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La défense antimissiles en débat(s)

De
362 pages
le Club "Participation et progrès" n'a cessé de s'intéresser au thème des missiles, en liaison, à la fin du 20e siècle, avec l'utilisation croissante des missiles et des antimissiles dans les conflits récents. Les Etats-Unis ayant remis en avant, en 2007, cette défense antimissiles, le thème a été repris et débattu avec de nombreux contributeurs dont les interventions sont publiées dans ce livre.
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LA DEFENSE ANTIMISSILES EN DEBAT(S)

2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanl @wanadoo.fr

@ L'Harmattan,

ISBN: 978-2-296-05362-5 EAN : 9782296053652

Sous la direction de

Pierre PASCALLON

LA DEFENSE ANTIMISSILES EN DEBAT(S)

L'Harmattan

PUBLICATIONS Dans la collection « Défense» Défense et renseignement, 1995 Quel avenir pour les drones ?, 1998 Les transmissions militaires, 2000 Quelles perspectives pour le deuxième porte-avions français?, 2000 Quelles perspectives pour le Transport Aérien Militaire français?, 2001 Quelle défense pour la France à l'aube du XX/me siècle ?, 2001 Quelles perspectives pour le renseignement spatial et aérien français après le Kosovo?, 2001 La guerre des missiles, 2001 Les Armées françaises à l'aube du 2 ime siècle Tome l : La Marine Nationale, 2002 Tome II : L'Armée de l'Air, 2003 Tome III : L'Armée de Terre, 2004 Tome IV : La Gendarmerie Nationale, 2006 Tome V : Les Armées françaises à l'heure de l 'lnterarmisation et de la Multinationalisation, 2007 Le bouclier antimissiles américain après les attentats du Il septembre 2001 ?, 2002 Quelle protection du territoire national contre le terrorisme international?, 2003 La politique de sécurité de la France en Afrique, 2004 Renforcer l'intégration de la Défense dans la Nation, 2004 Demain, les drones de combat?, 2004 Satellites et Grands Drones dans le cadre de la politique spatiale militaire française et européenne, 2005 La politique de sécurité autour de la Méditerranée, lac de Paix, 2005 Quelles menaces, demain, sur la sécurité de la France?, 2005

La dissuasion nucléaire en question(s), 2006 Les zones grises dans le monde d'aujourd'hui: le non-droit grangrène-t-illa planète ?, 2006 Quelle politique de Défense pour la France à I 'heure de l'élection présidentielle de 2007 ?, 2007 Quel avenir pour l'OTAN?, 2007

A. C. E. D. S.

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« Défense

»

Le moment n'est hélas pas venu - peut-il d'ailleurs venir? - où la force militaire pourrait être reléguée dans le
« linceul de pourpre où dorment les Dieux morts », chers à
André MALRAUX.

Le monde est en effet constitué de longtemps sinon de toujours «d'Etats-Nations» dont le nombre ne cesse de progresser et progressera sans doute encore au xxrème siècle s'il faut en croire la prophétie du Père Serge BONNET: « Le XX/me siècle sera plus encore que le x:.yème siècle le siècle des Nations ». . Se pose à ces «Etats-Nations» le problème de leur défense, c'est-à-dire la fonction vitale d'assurer leur sécurité, leur paix, leur indépendance, l'obligation de préserver et de pérenniser les signes forts d'une identité nationale à travers les accidents de l'Histoire, à savoir: un territoire et la communauté consciente des hommes qui I'habitent. On peut convenir en effet d'appeler «politique de Défense» l'ensemble des mesures et dispositions de tous ordres prises par le Pouvoir pour assurer la sécurité et l'intégrité du territoire national dont il a la charge et, par ricochet, la paix du peuple qui y vit. Pour utiliser les termes très voisins retenus par l'ordonnance du 7 janvier 1959, la Défense «a pour objet d'assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes les formes d'agression, la sécurité et l'intégrité du territoire ainsi que la vie de la population ». . Cette collection entend accueillir les réflexions qui touchent le domaine de la Défense ainsi défini, domaine global, multiforme, en constante évolution, en privilégiant bien sûr le cas de la France et de l'Europe dans un contexte qui est désormais, ici aussi, de plus en plus d'emblée « mondialisé ». Pierre PASCALLON

SOMMAIRE
INTRODUCTIONGENERALE. . .. . .. . .. .. . . .. . . . .. . . page 11
ET

P ARTIE I : LA

MENACE:

LA PROLIFERATION

NUCLEAIRE

BALISTIQUE. . . .. . .. . .. . .. . .. . ..

