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L'Occident méditerranéen

De
146 pages
La mondialisation de l'économie a élargi l'Union européenne et renforcé les relations avec tous les pays de la Méditerranée. Le processus de Barcelone, puis le projet de l'Union pour la Méditerranée n'ont pas abouti. La chute des régimes de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi a provoqué une coupure entre les parties orientales et occidentales du monde arabe, créant les conditions pour la fondation d'une Union regroupant les 5 pays de la rive nord (Portugal, Espagne, France, Italie, Malte) et les 5 du sud (le Maghreb et son prolongement sahélien).
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L’Occident méditerranéen Jacques SIMON
La mondialisation de l’économie a élargi l’Union européenne et
renforcé les relations avec tous les pays de la Méditerranée. Le processus
de Barcelone, lancé en 1995, visait à leur intégration dans un cadre
géopolitique commun. Les difficultés générales pour sa réalisation étant
trop grandes, l’Union pour la Méditerranée (UPM) sera créée en 2005 aux L’Occident méditerranéenambitions plus modestes.
Ce projet échoue quand un tsunami a provoqué une coupure profonde
entre les parties orientales et occidentales du monde arabe. De ce fait, les
conditions existent maintenant pour la fondation d’une Union regroupant
dans l’égalité les cinq pays de la rive nord de la Méditerranée (Portugal,
Espagne, France, Italie, Malte) et les cinq du sud (le Maghreb et son
prolongement sahélien).
Les deux premières parties du livre sont consacrées à une étude
historique détaillée de la politique africaine de la France, celle de son
Empire et de sa décolonisation. Après un état des lieux de la situation
actuelle, l’auteur avance une série de propositions pour la réalisation de
cette Union pour la Méditerranée, regroupant dans un même cadre les
peuples dont l’histoire est mêlée depuis l’Antiquité. Elle formerait alors
une grande puissance face à celle des États-Unis et des pays émergents
comme la Chine, l’Inde ou le Brésil.

Jacques Simon est né en 1933 à Palat (Algérie). Il s’engage dans la lutte
pour l’indépendance de l’Algérie après le congrès d’Hornu, participe à
la construction de l’USTA. Docteur en Histoire, président du CREAC,
il dirige deux collections (Histoire, Politique et société) aux éditions
L’Harmattan.
Illustration : La méditerranée d’après GéoATLAS.
ISBN : 978-2-343-01729-7
14,50 e
Collection « CREAC-HISTOIRE »
dirigée par Jacques Simon
Jacques SIMON
L’Occident méditerranéen


L’OCCIDENT MÉDITERRANÉEN




















© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-01729-7
EAN : 9782343017297

