L'Europe à contre-pied

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L'Europe et l'Union européenne ne sont pas faciles à appréhender, à analyser ni à aimer. L'Europe à contre-pied, c'est éviter les idées reçues… C'est faire d'un carnet de voyage de ville en ville, la radioscopie d'un géant aux pieds d'argile et retrouver ce qui est caché sous le tapis, comme ce qui est recouvert par l'immédiate actualité. Il ne faut pas désespérer de cette Europe. L'expliquer avec liberté peut la rendre plus proche et nous faire réagir en tant que citoyen européen.
Publié le : mercredi 15 juin 2016
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EAN13 : 9782140012631
Nombre de pages : 192
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Patrice V IVANCOS
L’EUROPE À CONTREPIED 28 villes, 28 pays, 28 thèmes
L’Europe à contre-pied
Questionner l’Europe Collection dirigée par Bruno Péquignot Les questions européennes sont aujourd’hui au centre de la vie sociale, économique culturelle et politique en France comme dans l’ensemble des pays qui participent à l’Union Européenne ou non. Cette collection accueille des ouvrages qui contribuent et participent aux débats et controverses sur ces questions. Déjà parus Hugues RABAULT (Dir.),L’ordolibéralisme, aux origines de l’Ecole de Fribourg-en-Brisgau, 2016. Richard SITBON,?La France, peuple élu de l’Europe , 2016. Katja BANIK,Les relations Chine-Europe : à la croisée des chemins, 2016. Arno MÜNSTER,La réprobation de l’Allemagne ou les vraies raisons du nouveau ressentiment anti-allemand, 2016. Yves ACHILLE,L’Europe dans l’impasse, 2015. Mathieu PETITHOMME,Dépolitiser l'Europe,Comment les partis dominants évitent le conflit sur l’intégration européenne, 2015. Marie-Claude MAUREL, Pascal CHEVALIER, Guillaume LACQUEMENT (coord.), Transfert et apprentissage du modèleLeaderen Europe centrale, 2014.Slimane HEMANE,Le pantouflage des agents de la Commission européenne, 2013. Slimane HEMANE,Le pantouflage des agents de la Commission européenne, 2013. Alain FAVALETTO,Allemagne, la rupture ? Remarques sur le néonationalisme allemand,2013. Patrice OBERT,Un projet pour l’Europe. Plaidoyer pour une refondation,2013. Thomas DUPONT FEDERICI,La désunion européenne.Pourquoi ça ne marche pas ?,2013.
Patrice VIVANCOS
L’Europe à contre-pied
28 villes, 28 pays, 28 thèmes
CE LIVRE PRÉSENTE LES OPINIONS PERSONNELLES DE SON AUTEUR ET NENGAGE EN RIEN LACOMMISSION EUROPÉENNE.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-09486-1 EAN : 9782343094861
À trois amis grecs (Kostas D., Kostas V. & Alexis G.),
à mes familles espagnole, française et polonaise,
et à ce "foutoir" bruxellois qui peut être aussi la plus belle des Babels.
INTRODUCTION ou 28 points de vue sur l’Europe
L’Europe à contre-pied
Avec un pareil titre, on espère charmer le citoyen, pour peu qu’il se sente citoyen européen. On espère aussi éviter pièges et chausse-trappes. Par exemple ce que l’"esprit" européen abhorre : pointer un problème particulier dans un pays parti-culier. Car énoncer que le problème est allemand, français, grec ou autre, c’est dire l’innommable, c’est revenir aux nationa-lismes guerriers. Comme d’incriminer les banques, Juifs, francs-maçons, Chinois, Vatican, multinationales, CIA, mafias… ou la Commission européenne. Une longue litanie de "suspects" qui est constitutive de l’Europe.
