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La diplomatie civile et humanitaire

De
143 pages
Dans ce livre, des experts africains livrent leurs réflexions sur une dialectique d'actualité: "la diplomatie civile et humanitaire et la dynamique genre dans la préservation de la Paix en Afrique". Les communications scientifiques réunies dans cet ouvrage, augmentées des allocutions des Premières dames d'Afrique présentes à la Conférence de Brazzaville, constituent un outil historique, indispensable pour tout chercheur de ces chantiers nouveaux que sont la diplomatie civile et humanitaire.
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La diplomatie civile et humanitaire
La dynamique Genre et Paix en Afrique
Actes du Colloque des experts à la VIème Conférence de la Mission de Paix des Premières Dames d’Afrique, Brazzaville, février 2008.

Ce livre est coédité par

Le Cabinet Géo-Ecostrapol
(Pointe Noire, République du Congo)

et la Collection « Comptes rendus » (L’Harmattan) (Paris, France)

 


© L'HARMATTAN, 2008 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN 978-2-296-06336-5 EAN 9782296063365

Sous la direction de

Anatole Collinet Makosso et Michel Mongo

La diplomatie civile et humanitaire
La dynamique Genre et Paix en Afrique

Actes du Colloque des experts à la VIème Conférence de la Mission de Paix des Premières Dames d’Afrique, Brazzaville, février 2008.

Géo-Ecostrapol

L'HARMATTAN, ITALIA Via Degli Artisti 15 ; 10124 Torino L'HARMATTAN HONGRIE Könyvesbolt ; Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest L'HARMATTAN BURKINA FASO Rue 15.167 Route du Pô Patte d’oie 12 BP 226 Ouagadougou 12 (00226) 50 37 54 36 ESPACE L'HARMATTAN KINSHASA Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Administratives BP243, KIN XI ; Université de Kinshasa L’HARMATTAN GUINÉE Almamya Rue KA 028 En face du restaurant le cèdre OKB agency BP 3470 Conakry (00224) 60 20 85 08 harmattanguinee@yahoo.fr L’HARMATTAN CÔTE D’IVOIRE M. Etien N’dah Ahmon Résidence Karl / cité des arts Abidjan-Cocody 03 BP 1588 Abidjan 03 (00225) 05 77 87 31 L’HARMATTAN MAURITANIE Espace El Kettab du livre francophone N° 472 avenue Palais des Congrès BP 316 Nouakchott (00222) 63 25 980 L’HARMATTAN CAMEROUN Immeuble Olympia, face à la Camair BP 11486 Yaoundé (237) 458.67.00/976.61.66 harmattancam@yahoo.fr

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Direction scientifique du colloque : Louis Bakabadio Avec la Collaboration de : Thalance Malonga Michel Poati-Tchicaya Omer Massoumou Anastasie Mackosso Patrice Bebeni Lazare Makayat Safouesse Jean-René Koya Engambe Nadia Macosso Marie-Thérèse Avemeka Julienne Ondziel Jocelyne Milandou Crédit Photos : Jean-Aimé Madounouh/Aimé Ondongo Réalisation de l’ouvrage : Anatole Collinet Makosso Eddie Tambwe

Ce livre est diffusé en Afrique par © Géo-Ecostrapol
Cabinet d’analyse géoéconomique, géostratégique et géopolitique

Pointe noire, République du Congo www.geoecostrapol.com

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Ouvrages déjà publiés par le Cabinet Géo-Ecostrapol
(en coédition avec les éditions L’Harmattan)
____________________________________________________ Eddie Tambwe et Anatole Collinet Makosso (Sous la direction de), RDCongo : les élections et après  ? Intellectuels et politiques posent les enjeux de l’après-transition, 2006. Dieudonné Ilunga Mpunga, Etienne Tshisekedi, le sens d’un combat, 2007. Kashemukunda Kasongo-Numbi, Les eaux et forêts de la RDCongo. Changement climatique de la planète : les enjeux, 2007. Anatole Collinet Makosso, Omer Kande, Emile Bosuku, Eddie Tambwe, L’Affaire des disparus du Beach de Brazzaville. Mises au point pour l’Histoire, 2007.c Anatole Collinet Makosso, Derniers mots dernières images, hommage à Jean Pierre THYSTERE TCHICAYA, 2008

Ouvrage à paraître
100 Questions/Réponses pour comprendre le processus électoral en République du Congo et dans le monde francophone.

