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LA GUERRE INACHEVÉE DU CONGO-BRAZZAVILLE (15 OCTOBRE 1997-18 DECEMBRE 1998)

De
280 pages

A peine sorti de cinq mois d'une guerre civile meurtrière en 1997, le Congo est vite replongé dans un autre cycle de violence déclenché le 18 décembre 1998. Comment peut-on expliquer une telle violence, alors que les vainqueurs de la guerre civile de juin-octobre 1997 avaient appelé à l'arrêt des hostilités sur toute l'étendue du territoire national ? Que s'est réellement passé ce vendredi 18 décembre 1998 dans les quartiers sud de Brazzaville ? Autant de questions auxquelles l'auteur tente de répondre en reconstituant la trame de ce conflit.
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LA GUERRE INACHEVÉE DU CONGO-BRAZZAVILLE
(15 octobre 1997 -18 décembre 1998) NOIR(S) DÉLlRE(S)

Collection Points de vue

Déjà parus
BABU-ZALÉ, Le Congo de Lissouba, 246 p. NKAINFON PEFURA Samuel, Le Cameroun multipartisme, 254 p.

du multipartisme

au

OKALA Jean-Tobie, La décennie Biya au Cameroun - De la grâce à la disgrâce, 206 p. NSAFOU Gaspard, Congo de la démocratie à la démocrature, 268 p. ASSIÉ-LUMUMBA N'DRI Thérèse, Les Africaines dans la Politique -Femmes Baoulé de Côte-d'Ivoire, 208 p. MOUELLE KOMBI Narcisse, La politique étrangère du Cameroun, 238 p. ANTONIO AFRlCANO Manuel, L'UNITA et la 2ème guerre angolaise, 284p. SUANT Jacques, Afrique du Sud - du principe à la nécessité, 124 p. DlARRAH Cheikh Oumar, Le défi démocratique au Mali, 316 p. GUlSSOU Basile, Burkina Faso. un espoir en Afrique, 218 p. ADAMON AFIZE D., Le renouveau démocratique au Bénin - La Conférence Nationale des Forces vives et la période de transition, 224 p. TSHIONZA MATA T. Georges, Les médias au Zaïre-S'aligner ou se libérer ?, 256 p. KOUMOUE KOFFI Moïse, Politique économique et ajustement structurel en Côte d'Ivoire, 138 p. KOUMOUE KOFFI Moïse, Dévaluation et politique de développement économique en Côte d'Ivoire, 176 p. DIÉGOU BAILLY, La ré instauration du multipartisme en Côte d'Ivoire - ou la double mort d'Houphouët-Boigny, 284 p. COUBBA Ali, Le mal djiboutien - Rivalités ethniques et enjeux politiques, 172 p. ÉBOUA Samuel, D'Ahidjo à Biya - Le changement au Cameroun, 224p KUOH Manga, Cameroun un nouveau départ, 160 p. KISSANGOU Ignace, Une Afrique. un espoir, 144 p. BEMBET Christian Gilbert, Congo: impostures "souveraines" et crimes "démocratiques", 136 p. EMONGO Lomomba, L'esclavage moderne. Le droit de lutter, 128 p. EMONGO Lomomba, Le devoir de libération. Esclave, libère-toi toimême, 104p.

Paul SONI-BENGA

LA GUERRE INACHEVÉE DU CONGO-BRAZZA VILLE
(15 octobre 1997 -18 décembre 1998)
NOIR(S) DÉLIRE(S)

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L 'Harmattan (ne. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y IK9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

DU MEME AUTEUR

Les dessous de la guerre du Congo-Brazzaville L'Harmattan-Paris 1998. 277.p.

(QL'Hannattan, 2001 ISBN: 2-7475-0408-5

A tous les Congolais, A tous CelL'equi souhaitent que ce pays recouvre la paix Ce travail a été rendu possible grâce à la mobilisation de tous CelL'e, anonymes ou connus, qui m'ont aidé à mener ce travail jusqu'au bout. Qu'ils trouvent ici l'expression de ma profonde reconnaissance. J'adresserai un merci particulier aux membres du Club "Diagnostic's & Challenges", Gabriel Ebengué, Franck Gandziri et Alain Ippet pour leur collaboration. Ma gratitude à Gérard Médinga et Nelly Chappotin, pour leur soutien permanent dans ces durs moments de solitude. A tous ceux qui croient que l'heure est enfin arrivée pour prendre nos responsabilités... J'assume!

5

À la mémoire de mon père, Grégoire NSONI À ma mère Emma MA TOTI À mes enfants,...
,.