JACQUES SIMON





L’OCCIDENT MÉDITERRANÉEN

















L’HARMATTAN CREAC-HISTOIRE
Centre de Recherches et d'Études sur l'Algérie Contemporaine
Le CREAC entend :- Promouvoir la publication d'ouvrages anciens, tombés dans le
domaine public dont la richesse historique semble utile pour l'écriture de l'histoire. -
Présenter et éditer des textes et documents produits par des chercheurs, universitaires
et syndicalistes français et maghrébins.
Déjà parus:
La Fédération de France de l'USTA Jacques SIMON, en 2002).
Avec le concours du Fasild-Acsé
- L’immigration algérienne en France de 1962 à nos jours (œuvre collective sous la
direction de Jacques Simon)
- Les couples mixtes chez les enfants de 1 'immigration algérienne. Bruno Lafort.
- La Gauche en France et la colonisation de la Tunisie. (1881-1914). Mahmoud Faroua,.
- L'Etoile Nord-Africaine (1926-l937), Jacques Simon,.
- Le MTLD (1947-1954) (Algérie), Jacques Simon
- La réglementation de, l’immigration algérienne en France. Sylvestre Tchibindat.
- Un Combat laïque en milieu colonial. (1891-1955). Chokri Ben Fradj
- Novembre 1954, la révolution commence en Algérie. J. Simon
- Les socialistes français et la question marocaine (1903-1912) Abdelkrim Mejri
- Les Algériens dans le Nord pendant la guerre d’indépendance. Jean René Genty.
- Le logement des Algériens en France. Sylvestre Tchibindat.
- Les communautés juives de l’Est algérien de 1865 à 1906. Robert Attal.
-Le PPA (Le Parti du Peuple Algérien) J.Simon
-Crédit et discrédit de la banque d’Algérie (seconde moitié du XIXè siècle) M.L.Gharbi
-Militant à 15 ans au Parti du peuple algérien. H. Baghriche
-Le massacre de Melouza. Algérie juin 1957. Jacques Simon
- Constantine. Le cœur suspendu. Robert Attal
- Paroles des communautés juives de l’Est algérien de 1865 à 1906. Robert Attal.
- Le PPA (Le Parti du Peuple Algérien) J. Simon
e- Crédit et discrédit de la banque d Algérie (seconde moitié du XIX siècle) M. L. Gharbi algérien. H. Baghriche
- Le massacre de Melouza. Algérie juin 1957. Jacques Simon
- Constantine. Le cœur suspendu. Robert Attal
- Paroles d'immigrants : Les Maghrébins au Québec. Dounia Benchaâlal
- « Libre Algérie ». Textes choisis et présentés par Jacques Simon.
- Algérie. Le passé, l'Algérie française, la révolution (1954-1958). Jacques Simon.
- Messali avant Messali. Jacques Simon.
- Comité de liaison des Trotskystes algériens. Jacques Simon.
- Le MNA. Mouvement national algérien. (1954-1956). Nedjib Sidi Moussa J. Simon
- Algérie. L'abandon sans la défaite (1958-1962). Jacques Simon
- Constantine. Ombres du passé. Robert Attal
- Biographes de Messali Hadj. Jacques Simon
2010
Algérie. Naufrage de la fonction publique et défi syndical. (Entretiens) L. Graine
2011
L'Algérie au passé lointain. De Carthage à la Régence d'Alger. Jacques Simon
2012
- L’Assemblée constituante dans le mouvement nationaliste algérien. Jacques Simon
- Juif berbère d’Algérie. Itinéraire (1933-1963) Jacques Simon
PRÉSENTATION
La région méditerranéenne s’inscrit dans une réalité
géographique et une histoire longue : celle du millénaire de
Carthage et de l’Empire romain d’Occident, disloqué après les
einvasions barbares. La conquête arabe au VIII siècle établit une
césure entre les rives nord et sud de la Mare nostrum qui se
prolonge jusqu’en 1830. Elle disparaît après la formation de
l’empire africain de la France, l’installation de l’Espagne dans le
Rif et le Sahara et celle de l’Italie en Libye.
La décolonisation de l’Afrique française a distendu sans les
supprimer, les liens qui unissaient les deux rives où une situation
s’est installée, marquée par plusieurs traits particuliers :
– la disparité en termes de croissance démographique ;
– une différence dans le domaine d’exercice des libertés
démocratiques et d’État de droit fondées sur la laïcité ;
– le poids de l’islamisme qui explique pour une large part, le
retard technologique, scientifique et dans la recherche ;
– le faible développement des forces productives entraînant
une asymétrie dans les relations économiques, commerciales et
culturelles entre les deux rives.
Les guerres successives au Moyen-Orient ont créé une coupure
dans les différents segments de la Méditerranée et, en l’absence
d’une dynamique géopolitique fédérant la région, les initiatives
lancées comme l’Union pour la Méditerranée n’ont pas abouti,
créant des situations économiques et politiques très disparates.
La chute des régimes de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ont
provoqué un tsunami qui a disloqué le monde arabe, entraînant
avec la fracture ouverte entre Maghreb et Machrek, des conditions
favorables pour que l’Union méditerranéenne (les 5 pays de la rive
nord et les 5 pays de la rive sud) puisse se réaliser.

5Dans cet ouvrage, ces questions seront étudiées en les intégrant
dans une histoire de longue durée.
La première partie traite de la formation de l’Empire africain de
la France et des étapes de son détricotage pendant la période de la
décolonisation. Son étude sera faite de façon détaillée, car les
caractères généraux (l’économie, l’administration et la culture)
édifiés pendant ce long siècle ont perduré avec des formes
spécifiques dans les nouveaux États.

