power, c’est-à-dire de la capacité de l’entreprise à faire admettre le prix de ses produits à la clientèle. L’autonomie financière est acquise par le capital économique constitué par la somme des immobilisations que l’entreprise utilise pour ses activités d’exploitation et des capitaux immobilisés par le cycle de fabrication qui représentent un besoin en fonds de roulement. Le renouvellement et le développement du capital économique sont assurés par le profit acquis par la firme, l’emprunt ou l’appel éventuel au marché des capitaux. La solidarité unit le bien le plus précieux : des hommes informés aux savoirs et compétences complémentaires, entrepreneurs et salariés. Sa raison d’être est clairement définie : « concevoir - réaliser - vendre ». Le savoir-faire créatif et innovateur permet de trouver le « créneau » pour la production, et de la vendre avec profit. La méthode transforme une organisation artificielle composée d’éléments disparates en un organisme naturel, vivant et équilibré.La réussite ou l’échec de l’entreprise, avec leurs conséquences sur l’emploi - licenciement ou embauche -, dépendent avant tout du management de l’entrepreneur. Une entreprise est jugée efficace quand elle génère un profit. Or ce dernier dépend étroitement du management du chef d’entreprise qui a pour objectif la maximalisation du profit, également appelé revenu monétaire net. Le profit peut être considéré comme la différence entre le prix de revient et le prix de vente, déduction faite du profit normal, qui correspond à la rémunération de l’activité de l’entrepreneur, sans

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laquelle celui-ci ne jugerait pas opportun de poursuivre son exploitation. Mais pour gérer un tel profit, le chef d’entreprise doit avoir un objectif de vente sur le marché. Ainsi, l’entreprise travaille pour écouler sur le marché des produits ou des services qu’elle fournit ; elle a pour but essentiel la satisfaction des besoins solvables, c’est-à-dire une demande armée d’un pouvoir d’achat. Si cela paraît simple au néophyte, ce ne l’est pas en réalité. En effet, le rôle de l’entrepreneur est ici primordial, car toute entreprise est en concurrence, le plus souvent exacerbée, au niveau local, national et mondial. En outre, l’entreprise vit dans un monde incertain où rien n’est jamais acquis. Par conséquent, un chef d’entreprise ne peut jamais s’endormir sur ses lauriers ; pour maintenir son activité à flot, il se doit de réinvestir son profit disponible afin de financer ses activités de recherche et de développement pour innover, trouver de nouvelles techniques de production plus performantes, créer de nouveaux produits, adapter sa production, soit pour répondre à de nouvelles exigences de la demande, soit pour la rendre cohérente avec les aléas de la conjoncture économique. Enfin, le chef d’entreprise a pour devoir d’anticiper les transformations de l’environnement économique et de diversifier sa production pour réduire son risque. Lorsqu’une entreprise embauche, c’est l’un des signes apparents de sa bonne santé. Par conséquent, un entrepreneur réussit lorsqu’il crée de la richesse et des emplois. Dans la période de crise que nous traversons, son obligation consiste à garantir ses emplois et dès que possible à en créer de nouveaux. Quant à ses devoirs, ils sont confondus avec les conditions de réussite de l’entreprise liées à son management. Elles reposent sur quatre piliers : Un marketing performant, des hommes compétents, une rigueur financière et des méthodes de production, de planifi-

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cation et de contrôle permettant d’offrir des produits et des services concurrentiels. Assurer un marketing performant Il s’agit, par un marketing performant, d’accroître, de diversifier et d’équilibrer sa clientèle en adaptant des produits et services à la demande (en la suscitant même) par un bon rapport entre la qualité, le prix et le service rendu en influençant le consommateur. En quête permanente du « Pricing Power ». Cela exige de : • Scrutertoutchangementdel’environnementsusceptible d’affecter l’entreprise en exerçant continuellement son attention, et de saisir les opportunités qui se présentent ; • Exploitertouslesnouveauxcanauxdevente,ycompris Internet ; • Valoriser la recherche appliquée, décloisonner les savoirs ; Stimuler le personnel, les équipiers, pour qu’ils développent leurs capacités d’anticipation et d’innovation ; • Créer et communiquer une image favorable, car la marque est un capital immatériel ; • Situersamassecritique,connaîtrelesnouveauxmarchés et minimaliser les risques ; • Résoudre rapidement les litiges pour parfaire l’image de marque. Rechercher et former des hommes compétents L’entreprise doit se doter d’hommes compétents qui établissent entre eux des relations de confiance et de coresponsabilité. Le but est de sortir progressivement, mais dès que possible du système français actuel, donc de faire confiance et de démocratiser. Les conditions premières de la réussite consistent à donner à chacun le maximum et non le minimum de participation à la vie de l’entreprise, à faire circuler le plus largement possible toute information utile et à organiser un dialogue social permanent.