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PRÉFACE
En écrivant ces quelques lignes, nous ne cherchons pas à polémiquer avec l'auteur de: "Noir Silence: Qui arrêtera la Françafrique ?" nous nous proposons de retracer les faits, rien que les faits, de ceux qui ont vécu sur le terrain ces événements. Il s'agit de s'inscrire en faux contre les thèses d'un observateur qui n'a jamais mis les pieds au Congo et qui s'est contenté de relater le drame congolais à travers les vues des militants proches de l'opposition en exil à Paris. A force de défendre les thèses de leurs leaders auprès des personnalités du monde politique et universitaire français ou européens, ces partisans ont fini par les faire adhérer à leur cause. Mais ont-ils réussi à éclairer l'opinion sur les raisons du drame congolais? Nous nous efforcerons donc de retracer des faits en apportant, au besoin, des preuves qui les corroborent. Nous éviterons de nous entourer du ''parapluie du conditionnel". A chacun ses sources! Celles utilisées par l'auteur de il accorde beaucoup "Noir Silence... ", auxquelles d'importance aux documents ne sont plus souvent que des tracts non signés, d'articles écrits le plus souvent sous un pseudonyme. Tout se passe comme si leurs auteurs, ayant conscience de l'aspect diffamatoire de leurs écrits, refusent de les signer, pour éviter d'éventuelles poursuites judiciaires. D'ailleurs François Xavier Verschave lui-même n'a-t-il pas pris quelques précautions lorsqu'il écrit: "Il est inévitable, malgré plusieurs vérifications, que se glissent quelques erreurs ici et là. Nous serons heureux qu'on nous le signale..."l . Plus loin pour se préserver, il précise: "L'exploration ici relatée n'est pas l'oeuvre de spécialistes, ni
1 François Françafrique Xavier ?" p.ll Verschave: "Noir Silence: Qui arrêtera la

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de professionnels-dont nous espérons davantage d'études et d'enquêtes,,2 . Pour l'auteur, "il fallait répondre sans attendre à un besoin d'information non seulement "légitime ", comme l'exige la jurisprudence sur la diffamation, mais indispensable et urgent."3 Conscient de cet appel, il semblait utile d'apporter quelques éclairages quant au contenu de ce livre. C'est ainsi qu'à chaque thèse évoquée par François Xavier Verschave dans son livre, il y sera donné une réponse appropriée, assortie de preuves pour contrer la cabale de manipulation montée de toutes pièces, par les militants proches de l'ancien Maire de Brazzaville Bernard Kolélas et du Président déchu Pascal Lissouba. La seule façon pour mettre un terme au "délire" de Verschave c'est de lui opposer des preuves. Non seulement, Verschave travestit la vérité en s'appuyant sur les travaux du CERDEC" et des journaux de l'opposition en exil ("Le Combat", de "Songui-Songui," "la Voix du Congo-Libre" ), mais il cite également les différents rapports de l'Observatoire Congolais des Droits de l'Homme (OCDH), les médias religieux ainsi que les prises de position d'une partie de la hiérarchie de l'église catholique du Congo. Or, lorsqu'on sait la proximité linguistique et ethnique des membres de la hiérarchie de l'église et de l'OCDH avec certaines personnalités proches de l'opposition en exil, on peut douter de la fiabilité de ses sources.

2 3

Op. cit. p.ll

Le Cercle d'Etudes pour le Retour à la Démocratie au Congo (CERDEC) est une association loi 1901 créée en juin 1998. Elle est présidée par Moungounga Nguila Nkombo, ancien Ministre des Finances du Congo. Cette association publie un mensuel de huit pages: La Voix du Congo-Libre. Son siège est situé au 3 rue de l'Arc de Triomphe dans le 1ime arrondissement de Paris. 8

.

Idem, Ibidem,p.ll

Ainsi donc, en remettant l'histoire à l'endroit sur les origines du déclenchement des hostilités de décembre 1998, ce livre entend éclairer l'opinion sur les dangers de la manipulation. De la violence orchestrée par les Ninjas en décembre 1998 contre le régime de Brazzaville,' jusqu'à la signature des accords de cessation des hostilités et de cessezle-feu du 16 novembre et du 29 décembre 1999 à Pointe Noire et Brazzaville, aucun effort ne sera ménagé pour remettre à l'appréciation du public la réalité congolaise, telle que l'ont vécue les congolais jour après jour. Depuis la signature des accords de paix, les armes se sont tues au Congo-Brazzaville. Les populations qui avaient déserté les quartiers Sud de Brazzaville regagnent en masse la capitale congolaise. Elles témoignent de leur condition de vie dans les forêts et les régions du Pool. Le "dialogue sans exclusive" qui est aujourd'hui une réalité dans le débat politique national est en marche. L'appel lancé, le 14 août 1999, lors du 39 ème anniversaire de l'indépendance du Congo en faveur de l'amnistie, est une réalité qui a permis d'accélérer le processus de réconciliation et de démocratisation du pays. Le Club "Diagnostic's & Challenges"

