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Couverture

Julien Dray

LA FAUTE POLITIQUE
DE JEAN-LUC MÉLENCHON

COLLECTION DOCUMENTS

Couverture : Séverine Coquelin.

© le cherche midi, 2014
23, rue du Cherche-Midi
75006 Paris

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www.cherche-midi.com

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ISBN numérique : 978-2-7491-3561-8

du même auteur
au cherche midi

Et maintenant ?, 2008.

L’Épreuve, 2009.

chez d’autres éditeurs

Lettre d’un député de base à ceux qui nous gouvernent, Flammarion, 1989.

Comment peut-on encore être socialiste ?, Grasset, 2003.

Règlement de comptes, Hachette, 2007.

État de violence, J’ai lu, 2011.

INTRODUCTION

Il a dit… de manière chronologique.

 

« À présent, à gauche, pourquoi choisir, pour entrer dans la saison des tempêtes, un capitaine de pédalo comme François Hollande ? » (Le JDD, 13 novembre 2011.)

 

« François Hollande est aussi aveugle que Louis XVI. » (Libération, 30 novembre 2012.)

 

« Manuel Valls a opté pour être la figure qui incarne l’ultra droite du PS […]. La figure classique du grand réprimeur, ça fait partie du rôle, c’est son idée à lui de ce qu’est un ministre de l’Intérieur. » (RTL, 5 mars 2013.)

 

« En France, nous sommes les ravis de la classe. Les bons élèves du merkelisme. Et en plus, il est content de ça, lui [Hollande]. » (Le JDD, 24 mars 2013.)

 

« Il n’y a pas d’être humain dans son discours, il n’y a que des chefs d’entreprise ; les autres n’existent pas. Je l’ai trouvé désincarné, quasiment déshumanisé. » (Europe 1, 29 mars 2013.)

 

« Regardez comment François Hollande a divisé la gauche ! Ces solfériniens ont passé leur temps à nous diviser. » (Le Nouvel Observateur, 26 avril 2013.)

 

« Je ne sers à rien au PS et j’en suis fier, car je ne me soucie pas des solfériniens. » (Le Parisien, 5 mai 2013.)

 

« Le premier pourvoyeur de voix pour le Front national, c’est François Hollande. » (Blog de Jean-Luc Mélenchon, 18 août 2013.)

 

« Sans l’ombre d’un doute, la politique qui est menée est une politique de droite. » (Europe 1, 23 août 2013.)

 

« Ce gouvernement a deux bêtes de somme : les ouvriers et les classes moyennes ! Comme la droite, pour lui le grand ennemi, c’est le coût du travail. Pas celui du capital. » (Le Parisien, 6 octobre 2013.)

 

« J’estime que le président de la République est un menteur et je le dis. Si je ne parle pas franchement, les gens vont penser que je suis prêt à céder sur mes idées. J’estime que François Hollande est responsable du chaos qui s’avance. Je ne peux pas faire de compromis avec sa politique. » (Les Inrockuptibles, 16 octobre 2013.)

 

« Nous avons créé le Front de gauche pour construire une gauche indépendante du Parti socialiste et voilà qu’une partie du Parti communiste – ce n’est pas tout le Parti communiste – passe des accords avec les socialistes pour être dès le premier tour dans leur liste alors qu’il n’y a aucune espèce de danger au premier tour des municipales. » (Le Point, 15 janvier 2014.)

Jean-Luc Mélenchon détruit ce qui est le bien le plus précieux de la gauche : l’unité, et la volonté de la construire par le rassemblement des forces de gauche.

Je mesure le sens et la portée de ce que j’écris ici – et je l’assume –, Jean-Luc Mélenchon prend une responsabilité particulière en rompant de manière systématique l’unité de la gauche. C’est un constat, triste et tragique à la fois.

 

Dimanche 15 décembre 2013, François Delapierre, fidèle second de Jean-Luc Mélenchon, s’adresse aux congressistes du Parti de la gauche européenne à Madrid. Dans la salle sont rassemblés tous les représentants des partis de la gauche radicale européenne.

