La France inquiète face à son avenir

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La France traverse une crise structurelle qui se traduit par un chômage durable. L'État dépense énormément pour le faire baisser, sans succès. Les citoyens s'impatientent. Un parti politique a compris que son électorat se recrute plus particulièrement dans une partie de cette France inquiète et fragilisée. Cet ouvrage analyse les cas et les territoires de conquête du Front National, à partir du Nord-Pas-de-Calais – Picardie et étend l'étude à toutes les nouvelles régions soumises à sa pression.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
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EAN13 : 9782140005800
Nombre de pages : 460
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Questions contemporaines LA FRANCE INQUIÈTE
Emmanuel NkunzumwamiFACE À SON AVENIRQ
Des élections européennes de mai 2014
à l’élection présidentielle de mai 2017
QuQueesstitioons cns coonnttemempoporrainaineess
La France traverse une crise structurelle qui se traduit dans le chômage durable. QQQ
L’État dépense énormément pour le faire baisser, il imagine plusieurs dispositifs
sans succès. Néanmoins, pour obtenir la baisse de ce éau, il faudrait réussir une
croissance économique, en baissant les charges des entreprises et des dépenses
publiques. Mais, les réformes de structure et courageuses ne sont pas conduites
jusqu’à la transformation de la société. Alors, les citoyens s’impatientent.
Un parti politique a compris que son électorat se recrute plus particulièrement
dans une partie de cette France inquiète, frustrée, fragilisée. Il propose ses solutions,
en prônant le souverainisme monétaire, l’arrêt de l’immigration et le patriotisme LA FRANCE INQUIÈTE
économique. Mais la France n’est pas seule au monde pour s’enfermer à double
tour dans ses frontières. Ce message, délivré aux populations en quête de sens
et d’espérance, porte des fruits : le Front national progresse en suffrages. Après FACE À SON AVENIR
17,9% à l’élection présidentielle de 2012, ce parti a atteint 27,7% au premier tour
des régionales de décembre 2015. Cet ouvrage analyse les cas et les territoires Des élections européennes de mai 2014
de conquête de ce parti, à partir du Nord-Pas-de-Calais – Picardie. L’étude est à l’élection présidentielle de mai 2017
ensuite étendue à toutes les nouvelles régions soumises à sa pression aujourd’hui.
Emmanuel Nkunzumwami est un ancien élève diplômé de HEC, Paris. Il exerce
au sein du Groupe Orange. Auteur de La Nouvelle dynamique politique en France ;
Le Partenariat Europe-Afrique dans la mondialisation et La Conquête de l’extrême
droite en France, il intervient également au Grand Débat comme chroniqueur et
analyste politique sur Radio Africa n°1 à Paris. Questions contemporaines
ISBN : 978-2-343-08946-1
39 €
LA FRANCE INQUIÈTE
Emmanuel Nkunzumwami
FACE À SON AVENIRLa France inquiète
face à son avenir
Des élections européennes de mai 2014
à l’élection présidentielle de mai 2017Questions contemporaines
Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland
et Jean-Paul Chagnollaud

Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions
contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à
appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines »
est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux,
chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement,
exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion
collective.


Dernières parutions

Nasser BACCOUCHE, Le regard de l’étranger : altérité,
minorités et devenir révolutionnaire, 2016.
Bernard CROZEL, Y a-t-il une nation pour sauver l’Etat ?,
2016.
Julien GARGANI, Crises environnementales et crises
socioéconomiques, 2016.
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Ethnonationalisme et fondamentalisme religieux, 2016.
Annie COLL, Pour en finir avec le loup libéral
Louise FINES, Les crimes environnementaux et l’innocence
persécutrice, 2016.
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L’étatisme, idéologie dominante en France, 2015.
Roland GUILLON, Pour une autre globalisation. Essai de
géopolitique des rapports sociaux, 2015.
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religions politiques de l’Antiquité à Daech, 2015
Béatrice GRANDORDY, Le médecin devant le juge. Fait-il
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Georges KORNHEISER, Le capitalisme, cancer de
l’humanité, 2015.
Emmanuel Nkunzumwami
La France inquiète
face à son avenir
Des élections européennes de mai 2014
à l’élection présidentielle de mai 2017DU MÊME AUTEUR :
La Tragédie rwandaise–Historique et Perspectives,
L’Harmattan, 1996
La Nouvelle dynamique politique en France,
L’Harmattan, 2007
La Montée de l’extrême droite en France,
L’Harmattan, 2012
Le Partenariat Europe-Afrique dans la mondialisation,
L’Harmattan, 2013
La Conquête de l’extrême droite en France,
L’Harmattan, 2014
© L'HARMATTAN, 2016
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-08946-1
EAN : 9782343089461
Introduction générale
Depuis le premier tour de l’élection présidentielle du 22 avril
2012, le Front national a repris sa vigueur et son offensive dans
l’espace politique et électoral en France. Le renouvellement et le
rajeunissement de ce parti, après l’élection de Marine Le Pen à sa
présidence, s’accompagnent d’un repositionnement dans le spectre des
offres politiques. Le Front national se débarrasse de son image de parti
de la « xénophobie » et du « racisme », en allant conquérir de
nouveaux talents dans des entreprises et auprès des Noirs et des
Arabes de la diaspora africaine. La rénovation de ce parti passe
également par un positionnement clair et argumenté contre l’Europe et
contre l’immigration massive, avec la rhétorique connue de la lutte
contre « les flux migratoires », chère au père fondateur du Front
national, Jean-Marie Le Pen. On se repositionne, certes, mais pas très
loin de la propriété familiale. Mais en politique, les « mots » ont
toujours une portée, une symbolique, un contenu et un sens que l’on
veut leur faire porter. Pour le Front national, ce sera désormais la
« défense de la souveraineté nationale ». Un positionnement que
revendiquait déjà Philippe de Villiers avec le Mouvement pour la
France (MPF) et proche des idées déjà avancées par Charles Pasqua
dans le Rassemblement du peuple français (RPF). Ce souverainisme
est également défendu par Jean-Pierre Chevènement, qui s’est
désolidarisé du Parti socialiste et du reste de la gauche de
gouvernement, en rassemblant ses proches contre le traité de
Maastricht, promu par Helmut Kohl en Allemagne et François
Mitterrand en France. Le Mouvement des citoyens (MDC) de
JeanPierre Chevènement est donc également de « courant souverainiste »
et pour l’Europe des nations. Le général de Gaulle, dont se réclament
de nombreux dirigeants politiques de la droite, n’aurait pas renié cette
7 lutte pour la conservation de l’identité française, dans une Europe des
nations. On veut donc alors tuer l’Europe au nom de l’un de ses
fondateurs.
Le Front national développe alors la stratégie qui rencontre cette
demande se repositionne sur le refus de l’Europe selon son
fonctionnement actuel, maintient son refus de l’immigration massive
(vilipendée sous le l’appellation de « vagues migratoires » qui
risqueraient de brouiller et même d’anéantir l’identité de la France), et
le refus de l’euro pour recouvrer la souveraineté monétaire. Dans son
meeting pour les élections régionales, la présidente du Front national
revisite le positionnement de son parti : l’idéologie politico-religieuse
anachronique et mortifère risque de balayer quinze siècle de l’histoire
de France. Ce sont les valeurs de la civilisation qui sont attaquées. Et
contre l’impuissance de l’Europe à contrôler les frontières de l’espace
Schengen, elle déclare que la liberté et la défense du pays ne se
délèguent pas. L’on comprend aisément que les cibles désignées par le
Front national, c’est le terrorisme et l’insécurité dans le pays qu’il veut
faire porter à l’idéologie de l’islamisme radical.
Dans cette campagne des régionales, après avoir mis en cause
les politiques de regroupement familial inaugurée par le président
Valéry Giscard d’Estaing et poursuivi par ses différents successeurs, il
attribue une part de l’insécurité aux nouveaux immigrants et aux
islamistes radicaux employés dans les services publics des transports,
notamment. Enfin, le patriotisme économique se traduit par
l’organisation des filières économiques pour privilégier le
« consommer français », notamment à travers les circuits courts dans
les approvisionnements agro-alimentaires. Par ces différentes prises de
position, le Front national cherche à occuper l’espace qui parle aux
Français les plus fragilisés, mis à l’écart de l’emploi, en attribuant les
difficultés économiques et sociales aux dysfonctionnements de
l’Union européenne et à l’adoption de la monnaie unique, l’euro. Il y
répond alors par la bataille pour recouvrer « la souveraineté
nationale », hors de l’Union européenne.
Les élections européennes du 25 mai 2014 ont permis au Front
national de s’imposer comme le premier parti politique français
représenté au Parlement européen (cfr : Emmanuel Nkunzumwami, La
conquête de l’extrême droite en France, éditions L’Harmattan, 2014).
8 A l’issue de ces élections, le Front national se distingue dans trois
grandes régions principalement : le Nord-Pas-de-Calais-Picardie,
l’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine et la Provence-Alpes-Côte
d’Azur. Quelques départements de l’actuelle grande région de
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées complètent le tableau (Aude,
Lot-et-Garonne, Pyrénées-Orientales, Tarn-et-Garonne,
principalement). C’est dans les départements de ces régions où le
Front national a déjà marqué ses plus importantes progressions qu’il
concentré son énergies pour des élections départementales des 22 et
29 mars 2015, et des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015.
Les performances de ses suffrages sur ces territoires étaient
prévisibles. Après le résultat de la candidate Marine le Pen, pour le
Front national, au premier tour de l’élection présidentielle du 22 avril
2012, où elle est arrivée troisième derrière François Hollande et
Nicolas Sarkozy, le parti a regagné de la confiance de ses électeurs
pour s’engager dans la conquête des territoires. La stratégie de
conquête est ainsi lancée. Il ne se présente pas pour apporter des
solutions différenciées par canton, ou par département, ni même par
région : le parti déploie une campagne nationale sous le seul slogan,
comme pour apporter une réponse identique à tous les Français.