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INTRODUCTION

"Un clerc s'attache à la vérité, s'i! est honteux de son méchant habit et de son méchant ordinaire, i! ne mérite pas qu'on le prenne au sérieux." CONFUCIUS, Ed. Gallimard (1989)

Le 18 décembre 1998, reprenaient à Brazzaville les affrontements entre la Force Publique et les milices proches de l'ancien Maire de Brazzaville, Bernard Kolélas. Après une infiltration dans les quartiers Sud de Brazzaville, (Makélékélé et Bacongo), les Ninjas, les Condors et les NSiloulou sont accueillis par les clameurs d'une partie de la population de Bacongo et Makélékélé aux cris de: "Hourra! Hourra! Les sauveurs sont arrivés! Vive les sauveurs! ..."; le tout accompagné par des sons de cloche retentissant dans les églises. Pouvait-on s'attendre à pareil enthousiasme, chez ces populations de Bacongo et Makélékélé alors que la guerre au Congo-Brazzaville avait pris fin depuis le 15 octobre 1997 ? Pourtant, après avoir revendiqué leur victoire sur les antennes des médias internationaux, notamment Radio France Internationale (RFI)l, Bernard Kolélas et ses partisans n'ont
"Mes enfants contrôlaient Brazzaville et les forces de Denis Sassou N'Guesso étaient repoussées au-delà des montagnes de Brazzaville." (Bernard Kolélas, le 18 décembre 1998) 11
l

plus assumé leur forfait. Or, chacun de nous savait que ce dernier n'a jamais renoncé à l'idée de reconquérir, avec l'ERDDUN, le pouvoir par la force. Le 18 décembre 1998 marque le couronnement de cette stratégie de prise de pouvoir, orchestrée depuis l'étranger par les membres de l'opposition qui avaient fui le pays, après leur défaite militaire en octobre 1997 2 A côté de cette abdication de façade qui présageait d'éventuels affrontements armés, l'ancien Maire de Brazzaville, Bernard Kolélas, y allait d'un autre couplet; cette fois-ci, plus déterminé, il marque sa volonté d'en découdre militairement avec le nouveau pouvoir. Il va jusqu'à affirmer qu'il allait rendre la vie infernale à Denis Sassou N'Guesso et ses alliés annonçant: "Sassou aura besoin de chars dans la
rue pour tenir le pays. ,,3

Ces déclarations violentes marquaient la détermination de Bernard Kolélas et Pascal Lissouba de s'en prendre aux nouvelles autorités de Brazzaville, à peine arrivées au pouvoir. Et, lorsque le journal Libération daté du 14 décembre 1998 annonce, en entrefilet, que: "les Ninjas contrôlent le Sud de Brazzaville", l'ancien Maire de cette ville n'avait pas encore revendiqué l'entrée triomphale de ses troupes dans Brazzaville Sud. Mais déjà, le journaliste de Libération, Stephen Smith, visiblement bien informé, annonçait: "Depuis ce week-end, la région sud de la capitale, connue sous le nom de "Pool'~ puisque le fleuve Congo sy
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Depuis Kinshasa, la capitale du Congo-Démocratique, le Président Pascal Lissouba dont les troupes étaient en déroute, déclarait en signe de défiance aux FDP que son camp avait "perdu une bataille et cela ne voulait pas dire qu'ils avaient perdu la guerre. Kinshasa, le 10 octobre 1997. 3 Bernard Kolélas, Le Monde du mardi 21 octobre 1997. 12

élargit considérablement, serait officiellement "bouclée", toutes les voies d'accès étant interdites par les forces gouvernementales appuyées par des troupes angolaises. Cependant, selon des sources proches de l'ancien Premier Ministre Bernard Kolélas originaire du "Pool", ses miliciens "Ninjas" auraient pris le "contrôle effectif' de cette partie du territoire. Mise en fuite, l'armée verrouillerait en fait l'accès
à la capitale. ,,4

