La Chine, un nouveau partenaire de développement de l'Afriqu

De
Publié par

La montée en puissance de la Chine en Afrique ces dernières années suscite beaucoup de polémiques. Que fait la Chine en Afrique ? Pourquoi la coopération sino-africaine est-elle ainsi sujette à controverse contrairement aux relations presque exclusives qu'avait le continent noir avec l'Occident ? L'auteur analyse, avec une abondante documentation, les enjeux économiques, énergétiques, diplomatiques, politiques et géopolitiques d'une coopération décriée.
Publié le : mercredi 1 avril 2009
Lecture(s) : 331
EAN13 : 9782336275550
Nombre de pages : 293
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

A Ma mère Françoise Nambona. Bien qu’analphabète, comme de très nombreuses femmes africaines, tu as compris que l’école était la voie royale pour accéder à un avenir meilleur et tu as tout mis en oeuvre pour que je puisse aller aussi loin que possible dans les études et avoir aujourd’hui l’aptitude d’écrire un livre. Merci maman.

SIGLES ET ABREVIATIONS
AGOA: African Growth and Opportunity Act (la loi sur la croissance et les opportunités en Afrique) APD : Aide publique au développement APE : Accords de partenariat économique ASECNA : Agence pour sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar BAD : Banque africaine de développement BDEAC : Banque de Développement des Etats de l’Afrique
Centrale

BM : Banque mondiale BRIC : Brésil, Russie, Inde et Chine CAD : Comité d’aide au développement CASCN : Collectif actif de la société civile au Niger CCFD : Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement CEAN : Centre d’études d’Afrique noire CEDEAO: Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest CEMAC: Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale 9

CNODC : China National Oil and Gas exploitation Development Corporation CNPC : Chinese National Petroleum Corporation (Compagnie nationale chinoise de pétrole) CNRS : Centre nationale de la recherche scientifique CNUCED : Conférence des Nations unies pour le Commerce et le Développement COMESA: Marché commun d’Afrique de l’Est et australe EXIMBANK : Export-Import Bank (China) FAO : Fond des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

FED : Fonds européen de développement FIDH : Fédération internationale des droits de l’Homme FMI : Fonds monétaire international GNPOC : Greater Nile Petroleum Operating Company (Compagnie des pétroles du Grand Nil - Soudan) IAASTD : International Assessment of Agricultural Science and echnology for Development (Evaluation internationale des sciences et technologies agricoles au service du développement) IDE : Investissement direct étranger IFI : Institution financière internationale ITIE: Initiative de Transparence des Industries Extractives (ou Extractive Industries Transparency Initiative) 10

NEPAD : Nouveau partenariat pour le développement (de l’Afrique) OCDE : Organisation de Coopération et de développement Economiques OMC : Organisation mondiale de commerce ONG : Organisation non gouvernementale ONU : Organisation des Nations unies OUA : Organisation de l’unité africaine PAC : Politique agricole commune PAS : Programme d’ajustement structurel PCQVP : Publiez ce que vous payez PIB : Produit intérieur brut R&D : Recherche et Développement RDC : République Démocratique du Congo RFI : Radio France internationale RNB : Revenu national brut SADC : Communauté de développement d’Afrique australe SINOPEC: China Petrochemical Corp (Société chinoise de pétrochimie) SNPC : Société nationale des pétroles du Congo

11

SONATRACH : Société nationale algérienne de recherche, d’exploitation, de transport par canalisation, transformation et de commercialisation des hydrocarbures UA : Union africaine UE : Union européenne ZLEA : Zone de libre-échange des Amériques

