L'image de guerre à quel prix ?

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Par-delà les images puissantes des reportages et enquêtes de Karim Baïla, que l'on a vues sur TF1, Canal + et surtout France 2 (Envoyé Spécial), Luc Missoum interroge la signature journalistique de ce grand reporter de guerre qui a sillonné les régions les plus périlleuses du monde. Il nous entraîne dans un voyage au bout de l'immersion en Irak, en Afghanistan, en Algérie, soulevant en cours de route les questions de l'information partielle, trop vite digérée, que posent les médias d'aujourd'hui.
Publié le : dimanche 15 novembre 2015
Lecture(s) : 40
EAN13 : 9782336396651
Nombre de pages : 195
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Luc Missoum
Antidote(s)
L’image de guerreà quel prix ? Sur les traces du grand reporter Karim Baïla
Préface de David Brunat
L IMAGE DE GUERREÀ QUEL PRIX?
Collection Antidote(s) dirigée par Chantal Selva Créée en septembre 2012, la collection Antidote(s) donne des coups de pro-jecteur sur une réalité sociale, économique, politique et culturelle en mutation, à partir de personnes ou d’organisations, qui ouvrent des clairières nouvelles grâce à leur intelligence des choses du monde. Les auteurs de la collection viennent d’horizons très variés, apportant des éclai-rages singuliers du lieu de leur pratique. Ils donnent des pistes de réexion à un public en recherche de repères, à partir d’essais, de récits de vie ou d’entre-prises, de témoignages, mais surtout, en lui permettant de construire sa propre interprétation de la réalité sociale et de mieux s’y ancrer. Antidote(s) aux idées reçues, au conformisme, au découragement, aux fana-tismes, à la violence dans tous ses états, à toutes les formes d’immobilisme qui donnent de la société une idée fausse. Traverser les crises dans le mouvement de la vie. Déjà paru Laurent Hincker,Le harcèlement moral dans la vie privée, une guerre qui ne dit pas son nom, novembre 2012 Patrice Haberer,Mots sauvages, la forêt dernier refuge du sauvage, octobre 2013 Patrick Aïch,Grandir entre deux cultures, Une bille de terre contre une bille de verre, avril 2013 Patrick Poirret,Le Téléphone de Grand Danger, Un téléphone pour sauver la vie des femmes, décembre 2013 Richard Hellbrunn,À Poings Nommés, Genèse de la psychoboxe, avril 2014 Zair Kedadouche,Citoyens contre le racisme et les discriminations, juin 2014 Jean-Claude Genot,Playdoyer pour une nouvelle écologie de la nature, décembre 2014 Michèle Larchez et Nicolas Engel-Larchez,Parcours avec autisme(s), Éloge d’une différence, mars 2015 Richard Hellbrunn, Au vif de la violence, mai 2015
Luc MISSOUML’image de guerre à quel prix ? Sur les traces du grand reporter Karim Baïla Préface de David Brunat
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07841-0 EAN : 9782343078410
Aux éclaireurs du monde qui défendent la liberté d’être,de s’exprimer et d’informer
Préface
À qui s’intéresse à la profession de grand reporter, médite e sur l’aventure de l’information auXXIsiècle ou, plus sim-plement, s’interroge sur le métier d’homme, je ne saurais trop recommander ces pages.
Ce Tintin des quartiers nord de Marseille, à la fois Français épris de la France, enfant prodigue de la terre de ses ancêtres, l’Algérie, et citoyen du monde, incarne une haute idée du journalisme d’investigation.
Quel personnage ! Aventurier des temps modernes tombé très jeune dans la marmite des médias, il a sillonné caméra au poing certaines des régions les plus dangereuses de la planète. Il a, comme le petit reporter belge, rencontré des criminels de tout acabit, des traquants en tout genre, des terroristes, des mercenaires, des desperados, etc., bref, toute une ribambelle d’affreux jojos dont il a su comprendre et dépeindre l’humanité – déchue mais réelle – par le miracle de l’écoute et d’un œil sûr, sans jamais s’abandonner à la moindre complaisance ou succomber à la tentation de justi-er l’injustiable.