Quatre jours plus tard, les événements se reproduiront comme si Stephen Smith avait été mis au courant de l'imminence des attaques que les Ninjas allaient lancer contre la Force Publique et le pouvoir de Denis Sassou N'Guesso. Ainsi, après que les Ninjas, les Condors, les NSiloulou ont investi les quartiers sud, procédé aux exactions sur les civils et d'autres personnalités considérées comme proches du pouvoir, la Force Publique riposte. Avant de se lancer à la poursuite des milices de l'ancien Maire de Brazzaville, elle demande à la population de quitter ces zones, pour éviter les pertes en vies humaines. Des couloirs humanitaires sont ouverts pour permettre aux populations de regagner les quartiers sécurisés de la partie nord de Brazzaville. Certaines sont installées dans les sites, d'autres logées dans des familles d'accueil. Suite aux affrontements qui vont opposer les Ninjas
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à la Force Publique, les conséquences qui vont suivre
poussent une partie de l'opposition en exil et notamment l'ERDDUN à se saisir de cette crise pour ameuter l'opinion et certaines personnalités françaises sensibles à leurs thèses. Ces dernières prennent fait et cause pour l'opposition en exil. Parallèlement, grâce à leur capacité de mobilisation, les
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Stephen Smith, Libération du mardi 14 décembre 1998. 13

militants. et autres associations proches de l'opposition congolaise en exil, bien introduits dans certains milieux universitaires et journalistiques français proches de l'opposition congolaise en exil, usent de ces "passe-droits" pour attirer vers eux, aussi bien les représentants de l'Église que les personnalités de la classe politique française. La plupart d'entre eux finiront par adhérer à la dictature de la pensée imposée par ceux-là mêmes qui avaient déclenché le feu des violences de décembre 1998. Plutôt que d'assumer les conséquences de ces actes l'opposition en exil se lance dans une campagne de désinformation, occultant ainsi sa responsabilité. Que s'est-il passé en décembre 1998 ? S'agissait-il d'un putsch commandité? S'agissait-il d'une volonté délibérée de: "Nettoyer les quartiers Sud's comme l'a écrit Xavier François Verschave ? La victoire militaire des FDP le 15 octobre 1997 marquait-elle la fin de la guerre civile commencée le 5 juin 1997 ? Pour répondre à ces questions, rappelons les faits à travers quelques propos tenus par les leaders de l'opposition à l'issue de la guerre de juin-octobre 1997. Pascal Lissouba: "On a perdu une bataille, cela ne ,,6 veut pas dire qu'on a perdu la guerre. Ou encore: "Je suis prêt, avec mes partisans, à me battre jusqu'à la mort.,,7 De
5 François Xavier Verschave op. cit. p.17. 6 Pascal Lissouba, AFP le 10 octobre 1997. 7 Pascal Lissouba, Africa International n0309, novembre 1997. 14

l'ancien Maire de Brazzaville, Bernard Kolélas, les propos sont sans ambiguïté sur sa volonté d'en découdre militairement avec le pouvoir de Denis Sassou N'Guesso. Il dit: "Nous disposons d'une force de 3000 à 4000 miliciens. Sassou ne pourra jamais contrôler le pays. Nous avons l'intention de lui rendre la vie infernale. Sassou aura besoin de chars dans la rue pour tenir le pays. "S Aux propos tenus par ces deux leaders, ajoutons ceux de leurs fidèles. Pour Victor Tamba- Tamba, ancien Ministre: "La guerre du Congo est loin d'être terminée. Il faudrait aller au plus vite vers des négociations sous contrôle d'une autorité impartiale, l'ONU ou l'OUA par exemple, sinon nous al/ons ,,9 vers l'affrontement. Un proche de Bernard Kolélas, qui a requis l'anonymat, déclare dans l'Autre Afrique: "Soit on s'assied autour de la même table, et des négociations sont entamées, soit on va vers la guerre. Après tout, les Ninjas se sont repliés, à la fin de la guerre, parce qu'ils manquaient de munitions. Aujourd'hui, nous sommes prêts s'il le faut à
reprendre les affrontements. ,,10