12

PREFACE
Dans sa quête de progrès et de développement, l’Afrique se trouve confrontée à un certain nombre d’obstacles. Qu’ils soient structurels, culturels, historiques ou simplement liés à une gouvernance qui ne semble pas évoluer dans le bon sens, ces obstacles compromettent les chances de beaucoup de pays africains pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement en 2015. D’un autre côté, les engagements pris par les pays développés de consacrer 0,7% de leur revenu national brut à l’Aide Publique au Développement tardent à se concrétiser, et ce n’est pas faute de moyens, si l’on se réfère aux sommes astronomiques qui ont été mobilisées en quelques jours pour sauver le système financier du monde occidental et relancer ses économies en récession. D’où vient-il que le continent africain semble si peu intéresser l’Europe et l’Amérique du Nord ? L’Afrique, qui atteindra bientôt le milliard d’habitants, n’est-elle pas un marché à conquérir ? Les immenses besoins en infrastructures du continent ne sont-ils pas une aubaine pour les entreprises du Nord ? L’Afrique est-elle simplement un réservoir de matières premières, de voix aux Nations Unies, voire un regroupement de pré carrés ? Il est évident que l’Afrique et ses dirigeants portent une responsabilité certaine dans cette image consacrée d’un continent sans avenir, confiné au cercle vicieux de la pauvreté et des guerres civiles. Mais peut-être que l’argent du contribuable américain ou européen, qui a été massivement utilisé pour rattraper les erreurs coupables des banques les plus riches de la lanète, 13

Un nouveau partenaire de développement de l’Afrique

aurait pu être mieux utilisé pour sauver une partie de l’humanité de la pauvreté et de la misère, créer un marché émergent pour les entreprises du Nord et contribuer à une meilleure santé de la planète par la conservation de la nature luxuriante qu’offre le continent africain. C’est-ce que semblent avoir compris certains pays émergents, dont la Chine. Avec beaucoup d’opiniâtreté et une solide argumentation, Thierry Bangui a mis en relief les intérêts croisés que se sont découverts l’Afrique et la Chine depuis déjà plusieurs décennies, mais dont la gestion a connu un coup d’accélérateur ces dernières années, mue par ce que l’auteur a appelé « la géostratégie et le développement ». La Chine a besoin de l’Afrique et l’Afrique est satisfaite de cette coopération gagnant-gagnant, où l’exportation de ses matières premières trouve en contrepartie la livraison d’infrastructures dont elle a un immense besoin, ainsi que l’importation des produits manufacturés dont les prix sont accessibles à la majorité de sa population pauvre. L’auteur n’occulte pas les effets pervers de cette coopération, mais mets en relief ce nouveau type de relations dépassionnées, dans lequel il appartient à chaque partie de tirer le meilleur de l’autre, en fonction de ses propres intérêt politiques, économiques et diplomatiques. Un regard sévère est porté sur le bilan de 50 ans de coopération avec l’Occident, dont l’échec relatif a toujours été mis sur le dos de l’Afrique, ses dictateurs, sa corruption endémique et sa pauvreté désespérée. Le monde sera de plus en plus bientôt dirigé par une nouvelle génération de femmes et d’hommes qui n’a connu ni la deuxième guerre mondiale, ni la colonisation, qui n’a qu’un vague souvenir de la guerre froide et qui a été

14

Préface

éduquée à l’ère des nouvelles technologies. On peut aujourd’hui l’appeler la génération OBAMA. En Afrique, cette génération est suffisamment décomplexée pour porter un jugement froid sur la responsabilité des uns et des autres, dans cette coopération AfriqueOccident asymétrique, où l’autocritique n’est pas équilibrée et dans laquelle demeurent des relents de condescendance et de paternalisme. Thierry Bangui appartient à cette nouvelle génération, qui est convaincue que l’Afrique a conquis le droit de choisir ses amis et qu’elle dispose aujourd’hui de plus de possibilité de choix qu’elle n’en avait auparavant. Tout en mettant en valeur les avantages que les Africains tirent de ce nouveau type de partenariat avec notamment la Chine, l’auteur rappelle la grande responsabilité de l’Afrique dans la définition de son rôle dans le monde, de ses stratégies de développement et de sa vision de son avenir. Il souligne qu’il serait irresponsable de jeter l’anathème sur les partenaires traditionnels de l’Afrique (Europe, Amérique), pour ne trouver que des qualités aux nouveaux partenaires. L’Afrique a besoin de tous, pays développés comme pays émergents, pour sortir de sa pauvreté, à condition qu’elle sache définir ses propres priorités et sa stratégie. Anicet Georges DOLOGUELE Président de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) Ancien Premier ministre de la République Centrafricaine