Depuis 2012, toutes les élections sont présidentialisées à
dessein. L’ « Espérance Bleu Marine » devient une nouvelle offre
politique nationale, appliquée aux électeurs dans tous les cantons de
France. Elle prolonge et renforce les résultats des élections
européennes, dont nous rappelons les scores dans les principales
régions indiquées. Dans la partie sud de la France, nous présentons le
graphique des résultats comparés entre le Front national et les
principaux partis concurrents à l’échelle nationale : l’Union pour un
mouvement populaire (UMP), l’Union de la gauche, principalement
constituée du Parti socialiste (PS) et du Parti radical de gauche (PRG)
et l’Union du centre, comprenant l’Union des démocrates et des
indépendants (UDI) et le Mouvement démocrate (MoDem). Parmi les
dix premiers départements de la partie sud de la France où le Front
national atteint d’importants scores, on retrouve le Vaucluse
(36,42%), les Pyrénées-Orientales (35,23%), le Var (34,96%), les
Alpes-Maritimes (33,23%), le Gard (32,88%) et les
Bouches-duRhône (32,51%). Quatre de ces six départements appartiennent à la
seule région de Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA).
9 Dès lors, l’on pouvait comprendre que le Front national
engageait une véritable conquête de cette région, à travers les
territoires des départements qui lui sont favorables. Mais les six autres
départements appartiennent à une nouvelle grande région, issue de la
fusion entre le Languedoc-Roussillon (le Gard, les
PyrénéesOrientales et l’Hérault), et le Midi-Pyrénées (l’Aude, le
Tarn-etGaronne et le Lot-et-Garonne). Le Front national peut alors concentrer
ses ressources dans ces deux grandes régions du sud de la France pour
les scrutins suivants, les élections départementales et régionales de
2015. Néanmoins, ce parti réalise les résultats au-delà de 30% dans
huit départements sur les dix du panel de ses performances. Aussi, la
région PACA, qui en contient quatre sur huit, devient la région
centrale sur laquelle toutes les attentions se tournent.
10
Dans la partie nord de la France, le Front national réussit ses
meilleurs scores. Les trois départements de la Picardie : l’Aisne
(40,02%), l’Oise (38,26%) et la Somme (37,15%), se distinguent en
tête, avec le département du Pas-de-Calais (38,89%). Ce dernier nous
intéresse plus particulièrement, en raison de son deuxième poids
démographique dans la nouvelle région issue de la fusion.
Il est important de constater que les quatre premiers
départements du classement des scores du Front national se retrouvent
dans la même région aujourd’hui, où ils sont rejoints par le
département du Nord (32,80%). Aussi, tous les dix départements du
panel des performances du Front national affichent des scores
supérieurs à 32%. Nous portons alors un intérêt d’étude à cette région,
désormais réunie entre la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais, pour
comprendre les dynamiques de progression du Front national en
France. Et dans le classement national, les quatre départements sur les
cinq que compte la nouvelle région, arrivent en tête des scores de ce
11
parti dans tout le pays. Aussi, l’Aisne, le Pas-de-Calais, l’Oise et la
Somme se classent largement en tête des performances nationales du
Front national. Le graphique suivant indique les départements soumis
à la pression de ce parti, en comparaison avec les autres formations
politiques, et les niveaux de scores respectifs.
En parcourant le classement des vingt premiers départements
qui ont contribué à la victoire du Front national aux élections
européennes du 25 mai 2014, on parvient à apposer des étiquettes sur
les régions où ce parti pourra réaliser d’importants résultats dans les
scrutins postérieurs jusqu’à l’élection présidentielle d’avril-mai 2017
et des élections législatives de juin 2017. Il s’agit alors de la nouvelle
région Nord-Pas-de-Calais – Picardie (l’Aisne, le Nord, le
Pas-de12
Calais, l’Oise et la Somme), où tous les départements connaissent une
forte progression du Front national, avec des scores supérieurs à 32%
dans tous ses cinq départements aux élections européennes. La totalité
des départements de cette nouvelle région est donc sous la pression du
Front national. De même, la région de Provence-Alpes-Côte d’Azur,
dont le périmètre n’a pas été modifié par les fusions et les
réorganisations des régions en 2015, compte quatre de ses six
départements où le Front national est très présent. Il s’agit des
AlpesMaritimes, les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. Ce sont ces
deux régions dans lesquelles l’on perçoit une accélération de conquête
du Front national.
Dans une moindre mesure, nous retrouvons également dans le
grand Est, la région de l’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine où le
Front national est très présent dans cinq départements (l’Ardenne, la
Haute-Marne, la Meuse, la Moselle et les Vosges) sur les dix qui
constituent cette région. La nouvelle région
Languedoc-RoussillonMidi-Pyrénées connaît également la pression du Front national dans
six départements (l’Aube, le Gard, l’Hérault, le Lot-et-Garonne, les
Pyrénées-Orientales et le Tarn-et-Garonne) sur les treize que
comporte cette région. La nouvelle région de Bourgogne -
FrancheComté, seuls les départements ruraux de la Haute-Saône et l’Yonne
affichaient des performances du Front national dans le club des vingt
premières conquêtes de ce parti après les élections européennes. Et en
Normandie, l’Eure se détache des autres départements de la nouvelle
région avec un score de 34,8%. Aussi, sur les treize nouvelles régions
métropolitaines, le Front national a démarré son sprint électoral par les
élections européennes du 25 mai 2014 dans les six, avec une forte
pression très remarquée dans le Nord-Pas-de-Calais – Picardie, la
Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Languedoc-Roussillon -
MidiPyrénées et l’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Nous avons
choisi de concentrer notre suivi des progressions du Front national, en
relation avec les autres acteurs politiques, dans la région du
Nord-Pasde-Calais-Picardie, devenue les Hauts-de-France, le 14 mars 2016.
Mais, dans la suite de cet ouvrage, la région garde son nom de 2015.
La première partie de l’ouvrage présente les analyses détaillées
des élections départementales, alors que la deuxième partie montre les
territoires qui contribuent à la stratégie de l’offensive du Front
national. Cette partie met l’accent sur les projections des résultats que
13 nous avions observés après les élections départementales. Les
élections régionales des 6 et 13 décembre 2015 ont révélé les
capacités de conquête des électeurs pour le Front national. Ce dernier
a imposé le rythme et les choix politiques pour le second tour. Il a
provoqué un séisme dans les régions du Nord-Pas-de-Calais – Picardie
et de Provence-Alpes-Côte d’Azur, où les listes de l’Union de la
gauche ont été retirée de la compétition du second tour. Après
l’élection présidentielle du 5 mai 2002, où une confrontation a eu lieu
au second tour entre Jean-Marie Le Pen pour le Front national et
Jacques Chirac pour l’UMP, la configuration est reproduite entre la
liste de Marine Le Pen pour le Front national et Xavier Bertrand pour
l’Union de la droite dans le nord de la France, d’une part, entre
Marion Maréchal-Le Pen pour le Front national et Christian Estrosi
pour l’Union de la droite dans le sud-est, d’autre part. Dans ces trois
configurations, la gauche a été privée du second tour, et elle a été
appelée au renfort de l’Union de la droite pour barrer la route à la
victoire du Front national. Cet ouvrage analyse les résultats des autres
régions en France métropolitaine où le Front national est en forte
progression, et détaille les situations dans le Nord-Pas-de-Calais. Il
permet une projection dans les prochains scrutins, en tenant compte de
la situation socio-économique favorable à ce parti. Celui-ci progresse
à chaque élection. Après son score de 17,9% à l’élection présidentielle
de 2012, la candidate du Front national a obtenu 24,9% aux élections
européennes, puis 25,2% au premier tour des départementales, et enfin
27,7% au premier tour des régionales, au niveau national. Elle serait
alors assurée de la qualification pour le second tour en 2017.
L’ouvrage apportera des informations utiles aux responsables et
aux acteurs politiques, qui s’interrogent sur le mouvement de fond et
les mutations dans la sociologie électorale en France, ainsi que sur la
nécessité de revenir sur le terrain et échanger avec les citoyens pour
entendre leurs attentes et leurs besoins. C’est un manuel pratique des
associations citoyennes, des élus municipaux et territoriaux, des
législateurs et des dirigeants, des acteurs économiques et sociaux,
pour leur indiquer la profondeur des fragilités et des fractures dans la
société française. Enfin, c’est un outil important et unique, pour les
étudiants, les enseignants et les chercheurs en sciences politiques, en
sciences humaines, en sociologie, en économie et en aménagement du
territoire, pour comprendre les réalités des populations aujourd’hui.
14 ère
1 Partie :

Les électeurs et les formations politiques
dans les élections départementales
des 22 et 29 mars 2015
dans le Pas-de-Calais



15 1. Présentation électorale générale
dans le département du Pas-de-Calais
Les élections européennes du 25 mai 2014 ont révélé la forte
présence du Front national dans le département du Pas-de-Calais.
Dans le classement des vingt premiers départements où ce parti a
réalisé ses meilleurs résultats, le Pas-de-Calais apparaît en deuxième
position avec un score de 38,89%, derrière le département de l’Aisne
avec 40,02% et devant l’Oise avec 38,26%. Ces trois premiers
départements où domine le Front national se situent dans la nouvelle
région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Les élections départementales
arrivent immédiatement derrière les élections européennes, et elles se
tiennent les 22 et 29 mars 2015. Nous procédons comme dans les
élections européennes, et nous comparons les résultats du Front
national par rapport aux autres partis. Le département du
Pas-deCalais est subdivisé en trente-neuf cantons, pour une élection de
soixante-dix-huit nouveaux conseillers départementaux.