Pour la mémoire collective, la trame du drame congolais et la reprise des hostilités de décembre 1998 se trouvent dans les propos et autres mises en garde proférés par les ténors de l'ERDDUN. Le journaliste Assou Massou, envoyé spécial de Jeune Afrique en Côte-d'Ivoire n'avait pas manqué de titrer, dès l'arrivée de ce dernier à Abidjan le 23 octobre, que le séjour de Bernard Kolélas en terre ivoirienne allait faire des vagues. Dans cet article, le journaliste mettait
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Bernard Kolélas, le Monde du mardi 21 octobre 1997. 9 Victor Tamba-Tamba, Jeune Afrique n01934 du 3 au 9 février 1998. ~.41. o L'Autre Afrique du 1er au 7 avril1998, p.27. 15

déjà à jour la tactique choisie par Bernard Kolélas en vue de gêner l'action du nouveau pouvoir congolais. Il écrit: "Entouré de ses ministres et d'anciens ténors de la politique congolaise comme l'ancien Président Yhombi Opango ou Christophe Moukoueke, Secrétaire Général de l'Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS), Kolélas se comporte déjà comme un Chef de gouvernement en exil. Dans son "Appel à la Nation Congolaise et aux démocrates du monde" lancé depuis Abidjan, il parle de "repli tactique, de défense de la démocratie et de la lutte armée. Les Ninjas (..) et les Zoulous (..) ne restent pas les bras croisés. Le général Sassou aura du mal à diriger ce pays", prévient-il. En clair, Kolélas compte diriger la guérilla contre le nouveau pouvoir de l'extérieur." La manipulation de l'infonnation, le recours à la violence armée, telles sont les stratégies mises en place par l'opposition en exil pour évincer le nouveau régime. De la sorte, lorsque ce vendredi 1'8 décembre 1998, Bernard Kolélas exulte, jubile et annonce en toute assurance: "Mes troupes contrôlent Brazzaville", il semble convaincu que son heure est arrivée.

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PREMIÈRE PARTIE

5 JUIN-15 OCTOBRE 1997 : LA GUERRE INACHEVÉE DU CONGO-BRAZZA VILLE OU LA DÉRIVE MEURTRIÈRE DES HOMMES EN ARMES

CHAPITRE I

LA GUERRE INACHEVÉE DU 5 JUIN 1997 OU LA VICTOIRE INCOMPLÈTE DES FDP I - Genèse et historique de la reprise des affrontements de décembre 1998 au Congo-Brazzaville Du 30 novembre 1997 au 23 janvier 1998, le Président congolais Denis Sassou N'Guesso avait entrepris une série de rencontres avec les notables, les sages et les cadres de toutes les régions du Congo. Au cours de ces rencontres, un seul thème: la paix. En recevant le mardi 30 décembre 1997 dans sa résidence de MPila les sages et les dignitaires de la région du Pool, le Président congolais voulait mettre les balises d'une nouvelle forme d'organisation sociale, épurée de toute culture de violence. A la délégation du Pool conduite par Samuel Badinga qu'il reçoit en compagnie d'autres dignitaires de la région (André Milongo, François Loumouamou, Joseph Senso, Raphaël Bouboutou, Célestine Matingou, Isidore MVouba, Gérard Bitsindou, Michel Mampouya, Monseigneur Anatole Milandou,...), Denis Sassou N'Guesso fait part de son inquiétude de voir la violence reprendre au Congo-Brazzaville à partir de la région du Pool. A cet effet, il met à leur disposition les documents qui attestent que Bernard Kolélas est en train de récupérer des armes en Afrique du Sud pour venir déstabiliser militairement les institutions du pays. Il s'agit d'armes commandées à l'époque par l'ancien Président Pascal Lissouba à la société sud-africaine EBAR MANAGEMENT & TRADING LIMITED. "...De l'extérieur, annonce Sassou N'Guesso, Kolélas lance des mots d'ordre de poursuite du conflit. (..) 18

Vous parlez de paix, vous devez savoir que Kolélas, en accord avec Lissouba, est en train de prendre des armes laissées en Afrique du Sud par Lissouba pour tuer on ne sait qui... Des armes pour quoi faire ?" Pour convaincre son auditoire, il exhibe les documents; les fait circuler un par un. Il prend Monseigneur Anatole Milandou à témoin. A plusieurs reprises, il lui fait passer le classeur des documents contenant les preuves de l'activisme de Bernard Kolélas. Tout y est. De sa participation à la guerre du 5 juin 1997 aux côtés du Président déchu Pascal Lissouba à son implication dans les actions visant à déstabiliser le pays et à l'ardeur qu'il met pour aller récupérer les armes laissées en Afrique du Sud par Pascal Lissouba, rien ne manque. Par cet exercice, Denis Sassou N' Guesso veut informer directement les sages de la région. Il ne souhaite qu'une chose, que la délégation du Pool prenne conscience du danger qui guette sa région. En sa qualité de Président du Comité pour la paix, l'archevêque de Kinkala est mis à contribution. Le Chef de l'État congolais attend du prélat qu'il use de son influence auprès des jeunes en armes qui seraient animés par de telles intentions pour les dissuader. Denis Sassou N'Guesso compte également sur la notoriété de ce dernier pour qu'il l'utilise auprès de Bernard Kolélas pour qu'il renonce à son projet de reconquête du pouvoir par la force. Après les preuves, le verdict. Il dit: "Kolélas voudra faire entrer les armes dans le pays, il utilisera le Pool pour ça. Il ne passera pas ailleurs..." Avant même qu'il ait terminé sa phrase, les vociférations fusent de tous les côtés. Et à l'unisson, l'assistance répond: "Non! Monsieur le Président... Non! Monsieur le Président..." Le 18 décembre 1998, les Ninjas et les NSiloulou font leur entrée dans les quartiers sud de Brazzaville. Que viennent-ils chercher?