15

AVANT-PROPOS
A quelques exceptions près, les articles et ouvrages portant sur la relation Chine-Afrique sont produits par d’auteurs occidentaux 1 avec des analyses et conclusions similaires, fustigeant, dans leur ensemble, les actions de la Chine sur le continent noir. Le présent ouvrage est, à contrario, un regard africain de la coopération sino-africaine, un regard globalement positif, tout en soulignant que cette coopération gagnera à être améliorée. Ce livre, qui s’adresse au grand public, est nourri d'une bibliographie abondante et d'entretiens ciblés avec diverses catégories de populations (entrepreneurs, politiques, responsables d’administration, universitaires, citoyens…) non seulement africaines mais aussi occidentales et chinoises. Mes remerciements vont, d’une part, à Marie Béranger Gassin et à Jean-Claude Giacottino pour leur relecture du manuscrit et, d’autre part, à Monsieur Anicet Georges Dologuélé qui a bien voulu préfacer cet ouvrage. Je suis, bien entendu, seul responsable des propos et jugements émis dans les paragraphes qui suivent. Thierry Bangui

L’ouvrage du journaliste sénégalais, Adama Gaye, cité en bibliographie, est un des rares africains.

1

17

INTRODUCTION
L’Afrique, un nouveau terrain d’enjeu géostratégique L’Afrique délaissée par les Occidentaux à la fin de la guerre froide, pour se tourner vers les pays de l’Est est redevenue subitement à l’aube de ce XXIe siècle, un terrain d’enjeu géostratégique, convoitée non seulement par les Occidentaux – cherchant à la reconquérir – mais surtout par les pays émergents asiatiques et latino-américains, les Emirats du Golfe… au premier rang desquels la Chine. On assiste en effet à une présence croissante de la Chine en Afrique ces dernières années. Cette montée en puissance chinoise suscite débats et controverses. A ce propos, deux thèses s’affrontent : l’une soutient que la présence chinoise est une opportunité pour le continent noir ; l’autre soutient le contraire, estimant que l’engouement de la Chine pour l’Afrique constitue une menace pour le continent. Les critiques qui reviennent dans la seconde thèse sont : - la Chine envahirait, recoloniserait l’Afrique et pillerait ses ressources naturelles ; - la Chine ne serait pas regardante sur la démocratie, les droits de l’Homme, la bonne gouvernance, l’environnement ; - le déferlement des produits manufacturés chinois, mettrait en difficulté la production, les entreprises locales ; - les entreprises chinoises viendraient avec la main d’œuvre chinoise, n’embaucheraient guère localement ; - la Chine prêterait sans conditions, conduirait ainsi le réendettement des Etats africains ; - etc. 19

Un nouveau partenaire de développement de l’Afrique

Ces critiques, savamment voire arrogamment entretenues par les Occidentaux – à l’exemple de la déclaration du président français, Nicolas Sarkozy : « Je ne voudrais pas que les Occidentaux aient tout fait pour désendetter l’Afrique et que celle-ci se ré-endette auprès des Chinois »2 –, sont-elles fondées ? Sont-elles partagées par les Africains ? La présence croissante chinoise est-elle une opportunité pour le continent ? Quelle est la place de l’Occident et notamment de l’Europe aujourd’hui en Afrique ? Ce sont, entre autres, des questions auxquelles cet ouvrage s’efforce de répondre. Question de terminologies Ce livre traite la question de géostratégie et du développement. Une compréhension de la terminologie « géostratégie », souvent confondue avec la « géopolitique », est nécessaire. Nous faisons une distinction entre ces deux termes. Il existe une littérature abondante sur la « géopolitique ». Dans l’introduction de son ouvrage, Alexandre Defay3 précise que la géopolitique a pour objet l’étude des interactions entre l’espace géographique et les rivalités de pouvoir qui en découlent. En revanche, la géostratégie se définit comme la mise en œuvre d’instruments opérationnels au service d’un grand dessein de politique internationale ou de politique militaire. Elle est une méthode de l’action politique dans l’espace, une étude des relations de force entre puissances, à partir de l’ensemble des données géographiques. C’est donc la terminologie qui correspond à l’objectif que poursuit ce livre, qui est d’apporter des réponses aux interrogations formulées plus haut.
Déclaration faite par Nicolas Sarkozy à Luanda, en Angola, le 23 mai 2008. 3 Defay Alexandre, La Géopolitique, éditions PUF, 2005, pp.4-5
2