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Sommaire ____________________________________________________
Présentation des contributeurs au colloque Préambule 9 11

La diplomatie civile et humanitaire. Une approche stratégique en vue de l’appropriation de la résolution 1325 des Nations Unies Anatole Collinet MAKOSSO 1. Le contexte général de déroulement du colloque Les femmes et la consolidation de la paix Jeanne Françoise LECKOMBA LOUMETO-POMBO La diplomatie civile et humanitaire : une démarche novatrice Charles Zacharie BOWAO 25

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2. La revue des situations conflictuelles en Afrique : un préalable méthodologique 33 Etat des lieux des conflits en Afrique Aurélien AGBENONCI 3. Femmes et culture de paix en Afrique Promouvoir l’éducation pour une culture de paix Vital BALLA Comment renforcer la culture de la paix ? Fatima Evelyne BANZANI-MOLLET 4. Protection des femmes et des filles contre les violences sexistes Protection des femmes contre les violences sexuelles Madeleine YILA-BOUMPOTO Protection des femmes et filles victimes de violences sexistes au Congo Micheline NGOULOU

35 61

63

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Défendre la paix, c’est défendre la mère et l’enfant : c’est défendre la famille Marie-Franck PUHRUENCE 95

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5. La femme dans les opérations de désarmement, de démobilisation et de réinsertion

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La Place de la femme dans les programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion. Cas de la République du Congo Béatrice MPASSI 103 La Place de la femme dans les programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion. Cas de la RDCongo Innocente BAKANSEKA 109 6. La participation des femmes aux accords et négociations de paix

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la participation des femmes aux accords et négociations de paix. Expérience de la République démocratique du Congo Monique KAPUWA KANDE 121 Ni guerre ni paix dans le Pool Mgr Louis PORTELLA MBUYU 7. L’action de la MIPREDA dans la prévention, le règlement et la gestion des conflits

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Plan d’Action de la Mission de Paix des Premières Dames d’Afrique : 20082009. Valérie Antoinette OSSIE et Anatole Collinet MAKOSSO 137

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Présentation des contributeurs au colloque
(par ordre alphabétique des noms) ________________________________________________________

Aurélien AGBENONCI : Coordonnateur (en République du Congo) des agences du système des Nations Unies et représentant-résident du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ; Vital BALLA : Président de l’Association congolaise d’amitié entre les peuples (ACAP) ; Evelyne Fatima BANZANI-MOLLET : Avocate au Barreau de Brazzaville (République du Congo) ; Innocente BAKANSEKA : Coordinatrice adjointe du Programme DDR (République Démocratique du Congo) ; Monique KAPUWA KANDE : Présidente de la Fondation Internationale de la Femme africaine pour le Développement (République Démocratique du Congo) ; Anatole Collinet MAKOSSO : Magistrat, Directeur de cabinet de la Première Dame de la République du Congo, directeur exécutif du cabinet Géo-Ecostrapol ; Béatrice MPASSI : Conseillère économique du Haut Commissaire à la Réinsertion des ex-combattants (République du Congo) ; Micheline NGOULOU : présidente de l’Association congolaise de lutte contre les violences à l’égard des femmes et filles (ACOLVEF) (République du Congo) ; Valérie Antoinette OSSIE : Secrétaire générale de la Fondation Congo Assistance (République du Congo) ; Louis PORTELA MBUYU : Evêque de Kinkala (République du Congo) ;
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Marie-Franck PUHRUENCE : Médecin, secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (République du Congo) ; Madeleine YILA BOUMPOTO : Directrice de cabinet du Haut Commissaire à la Réinsertion des ex-combattants (République du Congo).

