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La gauche ou Le malade imaginaire

De
188 pages
Quel avenir pour l'école ? Quelle offre de logement ? Quelle protection de la santé ? Comment lutter contre les discriminations ? Les questions sont aisées, les réponses sont difficiles. Malade imaginaire, la gauche française est rongée par la division. Pour lui redonner du tonus, l'auteur propose de : revenir aux valeurs des pères fondateurs (Jaurès, Mendès-France, Proudhon) ; généraliser les réussites de Grenoble, Lille et Paris en matière d'innovation, de culture et d'emploi ; supprimer le cumul des mandats...
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Remerciements sincères à
Claude GARRIER, épris de justice et d’Afrique
et à Ariane NEVEUX
our la
hoto de couverture
© L’Harmattan, 2008
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
9782296063921
EAN : 9782296063921
Sommaire
Remerciements sincères à Page de Copyright Page de titre LISTE DES AUTEURS INTRODUCTION REVENIR AUX SOURCES CHAPITRE I - Jaurès ou la vertu de l’engagement CHAPITRE II - Pierre Mendès France et l’éthique de la vérité CHAPITRE III - Proudhon ou l’économie solidaire
SATISFAIRE LES BESOINS FONDAMENTAUX CHAPITRE IV - L’école de l’avenir CHAPITRE V - Pour une santé durable CHAPITRE VI - L’ascenseur logement CHAPITRE VII - Comment lutter contre les préjugés ?
PORTER LES NOUVELLES DYNAMIQUES CHAPITRE VIII - La culture au cœur du développement des villes CHAPITRE IX - Paris, l’emploi à force de volonté CHAPITRE X - Grenoble : l’innovation, l’emploi et le progrès social
PARTAGER LES POUVOIRS CHAPITRE XI - Une politique des entreprises CHAPITRE XII - Plutôt que moins d’État, mieux d’État CHAPITRE XIII - L’émergence des pouvoirs locaux
BÂTIR UN MONDE PLUS JUSTE CHAPITRE XIV - Démystifier le capitalisme financier CHAPITRE XV - Pour un vrai co-développement avec l’Afrique
CONCLUSION - 43 PROPOSITIONS
La gauche ou Le malade imaginaire
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LISTE DES AUTEURS
Louis BAGILISHYA né en Afrique, économiste, actuellement collaborateur d’une grande métropole française
Olivier BÉNÉVENT ENA, Ministère des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l’État
Hamou BOUAKKAZ adjoint au Maire de Paris
Catherine CADOU interprète de conférences et traductrice
Catherine CULLEN adjointe au Maire de Lille, écrivain et traductrice
Geneviève FIORASO députée, adjointe au Maire de Grenoble
Jean-Pierre GUÉRIN professionnel des collectivités locales, élu local
Martial HERBLOT collaborateur à la Mairie de Paris de 2001 à 2007, en charge des questions économiques
Clara HOMBERT cadre dans un organisme de logement social
Emmanuelle HOSS avocate de formation, aujourd’hui collaboratrice du Maire de Paris, en charge des secteurs économiques
Clément LAYET enseignant de philosophie depuis 2005
Jean-François PALENTE haut fonctionnaire
Nicolas PASSANI haut fonctionnaire
Christian SAUTTER, ancien ministre, adjoint au Maire de Paris
François STASSE auteur de « L’héritage de Mendès France » (Seuil 2004)
Henri VERDIER ancien élève de l’École Normale Su
érieure
INTRODUCTION
CONNAISSEZ-VOUS MAGRITTE, ce peintre de la réalité quotidienne qui introduit la vie dans la tension existant entre l’œuvre et son titre ? À Tourneville, en Normandie, où nous avons tenu des réunions éditoriales passionnées, c’est une reproduction de sa célèbre Pomme intitulée « Ceci n’est pas une pomme » qui nous accueillait et veillait sur nos agapes animées. C’est de ce lieu, devenu le berceau de notre travail collectif, qu’est né le nom de l’auteur fictif de cet ouvrage, Arthur Neuville, symbolisant notre désir de faire œuvre commune. Comme la pomme de Magritte, nous avons écrit ensemble : « Ceci n’est pas un programme », encore moins une contribution ou une motion pour le prochain congrès du Parti socialiste de novembre 2008. Ce n’est qu’un cri d’espoir et de