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Même ceux qui avaient pris part à la réunion et qui avaient protesté n'ont pas daigné prendre position ni même condamner l'incursion armée des Ninjas. A cet instant, se rendent-ils simplement compte que les mises en garde du Président congolais se révélaient à eux comme une prophétie, alors que l'objectif de ces multiples avertissements ne visait qu'un but, épargner au peuple du Pool des deuils inutiles par la faute d'une seule personne? Le Président congolais était conscient de la réaction de ses concitoyens une fois les hostilités ouvertes. Au cours du même entretien, il leur avait dit: "On dira: Oui le Pool; le Pool toujours persécuté; le Pool c'est toujours le Pool; le Pool c'est la victime..." Lorsque les milices de l'ancien Maire de Brazzaville prirent possession de Makélékélé, Bacongo, Bifouiti, Simou Djoué, etc., les affrontements dans la partie Sud du pays avaient déjà commencé dans la région du Pool. Les Ninjas commettaient des sévices contre les populations civiles et les agents de la Force Publique en mission dans cette région, dans le cadre de l'opération "Colombe", opération visant à récupérer toutes les armes de guerre. La mise en garde de Denis Sassou N'Guesso se révéla juste. Malheureusement, lorsque les affrontements débutent en décembre 1998, tout ou partie de l'intelligentsia de cette région va crier au "génocide" et à la ''purification ethnique" du peuple Kongo-Lari. Comme en 1993, lors des affrontements qui avaient opposé les partisans de Bernard Kolélas à ceux de Pascal Lissouba, la thèse du " génocide" prémédité par le pouvoir en place est recyclée avant d'être répandue à travers les médias. Au regard de ce qui précède, et tenant compte de la polémique qui a été habilement orchestrée, au Congo et à l'étranger, certains organismes ont présenté l'entrée des Ninjas à Bacongo et Makélékélé comme une simple et banale histoire de chanvre, alors qu'ils étaient venus: ''prendre le 20

pouvoir pour le compte de l'ancien Maire de Brazzaville, Bernard Kolélas. " Au-delà de ce jeu de ping-pong, il s'agit de se refiler le bébé avec l'eau du bain pour décliner ses propres responsabilités. Une évidence rappelle simplement que les NSiloulou et les Ninjas ont fait leur entrée dans les quartiers Sud de Brazzaville; ils ont été applaudis comme des héros, non pas parce que le pouvoir était vacant à Brazzaville ou, comme l'a dit NTourni qui justifie cette pénétration des Ninjas, comme une réaction face aux provocations de la Force Publique dans la région du POO!.II Pour qui se souvient de ce qui s'est passé dans les quartiers sud, ce vendredi 18 décembre, les propos du Chef des NSiloulou avaient de quoi surprendre. Aussi allons-nous revenir sur les raisons qui ont conduit à l'embrasement des régions du Pool, de la Bouenza, de la Lékournou et du Niari, alors que la guerre du Congo-Brazzaville avait pris fin le 15 octobre 1997, ce qui permettra d'apporter un meilleur éclairage sur les dessous de cette crise.

1.1 - Essai de restitution chronologique des différentes phases du déclenchement des affrontements de décembre 1998 Le 15 octobre 1997, prenait fin la guerre civile qui opposa les partisans du Président Pascal Lissouba aux Cobras de Denis Sassou N'Guesso. Mais l'offensive finale qui a eu raison des milices Zoulous, Cocoyes et autres Ninjas a été
NToumi: "C'est le Gouvernement qui avait imposé la guerre à la population du Pool. Pour résister, nous nous sommes organisés en autodéfense. (...) Si quelqu'un arrive chez vous avec des choses dangereuses, de façon à vous priver collectivement la vie, est-ce les bras croisés que l'on attend la mort? Je crois qu'il faut se défendre. C'est justement ce que nous avons fait". La Semaine Africaine n02246 du 24 février 2000. p.S.
Il