. . .. . .. . .. . .. . .. ... . . . .. page 31

PARTIE II: LA DEFENSE ANTIMISSILES DE TERRITOIRE... COMME REPONSE A CETTE PROLIFERATION NUCLEAIRE ET BALISTIQUE page 61 PARTIE III: L'OBSESSION ANTIMISSILES DE TERRITOIRE PERMANENTE DES ETATS-UNIS ET LE DEPLOIEMENT ACTUEL DU BOUCLIER ANTIMISSILES AMERICAIN EN EUROPE DE L'EsT ... page 123
PARTIE IV: LES DE CONSEQUENCES DU DEPLOIEMENT TERRITOIRE SUR LES RE LA TIONS EN EUROPE 143

INTERNATIONALES ANTIMISSILES

ACTUEL DU BOUCLIER

AMERICAIN

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . .. page

CONCLUSION GENERALE SVNTHESE
BIBLIOGRAPHIE.

page 311 page 333
349

... ...

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . ... .. page

T ABLE DES MA TIERES

.. .. .. .. ..

.. .. .. ...

page 355

-7-

Nos premiers remerciements vont, bien sûr, à Jean-Yves CHEVALIER Emmanuel Dupuy qui se sont beaucoup et investis, avec gentillesse et dynamisme, dans l'organisation, à l'Ecole Militaire le 15 octobre 2007, de notre colloque dont cet ouvrage rassemble les actes
Nous voulons aussi remercier de tout cœur les intervenants qui, très nombreux, ont accepté de collaborer à une de nos journées «marathon» et d'en respecter les horaires très tendus... Grâce soit rendue aussi à nos deux Présidents: le Général Jean RANNOU et l'Amiral Pierre LACOSTE pour la maestria avec laquelle ils ont menés ces débats..

Enfin, merci encore et toujours la petite équipe du Club « Participation et Progrès» et à Chantal pour l'aide qu'elle nous a apportée dans l'élaboration de cet ouvrage.

INTRODUCTION GENERALE

Quelques données historiques sur le bouclier antimissiles américain par Pierre LACOSTE Amiral Ancien Directeur Général de la DGSE

Bien que le sujet central de ce colloque soit celui de l'actualité du déploiement et des projets d'extension du «bouclier antimissiles» américain en 2007, il me semble nécessaire, à titre introductif, de rappeler quelques données historiques pour évoquer les évolutions du contexte géopolitique qui sont en rapport avec cette question. Je prendrai successivement trois périodes: «l'Initiative de Défense Stratégique» de R. REAGAN,dans les années 80, la politique de W. CLINTON, a position des néo-conservateurs l arrivés au pouvoir en 2001. 1°) Dans les années 80, la « Guerre des Etoiles» a relancé la course aux armements, mais on était encore dans le cadre de la dissuasion. Cette initiative répondait à trois objectifs: - proposer l'image d'un «bouclier» sur lequel les missiles soviétiques viendraient se fracasser, afin de rassurer l'opinion publique américaine horrifiée par la perspective du suicide collectif, la «MAD », la destruction mutuelle assurée; - lancer un formidable programme de recherche dans les domaines les plus prometteurs des technologies avancées, les missiles, l'espace, l'informatique, les réseaux, etc. Utiliser le budget fédéral pour subventionner l'industrie privée, n'est-ce pas un

-13-

paradoxe pour des Républicains, champions de l'économie libérale? - épuiser l'économie soviétique, déjà écrasée sous le poids des dépenses militaires... Cette stratégie de «guerre économique à grande échelle» a parfaitement réussi. Les Russes ont tenté de relever le défi, ce qui a contribué, pour une large part, à l'effondrement de l'URSS. Cependant, malgré les pressions des lobbies et des plus radicaux des conservateurs, R. REAGANn'avait pas dénoncé les traités de limitation des armes stratégiques, le Traité ABM et les mesures de confiance d'Helsinki, poursuivant ainsi la politique de détente défendue notamment par les Européens. 2°) En 1993, après la démonstration éclatante de la puissance militaire américaine contre l'Irak et la défaite électorale du Président BUSH père, W. CLINTON, ans s remettre en cause les traités précédents, a commencé à réduire les crédits du Pentagone et n'a pas relancé le développement des ABM. En revanche, il a proposé à ses concitoyens de s'attaquer à une «nouvelle frontière », la conquête de tous les marchés du monde, en tirant profit des « gains de productivité» liés, en grande partie, aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Pour mener cette autre guerre économique, il a, lui aussi, mis les moyens de l'Etat à la disposition des entreprises. L'exemple du réseau «Echelon », détourné de la surveillance de l'URSS pour fournir tous azimuts des renseignements d'ordres industriel, économique et commercial, a scandalisé une bonne partie de l'opinion européenne. 3°) En 2001, dès leur retour au pouvoir, les néoconservateurs, les « faucons », dirigés par le vice-Président Dick CHENEY,le véritable «parrain» du lobby militaro industriel, ont immédiatement relancé la course aux
-14-