Le camarade François Delapierre, dans une intervention cinglante, met violemment en cause Pierre Laurent, secrétaire national du PC, qu’il accuse de collusion douteuse avec les socialistes en vue des élections municipales françaises. On imagine l’étonnement des autres délégations devant cette mise en accusation. Le Parti de gauche français suspend sa participation au Parti de la gauche européenne jusqu’aux municipales…

Depuis Bogotá vient vite la confirmation par Jean-Luc Mélenchon lui-même. Confirmation ? Revendication ! Sur son blog, le « coprésident » du Parti de gauche affirme : « François Delapierre avait nettement tracé la ligne rouge à ne pas franchir : “Nous n’avons pas fait tout ce chemin pour nous replacer si peu que ce soit dans les wagons de la social-démocratie.” La participation du PG au PGE est donc suspendue jusqu’à la fin des municipales… »

L’hostilité envers la social-démocratie passe donc de la critique légitime à l’oukase, et c’est désormais au sein même du Front de gauche que Jean-Luc Mélenchon applique une loi des suspects qui met en danger toute la gauche ! On ne badine pas avec la haine du PS ! Tout cela est pensé. Tout cela a une signification politique. Tout cela aura des conséquences.

Jean-Luc Mélenchon a rompu avec le principe le plus sacré de la gauche : l’unité. En politique, il est parfois de ces moments où l’évidence apparaît brutalement, quand une déclaration, parachevant bien d’autres déclarations préalables, nous amène à décréter que : « Trop, c’est trop. »

 

Après des mois d’échanges parfois agressifs et violents entre Parti socialiste et Front de gauche, entre mes camarades du Parti socialiste et celui qui a été, avec moi, le fondateur de la Gauche socialiste, l’heure de la discussion publique est désormais nécessaire. C’est l’objet de cette lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon que de dresser un tableau de cette situation, et surtout d’ouvrir le débat pour qu’une alternative à cette situation existe et que le spectre de la division et de ses cortèges d’inéluctables défaites soit écarté car il y a un théorème clair : division = défaite.

Je m’adresse donc à Jean-Luc, mais je ne m’adresse pas qu’à lui : je m’adresse à toutes celles et tous ceux, à gauche, qui souhaitent la victoire de leurs idées et, de fait, l’union. L’union, c’est l’unité d’action, c’est le rassemblement des forces de gauche et des écologistes. C’est cela qu’il faut construire, ensemble. C’est possible, et c’est maintenant qu’il faut le faire. Peut-être autrement, peut-être différemment, mais il faut le faire. On peut discuter, débattre, critiquer, parfois avec véhémence, mais il y a un talisman : l’unité. On doit toujours avoir en tête l’impératif de l’unité.

La période actuelle est, pour beaucoup de gens de gauche, une période de doute, parfois de résignation, de colère et de déception. Je veux qu’elle devienne une période d’opportunité et d’espoir. Mais elle ne pourra l’être que dans le rassemblement. Tous ensemble !

 

Depuis qu’il a quitté le PS, j’ai toujours continué de penser que Jean-Luc Mélenchon demeurait un socialiste attaché à l’idée d’unité de la gauche. Unité sur les principes. Unité sur les objectifs. C’est vrai : en dépit des outrances, des provocations, des admonestations, je persistais à le considérer, envers et contre tout, toujours comme fidèle à l’enseignement de Jaurès, aux préceptes de Blum et aux engagements de Mitterrand, comme à ceux qu’il avait appris chez Léon Trotski dans sa jeunesse. Vrai aussi, que « Le bruit et la fureur » qu’il promettait de répandre me paraissaient encore dignes de la « vieille maison », pour reprendre le mot de Léon Blum au congrès de Tours. Qu’il inscrivait ses fins et ses moyens dans une démarche d’unité, au nom même des intérêts de celles et ceux qu’il prétend défendre et servir. Je ne me suis même pas demandé pourquoi Jean-Luc Mélenchon continuait d’afficher, dans son bureau, les photographies de Jaurès, Blum et Mitterrand. J’ai cru et veux croire qu’il retrouvera le fil rouge d’un engagement : l’unité. En toute logique, si persistait cette volonté de briser l’unité de la gauche, Jean-Luc Mélenchon devrait retirer ces portraits de son mur… S’il continuait à tourner le dos à cette histoire, alors oui, à n’en point douter, Jaurès, Blum et Mitterrand seraient des étrangers dans le bureau de Jean-Luc Mélenchon…

Jaurès, Blum et Mitterrand ont été les hommes de l’unité. Des hommes de rassemblement, de front uni toute leur vie publique, chacun dans son temps, ont été guidés par la recherche de l’unité et des moyens d’y parvenir. Unité des socialistes, de tous les socialistes. Et au-delà des socialistes, du Parti socialiste, unité de toutes les forces de la gauche, donc de la gauche.