Bien avant les élections régionales de décembre 2015, qui ont
installé les nouvelles régions en France, les élections départementales
ont aussi bouleversé le découpage des cantons, le mode électoral et la
sociologie électorale des territoires. L’organisation territoriale
française garde la commune comme l’unité de base administrative.
Celle-ci, lorsque le nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales
est supérieur à 1000 électeurs, les autorités répartissent les électeurs
en plusieurs territoires de bureaux de vote par commodité, notamment
pour faciliter des opérations d’organisation des journées électorales,
de la logistique de contrôle du processus de vote et du comptage
manuel des suffrages après la fermeture du bureau de vote. Les
communes peuvent se regrouper, librement et selon les affinités ou les
proximités géographiques, en communauté de communes ou en
communauté d’agglomérations, selon le nombre d’habitants
représentés. Au-dessus des communes se trouve un espace
17
intermédiaire entre la commune ou les communautés de communes ou
d’agglomérations et l’échelle départementale : ce sont les cantons.
Leurs tailles sont variables, tant en nombre d’habitants que de
superficie couverte. Ce sont leurs représentants élus qui constituent le
nouveau Conseil départemental. En effet, la France vient de connaître
une véritable mutation politique dans la gouvernance de ses
collectivités territoriales. Les anciens territoires de cantons ont été
modifiés et le nombre de cantons a été réduit. Un nouveau mode de
scrutin des collectivités locales a été institué par la loi n°2013-404 du
17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers départementaux, des
conseillers municipaux et des conseillers communautaires. Désormais,
se substituant aux anciens conseillers généraux, les conseillers
départementaux sont élus au scrutin binominal, –homme et femme
titulaire, et homme et femme remplaçants–, majoritaire à deux tours.
Par ce choix politique structurant et inscrit dans la loi, tous les étages
des collectivités –municipales, départementales et régionales–
connaissent la stricte « parité homme-femme » au sein de leurs élus.
Les élections départementales se sont déroulées les 22 et 29
mars 2015. Dans le département du Pas-de-Calais (62), il a été institué
trente-neuf nouveaux cantons pour soixante-dix-huit conseillers
départementaux. A l’issue du second tour du scrutin, les binômes de
candidats de l’Union de la droite, de l’UMP, de l’UDI, de l’Union de
la gauche, du Parti socialiste, du Front de gauche, du Front national et
un binôme se présentant sous l’étiquette de divers gauche, constituent
les nouveaux conseillers départementaux. Le présent ouvrage propose
les analyses sur ces élections, canton par canton, et donne une
er eprésentation comparative des résultats du 1 et du 2 tour par canton,
par binôme de candidats et par famille politique d’appartenance. Il
compare également les éléments de démographie électorale au sein de
chaque canton entre le premier et le second tour.
Le paysage politique du département est marqué par la conquête
de nouveaux territoires par le Front national. Il représente désormais
six cantons au Conseil départemental du Pas-de-Calais, soit le
cinquième de tous les cantons conquis par ce parti à ces élections en
France. Dans la continuité des scores obtenus pas ce parti aux
élections européennes du 25 mai 2014, ces résultats confortent la
présence du Front national dans le nouveau paysage territorial de la
18 nouvelle région Nord-Pas-de-Calais – Picardie, soit un total de treize
cantons, dont six dans le Pas-de-Calais, quatre dans l’Aisne, deux
dans l’Oise et un canton gagné dans la Somme. Le Pas-de-Calais
confirme ainsi sa nouvelle sociologie électorale, où le Front national
domine désormais les autres formations politiques en termes de
suffrages obtenus. Nous présentons dans ce travail des scores réalisés
par ce parti dans les différentes communes constituant les cantons, où
le Front national s’est particulièrement distingué au second tour de
scrutin. Dans les cantons, nous nous sommes intéressés aux
communes de plus de deux cents électeurs (mais parfois jusqu’à
centcinquante électeurs lorsque les scores du Front national avoisinaient
30%), ayant significativement pesé dans les performances de ce parti
au sein du canton. Nous indiquons alors la dimension et la
participation du corps électoral lors de ces élections, les scores du
second tour, les progressions des suffrages entre les deux tours et le
poids que représente chaque commune dans les résultats de ce parti.
C’est un travail unique en France sur ce département, qui
permettra aux acteurs politiques, économiques et sociaux, –locaux,
régionaux et même nationaux–, de mieux prendre en compte les
nouvelles ruptures, les demandes sociales, les fragilités et les fractures
sociodémographiques, ainsi que leurs conséquences actuelles et
futures qui se dessinent durablement dans les territoires. Nous
relevons également les proximités socio-économiques, culturelles et
géographiques des cantons conquis par le Front national à l’issue de
ces élections. Ces informations peuvent également structurer
l’organisation des prochains scrutins électoraux dans le département.
Pour faciliter l’analyse des informations électorales, nous répartissons
les cantons en deux groupes, situés de part et d’autre du score de 36%
pour le Front national. Les seize premiers cantons affichent des scores
et des suffrages qui ont tiré à la hausse les performances du Front
national dans le département. Ce sont alors des cantons où le Front
national a dominé tous les concurrents au premier tour des élections
départementales. Les électeurs des grandes communes : Lens,
HéninBeaumont et Calais ont contribué à ces performances.
19 Front national Union de droite
Union de gauche FG,COM,DVG
60,00
49,44
50,00
45,33 45,09 42,82
42,50 46,15 41,61
39,11 39,17 42,92 38,16 40,00 42,10
36,74
39,72 38,63
35,42
36,06 30,16
30,00
28,63
25,85
20,00
20,57 14,21
14,93
10,37 14,42 10,82
10,00
11,32 11,56 9,76
7,93
6,11 6,96
0,00
Le TOP16 des seize premiers cantons du département du Pas-de-Calais
dans lesquels le Front national a obtenu plus de 36%, soit des scores
supérieurs à sa moyenne départementale de 35,6% au premier tour des
élections départementales du 22 mars 2015.
20 rt????? ? s
rv????? ? u
tw??????
ru????? ? t
uu???????
sv? ????????? ?t
ux?? ?????
ut???? ???? ??
su? ????????? ?s
ss???? ???
sx???? ??????? ??? ??
ry????? ?? ???? ???
Front national Union de droite
Union de gauche FG,COM,DVG
60,00
52,96
50,00
46,2
45,23
39,64 38,20 38,87 40,00 36,66 34,83 40,30
32,30 33,76 34,57
30,00 31,9 31,18 28,19
28,45 29,67 28,32
26,12 25,56
20,00 19,83
21,50
14,49
10,00
0,00

Les vingt-trois autres cantons du département dans lesquels le Front
national est encore faible (moins de 36%), et dans lesquels les compétitions
sont ouvertes entre ce parti, l’Union de la droite et l’Union de la gauche
(sauf le canton d’Aire-sur-la-Lys dominé par la gauche radicale).
Nous avons retenu quatre principales alliances ou formations
politiques en compétition : le Front national, l’Union de la droite,
21
?????????????????????tv???????
?? ur?
??? ? uv?
t ????? ? s{?
?? st?
????? ? tt?
s ????? ? sz?
?? ???? ? ??? ???rx?
??? sr?
?? ? ?? ?? uy?
?????? ?? ??? ?? rs?l’Union de la gauche avec les Verts, et le reste de la gauche. Le Front
national concourt seul. Mais les autres formations s’organisent en
alliances pour mieux peser dans les urnes. Aussi, l’Union de la gauche
est structurée autour du Parti socialiste auquel s’agrègent le Parti
radical de gauche et une majorité des écologistes pour exister.
L’Union de la droite s’organise autour du parti Les Républicains
auquel s’associent les différentes composantes du centre, y compris le
MoDem pour les scrutins de listes, notamment les élections
municipales et les élections régionales. Parmi les autres formations de
la gauche, nous retenons les alliances habituelles de la gauche radicale
organisée autour du Parti communiste et du Parti de gauche. Les
divers gauche, composés de dissidents de l’Union de la gauche,
s’associent souvent tactiquement à ces partis pour protester.
Ci-dessous la carte des trente-neuf cantons du département du
Pas-de-Calais, présentés par ordre alphabétique officiel. Seules quatre
communes importantes sont réparties en deux ou trois cantons : Arras,
Boulogne-sur-Mer, Calais et Hénin-Beaumont.
22 Au début de l’année 2015, le Pas-de-Calais connaît une
population de 1.463.628 habitants. Au premier tour des élections
départementales, le département compte 1.085.420 électeurs inscrits.