armements et le déploiement des ABM, en augmentant fortement les crédits du Pentagone. Convaincus d'être seuls en mesure de jouer les gendarmes du monde, ils ont défendu sans complexe une politique unilatéraliste destinée à consacrer la victoire définitive de leur modèle politique et économique, «la fin de l'histoire» selon FUKUYAMA. Plus cyniquement, ils veulent être absolument libres de lancer des attaques préventives, sans avoir à se soumettre aux votes du Conseil de Sécurité ou aux avis contraires de leurs alliés. Pour être certains de pouvoir agir en toute impunité, il leur faut achever le déploiement des ABM. La recherche d'une protection absolue, rupture asymétrique des principes d'équilibre, dont la dissuasion nucléaire est un des principaux facteurs, est en cohérence avec l'unilatéralisme et surtout avec les intérêts de l'industrie d'armement. L'espoir d'invulnérabilité, à l'abri des représailles, est évidemment une illusion; mais il en faut plus pour dissuader les « faucons» de pratiquer, à nouveau, une de ces stratégies aventureuses d'apprentis sorciers, dont la guerre lancée contre l'Irak en 2003 est le plus récent et le plus calamiteux des exemples. Avant de conclure, je ferai deux remarques complémentaires qui seront certainement reprises par plusieurs des intervenants. La société américaine dépend de plus en plus des applications spatiales. La conscience de cette vulnérabilité se traduit par la hantise d'un « Pearl Harbour spatial» et ceci a largement contribué à la dénonciation des traités précédents et au gel des négociations en cours, par exemple PAROS. Il y a déjà une militarisation passive de l'espace, via les satellites d'observation, d'alerte, de communications militaires et les systèmes de localisation. Mais la perspective d'une militarisation active, d'une « arsenalisation » (weaponisation of space), est absolument contraire à l'esprit -15-

des traités précédents. Or, les programmes qui sont en cours,
comme OPERATIONALRESPONSIVE SPACE, PROMPT GLOBAL STRIKE ou TARSATMICRO SATELLITESde l'US Air Force,

démontrent la volonté des dirigeants actuels des Etats-Unis de s'engager dans cette voie. Qu'en sera-t-il dans dix huit mois, lorsque la faillite attendue de l'aventure irakienne aura très probablement provoqué le retour des Démocrates au pouvoir? Dernière remarque. En nous focalisant sur les missiles balistiques à grande portée, n'oublions pas que le bouclier ABM ne serait guère efficace contre d'autres menaces, par exemple des trajectoires tendues ou bien des missiles de croisière parfaitement furtifs. Et puis, pensons surtout à toutes les surprises que réservent les stratégies du faible au fort. Il ne manque pas d'esprits imaginatifs pour contourner les défenses, par exemple en utilisant les inépuisables ressources des moyens et des technologies civiles. Les terroristes du 11 septembre 2001 n'ont-ils pas été capables de déjouer toutes les mesures de sécurité de l'aviation civile et de la défense aérienne des Etats-Unis?

-16-

Les enjeux du déploiement du bouclier antimissiles américain en Europe à l'été 2007 par Pierre P ASCALLON
Professeur Agrégé de Faculté Président du Club « Participation et Progrès»

.

On parle beaucoup,

ces derniers mOIS, ces dernières

semaines, du « bouclier antimissiles ».

On rappelle que le bouclier antimissiles

antimissiles» - se veut - quelle que soit sa modalité - un « système de systèmes» associés pour accomplir une tâche unique: la destruction - par interception - d'un missile adverse selon le schéma très général que voici (cf. schéma n°l).
Schéma n01 Le principe général de la défense antimissiles

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Source: construction personnelle

-17-

On sait que l'on a coutume - dans ce cadre général - de distinguer deux modalités, à dire le vrai de plus en plus liées, de la défense antimissiles : la défense antimissiles de théâtre (<< Theater Missile Defense»: TMD) et la défense antimissiles de territoire (<< National Missiles Defense»: NMD). On se centre ici sur la défense antimissiles de territoire, puisque c'est d'elle dont il s'agit essentiellement dans les débats actuels. Le principe de ce bouclier antimissiles de territoire - qui est par excellence un « système de systèmes» - est une illustration très directe du schéma général - présenté au-dessus - de la défense antimissiles, comme en témoigne le schéma n02 :
Schéma n02 La défense antimissiles de territoire

Satellite de téléguidage équipé de dispositifs

équipé

Satellite d'alerte de détecteurs

infrarouges

,~::C[l]~ Missile agresseur

infrarouges

Véhicule exlra' atmosphérique tueur (EKV)

Ilse sépare de la fusée
pour percuter la té te du missile

agresseur

Radar d'alerte avancée

,

Radar à bande

X

Poste de commandement
du combat

Intercepteur baséau sol
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Il fournit à l'oidinateur de gestion la trajectoire du missile agresseur
.. , , ...l~-'-dlP-'!!~m.~_~~'ri,!l~d~I'O.f.os.,

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.,

AfP ,...,.."