Toute sa vie publique, y compris à mes côtés quand nous animions la Gauche socialiste, Jean-Luc a lui aussi partagé et défendu ce principe d’unité. À l’exemple de Jaurès, de Blum et de Mitterrand, il s’est battu pour la constitution d’un front unique engageant toutes les forces de la gauche – socialistes, communistes, radicaux, tous les progressistes –, parce qu’il jugeait, à juste titre, qu’il n’y avait pas de rendez-vous possible des forces populaires avec l’histoire sans la constitution d’un rassemblement des forces de gauche. En 1978, Jean-Luc Mélenchon a adhéré au Parti socialiste, parti du rassemblement de tous les socialistes depuis le congrès d’Épinay, d’abord et avant tout pour cette raison. Il jugeait à juste titre que c’était le PS de Mitterrand qui était au cœur de ce combat unitaire et que c’était pour cela qu’il fallait le rejoindre.

Je constate avec tristesse que le Jean-Luc Mélenchon de 2014 s’est éloigné du Jean-Luc de 1978. Je constate avec la même tristesse que le Jean-Luc Mélenchon de 2014 divise la gauche, tandis que le Jean-Luc de 1978 défendait l’unité de la gauche. Je conclus que le Jean-Luc Mélenchon de 2014 prend le risque de briser l’unité de la gauche tandis que le Jean-Luc de 1978 rêvait de la rassembler.

 

Je l’écris ici d’autant plus qu’en 1981, membre de la LCR1, j’avais mesuré ce qu’il pouvait en coûter de ne pas être unitaire à gauche. À cette époque, la LCR avait décrété que Giscard ne pouvait pas être battu par Mitterrand. Nous étions pourtant quelques-uns à augurer que c’était une erreur. Je me souviens de Gérard Filoche, l’inspecteur du travail incollable, alors membre, comme moi, de la formation trotskiste, expliquant que Mitterrand avait toutes les chances d’être élu, Giscard battu, et qu’il fallait prendre en compte cette possibilité. Mais Alain Krivine et le comité central (instance suprême) ne voulaient pas l’entendre. La majorité de la LCR avait décidé que son désir était réalité. À quoi bon participer à une impossible victoire de Mitterrand ? À quoi bon l’unité des forces de gauche dans les urnes puisque la droite, une fois de plus, serait triomphante ? Il fallait à l’époque ne compter que sur les luttes préfigurant le grand soir à venir. Donc foin de l’unité et de la recherche d’une victoire électorale.

Avec d’autres camarades, nous avons alors pris la décision de ne pas respecter la consigne et de nous engager fermement, totalement, dans la campagne de François Mitterrand. Nous avons choisi notre camp, celui de l’unité dans l’action. Nous avons fait campagne, passant nos nuits à coller les affiches du candidat Mitterrand. La victoire du 10 mai, la vague rose de juin, la gauche au pouvoir, des ministres communistes au gouvernement, la gauche unie… L’histoire nous donnait raison à nous qui avions fait le choix de l’unité. Nous étions dans le mouvement, dans l’action, acteurs et non spectateurs. C’est ainsi, en toute logique, que je suis devenu moi aussi militant du Parti socialiste, par l’unité, pour l’unité.

J’ai retenu la leçon de 1981 : pas de victoire à gauche, pas de réussite de la gauche, sans unité de la gauche. Jean-Luc Mélenchon l’avait compris avant moi. Une idée-force gouverne la gauche, je l’ai appris sur les bancs des universités de formation de l’époque : le front unique, l’unité d’action, sont les conditions de la réussite de la gauche. Pas de victoire, de conquête, encore moins de réussite sans unité. Cela, Jean-Luc, ses camarades, le Parti communiste, ne peuvent pas l’oublier. Aujourd’hui, c’est lui qui tourne le dos à l’enseignement de cette histoire commune.

 

J’ai cessé de croire que les piques à l’égard de François Hollande, les saillies à l’encontre de Jean-Marc Ayrault et les plaisanteries à l’endroit du PS n’étaient pas autre chose que la concession à la nécessité politique d’exister afin de se constituer un espace politique à côté du Parti socialiste, tout en demeurant fidèle à l’engagement d’une vie, tout en recherchant à créer les conditions de l’unité. Hélas, la vérité s’impose : on ne peut plus voir en Jean-Luc Mélenchon un défenseur intransigeant de l’unité de la gauche.