Seuls 562.334 se sont déplacés dans les bureaux de vote (soit un taux
de participation de 51,8%) et 534.258 suffrages ont été valablement
exprimés (soit 49,2% des électeurs inscrits). Néanmoins, ces ratios
sont supérieurs à la moyenne nationale et à celle de toute la région.
erAussi, dans les cantons du 1 groupe, le Front national est arrivé
eren tête de scrutin au 1 tour, et il a réalisé des scores de plus de 36%,
soit de résultats au-dessus de la moyenne départementale de 35,6%. Il
évolue ainsi de 36,06% dans le canton d’Auchel jusqu’à 49,44% dans
le canton de Hénin-Beaumont-2, sur un ensemble de seize sur les
trente-neuf cantons du département du Pas-de-Calais. Dans les
ecantons du 2 groupe, le Front national obtient des scores inférieurs à
la moyenne du département sur vingt-trois cantons. Néanmoins, il
arrive également en tête du scrutin dans trois autres cantons de
Béthune, Boulogne-sur-Mer et Outreau. L’Union de la droite n’arrive
eren tête de tous les concurrents du 1 tour que dans neuf cantons, soit
Avesnes-le-Comte, Auxi-le-Chateau, Berck, Beuvry, Calais-1,
Etaples, Fruges, Longuenesse et Marck. Parmi les onze cantons
restants, la gauche radicale parvient à se hisser en tête du scrutin que
dans le canton d’Aire-sur-la-Lys, alors que l’Union de la gauche de
gouvernement ne s’impose que dans dix cantons sur les trente-neuf,
soit 25,6% des cantons du département. Au total, le Front national
ers’est alors hissé en tête du scrutin au 1 tour dans dix-neuf cantons,
soit 48,7% des cantons, contre l’Union de la droite qui n’est
performante que dans 23,1% des cantons. Nous constatons ainsi que le
Front national s’est nettement distingué dans la majorité relative des
cantons et qu’il a réalisé le plus important score avec 35,6%, devant
l’Union de la gauche (30,1%), l’Union de la droite (23,5%) et la
gauche radicale qui plafonne à 10,2% dans ce scrutin.
eLes scores du Front national ont nettement progressé au 2 tour
de ces élections départementales. En étudiant les suffrages, nous
avons observé que :
1°- sur le plan national, le Front national et les formations de la
gauche radicale perdent les suffrages au second tour, en raison des
coalitions entre la gauche et la droite partout contre le FN (-20%) ; la
23 gauche radiale est également recalée (-55%). La gauche de
gouvernement recule également partout. Alors que l’ensemble de la
droite et du centre connaît la meilleure progression en France (+13%),
elle enregistre une forte chute dans le Pas-de-Calais (-22%). Pendant
ce temps, le Front national marque la plus forte progression des
suffrages dans le Pas-de-Calais (+11%).
2°- Les Français ont voté proportionnellement plus nombreux dans le
Pas-de-Calais (52% de participation) que dans l’ensemble de la France
(50%). De plus, l’on compte moins de rejets des électeurs (bulletins
blancs ou nuls) dans ce département que dans l’ensemble de la France.
3°- Les électeurs du Pas-de-Calais ont également proportionnellement
voté plus nombreux que dans la nouvelle région
Nord-Pas-de-CalaisPicardie, où ils se sont mobilisés avec 26,8% de votants et 26,9% de
suffrages exprimés, alors qu’ils n’en représentent que 25,7% du total
des électeurs inscrits. Le nombre des suffrages exprimés confère un
poids de 12 points derrière le département du Nord, et 14 points
devant celui de l’Oise. Dans cette nouvelle région, le Pas-de-Calais
occupe ainsi une position stratégique.
4°- Les électeurs ont enfin proportionnellement voté plus nombreux
dans le Pas-de-Calais que dans l’Oise (52,0% contre 51,6%). Avec les
escores tout à fait identiques du Front national au 2 tour (41,5%) dans
ces deux départements, l’Union de la droite monte à avec 42,4% et
elle bat le Front national (41,5%) et la gauche au pouvoir (11,6%)
dans l’Oise. Mais dans le Pas-de-Calais, c’est le Front national qui bat
l’Union de la droite (19,2%) et la gauche au pouvoir (31,5%). Il y a
donc bien une dynamique électorale forte du Front national et une
vraie mutation de la sociologie électorale dans le Pas-de-Calais.
Le travail proposé dans cet ouvrage permet ainsi de mieux
connaître les évolutions électorales dans tous les cantons du
Pas-deCalais. Les électeurs évoluent et votent selon leur situation au moment
du vote. Au cours d’une même année, les résultats sont donc
comparables. L’on relève une implantation conquérante du Front
national sur tous les territoires. Il occupe douze sièges au sein du
nouveau Conseil. Cette publication a été réalisée en collaboration avec
Catherine Ghékière, qui a assuré la collecte et l’organisation des
résultats de ces élections.
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Le Front national continue de dominer en se plaçant en tête dans
les batailles électorales dans le Pas-de-Calais ; il se distingue dans ce
erdépartement qui compte trente-neuf nouveaux cantons au 1 tour des
élections départementales. Nous avons indiqué : le Front national seul
totalise 35,6% des suffrages exprimés (contre 38,9% aux dernières
élections européennes du 25 mai 2014), très loin de plus de dix points
devant les formations rassemblant l’Union de la droite et le centre
ère(23,4%). Le Front national, seul en tant que parti, est donc bien la 1
force électorale dans le département du Pas-de-Calais, en comparaison
avec les autres partis politiques. La gauche soutenant le
gouvernement, ses partenaires des Verts-Écologie et les divers
gauches proches, sont donc dominés sur leurs territoires historiques où
ils plafonnent tous ensemble à 32,8%. Les autres forces de gauche, les
candidats du Front de gauche et ceux du parti communiste totalisent
7,7%. Mais la gauche compte déjà un binôme élu sous l’étiquette de
l’Union dans le canton de Saint-Omer. Il y a une nette « implantation
du FN », croissante et conquérante dans le Pas-de-Calais, et dont il
faudra étudier en détail les ressorts dans les cantons et les communes
conquis aux thèses et à l’offre politique de ce parti. Des décennies de
mauvaise gouvernance, de corruption active et de malversations
financières avérées au sein des membres de la fédération socialiste du
Pas-de-Calais et des élus locaux ont l’effet de détourner un grand
nombre d’électeurs des élus de la gauche. Celle-ci se retrouve alors en
grande difficulté pour gagner ces élections au Conseil départemental
du Pas-de-Calais, mais elle conserve l’attachement historique de ses
25
??????????????????????????spartisans et de ses adhérents inconditionnels. La droite républicaine
éprouve également des difficultés devant la forte offensive du Front
national, qui se développe depuis les élections européennes du 25 mai
2014, et qui se répand sur tous les territoires du département.
erLes binômes du Front national arrivent en tête de scrutin du 1
etour dans 22 cantons et en 2 position dans 14 cantons ; soit 36 sur les
e39 cantons du département. En outre, ce parti a gagné sa 3 place dans
deux cantons. Il est donc présent dans tous les cantons soumis au
e ersecond tour ! Il a simplement été battu en 2 position au 1 tour du
scrutin à Saint-Omer (27,01% contre 52,96% pour le binôme de
l’Union de la gauche), devant l’Union de la droite (15,50%) et le Front
de gauche (4,53%). Même battu, le Front national est donc bien
présent et actif à Saint-Omer. Par ailleurs, il est opposé aux candidats
de l’Union de la droite seule dans 7 cantons (soit seulement 7 cantons
déjà privés d’élus de gauche sur le total de 39 cantons). Le Front
national conserve alors le potentiel théorique de gagner la majorité
devant la gauche au Conseil départemental du Pas-de-Calais, si l’on
s’en tient au total des suffrages obtenus et non à des situations locales.
Il est en confrontation directe avec l’Union de la gauche seule dans 17
cantons ; en compétition avec le parti communiste dans un seul
canton ; et contre le Front de gauche ou les divers gauche dans deux
ercantons chacun. Il y avait, au soir du 1 tour, des qualifications de
triangulaires dans 13 cantons ; mais, malgré la forte pression du Front
national sur tous les territoires, les désistements n’ont lieu que dans 4
cantons (soit trois désistements de la gauche au profit des binômes de
la droite bien placés face à ceux du FN : Bapaume, Avesnes et
SaintPol-sur-Ternoise, et un désistement de la droite au profit du binôme
de la gauche à Lumbres). Il reste alors 9 cantons soumis aux
triangulaires pour le second tour. L’issue du scrutin devient alors
principalement la bataille électorale entre le Front national et les
formations de la gauche, pour concourir à la victoire dans les 22
cantons où s’exerce le duel entre le FN et la gauche. Et si l’on y ajoute
ele 9 cantons soumis aux triangulaires, la gauche est présente au 2 tour
dans 31 cantons sur les 39 du département. Cette bataille sera ainsi
arbitrée par les électeurs des binômes battus de la droite, et les
erabstentionnistes du 1 tour qui se mobiliseront pour le second tour. La
bataille des élections départementales est désormais ouverte entre les
forces de la gauche et le Front national dans le Pas-de-Calais.
26 Nous rappelons synthétiquement des résultats globaux du premier tour
dans le département :
Département du Données Formation Suffrages Scores /
Pas-de Calais générales Politique obtenus Exprimés
Population Front national 1 463 628 190 341 35,63% totale :
Electeurs Union de la
1 085 420 inscrits : gauche 175 140 32,78%
Union de la Votants : 562 334 125 252 23,44% droite
Autres gauche 534 258 Exprimés : 41 105 7,69%
Autres droite 51,81% Participation : 2 420 0,45%
À l’échelle de la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le
Front national se maintient également en tête devant ses concurrents à
l’issue de ce premier tour. Il apparaît clairement l’intérêt de concentrer
notre étude sur le Pas-de-Calais : deuxième département peuplé de la
nouvelle région, un taux de participation supérieur à la moyenne de la
région, des scores du Front national et de l’Union de la gauche
audessus de la moyenne régionale, mais le Front national poursuit sa
performance dans les autres départements où la gauche s’effondre. Le
score de l’Union de la droite y est inférieur à celui de cette alliance
politique dans la région.
Nord-Pas-de- Données Formations Suffrages Scores /
Calais- Picardie générales Politiques obtenus Exprimés
Population 5 973 098 Front national 686 005 34,19% totale :
Electeurs Union de la
4 216 164 507 358 inscrits : gauche 25,28%
Union de la Votants : 2 104 366 592 406 29,52% droite
Autres gauche Exprimés : 2 006 670 207 236 10,33%
Autres droite 49,91% Participation :
Tableau synthétique des résultats électoraux du premier tour
des départementales du 22 mars 2015 dans la nouvelle région.