-18-

C'est, bien sûr, le projet de bouclier antimissiles de territoire américain qui est le projet le plus ancien. Il intercontinental russe - dans les années 1956-1957 avec le programme BAMBI (BAllistic Missile Boost Intercept) -. Ce projet de bouclier antimissiles est repris en 1983 par le Président REAGAN, ans le cadre de 1'« Initiative de Défense d Stratégique (IDS), popularisé par les médias sous le nom de « guerre des étoiles» ; il s'agit, grâce à l'utilisation de lasers, de radars et d'intercepteurs basés à terre et dans l'espace, d'être capable de détruire tout missile balistique menaçant le territoire des Etats-Unis, les missiles balistiques soviétiques, bien sûr. Les Américains devaient reconnaître, à la fin des années 80, que le projet IDS était sans doute démesuré et ils vont se concentrer davantage, à partir des années 87, sur le développement d'une défense antimissiles de territoire plus limitée que l'IDS. On aura, dans cet esprit, la « guerre des étoiles allégée» qu'entend mettre en place, en 1991, le Président BUSH (senior) , avec son projet GPALS (Global Protection Against Limited Attacks) ; puis, la « guerre des
étoiles bis»

.

démarre, en effet, moins d'un an après le 1er essai de missile

- moins

ambitieuse et plus réaliste pourtant que

l'IDS -, suite à la prolifération balistique qui se dessine (tir d'un engin nord-coréen), avec le «National Missile Defense Act », voté au Congrès de 1999 par les Démocrates et les
Républicains, main dans la main; et enfin

-

quatrième

épisode avec George BUSHGunior) -, le « retour de la guerre des étoiles» ou, au moins, d'une partie de la guerre des étoiles, avec un système d'abord terrestre, devant devenir, à terme, un système beaucoup plus développé dit « multicouche» (cf. Tableau n01 et schéma n03), intégrant une composante navale, voire spatiale (avions et satellites), permettant de détruire les missiles balistiques dès leur phase de lancement, c'est-à-dire avant qu'ils aient pu prendre de la vitesse et lancer des leurres; système qui s'affranchirait définitivement des limites posées par le Traité ABM jugé -19-

obsolète; système qui protègerait non seulement les 50 Etats américains, mais aussi leurs alliés 1.
Tableau nOI Les différents boucliers antimissiles américains

Source: Air et Cosmos, jer mars 2002, p58 Schéma n03 Les options du roO de défense américain et

Pour une présentation plus fouillée, cf. BAULON(J-P) : «Le missile, Défense en 2007 », Défense et Sécurité Internationale, n026, mai 2007. -20-

1

Le 17 décembre 2002, le Président BUSH ordonne aux armées américaines de commencer à déployer les premiers éléments du bouclier antimissiles pour 2004-2005. Et les travaux ont effectivement démarré en 2002, à Fort Greely en Alaska (cf. schéma n04) qui est, en quelque sorte, sur la « route» des missiles adverses, avec des sites censés constituer un centre d'essais d'où seront tirés à la fois les missiles «cibles» et les intercepteurs par véhicules « tireurs».
Schéma n04 Déploiement stratégique en Alaska

Source: Le Figaro, 14 juin 2002,p4

Et, dans le même esprit, Washington a officiellement demandé, le 20 janvier 2007, à la République Tchèque et à la Pologne d'accueillir respectivement une station radar et dix -21-

intercepteurs de missiles pour parer d'éventuelles attaques en provenance de l'Iran, selon le schéma nOS:
Schéma n05

Alors, quels sont - à l'été 2007 - les enjeux du déploiement de ce «segment» européen du bouclier antimissiles américain impliquant la Tchéquie et la Pologne?