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menée par les FDP avec un objectif clair: minimiser autant que possible les pertes en vies humaines et surtout épargner le maximum de vies dans les populations civiles résidant dans les zones du théâtre des opérations. Alors que les quartiers de Bacongo et Makélékélé abritaient depuis des lustres et au cours de la guerre du 5 juin tout ce que comptait la classe politique proche de la mouvance présidentielle de l'époque; alors que le domicile de l'ancien Maire de Brazzaville faisait office de prison privée où étaient incarcérés les partisans et sympathisants du PCT ou supposés proches de Denis Sassou N'Guesso; alors que c'est du domicile même de l'ancien Maire de Brazzaville que partaient les tirs des BM-21 en direction des quartiers Nord de Brazzaville; alors que le camp de Makala était l'un des repères ou s'entassaient les milices proches du Colonel Philippe Bikinkinta, ancien Ministre de l'Intérieur de Pascal Lissouba et proche cousin de Bernard Kolélas; alors que depuis janvier 1994 la mouvance présidentielle, via lOUP DS, avait déjà entrepris le A rapprochement sur la base ethnique avec le parti de Bernard Kolélas12 dans le but d'isoler le PCT-considéré comme un ''parti nordiste" -; Alors que les FDU étaient déjà au courant de l'accord passé entre le parti de M. Kolélas et celui du
"Le rapprochement avec Bernard Kolélas, il est vrai, a été obtenu de haute lutte et à grands frais". Moungounga Nguila Nkombo, Lettre strictement personnelle à l'adresse de Pascal Lissouba. Le 18 mai 1995. 22 12

Président Lissouba au sujet de l'élection présidentielle où il était question d'une promesse de poste de vice-Président de la République en contre-partie de son soutien au Président sortant contre Denis Sassou N'Guesso, etc. Malgré toutes ces informations en possession de l'état-major des FDP, lors de l'offensive finale déclenchée du 13 au 15 octobre 1997 par les Cobras, il n'était nullement question de s'en prendre aux populations des quartiers Sud de Brazzaville. Il n'était pas non plus question, de la part des FDP, de s'attaquer aux civils qui n'étaient en rien concernés par les prises de position de l'ancien Maire de Brazzaville, lorsqu'il accepta le poste de Premier Ministre de Pascal Lissouba. Fort de tous les éléments en leur possession, et en dépit de ce constat, les FDP ne firent point de confusion entre objectifs militaires à atteindre et les populations civiles qui résidaient dans les quartiers considérés comme "fiefs" de Bernard Kolélas. Avant de lancer son offensive, l'état-major des Cobras fait diffuser le communiqué largement repris et répété par la radio Liberté priant les populations civiles de quitter les lieux où allait se dérouler l'offensive. Avant de la déclencher, ilIa fait précéder du communiqué suivant: "Prenant à témoins l'opinion nationale et internationale, de la volonté délibérée de l'ancien Président LISSOUBA du refus d'un règlement négocié, le Haut Commandement des Forces Démocratiques et Patriotiques (FDP) tire la conclusion logique de ce que la solution militaire est désormais l'unique voie pour mettre un terme au conflit actuel. A cet effet, le Haut Commandement des Forces Démocratiques et Patriotiques invite les peuples de cette partie du pays à se mettre à l'abri des combats, à témoigner 23

leur sympathie et leur adhésion à nos forces combattantes, à traquer et à débusquer tous les criminels de guerre afin
d'abréger leurs souffrances. ,,13

Ces rappels montrent que les FDP qui étaient sorties victorieuses de leur affrontement contre les Cocoyes et les Ninjas, tout en portant Denis Sassou N'Guesso au pouvoir le 15 octobre 1997, ne s'en n'étaient nullement pris aux résidents des quartiers sud, pas plus qu'aux ressortissants du Pool qui peuplent majoritairement ces quartiers. Il n'était pas question pour les FDP de faire le contraire de ce qu'elles avaient fait quelques mois plus tôt. L'arrivée au pouvoir de Denis Sassou N'Guesso l'aurait-il transformé si vite au point de ne pas faire de différence avec les adversaires en armes et les pauvres populations civiles en décembre 1998? Le pouvoir en place at-il été poussé à la faute pour que l'opposition se serve de ce "faux pas" et l'accule? Était-ce le moyen le plus indiqué pour pousser le gouvernement sur la défensive afin qu'il ne réussisse pas sa transition, dans une capitale détruite aux trois quarts? Comme tout semble l'indiquer, le Gouvernement d'Union Nationale n'avait aucun mobile pour s'en prendre aux populations originaires de la région du Pool, pas plus aux ressortissants des quartiers Sud de Brazzaville. L'affrontement qui opposera les milices Ninjas de l'ancien Maire de Brazzaville Bernard Kolélas aux troupes gouvernementales fait suite aux multiples exactions commises contre les populations civiles par ces milices dans
Appel lancé le 7 octobre sur les ondes de la Radio-Liberté, par le "Général Giap" à l'époque "Ministre de la Guerre" des FDP, demandant aux populations des quartiers Sud de Brazzaville de quitter les zones de combat avant l'offensive fmale des FDP. 24
13