PREMIÈRE PARTIE

JEAN-LUC
MÉLENCHON :
LA DOUBLE RUPTURE

Au regard de l’histoire, l’enjeu est essentiel. Jean-Luc Mélenchon entraîne avec lui, par lui et pour lui, des femmes et des hommes de bonne volonté qui, de bonne foi, sont convaincus qu’il porte leurs espoirs de transformation et de changement, et que seuls, en préemptant l’espace ouvert entre le PS et l’extrême gauche, depuis la perte d’influence du PCF, au début des années 1980, ils peuvent triompher, sans besoin d’unité.

 

Où veut aller ainsi Jean-Luc Mélenchon ? Personne ne peut vraiment le dire. Du reste, le sait-il vraiment lui-même ? En l’état, une seule certitude s’impose à moi : là où il va, il n’y a rien. Rien qu’une route sans issue. Une voie fermée. Sans unité, rien n’est possible. Sans unité, rien ne se fonde. Sans unité, rien ne se construit. Que propose Jean-Luc Mélenchon à la place, en guise de viatique ? Disons-le sans travestir la vérité : ce que Jean-Luc Mélenchon propose, c’est un renoncement. Un gigantesque et imposant renoncement. Un inéluctable et indépassable renoncement. L’orientation de Jean-Luc Mélenchon est un renoncement. Celui de l’imprécateur. C’est aussi, d’une certaine façon, la négation du trotskisme formateur de ses années de jeunesse. J’y reviendrai plus tard.

Quand je lis et écoute Jean-Luc Mélenchon, quand je l’entends promettre à ceux qui, de bonne foi, le croient, qu’ils pourront seuls devenir majoritaires, écarter de la gauche le PS et les socialistes, voire toutes les forces de gauche qui ne sont pas d’accord avec lui, je suis atterré. Triste aussi. Jean-Luc Mélenchon dénonce le capital fou, la finance folle, mais, dans sa bouche, ces adversaires ne sont plus que des alibis pour s’en prendre à la gauche au pouvoir. La finance et le capital ne sont pas les ennemis premiers de Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon est devenu le Cyrano de la mondialisation, « c’est bien plus beau quand c’est inutile ». Je n’aime pas cette comparaison entre le Jean-Luc Mélenchon de 2012 et le Georges Marchais des années 1980. En rien elle ne grandit le Jean-Luc que j’ai connu. Pour tout dire, cette comparaison me semble cruelle. Avec tout le respect que j’ai pour les personnes, Georges Marchais fut, à bien des égards, l’incarnation de l’apparatchik obéissant. Et je l’avoue, je comprends mal Jean-Luc Mélenchon revendiquant cet héritage… Car d’héritage, je n’en vois qu’un : celui de la rupture de l’Union de la gauche, en 1977, de la défaite de 1978, des « valises à faire » dans l’urgence pour venir admonester François Mitterrand.

 

En vérité, la ligne de Jean-Luc Mélenchon de 2014 a toujours été systématiquement condamnée par l’histoire, de quelque côté que l’on regarde.

Derrière « Le bruit et la fureur », les imprécations et les provocations, il n’y a rien pour faire avancer l’histoire dans le bon sens. « Le bruit et la fureur », c’est ce qui reste à ceux qui abdiquent toute volonté de transformation réelle de la société, de correction des injustices et d’amélioration des conditions de vie des plus modestes. L’évocation d’un grand chambardement devient alors une ligne d’horizon illusoire.

C’est dans ces moments que l’on s’interroge, que l’on refait le film. Comment Jean-Luc Mélenchon en est-il arrivé à ce point de non-retour ? Pourquoi chercher à briser l’unité de la gauche ? Pour nier les leçons de l’histoire, renier ce que l’on a toujours défendu ? On s’interroge. On se questionne.

Quand on a été proche de Jean-Luc Mélenchon, camarade de parti, compagnon de courant, on se demande si l’on n’a pas laissé passer les symptômes annonciateurs de la dérive sans les relever.

Plus j’y songe, plus je refais le film, plus je sollicite, dans les tréfonds de ma mémoire, les éléments me permettant de retracer le parcours qui a mené le Jean-Luc Mélenchon héritier du socialisme démocratique et républicain au Jean-Luc Mélenchon tuteur d’un patrimoine, imprécateur réduit aux acquêts. Je me dis que, tout bien considéré, cette dérive était peut-être inscrite dans ses choix depuis quinze ans. Les circonstances ne pouvaient que le conduire là où il se trouve aujourd’hui. Camper sur les vieilles terres arides et desséchées du PCF de Georges Marchais, à la tête d’un mouvement qui promet des lendemains qui chantent, mais en réalité déchantent depuis le succès « grisant » de la dernière élection présidentielle. Désormais isolé au sein du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon se dit prêt à assumer cette politique du pire.

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