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PRÉAMBULE La diplomatie civile et humanitaire
Une approche stratégique en vue de l’appropriation de la résolution 1325 des Nations Unies
Anatole Collinet MAKOSSO
________________________________________________________

epuis plus de deux décennies, les « Premières Dames » de tous les pays en général, celles d’Afrique en particulier, sont devenues des actrices significatives de la vie politique au même titre que d’autres acteurs, formels et informels. Propulsée sur la scène publique le jour où son mari accède à la magistrature suprême, la femme du président de la République se retrouve chargée d'une fonction : celle de « Première Dame » ou « First Lady »1. De fait, la position que détient toute femme de chef d'État, bien qu'elle ne constitue pas une position politique institutionnelle, la situe tout de même au cœur de l’action politique. Tour à tour « dame de cœur », ambassadrice, hôtesse officielle, la Première Dame remplit essentiellement une mission de représentation à forte charge symbolique. En rendant compte des travaux du colloque international qui a eu lieu à Brazzaville du 12 au 15 février 2008, sur un thème d’une pertinence avérée, il nous est apparu nécessaire et intellectuellement honnête de restituer dans son contexte la place des Premières Dames à un moment où, pour paraphraser Christine Messiant2, « les configurations politiques, les formes d’inégalité et de domination et la frontière entre le public et le privé se sont fondamentalement modifiées tant au niveau global qu’à celui des États » ; même là où les règles de morale, de politique et de religion imposaient diverses restrictions discriminatoires.
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Lire à ce sujet, Sage A., Premières Dames et First ladies : la femme du Chef estelle le chef du Chef ? Revue, l’Afrique politique, source, femmes d’Afrique pp4562, éditions karthala, Paris 1998 2 Christine Messiant, introduction au thème : Premières Dames en Afrique : entre bonnes œuvres, promotion de la femme et politiques de la compassion, revue Politique Africaine N°95, Premières Dames en Afrique P.9, édition karthala 2004

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Commençons par rappeler le traitement injuste dont a été victime le genre féminin dans la reconnaissance ou l’exercice de ses droits civiques. Pendant des millénaires, les femmes ont occupé une place de strapontin dans l’Histoire. Dans le domaine politique, peu d’entre elles ont atteint, au cours des siècles, les sommets de la célébrité. La proclamation de la Déclaration du 26 août 1789 selon laquelle « les hommes naissent libres et égaux en droits », elle-même consacrant le suffrage censitaire, n’a pas empêché les constituants de 1791 de priver la moitié du corps électoral, les femmes, du droit de vote  ! Et ce, pendant un siècle. Tous les pays dits de « vieille démocratie » n’accorderont le droit de suffrage à la femme que bien tard  ! Le premier pays à corriger cette injustice est la Suède (1863), suivie de la Finlande en 1865, (pour les seules élections municipales) et en 1906. Certains États des États-Unis d’Amérique l’ont fait en 1869, la Nouvelle Zélande en 1893, l’Australie en 1902, les États nordiques de 1906 à 1919, les Pays-Bas en 1919, le Royaume Uni en 1918, puis en 1928 et les États-Unis dans leur ensemble, en 1920. Quant à la France, il a fallu attendre 1944 pour que soit accordé le droit de vote à la femme. Il en est de même pour la Belgique en 1948 et la Suisse en 1971. Sans doute, pour beaucoup de pays, la raison de cet octroi tardif souvent non élucidée, est à retrouver dans ce cas symptomatique de la France. En effet, dès les années 1870, sous la IIIe République, des députés français proposaient l'instauration d'un vrai suffrage universel incluant les femmes. Ces propositions en faveur du droit de vote des femmes votées par La chambre des députés à plusieurs reprises n’avaient jamais été entérinées par le Sénat qui à chaque tentative, bloquait la réforme. Or, sous la IIIe République française, aucune loi ne pouvait passer sans le vote du Sénat. Le principal argument avancé par les sénateurs pour refuser le droit de vote est de brandir la menace de l'Eglise. A cette époque où les relations entre l'Eglise et l'Etat sont tendues, de nombreux sénateurs redoutaient que les femmes soient trop influencées dans leur vote par ce que leur dirait le prêtre. Cette idée montre le rôle des femmes attribué par la société de l'époque : aux hommes les affaires publiques, aux femmes la gestion du foyer.
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Dès lors, il est apparu difficile pour les femmes de faire entendre leur voix dans la résolution de différents problèmes liés à la gestion de la cité. Dans cette même logique, les Premières Dames, simplement présentes dans l’intimité de leurs époux, n’apparaissent bien souvent que comme des figures apolitiques, n’existant que par la fonction de leurs époux et ne disposant d’aucune autonomie ni indépendance par rapport au pouvoir. Elles n’avaient donc, a fortiori, aucune influence ni mainmise sur la gestion de celui-ci. Leur rôle n’est d’ailleurs pas défini. En effet, Il n’est codifié dans aucun pays. Pour certains hommes d’État, leurs épouses doivent « demeurer à l’écart » : c’est ce que proposait Georges Pompidou, à en croire Hilaire de Prince Pokam3. Heureusement, pour d’autres, leurs épouses doivent être dans leur sillage, au service de leurs intérêts et de leur carrière. De là, est-on parti d’un modèle d’effacement de l’épouse du chef de l’État à celui de l’affirmation de la Première Dame. Mais il est à se poser deux questions : comment est-on passé de cet effacement de l’épouse à une visibilité accrue jusqu’à concourir à un véritable rôle politique national et international ? Comment n’étant pas élues comme leurs époux à la tête de l’État, les Premières Dames parviennent-elles à participer au jeu politique de leur pays ? Il convient de reconnaitre que l’émergence en Afrique des Premières Dames ainsi que des mouvements les organisant à l’échelle internationale, avec une extension marquée de leur domaine de compétence, se produit à un moment africain que Christine Messiant qualifie de post-dictatorial et multipartiste, mais qui, à l’en croire, n’a cessé depuis les années 1990 de se présidentialiser, en raison de l’aggravation de la crise économique et du renforcement consécutif des inégalités sociales.4 Cette situation est en effet marquée par l’abandon, par l’État, de ses responsabilités sociales, par la crise de légitimité de pouvoirs qui n’ont plus les bases suffisantes pour construire leur lé3