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Donner une voix et un visage aux sans-grade, aux plus infortunés et même aux salauds, an de comprendre leurs cheminements et surtout d’éclairer l’opinion sur ces dérives, voilà qui semble avoir constitué l’une des motiva-tions les plus anciennes et les plus constantes de son enga-gement de journaliste.
Ce baroudeur-né qui ne recule devant aucun danger tout en ayant un sens très aigu de la limite à ne pas franchir (ce qui lui a sauvé maintes fois la vie !) a remonté la piste de jeunes djihadistes algériens morts dans des attentats-sui-cide en ayant provoqué d’affreux carnages ; suivi à la trace d’odieux proxénètes albanais et recueilli les témoignages poignants de leurs victimes ; rencontré des intermédiaires fort peu recommandables en Irak avant et après l’inva-sion américaine de 2004 ; fait la connaissance de Talibans afghans qui l’ont initié au fonctionnement du marché de l’héroïne, si orissant dans leur pays ; hanté des quartiers de Téhéran où prostituées en burqa et toxicomanes noctam-bules prospèrent sur un terreau de misère et de désolation… Mais tout cela, toutes ces enquêtes qui ont pour cadre des univers parfois très glauques, il les a conduites sans perdre son âme, sa capacité d’émerveillement, sa rigoureuse ten-dresse qui lui a toujours fait haïr la violence et refuser de pactiser avec la facilité.
Intrépide et doux, compatissant mais intransigeant, empathique et solitaire, culotté et respectueux, drôle et grave, patient et passionné : tel est Karim Baïla. Tel il appa-raît ici sous la plume alerte et fascinée de Luc Missoum. La vie et l’œuvre de Baïla offrent une magnique matière au biographe, dont ce jeune centralien – qui n’est pas pos-sédé par l’idolâtrie des diplômes et sait que l’école de la vie et parfois même celle de la rue donnent une intelligence
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différente et plus précieuse souvent que celle que l’on éva-lue dans les grandes écoles – a su se saisir avec beaucoup de bonheur.
Conteur inspiré, Luc livre un portrait plein de feu du reporter. Par moments, on se croirait en plein roman tant l’aventure est rocambolesque, l’ambiance oppressante, le journaliste sur le l du rasoir. C’est le roman vrai de la car-rière pleine de périls et de charmes d’un journaliste d’inves-tigation qui fait du « terrain ».
À d’autres moments, l’analyse est plus philosophique, ou sociologique. On lira ainsi d’intéressantes réexions sur le devenir du métier de journaliste, son statut social, sa préca-rité croissante. L’auteur écrit :« Nos institutions qui portent si haut la liberté d’expression ne donnent pas pleinement les moyens à nos reporters d’exprimer toutes les facettes de la réalité quand elle vient d’ailleurs. Comme si, dans le fond, ça ne nous concerne plus. »:Ou bien « La tyran-nie de l’immédiateté dans nos pays est antinomique avec un véritable travail d’immersion. Le monde des médias est devenu celui de l’éphémère, du tout, tout de suite, de l’ins-tant volé et sensationnel. Le temps du véritable journalisme d’immersion est terminé. Comment alors montrer la réalité, non pas une, politiquement correcte, mais forcément multi-facette et paradoxale ? On n’accepte plus le paradoxe. Tout est blanc ou noir, vrai ou faux. Tout n’est plus qu’illusion. » Comment ne pas lui donner raison ?
Cet ouvrage plein de fraîcheur et de vie brosse le por-trait d’un homme mais aussi d’une époque, et bien entendu d’une profession que de nombreux écrivains ont su magni-er. En le lisant, on pense parfois à Kessel – celui deTous n’étaient pas des anges.On comprend, si on l’avait oublié,
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