27

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A l’issue du second tour, l’Union de la gauche gagne 34 sièges
sur les 78 du nouveau Conseil départemental du Pas-de-Calais. Elle
emporte ainsi la majorité relative de 43,6%. L’Union de la droite
parvient à placer 26 élus (soit 33,3% des sièges). Le Front de gauche
gagne 4 sièges et un binôme des divers gauche complète l’espace
occupé par l’ensemble des forces de gauche. Aussi, la gauche de
gouvernement et la gauche radicale occupent désormais un total de 40
sièges dans le nouveau Conseil (soit une majorité absolue de 51,3%).
Cependant, sur son étiquette propre, le parti communiste est écarté et
termine la course sans un seul élu. La principale surprise de ces
élections, c’est l’entrée de 12 conseillers du Front national dans le
Conseil départemental du Pas-de-Calais, seul département de la future
région Nord-Pas-Calais-Picardie à compter une si forte représentation
du Front national dans son Conseil. Néanmoins, sans les appels de la
gauche et de la droite à faire barrage au Front national, parfois en
faveur du binôme de la droite ou de la gauche le mieux placé pour
quelques triangulaires, mais souvent lorsque le binôme de la droite ou
celui de la gauche est en duel avec le binôme du Front national, ce
dernier est mis en difficulté pour gagner.
Mais, ce parti parvient à emporter les victoires dans les cantons
de Harnes (contre le binôme communiste), les deux cantons de
HéninBeaumont (contre les binômes socialiste et divers gauche), celui de
Lens (contre le binôme socialiste), de Lillers (dans la triangulaire
contre les binômes de la droite et des communistes) et le canton de
Wingles (contre le binôme socialiste). Il s’adjuge ainsi cinq cantons
sur six gagnés contre les candidats de la gauche. Celui de Lillers est
29
???arraché dans la triangulaire avec l’Union de la droite et le Parti
communiste. Le Front national entame alors la conquête des territoires
plus étendus, après l’importante commune d’Hénin-Beaumont.
Présent dans la totalité des cantons au second tour, le Front
national réalise 41,48% des suffrages exprimés contre 35,84%, en
ertenant compte du périmètre comparable du 1 tour (sans le canton de
erSaint-Omer gagné dès le 1 tour). Le taux de participation au second
tour est de 51,99%, soit environ 9,1 points de plus qu’aux élections
européennes du 25 mai 2014, où le Front national avait atteint 38,89%
pour un taux de participation de 42,87%. Ce résultat montre alors que
le Front national est en nette progression dans le département du
Pasde-Calais. L’accroissement de 9,1 points sur la participation dans le
sprint final de l’élection par rapport aux élections européennes se
répercute sur la progression du score global du Front national qui
s’accroit de 2,6 points aux élections départementales. L’amélioration
de la participation aux élections s’accompagne de la progression du
score du Front national, ainsi que nous l’avons observé dans chacun
des cinq départements du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie.
erÀ périmètre comparable, le taux de participation au 1 tour est
ede 51,73%, proche de celui du 2 tour. Le nombre d’électeurs inscrits
avait légèrement augmenté de 329 électeurs. Les enjeux de scrutin ont
eplus mobilisé les électeurs au 2 tour ; cela s’est traduit par une légère
baisse du taux d’abstention, avec 2.655 votants et un accroissement de
eceux-ci de +0,54%. Cependant, le nombre total de suffrages à ce 2
ertour de scrutin rapporté à celui du 1 tour, est en diminution de 11.792
voix (soit -2,26% de baisse). Malgré l’augmentation du nombre de
votants, les expressions de colère, de désespoir, de déception, de
révolte, de défiance, de contestation, de rejet, et le sentiment
erd’injustice politique pour l’absence des candidats valables du 1 tour
éliminés, mais aussi de mécontentement à l’égard des partis politiques
de gouvernement, de gauche comme de droite, se sont multipliés à
etravers les votes blancs (+9.485 nouveaux votes blancs au 2 tour, soit
+53,71% de plus) et des votes nuls (+5.291 nouveaux votes nuls, soit
+53,91%). Ce sont également ces désaffections des électeurs qui
participent à la hausse du score du Front national dans la
Pas-deCalais. À périmètre constant, ce parti est le principal gagnant des
suffrages avec un hausse de +24.460 voix (soit une augmentation de
30 er13,09% par rapport au 1 tour). Il s’adjuge ainsi un poids important
èrede 41,48% des suffrages exprimés, et reste la 1 force électorale du
Pas-de-Calais. L’Union de la gauche est ainsi devancée de 7,34% sur
ses propres territoires historiques. Même en rassemblant toutes les
forces de gauche, le score global n’est que de 39,33%, derrière le
score du Front national seul.
En effet, l’évolution des suffrages de l’Union de la gauche est
très faible ; elle n’atteint que de +3,39%, alors que le Front de gauche
eet ses partenaires s’effondrent et perdent -34,69% de suffrages au 2
tour. Toute la gauche perd 8.328 voix entre les deux tours. Les retraits
des candidats de la gauche, en faveur de ceux de la droite les mieux
eplacés pour battre le Front national au 2 tour, représentent 11.839
ervoix obtenues au 1 tour. Mais l’Union de la droite pâtit également
ede la pression du Front national et perd 25.474 voix au 2 tour (elle
eenregistre une chute de -20,67% de suffrages au 2 tour). Une part de
3.410 voix est imputable au retrait des candidats de l’Union de la
droite dans la canton de Lumbres au profit de ceux de ceux du Parti
socialiste les mieux placés face au Front national. Mais, c’est encore
les bulletins blancs ou nuls, combinés avec l’attractivité du Front
national, qui se retrouvent dans la faible performance des partis de la
gauche, et dans l’importante chute de l’Union de la droite et du centre
eau 2 tour. En effet, les bulletins blancs ou nuls, qui représentaient que
e5,3% des suffrages exprimés, sont montés à 8,3% pour le 2 tour.
Enfin, le Front national est devenu une force politique d’adhésion, et
non seulement de contestation, pour de nombreux électeurs du
Pas-deCalais, et il a pu gagner le canton de Lillers dans la triangulaire contre
les binômes de la droite et des communistes. Les autres cantons ont
été enlevés aux candidats d’une gauche bien installée dans le paysage
politique depuis des décennies.
Il reste désormais un devoir de convaincre un grand nombre
d’électeurs représentant plus de 48% du corps électoral, d’exercer leur
droit de vote pour faire vivre pleinement la démocratie. Après ce parti
de « l’abstention et la désespérance », le Front national s’installe
durablement sur les territoires où les électeurs sont en quête de sens,
déçus de leurs élus habituels et du manque de résultats de l’action
publique pour l’amélioration de leur quotidien. Pour faire baisser cette
pression, il ne convient pas de stigmatiser les électeurs de ce parti. Ce
sont aussi des citoyens électeurs de plein droit et des enfants aigris,
31 déçus, frustrés et fragilisés de la République. La solution réside dans
l’écoute et la compréhension de leurs situations locales, en vue de
prendre en compte les fractures qu’ils vivent et leur demande
économique et sociale. Ils ont besoin des résultats concrets qui
améliorent leurs conditions de vie. Cependant, comme nous l’avons
déjà indiqué dans « La conquête de l’extrême droite en France » (op.
cité), les électeurs du Front national évoluent en au moins trois
principales couches : l’électorat socle, irréductible demeure proche de
10% en moyenne sur l’ensemble de la France. Au-dessus de cette
première couche, se trouve un nouvel électorat des populations ayant
le sentiment que tous les politiques de droite et de gauche, ayant
exercé le pouvoir au cours des trente-cinq dernières années, les ont
abandonnées. Ces électeurs exercent alors un droit à l’écoute, une
défiance aux politiques installés, une protestation contre les promesses
non tenues et très vite oubliées aussitôt les élections terminées, et ils
expriment leur mal-être économique, social et financier. Leurs fins de
mois difficiles durent trente jours, et ils ont perdu toute espérance.
Enfin, une nouvelle population de jeunes cadres, dans tous les corps
de métiers, de jeunes chefs d’entreprises, des artisans, des agriculteurs
déçus, des Français issus de l’immigration, des partisans du « non à
l’Europe », rejoignent le Front national pour s’inscrire dans le
« souverainisme et l’identitarisme » qu’il défend.
Pour convaincre les Français de le suivre, il rappelle son offre
politique sur le refus de l’Europe. Il lie opportunément la contribution
française au budget européen (vingt milliards d’euros) au manque à
gagner pour aider les entreprises et les agriculteurs (la France ne
perçoit que quinze milliards d’euros de l’Union européenne). La
solidarité européenne, ciment et socle de l’Union, est sportivement
ignorée pour prêcher le patriotisme économique et la souveraineté
monétaire, sensés relancer la croissance et l’emploi en France. Tous
les experts s’accordent, cependant, à reconnaître que les causes de la
faiblesse économique et les difficultés de relance de la croisse et de
l’emploi sont : le faible niveau d’innovation, les réformes de structure
de l’État et de la fiscalité, les charges lourdes qui pèsent sur les petites
et moyennes entreprises, entravant leur compétitivité, de fortes
dépenses publiques qui creusent les déficits et l’endettement publics.
Le bouc-émissaire de l’Europe et de la mondialisation est commode.