Dans la seconde partie, l’étude est centrée sur le cheminement
difficile de l’unité de la Méditerranée, jusqu’à la chute de Ben Ali.

La troisième partie sera consacrée aux bouleversements
provoqués par les « révolutions arabes » dans le monde
méditerranéen.

On s’attachera enfin à énoncer les obstacles indispensables à
surmonter et les propositions à faire pour construire le nouvel
Occident méditerranéen qui trouve ses fondements dans la
géographie et l’histoire.
6LE CADRE GÉO-HISTOTRIQUE
La géographie

L’Afrique du Nord appartient plutôt à l’Europe qu’à l’Afrique.
Entre Marsala en Sicile et le Cap Bon en Tunisie, la Méditerranée,
large de 156 km, est « une mer sans nom, mal individualisée qui,
entre Afrique et Sicile, étale ses bas fonds poissonneux, ses bancs
de corail et d’éponges, ses îles (souvent inhumaines parce que trop
faibles) ». (Braudel).
À l’ouest, le détroit de Gibraltar apparaît comme le chenal d’un
fleuve à l’intérieur d’un seul et même pays. Si l’Europe pouvait
être délimitée par une frontière, ce serait incontestablement l’Atlas.
Chaîne de montagnes plissée rattachée au système alpin, l’Atlas se
continue en Italie par l’Apennin, en Espagne par la Sierra Nevada.
Analysant les grandes lignes de la structure et du relief, les
géographes Birot (J) et Dresch (J) écrivent que :
« Le caractère le plus frappant est l’extraordinaire morcellement du relief,
la vigueur et la multiplicité des dénivellations, les faibles dimensions de
chaque unité morphologique. Plainettes et blocs montagneux
s’enchevêtrent et le paysage morphologique demeure rarement homogène
sur plus de 50 km.
Bien plus, à l’intérieur d’un bloc montagneux, même de dimension
1réduite, la variété des types morphologiques est extrême. »
L’air de famille entre les différentes parties de la Méditerranée
occidentale tient à plusieurs facteurs : la structure et le relief, le
climat, la végétation, les sols, l’hydrologie, la géographie agraire et
rurale, l’économie, la vie urbaine et industrielle. À partir de ces
généralités, ils ont dégagé les caractères originaux et les similitudes
de la géographie de la péninsule ibérique, de l’Italie et de ses îles
(Sicile, Sardaigne) et de l’Afrique du Nord.
Dans son étude magistrale, Fernand Braudel a établi la réalité et
la singularité de la Méditerranée occidentale en la fondant sur
l’unité physique (les péninsules, les montagnes, plateaux, plaines,
7
?les mers, littoraux et confins), et le climat pour établir que dans cet
espace, la circulation et le mélange des populations, les courants
d’échanges (commerce et transports, métaux précieux, monnaie et
prix), les rythmes de navigation, l’urbanisme, les modes de vie,
« les évènements, la politique et les hommes », ont contribué à
façonner « des destins collectifs et mouvements d’ensemble »
2communs d’une même civilisation .