**** **

1- On peut dire que, pour les Etats-Unis, il s'agit - avec la poursuite du déploiement de leur bouclier antimissiles - de conforter le « cœur» militaire de leur hyperpuissance. . Les Etats-Unis cherchent depuis toujours à se doter d'une « défense sans impasse »2, assurant au mieux l'invulnérabilité de leur territoire continental. Le rêve des Américains est bien, dans cette perspective, de conserver
2 ISNARD (1): «L'Amérique Monde, 22 mars 2002. cherche une défense sans impasse », Le

-22-

leur «épée» - le «nucléaire» - tout en se dotant d'un « bouclier », d'une «carapace» c'est le système antimissiles qui doit garantir encore davantage le sol de l'Oncle Sam -, afin que leur territoire soit et reste complètement inviolable. En d'autres termes, il ne s'agit donc pas - avec le bouclier antimissiles - de remplacer la dissuasion vue comme «sanctuarisation », mais de la compléter, si possible, pour parvenir - grâce au projet d'une défense antimissiles vue comme de la « supersanctuarisation» - à une défense globale et complète, réduisant, à terme, la vulnérabilité du territoire américain à toute agression balistique externe, hier celle des fusées de l'Union Soviétique, demain ou après-demain, il pourrait s'agir des fusées balistiques intercontinentales des «pays voyous» de «l'axe du mal» (Iran, Corée du Nord,...) et, dans quelques années, plus sûrement, de la Chine, la future super-puissance, au centre des préoccupations stratégiques américaines et sans doute la vraie cible cachée du projet de bouclier antimissiles américain. . Il convient donc - au nom d'une version stratégique du principe de précaution - de continuer à développer, parmi les toutes premières priorités, la «Missile Defense », afin de rendre les Etats-Unis invulnérables de façon asymptotique à la menace politique et stratégique des armes de destruction massive. A dire le vrai, le bouclier antimissiles américain, qui continue à se mettre en place afin d'assurer le renforcement de la protection de leur territoire national, est conçu dans une perspective de plus en plus «offensive ». Les Etats-Unis entendent passer, en effet, de la « dissuasion» (<< deterrence») à l'action «préventive» (<< preemption ») : c'est la doctrine des frappes préventives, de la guerre « pré-emptive» ou « préventive» de l'Administration BUSH. Dans ce cadre, la défense antimissiles est perçue - le concept de «sanctuarisation agressIve» est utilisé par -23-

certains en ce sens - comme l'outil qui doit permettre aux Etats-Unis de frapper comme ils l'entendent à travers le monde: l'Irak, la Chine,...? sans craindre en retour de représailles graves. Bref, le bouclier antimissiles permet de substituer au concept et au scénario de la «destruction mutuelle assurée» (MAD) - où l'équilibre des forces en présence interdit aux adversaires la possibilité d'une attaque préventive puisque celle-ci serait immédiatement suivie d'une riposte de même grandeur ou supérieure - le concept de « destruction unilatérale assurée» (DUA) ; en un mot, il devient le complément nécessaire à la « projection de forces militaires» ; autrement dit, de la capacité des Etats-Unis de porter tout de suite la bataille sur le sol ennemi, sans exposer son propre territoire à un nouveau chantage. On perçoit mieux, ainsi, le rôle clef que joue et doit jouer demain le bouclier antimissiles pour les Etats-Unis qui, avec cet outil d'une supériorité absolue et définitive, visent désormais la suprématie dans la défense plutôt que l'égalité dans la dissuasion. L'Oncle Sam est devenu - suite aux changements géostratégiques de 1989-91 : effondrement et dislocation de l'URSS,..., 1'« hyperpuissance », dans une situation de domination et de suprématie sans partage. Depuis, cette hyperpuissance américaine cherche à confirmer, voire à amplifier, cette hégémonie et cette supériorité en toute hypothèse, dans toutes les situations, pour toutes les formes de menaces et de conflits, en s'érigeant le droit - dans le cadre d'une stratégie offensive d'action préventive - de ne tolérer aucun rival (<< peer no competitor »). On comprend mieux, dans cette perspective, la place centrale - c'est bien le «cœur du cœur» - de la défense antimissiles de territoire puisque, tout en continuant à perfectionner leur « épée» - conventionnelle, mais aussi nucléaire -, les Etats-Unis se donnent - en construisant et en déployant leur bouclier - une asymétrie, une supériorité absolue: on sort bien de la dissuasion mutuelle habituelle et
-24-

de la parité nucléaire - ; les Américains se donnent - avec le bouclier - les moyens d'approfondir leur leadership et leur unilatéralisme. II-A condition que l'hyperpuissance américaine reste la seule à construire une «ligne Maginot de l'espace» interdisant l'arrivée sur le sol des Etats-Unis de missiles intercontinentaux nucléaires ennemis. . Or - on le sait -, les grandes puissances émergentes n'entendent pas laisser indéfiniment aux Etats-Unis ce monopole et cet avantage militaire absolu basé sur la « space dominance» et le « space control ». Nous sommes bien, en effet, au point de départ d'une relance de la course aux armements dans l'espace, d'une nouvelle compétition stratégique et militaire dans l'espace, cette ultime frontière où se livre et se livrera de plus en plus demain la grande bataille pour la suprématie. La Chine, en particulier - ce n'est pas une surprise, même si on n'attendait pas si tôt cette
irruption en force