L’Europe à contre-pied, c’est éviter les idées reçues ; ne pas réduire, comme il est fait souvent dans les discussions de café, les Français à leur cuisine, les Allemands à leurs voitures ou les Luxembourgeois à leurs banques, ou à des souvenirs d’enfance avec des Chupa Chups espagnoles ou des Kinders italiens… C’est refuser l’Europe des clichés ; celle du boche, des mafiosi, du polack et du porto, de la perfide Albion comme des blagues belges… Les "autres" Européens voient d’ailleurs les Français comme pédants et constamment en grève. Cela peut être drôle ou ridicule, voire inamical ou odieux ; les clichés sont simplement réducteurs et freinent la réflexion. Il est vrai que les Européens ont besoin de ces stéréotypes pour développer une image de leurs voisins, qu’il faut un élément qui fasse référence ; on ne pense pas le voisin, proche ou lointain, sans
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lui donner un surnom, sans grossir un trait, sans en faire un cliché. Il faut donc accepter qu’idées reçues et stéréotypes nous accompagnent quoi que nous fassions. Point d’angélisme.
Passé ce premier écueil des clichés, idées reçues ou stéréo-types, reste que l’Europe actuelle, dans sa gestion politique, révèle une réelle déficience quant à la vision et au courage. En conséquence, les attaques sont multiples. On lui reproche d’être paralysée par ses institutions, de n’être, en fait, ni libérale, ni sociale ; elle serait avant tout nombriliste. On accuse enfin son manque de légitimité : l’Europe ne serait pas un espace démocratique puisque ses chefs ne sont pas désignés par le peuple. Mais nos systèmes nationaux sont truffés d’élections indirectes où la représentativité est louvoyante : sénateurs, ministres, les Premiers ministres de nombreux pays… ne sont pas plus désignés directement par le peuple.
C’est que l’Union européenne est née« au lendemain d’un terrible conflit qui avait laissé une bonne partie des survivants dans les ruines et la haine »(Paul Collowald), par la volonté d’une élite plus que par une agrégation de peuples.Aujourd’hui, l’Europe politique pose la question du comment parvenir à une démocratie pluriethnique, transnationale et multilingue. Des entités politiques (Empire austro-hongrois, Commonwealth ou Union soviétique) se sont déjà confrontées aux aspects trans-nationaux et plurilingues, elles n’étaient pas des démocraties. Car la démocratie n’assure pas seulement la légitimité, elle apporte aussi la controverse sur le “bien commun“.
Alors, faut-il se féliciter des Capitales culturelles, d’Airbus ou d’Erasmus ? Ou commencer par reconnaître que nous sommes un vieux continent parfois oublié ? S’inquiéter de la baisse de nos héroïsmes ou tirer fierté que les valeurs des droits de l’homme soient encore si présentes en Europe ? Deviendrons-nous les États-Unis d’Europe chers à Victor Hugo ? Mais chers, à l’autre bout de l’éventail politique, à l’anarchiste Michael Bakounine qui rêvait aussi d’une "famille
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européenne au sein des États-Unis d’Europe". Le voulons-nous ?Malgré tout elle inspire :n’y a pas assez d’Europe dans« Il l’Union. Et il n’y a pas assez d’union dans l’Europe. Nous devons changer cela »Junker). (Jean-Claude « Refuser le nationalisme, aimer le fédéralisme, l’Union européenne nous apprend à détester ce qu’on a aimé et à aimer ce qu’on a détesté »Gauchet). (Marcel et sa« L’Europe civilisation sont entrées en régime d’équilibre instable. Faute d’avoir su -ou voulu- imaginer une gouvernance commune efficace à l’échelon européen, nos États se sont laissé submerger par “la crise“ et ont créé les conditions de l’avènement d’une Europe dominée par les intérêts autocentrés de certains d’entre eux »(Daniel Cohn Bendit).« Les Européens font l’expérience de la finitude de l’Europe »Beck). (Ulrich une utopie« L’Europe, blessée »"Le Monde"). (Journal doit devenir une méta-« L’Europe nation, elle doit choisir entre la décomposition ou la métamorphose » (E. Morin & C. Ceruti). … Alors, l’Europe a-t-elle simplement généré un principe d’existence des coïncidences ? Est-ce la fiction ou l’analyse qui est la plus apte à exprimer une Europe en mutation ? Est-ce la vérité ou la véracité qui doit nous guider ? Enfin, rappelons et revendiquons - c’est également une forme d’hommage à son auteur-, que« l’humour est le plus court chemin d’un homme à un autre »(Georges Wolinski). D’où ce livre. Et si l’Europe n’existait pas ? Au demeurant, c’est la seule question valide et qui nous guidera à travers ces 28 villes.
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