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La fin des certitudes

De
135 pages
Du 21 avril 2002 au rejet massif du traité de constitution européenne, le fossé ne cesse de se creuser entre le peuple et ses représentants. Au libéralisme et au socialisme qui confinent l'acteur économique et social dans l'isolement et l'anonymat, l'auteur oppose et propose une nouvelle voie, inspirée du "personnalisme" : le volontarisme républicain. Fondée sur les principes de liberté et de respect, poursuivant l'équité comme objectif, animée par la volonté et le charisme, cette philosophie politique rompt avec le clivage traditionnel droite-gauche, refuse les tabous et respecte les personnes.
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LA FIN DES CERTITUDES
Plaidoyer pour un volontarisme républicain

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Editions Economica 1979 Recherche d'information et déséquilibre 1981 Analyse du déséquilibre 1982 Pour une économie de la recherche 1983 Politique de l'emploi 1985 La déréglementation: passeport pour une économie libérée (préface d'Alain Juppé) 1990 Analyse économique (4èmeédition) 2001 Proximité et politique Editions de l'Aube 1998 Le ciel nous est tombé sur la tête
Editions Cui as

1999 Culture et emploi
Presses du Midi

2000 Derrière les mots... la politique 2002 Le Sud: pensée à la mode ou mode de pensée? PUF 2001 Dictionnaire de Sciences Economiques (contribution)

Jean-Pierre GIRAN

LA FIN DES CERTITUDES
Plaidoyer pour un volontarisme républicain

Préface de Nicolas SARKOZY

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L'Hannattan Hongrie

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site: www.librairieharrnattan.com e.mail: harrnattanl@wanadoo.fr
(Ç)

L'Harmattan,

2005

ISBN: 2-7475-9200-6 EAN: 9782747592000

SOMMAIRE

Préface de Nicolas SARK 0 ZY
Intr 0duc ti0n

9
13

I. Vieux débats et nouvelles frontières

17

La dilution desfrontières économiques 21 -L'Etat face au marché -Keynes ou Hayek -Pays développés et pays sous-développés -Trente-cinq heures...ou plus! -Haro sur Camdessus ! Le bouleversement des frontières humaines -La vie et la mort -Les hommes et les femmes -Les dominants et les dominés -Les catholiques et les laïcs -Les riches et les pauvres Le déplacement des frontières territoriales -De Pagnol à Giono -L'Europe de 6 à 30 -Des campagnes aux cités 31

45

II. Sujets tabous et mauvais sujets Les « intouchables»
Les « vaches sacrées » Les boucs émissaires L'auberge espagnole

51 55
61 67 73

III. Changement de générations et renouvelle-

ment des valeurs

n

81
85 93

Les leçons de la vie personnelle Les « valeurs» d'un sondage amateur

I\t: Retour de la « personne v 0Ion té

» et règne de la 99
103

Une démocratie respectueuse des personne s. -Le rejet du manichéisme -Le refus de l'immobilisme -Les leçons du personnalisme Une volonté au service de la République -Un nouveau traitement des inégalités: la discrimination positive -Une nouvelle philosophie politique: le volontarisme républicain ConcIusion

115

133

8

Préface de M. Nicolas Sarkozy,
Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du Territoire
A plusieurs reprises depuis le choc du 21 avril 2002, j'ai affirmé, parce que c'est ma conviction, que ce n'est pas la politique qui n'intéresse plus les Français, mais la manière dont nous la faisons. Avec son expérience politique, Jean-Pierre Giran est député du Var et secrétaire national de l'UMP pour les questions d'éducation, mais aussi sa culture et sa connaissance universitaire, puisqu'il est professeur d'économie à l'université, Jean-Pierre Giran dresse dans ce livre une analyse des ressorts profonds qui sont à l'œuvre dans notre pays et qui expliquent le décalage croissant entre les hommes politiques et les Français: - d'un côté, les importantes transformations de la société française en quarante ans, sur les plans familial, éducatif, économique et social, et un déplacement majeur des frontières dû à l'urbanisation, la transformation du monde rural, la concurrence régionale, l'Union européenne et la mondialisation;