- entend

devenir une puissance spatiale de

premier plan et elle vient d'adresser, en ce sens, un message ferme à Washington en pénétrant dans le cercle très restreint des rares pays (Etats-Unis, Russie) capables de détruire des objets spatiaux. Après le sans faute de deux vols habités effectués au cours des dernières années, Pékin vient en effet de tester avec succès, le Il janvier dernier, un missile antisatellites, en réussissant à désintégrer un vieux satellite d'observation, météorologique en orbite à quelque 800 Km d'altitude, par un missile balistique tiré de la terre depuis le site de Xighang. En clair, si les Etats-Unis persistent dans leur projet de déployer en Asie (au Japon,...) des systèmes antimissiles commandés à partir de l'espace, la Chine se réserve la possibilité de les neutraliser; oui, Pékin ne laissera pas se mettre en place, dans sa «proximité », des éléments du bouclier antimissiles américain de nature à nuire à la crédibilité de sa dissuasion nucléaire.
-25-

Force est de reconnaître que la Russie ressent de façon similaire le déploiement de la composante européenne du bouclier antimissiles américain « à ses portes », en tchéquie et en Pologne, à I'horizon 2012. Selon Washington - on l'a vu -, ce segment européen de leur défense antimissiles vise à contrer les frappes éventuelles de l'Iran. Ce «bouclier» n'est en rien tourné contre Moscou; les experts américains insistent sur le fait
que leur dispositif ne serait d'ailleurs guère adapté - si c'était le cas - face à l'arsenal russe comprenant des centaines de

.

missiles. Il n'empêche. Moscou ne l'entend pas de cette oreille. Les Russes tempêtent, s'inquiètent de ce déploiement non loin de leurs frontières, dans leur « glacis naturel» ; déploiement qui menace leur sécurité dans la mesure où il empiète sur leur « étranger proche », compromet à leurs yeux la force de leur dissuasion nucléaire; déploiement dont l'objectif réel consisterait à chercher à accentuer l'avantage stratégique des
Etats-Unis à leur détriment, à l'heure où

-

sorti de son

hibernation des années 50, dopé par les pétro-dollars, Moscou s'attache avec force à revenir sur la scène mondiale. Bref, Moscou dénonce un projet hostile à... la Russie et dangereux pour l'équilibre géostratégique de l'Europe; menace de pointer les missiles russes sur les nouveaux sites américains demain, en Pologne et en République Tchèque; annonce une suspension du traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE) et se réserve de relancer la production de missiles de portée intermédiaire (500 à 5.500 Km). Simultanément, les Russes s'attachent à renforcer leur défense antimissiles intégrée dite « de zone »3 autour de leur

3

Cf. PROME (J-L): «Le parapluie ABM de Moscou: réalité ou fantasme? », Défense et Sécurité Internationale, n026, mai 2007. -26-

capitale4 avec, en particulier, un déploiement accéléré - pour la défense anti-aérienne autour de Moscou et des autres régions russes - de missiles sol-air 8-400. Les tensions Moscou- Washington sont telles en ce printemps 2007 que certains observateurs n'hésitent pas à y retrouver des accents de « nouvelle guerre froide» ou/et d'y déceler une nouvelle version de la « crise des euromissiles ». Malgré, ces dernières semaines (mai 2007), la multiplication des visites officielles américaines à Moscou pour essayer d'apaiser et de rassurer les Russes (réunions à haut niveau,. . .), les « grognements» de l'ancienne superpuissance - il faut le dire - n'effrayant pas trop Washington qui considère désormais que la Russie... n'est plus l'URSS!!! et que Moscou ne dispose donc plus aujourd'hui que d'un pouvoir régional et non plus global. . Et les Européens en ce temps de montée des incertitudes stratégiques entre les grandes puissances nucléaires? - On se souvient qu'en 2001 - suite aux annonces du Président BUSHsur le « Missile Defense », les Européens - à l'exception de Londres - affichèrent inquiétudes et réticences vis-à-vis du projet américain. La France s'autorisa, à
l'époque

- en

liaison avec la Russie, voire toute seule



dénoncer tout spécialement les effets destabilisateurs du projet américain perçu comme pouvant mettre en échec sa force de dissuasion nucléaire. Et on vit même
- corrélativement à ces critiques

-

se développer,

dans les

années 20001-2002, quelques plaidoyers pour une «Missile Defense européenne» et, chez nous, pour une «Missile Defense française» 5.
4 « 3ème type» de défense antimissiles qu'il faut, pour certains, distinguer de la défense antimissiles « de territoire» et « de théâtre », défense antimissiles « de zone» dont deux pays seulement sont dotés: la Russie et Israël. 5 Cf. PASCALLON (P): Le bouclier antimissiles américain après les attentats du Il septembre 2001, L'Harmattan, 2002.