20

Introduction

L’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a très justement relevé : « Depuis cinq ans, les économies africaines vont mieux et de nouveaux leaders, plus libres et plus exigeants, ont fait leur apparition. Beaucoup de choses changent, il y a des raisons d’être optimiste » 4 . En effet, depuis 2002, la croissance moyenne du PIB des pays africains est régulièrement supérieure à 5% ; beaucoup de conflits des années 1990 (Sierra Leone, Liberia, Mozambique, Angola, Côte d’Ivoire…) se sont résorbés où en voie de résorption ; beaucoup de situations se sont modifiées en faveur de la démocratie (même si on peut déplorer l’existence encore des « présidents à vie » et des révisions de Constitution dans ce but). La société civile 5 s’affirme de plus en plus sur le continent. Le besoin en matières premières dont regorge l’Afrique s’accroissait et leurs cours s’envolaient jusqu’à l’apparition de la crise financière au second semestre 2008 qui ralentirait vraisemblablement ce bon élan. Néanmoins, les indicateurs restent globalement au vert. Les dirigeants africains saurontils saisir cette nouvelle opportunité qui se présente, pour améliorer le quotidien des populations et inscrire le continent, jusque là marginalisé, dans l'économie mondiale ? Cet ouvrage analyse les raisons du regain d’intérêt pour l’Afrique et ses répercussions économiques, politiques et diplomatiques.

L’hebdomadaire Jeune Afrique n° 2452 du 6 au 12/01/2008, rubrique « Ils ont dit ». 5 Comme Publiez ce que vous payez (PCQVP) au Gabon et au Congo, le Collectif actif de la société civile au Niger (CASCN), etc.

4

21

PARTIE I

L’AFRIQUE : LA CHINE, LA CHINE, ENCORE LA CHINE !

« Quand je veux construire 5 kilomètres de routes, avec la Banque mondiale ou les autres institutions financières internationales, il me faut 5 ans. Avec la Chine, c’est quelques jours. Je dis oui ou je dis non, ils viennent, on signe le papier, ils sont sur place ». Abdoulaye Wade, Président sénégalais, au Sommet UEAfrique de Lisbonne, décembre 2007. « La Chine sera pour toujours un ami, un partenaire et un frère [une sœur !] de l’Afrique ». Hu Jintao, Président chinois, extrait de son discours de bienvenue au Sommet Chine-Afrique de Beijing, novembre 2006.

25

La Chine, une grande puissance du XXIe siècle : un nouveau partenaire de développement de l’Afrique
Dans la préface de son ouvrage, Guilhem Fabre écrit : « La Chine présentée dans les médias est souvent réduite absurdement à un marché, à une grande puissance en devenir ou à un pion dans ce qui nous est présenté comme l’ultime affrontement entre les droits de l’homme couplés à l’économie de marché, et le dernier bastion communiste. Derrière ces visions simplificatrices se profile un questionnement bien réel sur le positionnement de l’Occident vis-à-vis du nouveau géant du tiers-Monde »6. La Chine est aujourd’hui incontestablement une puissance avec laquelle tous les pays du monde, riches ou pauvres, veulent entretenir des relations économiques, diplomatiques, etc. La Chine doit son fulgurant dynamisme économique à Deng Xiaoping, architecte des réformes et de l’ouverture dans les années 1980, qui a su préparer son pays, jadis à économie sociale héritée de Mao, à une économie ouverte que l’on connaît aujourd’hui. Cette ouverture économique rend le pays attractif d’une part et offensif sur le reste du monde dont l’Afrique où il conquiert de plus en plus des parts de marché et s’approvisionne par le même temps en matières premières.
Fabre Guilhem, Chine : crises et mutation, éditions L’Harmattan, 2002, p.11
6