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L’entrepreneur doit se considérer comme l’animateur stimulant d’une véritable équipe et non comme un pseudosavant possédant la science infuse.Tous les collaborateurs sont concernés par les grandes orientations de l’entreprise, à charge pour ceux qui les conçoivent de trouver le langage adéquat au niveau culturel et intellectuel du receveur, pour mieux faire passer le message. L’initiative de chacun doit être favorisée et encouragée mais le droit à l’erreur est reconnu à tous. Les mesures suivantes me semblent s’imposer à l’entrepreneur : • S’entourerdecollaborateurstalentueuxetmotivés,et assurer leur formation permanente et leur renouvellement : la croissance de l’entreprise passe par la formation et le développement des hommes, qui, à leur tour, développent la firme ; • Présenter des faits réels pour détruire les fausses conceptions et combler les lacunes dans les connaissances par une communication appropriée des faits ; • Constituer des équipes légères et souples, aptes au changement et à la mobilité ; • InstituerunCDIUniquequiimpliqueetrassure; • Apprécieréquitablementetrigoureusementlesperformances, écouter les besoins profonds des hommes, maintenir de bonnes relations et un bon climat pour les équipiers qui passent les trois quarts de leur vie éveillée dans l’entreprise ; • Edifierunsystèmederémunérationconsensuel,basé sur la valeur des tâches à accomplir, et non plus sur la présence conforme à un horaire pré-établi ; • RépartirleTIERSduprofitnetentrelessalariés; • Sélectionnerl’équipededirection,prépareretassurer sa succession ; • Choisir des consultants externes aux compétences additionnelles et aux missions spécifiques ;

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• Définir l’orientation, susciter l’idéal révélateur de l’action cohérente ; • Convaincre le personnel que les opérations qui en découlent sont saines et favorables pour l’entreprise. Ceci ne peut s’opérer que par un dialogue clair et une information parfaite entre la direction et la base. Tout le personnel doit se sentir responsabilisé et mis en valeur au sein de l’entreprise. Ainsi, l’option humaine, composante majeure des moyens de réussite de l’entreprise, implique un entrepreneur expérimenté et compétent, distinguant les tâches de direction de celles d’exécution. Elle exige de sa part : • L’écoute permanente des besoins des hommes (investisseurs, clients et personnel), la détection des changements par une observation attentive et des contacts permanents, des décisions d’adaptation rapides ; • Lapromptitudeàdécouvrirlanatureetlasourcedes problèmes réels, après avoir évité les pièges habituels, afin de prendre des décisions judicieuses. L’entrepreneur doit être capable de passer de l’exposé du problème apparent, tel qu’il surgit à première vue ou tel qu’il est formulé par le « déclencheur » qui constate la difficulté ou bute sur elle, à la formulation exacte du problème réel. L’entrepreneur doit traduire les impressions formulées en faits réels souvent différents des faits apparents. Il doit déterminer la source et la nature du problème réel en l’analysant et en découvrant son essence, sa nature et sa réalité. Il lui faut esquiver les chausse-trapes habituelles : faux-semblants, réactions primaires, colmatages provisoires. Cette réflexion séquentielle aboutit à une décision que l’on espère judicieuse et appropriée à la situation : dans l’immédiat,

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une telle décision donne une solution au problème posé ; en outre, elle prévient la réapparition de la difficulté pour l’avenir. L’option humaine se concrétise par la formation d’équipes dirigeantes assurant la pérennité de l’entreprise, préalablement responsabilisées, par des hommes de qualité, talentueux, spécialisés, motivés, par la définition d’une politique de délocalisation ou de relocalisation, d’une politique sociale précisant les conditions de recrutement, de sélection, de formation permanente et de renouvellement, par le développement et la motivation des hommes, par une participation accrue (responsabilité, intéressement, partage du profit), par une appréciation rigoureuse et équitable de la performance, par une rémunération à la contribution,par une structure légère, conséquence de la stratégie et facilitant la communication, afin d’atténuer incohérences et contradictions. La photographie de cette structure, par la diffusion de l’organigramme actualisé annuellement en fonction des mouvements, situe les responsables et leurs relations dans l’entreprise. L’option humaine est cohérente avec les axes stratégiques par la création des divers comités de direction, de coordination et de spécialité, par l’unicité du « responsable entreprise » auprès du client, par la définition des axes de formation, par la fixation des proportions de main-d’œuvre directe et administrative, par une structure décentralisée par centres de profit (couple Produit/Client) autonomes dans leur gestion, par la définition de la participation et de l’intéressement. L’option humaine s’harmonise avec les comportements antinomiques de défense collective des intérêts de salariés et de l’aspiration individuelle de promotion, et avec les pos-