L’histoire

Huit siècles durant, Carthage, installée en Afrique du Nord et en
Espagne a élaboré une civilisation punico-berbère, imprégnée de
3 judaïsme qui perdure pendant de longs siècles. À l’issue des trois
guerres puniques, Rome effectue la conquête de la Méditerranée,
en intégrant plus étroitement l’Italie, l’Espagne, la Gaule et
4l’Afrique du Nord.
« À l’intérieur de l’Occident tel qu’il est dominé par Rome, une large
communauté s’est constituée. À l’abri des fortifications qui la
prémunissent contre ce monde barbare que l’on a renoncé à absorber,
celle-ci a reçu une empreinte universelle qui lui donne partout le même
visage : large urbanisation allant de pair avec une foisonnante
municipalisation et une parure architecturale qui excite à la fois
l’admiration et la haine du Barbare réfractaire : romanisation autant par la
langue, les institutions et le droit que par les usages et la stratification
sociale, calquée sur celle de Rome et de l’Italie ; mise en valeur
industrielle et commerciale conforme aussi bien aux besoins locaux
qu’aux exigences de la collectivité. Par les routes maritimes et
continentales, des courants de marchandises se sont établis ; des échanges
de produits resserrent les liens entre les provinces. Des marchands, dont
l’organisation est partout à peu près la même, se chargent
d’approvisionner, parfois à de longues distances, les régions
consommatrices, servant de liens entre les foyers de production et celles-
ci, stockant, transportant, diffusant les produits (denrées alimentaires ou
articles manufacturés) : l’Afrique est ainsi en contact avec les Gaules et
les Espagnes, le Rhin avec la Méditerranée, l’Aquitaine ou la Tamise, la
Tamise avec la Garonne. Les déplacements des fonctionnaires, au
recrutement desquels coopère l’aristocratie municipale de toutes ces
5 provinces achèvent de souder toutes ces parties. »
La civilisation romaine qui a marqué l’Afrique du Nord n’a pas
procédé par additions successives d’éléments hétérogènes, mais par
une refondation permanente de tout le système. La participation
8
?des élites berbères à l’administration des cités explique la diffusion
et la vitalité d’une civilisation qui perdure dans les villes après la
6chute de Rome, l’invasion vandale et la conquête byzantine.
La coupure ultérieure de l’Empire romain entre Orient et
Occident a consacré l’existence d’une histoire longue différenciée
entre les deux parties de la Méditerranée.
eAu VIII siècle, la conquête arabe de l’Afrique du Nord, de
l’Espagne, des Baléares puis de la Sicile a brisé l’unité du monde
méditerranéen autour de la Mare nostrum des Romains. Les
relations maritimes ayant décliné, l’Occident s’est replié sur une
vie économique agricole largement autarcique avec des pouvoirs
nouveaux comme celui des Carolingiens. D’où la formule célèbre
de l’historien Henri Pirenne : « Sans Mahomet, Charlemagne eût
7été inconcevable. »
En 800, Charlemagne refonde l’Empire romain, mais la capitale
qu’il installe à Aix-la-Chapelle administre, de façon lâche, les
royaumes francs de l’Europe de l’Est et du Nord de l’Italie.
L’économie médiévale repose sur l’agriculture et les villes ne sont
8que de simples bourgades. Battus à Poitiers en 732, les Arabes
refluent en Espagne en gardant de fortes positions dans la
Narbonnaise et ils se montrent très actifs dans la course contre les
rivages d’Italie et de Provence.
Depuis la défaite éclatante des Musulmans à Las Navas de
Tolosa (1212), les rois chrétiens mènent une guerre permanente
pour la Reconquista de la péninsule ibérique. Les guerres
n’excluent pas cependant les échanges économiques et culturels
9 entre les adversaires. La première fracture intervient en 1492 avec
la chute de l’émirat de Grenade, suivie de l’expulsion des Arabes et
10 11 des Juifs et le détournement du commerce vers l’Atlantique. Elle
devient durable en 1571, avec la victoire décisive remportée par
12Philippe II sur le Sultan de Turquie, à Lepante.
eAu XVI siècle, coupés de l’Empire ottoman, les États
barbaresques connaissent avec la course un certain développement
e 13 jusqu’au milieu du XVII siècle. C’est ensuite une lente, mais
inexorable décadence. En 1830, Alger est réduite aux proportions
d’une ville de 30 000 habitants, les ports et les villes n’étant plus
14que de simples bourgades.
9La conquête de l’Afrique du Nord par la France, l’installation
de l’Espagne dans le Rif et celle de l’Italie en Libye, ont refondé
dans le contexte de la colonisation, l’ancien Occident romain.