Chapitre 1

27

Un nouveau partenaire de développement de l’Afrique

« La politique impulsée par Deng Xiaoping depuis 1978 pour tirer la Chine de son sous-développement et de son isolement comportait deux volets : la réforme économique et l’ouverture vers le monde extérieur – en chinois duiwai kaifang –, inséparables l’une de l’autre. La réforme avait pour but de remettre le pays sur pied pour qu’il redevienne une grande puissance ; l’ouverture était destinée à apporter à la Chine les capitaux et la technologie nécessaires à son développement, un marché pour ses produits et des attaches solides avec un monde qui connaissait une expansion rapide ; en particulier aux EtatsUnis, au Japon et aux quatre Petits Tigres dont les succès économiques la fascinaient », a écrit Patrice De Beer7. Cette réforme fait aujourd’hui de ce sous continent asiatique, la troisième économie mondiale. En effet, en juillet 2007, la Chine a dépassé l’Allemagne et devient la troisième économie mondiale, derrière les Etats-Unis et le Japon. Elle avait déjà doublé la France et le Royaume-Uni en 2005. En 2007, le PIB chinois qui est d’environ 3100 milliards de dollars dépasse celui de l’Allemagne de quelques 100 milliards de dollars. La Chine en Afrique, une opportunité pour le continent ? Les besoins en matières premières de la Chine et la compétitivité de ses produits exportés bouleversent l’économie mondiale. L’Afrique tire profit de ces bouleversements. En un quart de siècle, les échanges avec l’Afrique ont considérablement augmenté : ils ont en effet été multipliés par 50 entre 1980 et 2007 pour atteindre 55 milliards de dollars. La Chine est devenue désormais le
7

De Beer Patrice, La Chine : le réveil du dragon, éditions Centurion, 1989, p. 101

28

L’Afrique : la Chine, la Chine, encore la Chine !

troisième partenaire commercial du continent africain, après les Etats-Unis et la France. En une décennie, elle a supplanté successivement le Portugal, le Japon, l’Inde, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Avec plus de 1,3 milliard d’habitants et donc autant de consommateurs potentiels, la Chine est non seulement une opportunité en marché pour les pays africains mais également un grand acheteur des matières premières du continent. Elle constitue ainsi une importante opportunité pour l’Afrique en lui offrant d’autres alternatives sans que le continent ne renie ses partenaires traditionnels (l’Europe, la France, la Grande Bretagne, les Etats-Unis, etc.). L’Afrique peut utiliser cette situation nouvelle au mieux de ses intérêts. Encore faut-il que l’Afrique définisse en quoi consistent ses intérêts. L’Afrique a connu pendant longtemps des cours faibles de ses matières premières et des prix élevés de produits manufacturés venus des pays occidentaux. L’irruption de la Chine sur le marché des matières premières dont elle a un énorme besoin, créé de la concurrence et change aujourd’hui la donne. D’une part, les produits manufacturés venant de la Chine sont vendus à des prix défiant toute concurrence, accessibles à un grand nombre d’Africains et d’autre part les Chinois sont disposés à acheter aux Africains les matières premières à leur juste prix. La coopération chinoise s’accompagne de surcroît de prêts sans conditions ou presque, contrairement aux pratiques des pays occidentaux et institutions financières internationales (FMI, BM…). Par ailleurs, les services des dettes occidentales absorbent souvent des proportions non négligeables du PIB de beaucoup de pays africains. Pour ces raisons, les dons et prêts chinois sont bien perçus sur le continent, pendant que les IFIs (la Banque mondiale et le FMI notamment) et les puissances occidentales les dénoncent.

29

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.