32
4. Méthodologie d’analyse
Résultats détaillés dans les cantons
Analyse des principales communes
Pour analyser les différents cantons et en présenter la situation
de certaines communes, nous tenons compte des évolutions électorales
récentes en vue de proposer des projections des résultats aux
prochains scrutins de listes. Pour rester cohérent, nous avons retenu
des résultats des élections se déroulant au cours d’un même mandat
présidentiel. Ce sont donc des résultats comparables des scrutins des
élections européennes du 25 mai 2014 et des élections
départementales des 22 et 29 mars 2015. En effet, ces élections
rassemblent des territoires recouvrant plusieurs communes. Elles sont
menées sur des listes de candidats connus ou peu connus, mais
conduisant des campagnes sur des promesses et des résultats
politiques territoriaux et nationaux. Elles se différencient des élections
présidentielles portant sur la victoire d’un homme (ou d’une femme)
unique dont la vie de la nation dépend dans l’imaginaire collectif
français, ou des législatives où l’électeur focalise son intérêt sur
l’acteur principal qui demeure le législateur local élu. Dans ce cas du
législateur, c’est donc une personne physique à laquelle le citoyen ou
le maire de la circonscription pourrait avoir recours pour ses relations
avec l’administration, pour l’emploi sur le territoire local, pour des
activités associatives ou d’investissement local ou pour toutes les
autres actions économiques. L’on sait que le législateur puise dans les
fonds de la réserve parlementaire pour faire face à la demande ou qu’il
peut s’adresser à des acteurs économiques locaux ou nationaux pour
soutenir l’activité économique dans sa circonscription.
Quant aux élections municipales où l’élu demeure un acteur
politique de proximité, les électeurs orientent leur choix vers le maire
auquel ils s’adressent pour tous les actes de la vie quotidienne dans la
gestion de la commune ou de leurs quartiers. Les logements, la
tranquillité publique, les crèches, la qualité de vie et d’alimentation de
leurs écoles élémentaires, les voiries et la circulation dans la
commune, l’attractivité économique et sociale du territoire communal,
les relations avec les opérateurs économiques et des infrastructures
33 pour le développement du territoire communal… parlent aux citoyens
et deviennent des éléments de focalisation pour choisir un bon maire,
une personne physique à laquelle on vient parler et qui doit répondre
personnellement de ses résultats devant les électeurs. Mais, plus les
instances de décision s’éloignent de la commune, plus elles
deviennent floues dans l’esprit des citoyens. Les élections
européennes, régionales et départementales, pour les citoyens
ordinaires, renvoient à ces institutions perçues comme désincarnées,
lointaines et dont les compétences ne paraissent pas claires pour la
majorité des Français. C’est ainsi qu’une personne devient le point de
centralisation des colères, un centre de coordination de toutes ces
institutions dont nombre de citoyens français ne comprennent pas le
fonctionnement, quand les inefficacités apparaissent dans l’action
publique. Il doit essuyer toutes les critiques. Et quand le maire ne
répond pas, ou ne donne pas une réponse satisfaisante, on transfère le
dossier au président de la République. Des problèmes de voisinage
aux difficultés de l’emploi, des inquiétudes sur la conduite de la santé
publique jusqu’à des dysfonctionnements dans le traitement des
dossiers judiciaires ou à la régulation des relations avec les
administrations étrangères, des difficultés d’obtention des titres de
séjour jusqu’à la demande d’intervention de l’armée ou de la
diplomatie françaises auprès des pays tiers, de toutes ces demandes
atterrissent dans le Bureau des courriers du président de la
République. Après le maire, c’est le président de la République qui
concentre les mécontentements et les sujets d’intervention des
citoyens. Cela justifie les mobilisations des électeurs et les records de
taux de participation, lors de l’élection présidentielle.
Aussi, au cours du mandat présidentiel de François Hollande,
inauguré par la victoire du 6 mai 2012, nous présentons la synthèse
des résultats électoraux qui participent au choix des communes de
notre étude. Dans la perspective des élections régionales de décembre
2015, et des suivantes, nous considérons que quatre listes au
emaximum pourraient se présenter au 2 tour. Mais pour optimiser les
chances de succès, entendu que toutes les forces de droite et du centre
se sont regroupées dans l’Union de la droite, les composantes de la
gauche devraient se réunir dans l’Unité de la gauche. Les scénarios à
construire se baseront ainsi sur trois grandes forces politiques : le
Front national, l’Union de la droite et l’Union (élargie) de la gauche.
34 En effet, le mode de scrutin de listes, proportionnel et à deux tours,
permet aux listes ayant franchi le seuil de 10% des suffrages exprimés
au premier tour de se présenter au second tour. Ensuite, les listes ayant
obtenu au moins 5% au second tour pourraient prétendre à des sièges.
Le Front national, l’Union de la droite et l’Union de la gauche sont
eassurés d’arriver au 2 tour. Mais les principales composantes de
l’extrême gauche (Front de gauche, Parti communiste, divers gauche
en désaccord avec la politique gouvernementale) pourraient
eégalement accéder au 2 tour ; mais l’enjeu de ces élections et la forte
pression du Front national depuis les élections européennes, poussent
la gauche à ne se présenter que sur une même liste. A défaut, nous
appelons « l’Union de la gauche », la liste de toutes les gauches
réunies pour le second tour. D’autres listes, notamment celles de
l’extrême droite ou de l’extrême gauche radicale, pourront se
er eprésenter au 1 tour, mais avec peu de chance d’accéder au 2 tour.
eNous travaillons alors sur l’hypothèse du 2 tour avec trois listes
qualifiées.
Dans la configuration des résultats actuels pour l’ensemble de la
nouvelle région Nord-Pas-de-Calais - Picardie, depuis les élections
européennes du 25 mai 2014, une liste de l’extrême gauche
erecomposée pour le 2 tour obtiendrait entre 5% et 6%. L’Union de la
gauche pourrait totaliser entre 21% et 22%. Au mieux, l’hypothèse
haute du total de la gauche (rassemblée) unie serait de 28% au second
tour. Pour emporter les élections, la bataille s’engagerait entre le Front
national et l’Union de la droite, se partageant environ 72%. La liste
qui dépasserait 36% emporterait ainsi ces élections régionales. Aussi,
nous retenons que les communes où le Front national a réalisé
auemoins 36% au 2 tour des élections départementales de mars 2015
contribueraient à la victoire de ce parti. Ce sont ces communes qui
pourraient détenir les clés de la victoire du Front national à ces
élections régionales de décembre 2015. Par ailleurs, l’on peut
considérer que les électeurs des communes ayant accordé ce score,
face à un candidat de droite ou de gauche, seraient tentés de confirmer
ce vote au second tour des régionales. Nous observons que les
déterminants socio-économiques, des colères, les frustrations, la
demande sociale et économique, ou des inquiétudes ressenties ou
vécues par les électeurs des autres communes ayant accordé des scores
35 entre 30% et 36% pourraient également les pousser à accroître des
scores du Front national, et contribuer à sa victoire.
Nous nous intéressons ainsi, lorsque des communes importantes
ne se dégagent, à toutes les communes de plus de 150 électeurs où le
eFront national a obtenu plus de 30% au 2 tour des élections
départementales du 29 mars 2015. Nous avons indiqué que le
département du Pas-de-Calais compte une population électorale qui
pèse 25,7% du total des électeurs inscrits de la nouvelle région
NordPas-de-Calais – Picardie, mais la relative bonne participation des
électeurs par rapport aux autres départements de la région et le
nombre des suffrages exprimés, remontent le poids de ce département
à 28,2% de la région, soit 11 points derrière le département du Nord,
locomotive démographique de la nouvelle région, et 14 points devant
celui de l’Oise, le département le plus peuplé de la Picardie. Ces trois
départements représentent 81,5% des électeurs de la région et 81,4%
des suffrages exprimés. Nous reportons les résultats entre les élections
européennes et les deux tours des élections départementales.
Le tableau ci-dessous synthétise la situation globale dans la
nouvelle région et complète la compréhension de la comparaison des
résultats dans le Pas-de-Calais.
Région du Nord-Pas-de-Calais - Picardie
Formations et alliances
Europ 2014 Départementales 2015 politiques
er eTour unique 1 tour 2 tour Evolution
Front de gauche, autres 10,33 5,72 -4,61 pts 6,69
Union de la gauche 25,28 20,64 -4,64 pts 17,80
Union de la droite 29,52 33,74 4,22 pts 26,87
Front national (seul) 34,19 39,61 5,42 pts 36,24
Electeurs inscrits 4 216 164 4 123 017 -2,2% 4 221 218
Votants 2 104 366 2 060 783 -2,1% 1 779 421
Taux de participation 49,91 49,98 0,07 pt 42,15
% Exprimés/Votants 95,36 91,78 -3,58 pts 95,88
36 Région du Nord-Pas-de-Calais - Picardie
Formations et alliances
Europ 2014 Départementales 2015 politiques
er eTour unique 1 tour 2 tour Evolution
Suffrages exprimés 2 006 670 1 891 393 -5,7% 1 706 183
FDG+PC+PG+DVG 114 135 207 236 108 193 -47,8%
UG+PS+PRG+EELV 507 358 390 415 -23,0% 303 746
UD+UC+LR+UDI+DVD 592 406 638 195 7,7% 458 509
FRONT NATIONAL 618 398 686 005 749 181 9,2%
Synthèse des résultats dans la région Nord-Pas-de-Calais - Picardie.
L’on constate que le Front national a beaucoup progressé sur
l’ensemble de ces élections, gagnant 130.783 électeurs (soit +21,1%)
sur l’ensemble de la région. Entre les deux tours des élections
départementales des 22 et 29 mars 2015, ce parti a gagné 9,2% dans
les suffrages, et il affiche un score de 39,6% contre l’ensemble des
formations de l’Union de la droite qui atteint 33,7%. Mais dans le cas
du Pas-de-Calais, cette progression du Front national entre les deux
tours des élections départementales est de 11,0%. Elle lui permet un
haut score de 41,5% équivalant à celui de ce parti dans l’Oise, mais
derrière l’Aisne affichant 44,3%. Néanmoins, en raison de sa forte
population électorale, les suffrages du Front national dans le
Pas-deCalais représentent 28,2% du total de ce parti dans l’ensemble de la
enouvelle région, au 2 tour des élections départementales. L’écart de
11 points avec le département du Nord dans les suffrages exprimés, se
réduit à 8,2 points pour les suffrages accordés au Front national. Les
résultats globaux de la région, comparant les européennes et les
départementales, nous permettent d’effectuer des projections sur les
élections régionales sur les trois concurrents en compétition : le Front
national, l’Union de la droite et l’Union de la gauche. Nous avons
indiqué que la victoire était obtenue, dans la configuration de la
triangulaire, par le parti qui réunira plus de 36% à l’issue du second
tour, selon l’hypothèse de projection de 28% au maximum pour la
gauche, et de 72% à répartir entre le Front national et l’Union de la
droite. Chaque commune est donc observée sur ces critères.