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sibilités propres à l’entreprise, par les conditions requises pour la sécurité de l’emploi, la sécurité du travail, l’amélioration des conditions d’un travail décent, la création de services sociaux et d’hygiène, l’établissement de relations confiantes avec les représentants du personnel, et, chaque fois que l’opportunité se présente, par le règlement rapide des conflits. Afin d’atteindre la plénitude de sa progression, l’entreprise doit être soutenue, supportée par ses ressources humaines qui feront bloc pour atteindre le progrès global. Bien que la complexité des relations humaines au sein de l’entreprise et les rapports entre les hommes soient le problème psychosociologique prépondérant, l’homme ne pourra façonner la nouvelle société souhaitée que dans la mesure où il saura maîtriser ses relations et ses institutions. Une meilleure connaissance des mécanismes de l’entreprise et des attitudes psychosociologiques de ses membres parviendra-t-elle à la compréhension et à la convergence des aspirations humaines et des objectifs économiques et sociaux de l’entreprise ?Il faudra des hommes et des entrepreneurs. Assurer une rigueur financière Une discipline financière rigoureuse exige de : • Accepterquelasanctiondel’activitééconomiquesoit financière et que le taux de rentabilité mesure la performance (ce taux de rentabilité est complété par le bénéfice par action, pour une société cotée en Bourse sans rechercher le RoE illusoire de 15%, ou par un taux de rentabilité raisonnable des fonds propres pour un entrepreneur propriétaire) ; • Obtenirunprofitsuffisant,parunepolitiquedefixation de prix de revient modulés, intégrant les coûts dans le prix de vente ; • Définir l’enchaînement du schéma stratégique de

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rentabilité, afin de mettre sous tutelle des éléments caractéristiques, • Etablirdesbornesrepèresetcernerlespossibilitésde croissance par rapport à la rentabilité ; • Respecter l’équilibre des principaux éléments du compte d’exploitation et du bilan, en particulier l’ampleur du capital, et favoriser par un tableau de bord les décisions efficaces, en respectant certains principes essentiels : Financement : Capitaux propres > Immobilisations. Fonds de roulement > 0. Endettement net global = 2 VNF environ (Ventes Nettes Facturées) • Obtenirlesfondsnécessairesetsélectionnerleurssources (à l’abri des fonds prédateurs) ; • Sécuriserlesfondspermanentsenadoptantunepolitique appropriée face au risque ; • Evaluerl’entrepriseparundiagnosticactualisérégulier; • Choisir des systèmes comptables et informatiques sécurisés pour enregistrer et analyser en temps réel les éléments du tableau de bord ; • Eliminerlesclientspeusolvablesparunepolitiquede crédit judicieuse ; • Formaliseretplanifierlescontactsaveclacommunauté financière et définir l’utilisation d’Internet avec un Webmaster ; • Maintenirdesrelationssatisfaisantesentrelesinvestisseurs, les clients et le personnel ; • Intégrerlejugementfinancierausystèmededirection. Mettre en place une Méthode d’action Il importe pour cela de : • Chercher,découvriretcréerdenouveauxproduitset services ; • ConcevoirunensembleProduits/Servicesorientévers les besoins de la clientèle et la fonction à remplir, et



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conserver des avantages décisifs afin de préserver le Pricing Power ; • Fixerunprixcompétitifparl’améliorationdelaproductivité et l’innovation ; • Maintenir n iveau e ualité igoureusement ontrôlé u n d q r c et un rapport Prix/Qualité/Utilité élevé ; • Renouveler es roduits ur a ourbe e ie t enouveler l p s l c d v e r la gamme en temps utile (en constatant une accélération et une contraction des courbes de vie des produits) ; • Perfectionner continuellement les techniques afin d’améliorer sans cesse la productivité ; • Assouplir et raccourcir le cycle de production pour favoriser son adaptabilité, et savoir choisir partenaires et sous-traitants ; • ApprécierlechallengeDélocalisation/Productionen France/Relocalisation ; • Organiserparuneactionméthodique,planifiéeetcontrôlée, les ensembles Marketing, Hommes, Finance, Production ; • Fairesurgirl’essentielquicontribueàlaformationdu résultat brut ; • Raisonnerentermesdeproductivitédanslesdomaines du Marketing, des Hommes, de la Finance et de la Production.