Lire l’article de Hilaire de Prince Pokam, la participation des Premières Dames au jeu politique en Afrique, open society institute, Africa governance monitoring & advocacy project, Afrimap mars 2006. 4 Christine Messiant, op-cit

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gitimation clientéliste. En réalité, la position des Premières Dames au cœur même d’un pouvoir d’État est salutaire, même si elle reste intrinsèquement ambiguë et incomprise par bon nombre de politiques et d’intellectuels. D’abord, si elles ne font pas partie du pouvoir ou n’en possèdent pas, elles le complètent en lui donnant une dimension ou une image apolitique, féminine et caritative. En le rapprochant du peuple, elles dotent le pouvoir présidentiel d’une face cachée, méconnue et humaine. Ensuite, elles finissent par devenir des représentantes des femmes (notamment de leur émancipation), et sont l’expression de la promotion de la société civile. La Première Dame est appelée à incarner à l’étranger, l’image de la femme du pays, en accompagnant son époux dans les voyages officiels. Enfin, quoique critiquées, les Premières Dames suscitent des représentations sociales et des attentes dans tous les secteurs de la société au sein des élites comme parmi les couches populaires. Elles suscitent des espoirs et des attentes dans des domaines extrêmement variés et ne sont en rien liées aux trajectoires personnelles des épouses de Présidents. Il est admis et même attendu, dans la plupart des pays, que les Premières Dames s’investissent dans le domaine social par le biais d’associations, de fondations, d’organisations non gouvernementales ou d’autres institutions de bienfaisance. Il est également posé, les questions des devoirs du pouvoir étatique envers la société, celles des sources et conditions de sa légitimité, et celle de la place de la femme dans le couple, la société et la politique. À ce titre, les Premières Dames se préoccupent au quotidien du sort de leurs compatriotes et s’emploient à défendre leur cause auprès des gouvernants et des institutions internationales. Par exemple, alors que les Premières Dames d’Afrique venaient de tenir à Brazzaville en février 2008, leur importante conférence, la 6ème du genre sur les questions liées à la paix, à la prévention et au règlement des conflits, la coalition des Premières dames et des femmes dirigeantes d’Amérique latine, pour les femmes et le Sida, tenait, en mars de la même année sa quatrième réunion en République dominicaine, plus précisément, les
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