- de l'autre, l'absence de renouvellement des clivages idéologiques; le repli des hommes politiques sur des oppositions rhétoriques, à commencer par celle qui oppose le libéralisme et le socialisme alors que plus aucun livre d'économie n'est en mesure d'expliquer le monde à la lumière de ces seuls concepts; et, pire encore, un débat public réduit à l'éloge de quelques «vaches sacrées », telles que le bénévolat, l'écologie, la famille, sans nécessairement proposer des solutions concrètes pour les pro-

mouvoir, et prié d'éviter les sujets tabous, la réussite, la nation, l'immigration, la sélection des élites parmi d'autres exemples. Non content de ne plus agir, il faudrait de surcroît ne plus parler de rien! Ce tableau de notre pays, toujours lucide, mais jamais pessimiste ni désespéré, sans dénigrement également, ce n'est pas la moindre de ses qualités, éclaire les rapports de la classe politique française avec une société qui a profondément changé. La politique, pensent les Français, ne voit rien. Elle n'entend rien. Et de toute façon, elle ne peut rien. Alors que la société évolue, que ses repères changent, la politique semble se contenter d'énoncer des solutions toutes faites à des problèmes déjà connus. Combien de fois ai-je dû entendre pour ma part que les problèmes auxquels je m'attaquais, en tant que ministre de l'intérieur, puis en tant que ministre de l'économie et des finances, étaient insolubles? L'insécurité routière? Une fatalité! Sangatte? Un drame! AIstom? Une tragédie! Et sans volonté politique, ne l'auraient-ils pas été, en effet? Le volontarisme républicain, dont une politique spécialement destinée à une meilleure intégration des jeunes issus de l'immigration constituerait la première application, est la solution proposée par Jean-Pierre Giran pour changer la politique française. Plus qu'une solution, un état d'esprit, une manière d'être, de penser, de débattre, d'agir, une éthique aussi bien personnelle que collective. Résumons-la en quelques mots: mettre I'homme et les hommes au cœur de l'action politique, l'homme comme 10

seule justification et objectif ultime de l'action publique; débattre du pourquoi plutôt que du comment, car c'est le sens qui fait défaut; privilégier la liberté comme principe d'organisation de la société, sans s'abstenir pour autant, et avec d'autant plus d'efficacité, d'interdire ce qui est criminel et d'endiguer ce qui fait souffrir; faire de la volonté le critère du succès en politique, celui à l'aune duquel doivent se mesurer les échecs et les réussites, celui qui permet de mettre la politique au service des résultats et non du consensus. A cette nouvelle manière de faire de la politique, qu'il me soit permis d'ajouter deux qualités qui irriguent tout le livre de Jean-Pierre Giran : la sincérité et le courage. Sincérité et courage d'un homme politique qui livre ses doutes et affirme ses choix; qui ne craint pas de s'élever contre la pauvreté des clivages et la discipline partisane; qui n'a pas peur de reconnaître ce que la gauche fait bien, ce que la droite fait mal; qui ose faire entendre une voix différente au sein de sa famille politique sans renier ses engagements; qui se pose en analyste clairvoyant d'une société qui a changé, qui n'est plus celle dans laquelle il a été élevé, mais qui est celle dans laquelle il veut servir.

Nicolas Sarkozy

Il

Introduction

16 HEURES. La séance des questions d'actualité vient de s'achever dans un vacarme difficilement contenu par le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré. Les députés de gauche ont, une fois de plus, dénoncé avec agressivité et sans nuance la politique du gouvernement; les ministres de droite ont, une fois encore, appelé à leur rescousse 1'héritage «catastrophique» légué par leurs prédécesseurs. Les supporters des deux camps ont alterné ovations et hurlements comme si, de la question à la réponse, on était passé, sans transition, du noir au blanc, du bien au mal, de la nuit à la lumière! Pourtant, quelques minutes seulement après que la séance fût levée, tous ces hooligans allaient se retrouver à la buvette de l'Assemblée. L'ambiance y devenait brusquement fraternelle, là où, quelques minutes auparavant, s'échangeaient anathèmes et invectives. Les hommes paraissaient désormais aussi proches que les élus avaient semblé distants. Dès lors, une question me taraudait. La vérité s'étaitelle révélée dans l'intimité des conversations privées ou dans l'âpreté du débat public? Où se situait la nécessaire hypocrisie que dévoilaient ces changements instantanés de comportements? Les plus optimistes répondaient qu'il convenait de ne pas confondre la sphère publique et la sphère privée, les clivages politiques et les affinités personnelles. Moi, je continuais à penser que lorsqu'on s'oppose sur tout au niveau des idées, les bonnes relations personnelles ne