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« Mieux vaut un imbécile qui marche, qu’un intellectuel assis » Proverbe chinois

3. Le Management Management : Science de la technique de direction et de gestion de l’entreprise. Le management a une dimension scientifique et une dimension philosophique. « Manager », c’est traduire en réalité concrète, en des actes et des entreprises, la culture économique de l’entrepreneur et de son équipe dirigeante, afin d’organiser la gestion et la direction de l’entreprise. C’est la science des choix efficaces, mais la culture économique déborde de la seule science. Car cette dernière ne prend pas en compte le facteur humain et son contexte culturel, c’est-à-dire le système des valeurs. Il faut donc ajouter à la dimension scientifique une dimension philosophique : la recherche scientifique constamment tributaire de la vie sociale en perpétuel changement conduit à l’épistémologie de l’économie d’entreprise, c’est-àdire à l’étude philosophique de la science du management, de ses méthodes, de ses principes et de sa valeur. La philosophie relance le grand jeu de toutes les hypothèses, découvre les incertitudes entre les différentes chaînes de connaissances bien définies, confirme que le savoir n’est jamais complet, définitif et absolu, comme l’a développé Manuel de Dieguer. Le manager, l’entrepreneur, est bien le philosophe en action décrit par Gaston Berger. Le management consiste à diriger l’entreprise par :

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• L’observation permanente et l’examen minutieux de l’environnement et des besoins des hommes ; • L’utilisation optimale de ses ressources : humaines, matérielles et financières, pour motiver les hommes de l’entreprise sur un corps de convictions communes ; • L’approfondissementetl’accroissementdesonsavoir-faire. Manager, c’est s’appuyer sur 4 éléments basiques : 1. Un système de direction harmonisé à l’entreprise, orienté par la stratégie et définissant l’acte d’entreprendre. 2. Une mise en œuvre des conditions de réussite de l’entreprise, dans les quatre domaines fondamentaux (marketing, hommes, finance, méthode). 3. Une méthode de direction personnalisée, axée sur la sélection, la hiérarchisation et la répartition des tâches essentielles, des bornes repères, sur un système d’information et un tableau de bord synthétique afin de distinguer l’essentiel de l’accessoire. 4. Une volonté opiniâtre, obsessionnelle, d’application permanente. Premier maillon du système de décision, la stratégie a une importance vitale. Elle consiste principalement à indiquer comment maintenir la vie de l’entreprise et donc à prendre les orientations fondamentales pour y parvenir. L’entrepreneur élabore une stratégie à partir des informations qu’il a collectées et que le marché lui procure, ainsi qu’à partir de ses propres capteurs (notamment par le biais de l’analyse financière de son entreprise). En fonction de ces données, il développe une stratégie en tenant compte des réactions probables de ses concurrents. A partir de là, il échafaude plusieurs stratégies possibles et choisit celle qui lui permettra d’atteindre un profit convenable sur longue période si possible. En économie, cette démarche est étudiée à l’aide de la

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théorie des jeux. Evidemment, l’entrepreneur réagira différemment selon que son entreprise est leader, « suiveuse » ou de taille équivalente à ses concurrents. Trois démarches s’imposent : • Diagnostiquer les transformations nécessaires en positionnant les produits et services actuels et futurs prévisibles sur la courbe de vie des produits, par la connaissance des courants observables qui conditionnent l’activité. Et savoir discerner quels sont les nouveaux marchés à fort développement par l’observation et la projection des crises économiques probables affectant directement l’entreprise, et l’examen des contraintes internes propres à la firme, véritables goulets d’étranglement de la croissance. • Evaluerl’entreprisefaceàl’évolutiondel’environnement par l’équilibre du positionnement des produits et des catégories de clientèle, par l’analyse de l’impact de l’entreprise dans l’espace et dans le temps. • Formulerlastratégieglobaleparleplan.Laformulation de la stratégie s’opère par le plan stratégique et ses axes directeurs. Il détermine les objectifs précis et les moyens propres à mettre en œuvre pour les atteindre. Ce plan, édifié en concertation avec les hommes-clé de l’entreprise dans les limites de la confidentialité (verrouiller physiquement et juridiquement les risques de fuites à la concurrence), définit les orientations générales, la structure et son évolution, les dimensions de l’entreprise, les lignes de produits, les spécificités des nouveaux marchés, les responsabilités individuelles et les devoirs des leaders, enfin la croissance et la rentabilité. L’humilité en matière de projections économiques et l’empirisme n’excluent pas l’approfondissement de la connaissance. Je réagis tout au long de cet ouvrage, humblement, comme