En tenant compte des analyses précédentes, nous répartissons les
communes de chaque canton du Pas-de-Calais en trois groupes à partir
37 des résultats des élections départementales que nous présentons dans
cette étude :
1°- celles où le Front national a obtenu plus de 36% (soit plus de
la moitié de 72% qui départage ce parti avec l’Union de la droite).
2°- celles où le Front national a obtenu des scores entre 30% et
36% qui pourraient basculer dans le premier groupe si les situations
socio-économiques locales ne s’améliorent pas, ou si des actions
concrètes de ces améliorations ne leur sont pas présentées. C’est le
vivier de développement de ce parti.
3°- celles où le Front national n’a pas atteint pas 30%. Elles
constituent des territoires de conquêtes de la gauche ou de la droite
pour les victoires futures, à condition de changer le regard et mener
des actions concrètes sur les situations que vivent des Français
fragilisés sur ces territoires.
Les résultats que nous présentons décrivent les performances du
Front national dans chacune des communes représentatives de chacun
edes cantons. En effet, ce parti est le plus présent au 2 tour des
élections départementales ; il était important de relever les territoires
où les électeurs sont conquis, ceux où ils risquent de basculer en sa
faveur, et ceux où ils résistent à l’offre de ce parti. La synthèse de
chaque canton est proposée avec la population électorale, les résultats
des binômes de candidats, les progressions de leurs suffrages et le taux
de participation des électeurs. Ensuite, les résultats du Front national
sont analysés pour chaque commune de plus de 150 électeurs inscrits.
Les cantons sont présentés et numérotés selon l’ordre alphabétique
officiel, alors que, à l’intérieur de chaque canton, les communes sont
présentées par ordre décroissant des scores du Front national au
second tour du scrutin des élections départementales du 29 mars 2015.
01. Aire-sur-la-Lys
Inscrits : 23.635 Scores Gains en Partici-
Particiobtenus voix au pation pation Exprimés : 11.665
er esecond tour 1 tour 2 tour
Divers gauche 61,02% 120,4% 55,16%
Front national 38,98% 36,7% 54,92%
38 La participation a très légèrement augmenté à 55,2%, malgré les
eenjeux importants du 2 tour, en raison de l’avance du Front national,
en tête de scrutin. Le canton d’Aire-sur-la-Lys s’étend entre
SaintOmer et Béthune, sur le parcours Calais – Saint-Omer – Béthune –
Lens. Seules quatre de ses dix-sept communes dépassent le nombre de
1.000 électeurs, dont seulement deux se situent au-dessus 7.000
électeurs. Le canton est donc essentiellement ouvrier et rural, sur des
territoires de communes anciennement dominées par la gauche. A
travers ces élections, le Front national tente de s’imposer. Le binôme
des divers gauche est arrivé derrière celui du Front national, avec
er26,2% contre 27,0% à l’issue du 1 tour. Pour gagner avec les seules
voix de la gauche, les réserves de voix de la gauche pouvaient
provenir des 21,5% des électeurs socialistes, et 6,1% du Front de
gauche éliminés. Mais, une mobilisation des électeurs de la droite et
du centre, représentant 19,3% et appelés au renfort contre le Front
national, a pu compléter les apports de nouvelles voix contre ce parti.
erNous indiquons les binômes des candidats en compétition au 1 tour
et les scores qu’ils ont obtenus par ordre décroissant. Seuls les
binômes de candidats ayant obtenu au moins 12,5% des électeurs
inscrits peuvent se maintenir pour le second tour. Dans le cas où
aucun binôme n’aurait pas réuni ce score ou si un seul des binômes en
compétition réunissait ce seuil légal, les candidats retenus pour le
second seront les deux premiers arrivés en tête.
Binômes de candidats Formation Voix % Inscrits Scores
Mme Evelyne GERONNEZ Front
3 326 14,07 26,97%
national M. Hervé MAHELLE
M. Jean-Claude DISSAUX Divers
3 229 13,66 26,19%
gauche Mme Florence WOZNY
Mme Claudette MATTON Parti
2 651 11,21 21,50%
socialiste M. Jacques NAPIERAJ
M. André DELPOUVE Union de
2 378 10,06 19,29%
la droite Mme Bernadette DUPONCHEL
M. Joris DE MACEDO Front de
746 3,15 6,05%
gauche Mme Véronique LESAGE
39 Les formations de la gauche sont entrées divisées en trois listes.
Les divers gauche sont arrivés devant le parti socialiste, avec une
avance de 4,7 points. De plus, le Parti socialiste n’a pas atteint le seuil
elégal de 12,5% pour se qualifier en vue du 2 tour. Malgré la pression
du Front national, qui s’impose devant la gauche et l’Union de la
edroite, la mobilisation du 2 tour n’a accru que de 59 nouveaux
votants. Mais la colère, le retrait des candidats socialistes et de
l’Union de la droite entraîne également la perte de voix dans la hausse
des votes blancs avec 397 nouveaux bulletins blancs (soit +100,8%
erpar rapport au 1 tour) et des bulletins nuls avec 327 nouveaux
bulletins nuls (soit +128,7% d’augmentation). En conséquence, les
suffrages exprimés perdent -665 voix.
Il convient de noter que les réserves brutes de voix libérées par
les binômes éliminés comprennent les 2651 électeurs socialistes
er(21,5% au 1 tour), les 2378 électeurs de la droite et du centre
(19,3%) et quelques 746 électeurs du Front de gauche. Soit 5.775
voix. Néanmoins, avec la chute de 665 voix, il ne reste que 5.110
suffrages nets à redistribuer entre le binôme du Front national et celui
des Divers gauche. La coalition s’organise alors entre les partis de la
droite, du centre et de la gauche pour s’opposer à la victoire du Front
national. Aussi, elle apporte au binôme des Divers gauche une somme
de 3889 nouvelles voix du stock net libéré par les candidats du parti
socialiste, de l’Union de la droite et du Front de gauche. Ce sont donc
bien les voix de la droite et de la gauche pour soutenir les candidats
Divers gauche, à défaut d’un nombre significatif de nouveaux votants.
Ces apports leur permettent de réunir 76,1% de la réserve disponible,
et de réaliser une progression en suffrages de 120,4% par rapport au
er1 tour. Ainsi, il a pu atteindre un score de 61,0%. Néanmoins, il
convient de rappeler qu’en cas de triangulaire, comme lors des
élections régionales impliquant la gauche, la droite et le Front
national, les voix de la droite ne se seraient pas reportées sur le
candidat Divers gauche. Cela est encore vrai en quadrangulaire,
puisque les quatre formations –Front national, Divers gauche, Parti
socialiste et Union de la droite– ont réuni les conditions légales pour
ese présenter au 2 tour et réduisent d’autant les chances des partis de
gauche et de droite de gagner. Et dans ce schéma, la victoire serait
revenue au Front national dans ce canton.
40 Dans cette élection départementale, le Front national a aussi
eamélioré ses suffrages, avec 1221 nouvelles voix au 2 tour (soit
23,9% des voix libérées). C’est donc un résultat significativement
important, et qui indique que les électeurs de ce parti proviennent
autant de la gauche que de la droite. Même au cas où le Front de
ergauche, par contestation aurait apporté ses 746 voix du 1 tour, il
manquerait 475 voix. Cependant, parmi 724 bulletins blancs ou nuls,
une forte part provient des 746 électeurs du Front de gauche. Il en
erésulte que, à défaut de nouveaux électeurs (59 nouveaux votants au 2
tour), les 1221 nouveaux suffrages du Front national seraient issus des
électeurs de la droite qui n’ont pas accepté de soutenir un candidat de
la gauche radicale. La forte progression des suffrages, accompagnée
d’une importante progression de 36,7% de nouveaux votes, s’appuie
sur plusieurs communes de ce canton. Le score de 39,0% permet ainsi
au Front national de s’affirmer comme la deuxième force électorale de
ce canton, même s’il reste au-dessous de la moyenne départementale
(41,5%) de ce parti dans le Pas-de-Calais. Sur les dix-sept communes
de ce canton, nous en relevons seize de plus de 200 électeurs ayant
eapporté plus de 30% de suffrages à ce parti au 2 tour. Elles
représentent 99,8% des suffrages du Front national dans ce canton.
Nous indiquons en grisé, les communes dont le taux de participation
s’est accru au second tour.
Inscrits voix FN Scores Evo- Apport Partic. Partic.
e e e er e2 tour 2 tour 2 tour lution au FN 1 tour 2 tour Communes
(nombre) (nombre) (en %) (en %) (en %) (en %) (en %)
210 57 55,34 58,10 56,67 Linghem 54,1 1,3

Estrée702 163 51,42 35,8 3,6 46,01 50,28
Blanche
593 170 51,05 60,03 62,23 Blessy 25,9 3,7
350 91 45,05 66,00 63,43 Mazinghem 35,8 2,0

SaintHilaire- 671 162 44,38 57,53 58,57
29,6 3,6
Cottes
203 50 44,25 63,55 64,04 Liettres 13,6 1,1
722 154 43,14 52,35 54,71 Wittes 16,7 3,4
335 72 42,35 57,91 59,40 Rely 18,0 1,6
1 190 253 42,31 55,80 57,31 Guarbecque 29,1 5,6
41 Inscrits voix FN Scores Evo- Apport Partic. Partic.
e e e er e2 tour 2 tour 2 tour lution au FN 1 tour 2 tour Communes
(nombre) (nombre) (en %) (en %) (en %) (en %) (en %)
746 188 41,96 65,42 65,01 Lambres 41,4 4,1
7 387 1 314 41,94 49,14 48,56 Isbergues 40,2 28,9
1 583 336 39,95 63,42 61,97 Roquetoire 43,6 7,4

Ligny-lès478 90 38,14 58,55 56,28
Aire 21,6 2,0
378 83 37,05 62,17 64,81 Quernes 5,1 1,8
463 90 34,35 62,96 61,34 Witternesse 34,3 2,0
Aire-sur-la- 44,9 27,8 7 586 1 266 32,12 55,92 56,67
Lys
Le Front national a dominé l’élection dans trois petites
communes de Linghem, Estrée-Blanche et Blessy, au-delà de 51% au
e2 tour. De plus, ses suffrages ont progressé de 54,1% à Linghem.