-27-

Mais force est de reconnaître que l'offensive diplomaticomilitaire américain tous azimuts dans les années 2002-2003 allait réussir à faire taire tous les griefs vis-à-vis du bouclier sur le sol du vieux continent. - Va-t-on, aujourd'hui - face au déploiement annoncé de la composante européenne du bouclier américain - assister au même scénario? On a, semble-t-il - à observer ce qui se passe sous nos yeux ces derniers mois, ces dernières semaines -, toute raison de le penser. On retrouve, en effet, au départ, les divisions précédentes. Londres est toujours aux côtés de Washington qui voit « son» déploiement appuyé par Varsovie et Prague (au moins les gouvernements, les opinions publiques paraissant beaucoup moins enthousiastes). En revanche, l'Allemagne et la France marquent leurs différences, affichant leur scepticisme, sinon leur opposition. Mais les Etats-Unis travaillent à faire taire ces inquiétudes et ces réticences. La composante européenne du bouclier antimissiles américain ne va-t-elle pas, au final, protéger d'abord et surtout les Européens des menaces balistiques futures venant du proche-Orient? N'est-il pas temps - dans ce contexte - de rapprocher de plus en plus préoccupations américaines et préoccupations européennes, en fait très voisines, sinon semblables, dans le cadre de la réaffirmation de l'existence d'une « sécurité transatlantique» indissociable d'une « politique européenne de défense» ? Avec le bouclier américain dans le cadre de l' OTAN? Ou un propre bouclier antimissiles de l'OTAN comme on paraît s'y orienter?
**** **

Reste pourtant - et on voudrait conclure sur ces notations que l'on sent bien au total, en 2007 - face au déploiement annoncé du bouclier antimissiles américain en Europe orientale - que les Etats-Unis sont désormais en moindre

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puissance qu'ils ne l'étaient au tournant du XXIèmesiècle qui a marqué sans doute le sommet de leur hégémonie. La défense antimissiles de territoire - on en a persuadé devait être l'outil décisif et définitif permettant d'asseoir l'hyperpuissance américaine sur le plan militaire. Or, voilà que cette suprématie est battue en brèche, au cœur même de ce qui devait être l'instrument absolu de la supériorité en matière de défense, par les puissances émergentes, par l'ancienne superpuissance russe qui entend retrouver tout son lustre passé, voire par les Européens qui rêvent d'avoir plus de place à nouveau sur l'échiquier mondial. Nous sommes bien rentrés - comme en attestent d'ailleurs d'autres signes de l'effritement relatif de la puissance des Etats-Unis (fiasco américain en Irak,...) - dans la phase descendante du cycle de I'hyperpuissance américaine...

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PARTIE I
LA MENACE: LA PROLIFERATION NUCLEAIRE ET BALISTIQUE

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Au Proche-Orient

La situation au Moyen-Orient et dans le monde mulsulman par Xavier DE VILLE PIN Ancien Président de la Commission des Affaires Etrangères, de la Défense et des Forces Armées du Sénat

EVOLUTIONDUMONDEGEOPOLITIQUE Pierre HASSNER a situé l'état du présent, partant de trois événements fondateurs:

la chute de l'Union Soviétique suivie maintenant du retour de la Russie; - les attentats du Il septembre 2001 et l'irruption du terrorisme globalisé; - la guerre d'Irak à partir de 2003. L'ordre international est hétérogène et contradictoire. Aujourd'hui, apparaît une crise de la puissance et de l'influence américaine et européenne. Le trait le plus préoccupant réside dans la multiplication de guerres civiles. L'ascension de puissances émergentes constitue, pour partie, des atteintes potentielles à la suprématie des EtatsUnis. Dans cette transition, il est difficile de savoir si ces relations seront paisibles ou non. Les puissances occidentales doivent procéder à des négociations sur l'avenir. Nous assistons à une contre-révolution dans les affaires militaires. « Les guerres industrielles interétatiques tendent à être remplacées par des guerres au milieu du peuple» 1.Le problème de l'emploi de la force est devenu celui de la fragilité de sa légitimité.
1

-

Cf. SMITH (GaI R.):

The utility of force,

ouvrage soulignant

l'importance

de l'opinion publique.