Notes

1. Birot (P) - Dresch (J). La Méditerranée et le Moyen-Orient. Tome 1 –
La Méditerranée occidentale, PUF, 1953, p.3. Pour les étudiants de la
Sorbonne, ce livre était un ouvrage de référence.
2. Braudel (F). La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de
Philippe II, A. Colin, 1966 (T.I, p.106). La somme de Braudel a
durablement influencé les historiens comme Pierre Chaunu et Emmanuel
Le Roy Ladurie (Histoire de France. L’ancien régime, Hachette, 1991).
3. Chouraqui (A). Histoire des Juifs en Afrique du Nord, Hachette, 1985.
Simon (J). L’Algérie au passé lointain, L’Harmattan, 2011
4. Nicolet (C). Rome et la conquête du monde méditerranéen. 2. Genèse
d’un empire, (PUF, 1978) ; Lepelley (C). Rome et l’intégration de
l’Empire, 44 av.J.C – 260 ap.J.C, PUF, Nouvelle Clio, 1998.
5. Harmand (L). L’Occident romain, Payot, 1960, p.472. En Afrique du
Nord, il comprenait l’Afrique proconsulaire (Tripolitaine), la Numidie, les
Mauritanies Césarienne et Tingitane et en Espagne : la Tarraconaise, la
Lisutanie et la Bétique.
6. Julien (Ch-A). Histoire de l’Afrique du Nord (Tunise,-Algérie-Maroc),
Payot, 1931 ;
7. Pirenne (H) Mahomet et Charlemagne, PUF, 1935, réed. 1992,
coll.Quadrige.
8. Duby (G). L’économie rurale et la vie des campagnes dans l’Occident
médiéval. Flamarrion, 1962, 2 vol.
9. Weibel (E). Occident- Maghreb, treize siècles d’histoire. Ellipses,
2010.
10. Benassar (B et J). 1492. Un monde nouveau ?, Perrin, 1991 ; Perez
(J). Isabelle et Ferdinand, Rois Catholiques d’Espagne. Fayard, 1988.
11. Chaunu (P et H). Séville et l’Atlantique (1504-1690), SEVPEN 1955-
1956 (6 vol ; plus Atlas). Le transfert du commerce de Séville vers
l’Atlantique, cause de la décadence de la Méditerranée.
12. Braudel, op.cit. (T.II – III –IV –Lépante).
13. Monlaü (J). Les États barbaresques, PUF, 1964 ;
e14. Tal Shuval. La ville d’Alger vers la fin du XVIII siècle, CNRS, 2002.

10PREMIÈRE PARTIE

LA POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE
(1830-1962)

La France fait la conquête de l’Algérie en 1830, mais ce n’est
eque dans la seconde moitié du XIX siècle qu’elle devient une
puissance impérialiste.


CHAPITRE I

L’EMPIRE AFRICAIN DE LA FRANCE
L’expédition d’Alger n’est pas fille de la politique coloniale de
la Restauration ; ce fut un expédient improvisé pour liquider une
histoire embrouillée de créances et une simple opération de
politique intérieure. Elle visait à diviser l’opposition parlementaire
libérale, à satisfaire les vœux des négociants marseillais et à offrir à
l’armée incertaine, un triomphe facile et un riche butin avec le
pillage du trésor du Bey.
La chute de la Régence suivie de celle de Charles X, laissa la
monarchie de Juillet dans l’embarras. Elle finit par opter, après une
période de tâtonnement, pour une occupation restreinte et une
1colonisation libre (1830-1840).

La conquête de l’Algérie
La tentative d’installer un protectorat à l’Est avec le bey Ahmed
et à l’ouest avec l’émir Abd-el Kader ayant échoué, l’occupation
totale fut décidée. Après la reddition de l’émir en 1847 et la prise
de Constantine, la conquête se poursuit après la soumission de la
Grande Kabylie en 1857 et les oasis du Sud algérien : Gerryville,
Laghouat et Biskra puis Ghardaïa, Ouargla et Touggourt. De 1859
à 1865, Duveyrier parcourt le Mzab, atteint El Goléa et explore le
Tassili des Ajjers et le Fezzan. La marche vers le Sud prend fin
après la répression de la révolte des Ouled Sidi Cheikh (Sud
Oranais et Hodna) en mars-avril 1865 et la tension qui monte en
2Europe après 1866.
Pendant le Second Empire, la colonisation marque des succès
économiques réels, avec l’aide du grand capital, promoteur des
travaux publics (routes, barrages, chemins de fer, mines, villes),
13