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un homme de terrain. J’expose dans cette partie du chapitre une méthode de direction pour l’entrepreneur, certes validée par l’expérience, mais que je ne prétends ni totalement généraliser, ni être capable de résister à l’épreuve du temps. Si le concept de bon sens, quelque peu empirique, n’exclut pas la rigueur de vue, il adoucit les élucubrations intellectuelles sur l’entreprise. L’affermissement de la connaissance et l’approche méthodique ne sont pas seuls en cause pour mieux gérer. Au cours de ces dernières décennies, le rôle et le pouvoir de l’entrepreneur se sont modifiés en raison de l’évolution de l’économie de marché. Les règles de fonctionnement des sociétés anonymes et autres, mais surtout la complexité croissante de la direction d’une entreprise, en particulier d’une grande, ont parfois conduit à une organisation collégiale du pouvoir dans l’entreprise. Aujourd’hui, les chefs d’entreprise souverains, puissants et solitaires sont moins nombreux. Le collège exécutif (executive board) délibère de toutes les décisions importantes. Mais il est souvent dominé par une forte personnalité. D’autre part, la responsabilité publique de l’entrepreneur s’exerce dans un cadre de plus en plus vaste. Dès aujourd’hui les relations de l’entreprise ne se limitent plus à son seul environnement et à ses obligations écologiques, mais réclament de remplir une fonction sociale à l’égard de la cité, de la région et de la nation. L’examen des exigences formulées par cette triple entité conduit l’entrepreneur à les rendre compatibles avec les objectifs poursuivis par l’entreprise, à accroître les satisfactions de la collectivité, sans porter préjudice à la croissance de l’entreprise. La responsabilité publique est désormais partie intégrante des missions de l’entrepreneur et son rôle s’accroît malgré sa spécificité : le Béarnais est d’abord français et aquitain. En tout état de cause, il importe de souligner la nécessité

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de créer des unités légères à dimension humaine. A l’inverse de la parcellisation, parce qu’elles associent l’effort commun aux résultats, les unités moyennes de 100 à 300 personnes, très bien gérées et animées, dont les entrepreneurs (propriétaires, actionnaires ou salariés) connaissent tous les membres du personnel et appliquent une politique sociale appropriée ; les entreprises individuelles ou divisions autonomes de grands groupes ne sont-elles pas les plus efficaces et les plus aptes à s’adapter promptement et en souplesse aux changements ou aux crises ? Ce concept d’unités de moins de 300 personnes ne vient nullement en contradiction avec les PME-PMI de 1.000 à 5.000 personnes, les plus performantes à l’exportation, comme en Allemagne. En effet il suffit, soit d’associer plusieurs unités complémentaires de 300 personnes au sein d’un GIE afin d’atteindre la masse critique, soit de scinder la production d’une PME-PMI de plusieurs milliers de personnes en unités satellites de 300 personnes. Ces ETI, Entreprises de Taille Intermédiaire de 1.000 à 5.000 personnes, constituées d’unités légères, sont très dynamiques sur le marché international. Un atout indispensable pour l’exportation. A ce stade de l’analyse, un élément apparaît qui s’avère vital : le tempérament de l’entrepreneur. Car la connaissance ne remplace ni le talent, ni le tempérament. Tous les concepts décrits dans ce paragraphe ne seraient que « blabla » s’ils n’étaient soutenus par une constante et pugnace volonté de réalisation. C’est le tempérament de l’entrepreneur qui conduit à l’épanouissement et non le seul bagage universitaire ou la seule érudition économique. Son désir d’encourager, d’aiguillonner, de diriger, de vaincre, d’écouter, de persuader, de communiquer sa force, ses qualités propres crée l’animation du système. La méthode et la détermination sont les forces multiplica-

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