Dans quatorze sur seize communes retenues, ce parti a réalisé plus de
37%. Ce sont ces communes qui pourraient contribuer à la victoire du
Front national au prochain scrutin. Néanmoins, une partie de ses
eélecteurs du 2 tour proviennent des formations, de gauche et de
edroite, qui seront également présentes au 2 tour des régionales. Enfin,
ela progression de 36,7% au 2 tour est apportée par les grandes
communes d’Aires-sur-la-Lys (+44,9%) et Isbergues (+40,2%). A ces
grandes communes de plus de 7.300 électeurs, viennent s’ajouter la
commune moyenne de Roquetoire (+43,6%) et la petite commune de
Lambres (+41,4%). Dans ces quatre communes, la droite doit
convaincre pour fidéliser ses électeurs tentés par le vote Front
national. Au cas où la situation locale ne s’améliorerait pas, les faibles
scores du Front national obtenus à Witternesse (34,4%) et
Aire-sur-laLys (32,1%), pourraient augmenter au prochain scrutin. La commune
de Rombly avec 38 électeurs et 8 électeurs pour le Front national n’a
pas été prise en compte dans l’évaluation des forces de ce parti. Dans
une élection où le Front national serait présent aux deux tours, les
électeurs du canton d’Aires-sur-la-Lys pourraient contribuer
significativement au score de ce parti. Les résultats de consolidation
des analyses proposées ont été proposés dans la deuxième partie de cet
ouvrage, consacrée aux élections régionales des 6 et 13 décembre
2015, notamment sur la confirmation de l’offensive du Front national.
42 02. Arras-1
Inscrits : 26.110 Scores Gains en Partici-
Particiobtenus voix pation pation Exprimés : 14.106
e er e au 2 tour 1 tour 2 tour
Union de la droite 38,10% 18,4%
Union de la gauche 38,07% 15,9% 56,37% 56,26%
Front national 23,83% -11,8%
La participation a très légèrement baissé de 35 électeurs à 56,3%,
malgré les enjeux d’une forte compétition entre les trois principales
eforces politiques au 2 tour. Nous sommes dans une configuration de
répétition du second tour des élections régionales, avec une
e ertriangulaire entre les principales formations au 2 tour. Mais au 1
tour, quatre listes sont en compétition, dont les deux listes de l’Union
de la gauche et Europe Ecologie-Les Verts. Trois binômes de
candidats sont légalement qualifiés pour le second tour et ils se
maintiennent. L’Union de la gauche est en tête, mais même les deux
listes de gauche réunies, elles ne totalisent que 40,30%, insuffisants
erpour gagner dès le 1 tour. La réalité est que le Front national est déjà
monté à 27,2%, perturbant les équilibres habituels gauche-droite dans
ce canton autour d’Arras. Il s’impose désormais comme arbitre des
scrutins entre la gauche et la droite.
Binômes de candidats Formation Voix % Inscrits Scores
M. Bertrand ALEXANDRE Union de
4 633 17,73 33,12%
la gauche Mme Françoise ROSSIGNOL
Mme Denise BOCQUILLET Union de
4 540 17,38 32,46%
la droite M. Daniel DAMRT
Mme Danièle D’HOLLANDER Front
3 810 14,58 27,24%
national M. Alban HEUSÈLE
M. Didier BRAURE Les Verts
1 005 3,84 7,18%
Ecologie Mme Laure OLIVIER
eL’irruption du Front national dans le 2 tour, derrière la gauche
et la droite, n’a pas provoqué une mobilisation. Les électeurs
considérant qu’il ne pouvait pas gagner dans cette élection au scrutin
majoritaire, ils ne se sont pas mobilisés. Aussi, le nombre de votants a
43 baissé de 35 électeurs. Néanmoins, le nombre de votes blancs a baissé
de 106 bulletins blancs alors que celui des votes nuls a également
encore plus chuté de 47 bulletins nuls. Le solde positif des suffrages
exprimés s’élève ainsi à +118 voix supplémentaires pour le second
tour. Par ailleurs, les voix des électeurs écologistes devaient se répartir
entre les trois binômes finalistes. Soit une réserve globale nette de
1.123 voix à redistribuer. Nous constatons un phénomène rare et
même unique dans le Pas-de-Calais : une partie des électeurs du Front
ernational au 1 tour se sont reportés sur les binômes de la gauche ou de
la droite. Le « message d’avertissement » envoyé par les électeurs de
la gauche ou de la droite qui avaient fit le choix du Front national au
er1 tour a bien été entendu par les politiques locaux. Le binôme de la
egauche a gagné 737 nouveaux suffrages au 2 tour. C’est donc dire
que même les 1005 électeurs écologistes (Verts Ecologie, partenaires
du gouvernement de gauche au pouvoir) ne se sont pas tous reportés
vers les candidats socialistes. A supposer que ces 737 soient issues des
Verts, par solidarité avec le pouvoir, il reste 268 voix des écologistes
qui n’auraient pas rejoint l’Union de la gauche. Ces voix ont rejoint
eles 118 nouveaux suffrages su 2 tour, soit 386 nouvelles voix pour
l’Union de la droite. Enfin, l’Union de la droite, par la personnalité
des acteurs politiques locaux et de proximité connus, aurait convaincu
448 électeurs ayant voté pour le Front national de changer de vote.
erC’est cette somme d’une partie des électeurs écologistes du 1 tour
(286 électeurs), de nouveaux votants et des suffrages exprimés (118
suffrages) et des revirements des électeurs du Front national (448
électeurs) qui ont apporté une très forte progression de 834 nouvelles
voix à l’Union de la droite. Elle emporte une victoire relative avec
38,10%, soit 4 voix de mieux que le binôme de l’Union de la gauche,
qui termine le second tour avec 38,07%.
La gauche paie pour ses difficultés à produire du résultat pour
erles citoyens au niveau national. En avance avec 93 voix au 1 tour
devant l’Union de la droite, l’Union de la gauche termine avec 4 voix
derrière la droite. Une partie des électeurs écologistes et de ceux du
Front national se sont reportés sur le binôme de candidats de l’Union
de la droite, pour lui offrir la victoire. Les enjeux sont alors de pouvoir
puiser dans la réserve des Ecologistes et des 118 nouveaux électeurs,
et obtenir les reports des électeurs du Front national. Dans cette
bataille, l’Union de la droite a réussi une progression de 18,4% de
44 suffrages. L’Union de la gauche n’a rassemblé que 15,9% de voix de
er erplus qu’au 1 tour. En perdant 11,8% de ses voix du 1 tour, le Front
national a alors alimenté le vainqueur de l’Union de la droite, à travers
d’importants reports de voix des électeurs du FN. Dans le canton
d’Arras-1 comme dans celui d’Arras-2, « la tripolarisation » avec la
dominante des batailles « gauche contre droite » est une réalité du
paysage politique local, mais le Front national est largement dominé
par la droite et par la gauche. Son score est inférieur à 30% pour peser
significativement dans le prochain scrutin, mais il garde la capacité
d’arbitrer l’issue du scrutin. L’on peut alors noter que la victoire
relative de l’Union de la droite sur l’Union de la gauche étant très
courte, elle ouvre une compétition très serrée entre les deux univers
politiques, sous l’arbitrage des électeurs du Front national, notamment
lors des élections régionales de décembre 2015. Et c’est ce constat que
nous avons précisément relevé lors du second tour de ces élections.
Dans le canton d’Arras-1, comprenant une partie de la commune
d’Arras et des territoires de douze communes de son agglomération, le
Front national n’a obtenu des scores proches de 30% que dans trois
communes. Globalement, il n’est pas bien implanté sur les territoires
de ce canton, puisque même dans les trois communes où il est le plus
eprésent, il a perdu les électeurs au 2 tour de cette élection. La chute
évolue de -4,7% à Roclincourt à -12,3% à Beaumetz-les-Loges où il a
obtenu son meilleur score de 32,7%, pour un taux de participation en
progression à 60,1% au second tour du scrutin. Les résultats détaillés
par commune sont présentés ci-dessous :
Inscrits voix FN Scores Evolu- Apport Partic. Partic.
e e e er e2 tour 2 tour 2 tour tion au FN 1 tour 2 tour Communes
(nombre) (nombre) (en %) (en %) (en %) (en %) (en %)

Beaumetz709 135 32,69 -12,3 4,0 58,96 60,08
lès-Loges
280 55 30,73 67,93 66,79 Ecurie -5,2 1,6
662 123 29,85 66,77 66,01 Roclincourt -4,7 3,7
9 285 1 180 27,06 49,85 48,96 Arras -9,8 35,1
840 120 24,54 59,40 60,83 Wailly -15,5 3,6
565 82 24,26 63,36 61,42 Acq -15,5 2,4

Neuville1 206 172 23,99 -17,7 5,1 63,43 62,60
Saint-Vaast
45

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