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Le monde connaît à la fois une réduction de la pauvreté et une extension de la «somalisation », dans de nombreux Etats.
LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT MUSULMAN ET DANS LE MONDE

Israël - Palestine Les conflits sont nombreux et franchissent les frontières. Peut-on espérer les résoudre en commençant par l'israélopalestinien ou deviennent-ils imbriqués et liés, du fait de la pression de l'Iran et de la Syrie? Pour ma part, j'ai des doutes sur le succès réel de la Conférence de Washington, prévue le 26 novembre 2007. La bonne volonté est évidente, mais les conditions restent adverses: l'opposition du Hamas, la majorité réticente de l'opinion israélienne et les élections américaines. A l'heure des tensions avec l'Iran, de vraies perspectives de paix apparaissent difficiles. La situation régionale s'est encore aggravée, après la guerre de 33 jours engagée par l'Etat hébreu au Sud Liban, durant l'été 2006. Le Hezbollah semble avoir reconstitué ses forces, tout en étant désormais un élément politique majeur au pays du Cèdre. On rêve d'une solution, comme en Irlande du Nord, avec un Tony BLAIRdevenu disponible pour une nouvelle mission de recherche de la paix. Le conflit irakien Le pays connaît une tragédie après la guerre déclenchée en mars 2003. Saddam HUSSEIN,le dictateur, a disparu, mais, avec le temps, les difficultés augmentent: - les meilleurs alliés des Etats-Unis manifestent leur lassitude et voudraient retirer leurs troupes du guêpier irakien dans les meilleurs délais (cf. les Britanniques) ; - l'opinion publique américaine est désabusée. Les troupes ont déjà perdu plus de 3.800 soldats et il y a 12.000 -34-

blessés. On évoque le souvenir du Vietnam. Cependant, l'opposition démocrate n'arrive pas à définir une stratégie. Elle ne veut pas être tenue pour responsable d'un départ précipité et d'une lourde défaite; - ces réflexions ne peuvent pas dissimuler les souffrances de la population irakienne, soumise à des attentats quotidiens. On estime à 4 millions sur 25 les habitants obligés d'abandonner leur résidence. 2 millions sont partis à l'étranger (Syrie, Jordanie); les autres se réfugient à l'intérieur du pays ou à Bagdad; - les coûts de la guerre en Irak et en Afghanistan pourraient atteindre, à la fin de l'année, 800 milliards de dollars, un montant qui contribue à affaiblir l'économie américaine. Les pays sunnites ressentent une profonde inquiétude, en raison de : - la montée en puissance de l'Iran qui soutient les communautés chiites (Liban, Irak, Bahreïn) ; - la lutte contre le mouvement Al Qaïda s'est renforcée grâce au chaos irakien. A cet égard, il faut signaler l'opinion d'un directeur de la Rand Corporation, James DOBBINS,qui n'exclut pas un Moyen-Orient en flammes, de l'Hindu Kush à la Méditerranée. Le Président américain cédera sa place en laissant des troubles derrière lui. Si les tensions persistent, on ne peut exclure de nouveaux attentats terroristes en Europe. Que peut-il se passer en Iran? Téhéran poursuit ses activités nucléaires, tout en affirmant qu'il n'a pas l'intention de franchir le seuil militaire. Pour les Etats-Unis, leurs alliés européens et de grandes puissances comme la Russie et la Chine, l'accès de l'Iran à l'arme nucléaire entraînerait une prolifération dans la région: Arabie saoudite, Egypte, Turquie...

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Dans ce contexte, le Président AHMADINEJAD profère des propos inadmissibles à l'égard d'Israël. Les Iraniens se considèrent en position de force à cause de l'Irak où les chiites dirigent le gouvernement. Pour de nombreux Etats de la région, l'incertitude qui dure depuis des années devient insupportable.. . Trois hypothèses possibles: - les Etats-Unis, après l'élection de novembre 2008, transmettent le dossier au successeur élu en 2009. .. ; - des« frappes chirurgicales» sur les sites iraniens, au printemps 2008. Le Président BUSHparle d'une 3èmeguerre mondiale possible; - une négociation globale avec l'Iran (dans une période ou les progrès avec la Corée du Nord semblent positifs). Or, l'Iran connaît de grandes difficultés économiques et le pays demeure dépendant des prix du pétrole. Les sanctions financières donnent des résultats sans que l'on puisse percevoir de « changement de régime », malgré les divisions entre réformateurs et conservateurs.
LE SURARMEMENT DELAREGION La revue Hérodote, dans son numéro du 1er trimestre 2007 sur le Proche-Orient géopolitique, a publié un article de William LEDAY sur les équilibres militaires et stratégiques dans la région. La disparition de l'Irak comme puissance militaire constitue le vrai bouleversement de cette dernière décennie. Depuis 1991, l'éviction de l'Irak, en tant qu'acteur stratégique, est devenue durable et irréversible. Un axe Washington-Tel-Aviv-Ankara est à même de constituer une alliance solide. Mais elle est aujourd'hui menacée par une incursion des troupes turques en Irak pour punir le PKK qui a tendance à s'y réfugier. Seule l'acquisition de l'arme nucléaire par l'Iran marquerait un changement. Elle mettrait fin à une

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