vie pour réveiller les malades imaginaires que nous sommes. Au départ, les deux signataires de l’introduction ont décidé de réagir, agacés par les atermoiements d’une gauche passive, divisée et inaudible, alors que la route ouverte par nos prédécesseurs est encore et inlassablement à défricher et que les défis des temps présents et à venir sont bien trop pressants pour nous permettre de nous déchirer ou de « jouer perso ». Nous avons donc réuni un groupe de seize hommes et femmes engagés à gauche, en moyenne quadragénaires, pour réfléchir ensemble et produire un ensemble de propositions concrètes visant à nourrir le débat sur la régénération de forces de progrès, minées par des maladies intestines. Chaque chapitre a été discuté par tous, mais chacun des auteurs conserve l’entière responsabilité de son texte et de ses suggestions. Nous sentons une urgence à nous situer clairement sur des valeurs de progrès et de solidarité, confisquées par le chef de l’État et parfois négligées par des dirigeants de gauche qui oublient le sens du bien commun. Le progrès est une valeur de gauche et notre groupe a voulu se rassembler autour d’idées phares dont l’éclat est aujourd’hui terni par des discours vidés de sens. Il est temps que la gauche se tourne vers l’éducation plutôt que la sélection par l’échec, la PME innovante plutôt que la finance, l’esprit d’entreprendre plutôt que la rente.
La solidarité s’oppose à l’envahissant « chacun pour soi » et à sa variante plus subtile, « l’entre soi ». Tous n’ont pas les mêmes chances au départ de la vie, au commencement de leur vie professionnelle, à l’accès aux besoins fondamentaux de logement, de santé, d’éducation, de culture. Chacun, s’il en fait l’effort, doit être épaulé dans son parcours de réussite. Et la gauche doit défendre, en priorité, les salariés précaires, les exploités avec ou sans papiers, les jeunes sans diplôme, les personnes discriminées, les seniors sans emploi et sans retraite décente. Chacun doit avoir une deuxième chance. Nous, les deux animateurs, ressentions le besoin de démystifier la mondialisation actuelle en lui opposant systématiquement la valeur oubliée de l’internationalisme. Cette globalisation financière n’est pas une fatalité. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, il n’y a pas de lois naturelles de l’économie, semblables à la loi de la gravitation universelle (la pomme de Newton !). L’économie est le fruit de l’histoire, de la société et du progrès technique. La croissance des « trente glorieuses » a  élevé le pouvoir d’achat, accru les échanges mondiaux, épargné pour mieux investir dans le progrès technique. Le despotisme sans règle qui caractérise aujourd’hui le capitalisme mondial, dont la « folie » est dénoncée par certains de ses meilleurs avocats, met la liberté des échanges au service des plus forts et épuise les richesses de la planète dans une perspective de profit à courte vue. Cette folie peut aller jusqu’à la guerre, quand une oligarchie convoite des ressources (de pétrole) de plus en plus rares. Principe de paix et d’action commune, l’internationalisme doit être, plus que jamais, le visage d’une gauche engagée. Nous n’acceptions pas le discours dominant selon lequel, en France, en ce début du XXIe siècle, il nest possible que de détruire les acquis du passé, sous peine de périr dans une compétition impitoyable. Nous croyons qu’il est possible de réagir et d’agir, de résister et de conquérir, à condition d’éviter de tomber dans l’un des deux travers qui sont les fossoyeurs de la gauche. Celui de la révolution autoproclamée, d’abord, qui permet le confort de grands discours radicaux, laissant toute latitude au système de poursuivre sa route chaotique et oppressive. Celui de la gestion limitée, ensuite, qui, après quelques protestations vertueuses, se satisfait du traintrain de l’existant. Comment résister à la ression d’un s stème