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L'unité normande

De
268 pages
La Normandie vient d'être réunie administrativement. Mais la Normandie historique avait-elle besoin d'une loi pour prouver son existence propre ? L'unité normande réalisée autour du Viking Rollon en 911, a traversé les siècles. En 1911, on fêtait le Millénaire normand en grande pompe, mais cette fête populaire n'a pas su changer un état d'esprit en une volonté politique. Dans cet essai, des poètes, des hommes politiques, des personnalités normandes, nous prouveront la perennité de la Normandie.
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Franck Buleux
L’uniténormande Réalité historiqueet incertitude politique
CONNAISSANCE DES RÉGIONS Normandie
L’unité normande
Collection « Connaissance des Régions »
Cette collection accueille des monographies régionales
Éric Fabre, Laine et drap en haut Verdon.Une haute e e Provence textile (fin XVII – milieu XX siècle),2015.Guy Penaud,Dictionnaire des sénateurs de la Dordogne,2015. Christine Belcikowski,Les chemins de Jean Dabailou la dissidence d’un fils du petit peuple de Mirepoix au temps de la Révolution française,2014.Cédric Carré,1805, Napoléon revoit l’Aube, 2014.
Raoul H. Steimlé,Francs-Comtois célèbres et moins connus, 2014.
Serge La Barbera,Trilogie Périgourdine, 2014.
Franck Buleux L’unité normandeRéalité historique et incertitude politique
© L’Harmattan, 2015 57, rue de l’ÉcolePolytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978234307329-3 EAN : 9782343073293
INTRODUCTION
Poser des termes, c’est d’abord tenter de les définir. Aborder la questionde l’unité normande sous-entend d’abordde déterminer, puis de reconnaître, son existence préalable fondée à la fois sur des paramètres et des justifi-cations légitimes; c’estensuite penser que cette unité a été et/ou est remise en cause, indiquant ainsi une certaine fai-blesse quant à la reconnaissance de son identification et la pérennité de celle-ci. Pourtant, a priori, l’exerciceintellectuel paraît, en appa-rence, aisé, voire même naturel pourrait-on affirmer de manière péremptoire. Il suffit, en effet,d’observer une carte géographiqueet d’y distinguerles Normandie. Les Normandie plurielles, car en scrutant une carte adminis-trative de la nation française, on y distingue, encore au moment où ces lignes sont écrites, en tenant compte de l’estuaire de la Seine, une Haute-Normandie, à l’est, et une Basse-Normandie, à l’ouest, formées, ensemble, de cinq départements distincts comprenant une population estimée à plus de 3 300 000 habitants sur un espace territorial géo-graphiqued’environ30 000 km². Au-delà de notre nation-État, la France, en agrandissant le spectre de notre regard à quelques encablures de nos côtes bordant la Manche, tout en nous projetant dans le contexte historique, on dénombre un troisième territoire, celui-là rattaché à la Couronne bri-tannique, que l’on appelle, de notre côté du Channel, les
îles Anglo-Normandes. La qualité exprimée d’«Anglo-Normandes » pour caractériser ces îles augurent bien du fait qu’elles soient, au moins, « Normandes » même si leur territoire, excepté l’archipel de Chausey, partie du terri-1 toire français, est britannique . Même sil’existencede ces îles sera anecdotiquedans l’ensemble de cet essai, il me semblait nécessaire de rappeler leur caractère normand pendant la période historique ducale et la permanence de celui-ci si l’on se réfère au maintien de leur appellationdu côté français de la Manche. Si la Normandie, nonobstant cette particularité insu-laire, semble connue, et reconnue, de tous, c’est qu’il émane une conscience consensuelle de son existence et au-delà de celle-ci, une réalité probable de son identité à tra-vers son unité. Or, cette unité, moteuret raison d’être de cet essai, ne peut pas s’exprimerex nihilo, sans fondement et surtout, n’aurait pas pu être en mesure de se pérenniser sans une permanence historique, alliant héritage et deve-nir, mêlant passé, présent et futur. Au-delà même de cette permanence qui nous fait cons-tater, observant une carte géographique ou feuilletant un livre d’histoire, l’existence de cette terre normande, peut-on sans doute imaginer que celle-ci est née d’évènements et que, peut-être, elle a été, ou est encore, source créatrice d’espoirs,au-delà de ses terres et de ses côtes.L’élément qui fonde l’essence même de l’unité d’un territoire sur lequel vit une population est probablement une double conscience populaire: conscience d’une population endo-gène, mais aussi conscience des populations exogènes. Ainsi, une entitén’existe que par une double représenta-
1  Même si les îles Anglo-Normandes (« Channel Islands » en langue anglaise) dépendent de la Couronne britannique, elles ne font ni partie du Royaume-Uni (R-U), ni de l’Union européenne(UE).
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tion, liée à une reconnaissance intérieure, mais aussi une reconnaissance exogène, extérieure au territoire. De quoi la Normandie est-elle le nom pourrait-on nous interroger, parodiant ainsi ce mode de questionnement devenu contemporain ?L’unité d’une population sur un territoire défini se fonde sur un, ou plusieurs, critères. L’unité d’un territoire ne fonde pas,ipso facto, l’unité d’une population. Il peutcohabiter, sur un même territoire, plusieurs peuples ayant, chacun, conscience de leur exis-tence. On retiendra, ici, la notion de peuple comme étant une population ayant une conscience commune d’appartenanceà un ensemble humain, conscience liée, ou non, à un territoire. Ainsi, la conception de l’ethnos grec, qui fonde l’existence d’un peuple,repose sur des dénomi-nateurs communspouvant être l’histoire, la géographie, la langue commune... Le territoire normand a été, globalement, fixé en 911. Certains territoires, situés à l’ouest,ont fait l’objet de rat-2 3 tachement, notamment en 933 , voire bien plus tard , mais nul ne remet en cause cette réalité : la province normande est la seule réalité territoriale française qui existe, comme représentation historique, depuis plus d’un millénaire. L’élément fondateur retenu est le traité formé entre le roi de France, Charles III le Simple et le chef viking, le plus couramment dénommé Rollon, dont les compagnons d’aventureselon les historiens divisés à ce provenaient, sujet, de Norvège ou du Danemark actuels. Quoi qu’il en soit, la Scandinavie n’est pas contestée pour ce qui est de
2  En 933, le duc de Normandie, Guillaume Longue-Épée, fils naturel de Rollon et de Poppa de Bayeux, rattache le Cotentin et lAvranchin au duché de Normandie. 3  En 1790, lors de la mise en place de la départementalisation française, la province du Perche, issue de l’Ancien Régime, sera morcelée et une partie de celle-ci, située autour de la commune de Mortagne-au-Perche, sera intégrée au département de l’Orne.
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