les régions de la Bouenza, du Niari, de la Lékoumou et du Pool.

faits relatifs au déclenchement des hostilités dans les régions Sud du Congo et dans les quartiers périphériques de Brazzaville Sud
1.2

- Les

Le 27 janvier 1998, succombait à Gamboma le Lieutenant Colonel Jean Malonda à la suite d'une altercation avec un Cobra dans le cadre du processus de ramassage des armes de guelTe décidé par les autorités militaires et le Gouvernement de la République. En mission dans la région des Plateaux, dans le cadre de l'opération "Colombe", le Colonel Malonda devient la première victime de la lutte contre la prolifération des armes de guelTe. L'opinion va s'émouvoir de cet assassinat. Mais le processus de désarmement des milices était enclenché, comme l'avait souhaité le Chef de l'État congolais. Il ne saurait être question de revenir en arrière. Et de l'avis des autorités civiles et militaires, plusieurs armes de guelTe circulaient librement dans le pays. Il fallait s'en préoccuper. Le Président congolais, mesurant la tâche d'une telle entreprise avec les avantages que la paix allait apporter, une fois le pays débarrassé de toutes ces armes de guelTe, le fait savoir à son peuple. Lors de son discours d'investiture du 25 octobre 1997 à Brazzaville, il déclare: "Notre peuple, désormais libéré, doit jouir à nouveau de la paix et de la sécurité, après en avoir été privé 5 ans durant. Les coups de feu inconsidérés encore entendus ici et là ne contribuent guère à rassurer la population; ils doivent instamment cesser partout. Les détenteurs non autorisés d'armes de guerre seront tenus de les déposer dans les lieux et les délais fixés par le Gouvernement de la 25

République. Passé ce délai, toute personne détenant illégalement une arme de guerre sera punie conformément à la loi." Dans son deuxième message à la Nation, celui de fin d'année-en décembre 1998 -, alors que le sud de Brazzaville et la région du Pool sont en proie à une rébellion armée, le Chef de l'État congolais réitère son appel à l'endroit des jeunes détenteurs d'armes de guerre: "J'en appelle, une fois encore, à la prise de conscience patriotique et au ressaisisse ment de tous ces jeunes gens envoûtés par l'idéologie funeste des criminels de triste mémoire, afin d'épargner au peuple innocent un martyre supplémentaire. Je les invite à déposer les armes et à mettre leur énergie au service du bien collectif Je tiens à rappeler que le Gouvernement avait, en son temps, pris l'engagement de ne rien entreprendre contre ceux des jeunes qui remettraient volontairement les armes qu'ils détiennent. Cet engagement reste entièrement valable. " Malgré la situation de crise armée qui subsistait, Denis Sassou N'Guesso tend encore une fois la main aux jeunes détenteurs d'armes de guerre et les exhorte à les rendre à la Force Publique. A l'occasion du grand meeting de solidarité organisé le 26 janvier 1999 à MPila, il réitère son appel, cette fois-ci assorti d'un engagement solennel et d'une offre de clémence. Prenant le public à témoin, il dit aux jeunes qui rendraient les ,,14 armes qu'il "ne leur sera rienfait.

14 Extrait du discours à l'occasion de la grande marche pacifique janvier 2000 à Brazzaville devant la place du 5 juin.

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Nonobstant la volonté de Denis Sassou N'Guesso demandant à tous les détenteurs d'armes de venir les rendre, les milices proches de l'ancien Maire de Brazzaville, les Ninjas et celles répondant au nom de Cocoyes et de Zoulous de l'écurie de l'ancien Président Pascal Lissouba refusent d'obéir à cet appel. Bien au contraire, elles vont s'illustrer par des actions de répression et de rébellion dans les régions de la Bouenza et du Pool. Les faits qui vont suivre témoignent de la difficulté pour le gouvernement de la République à faire entendre sa voix. C'est de la région de la Bouenza que partiront les premières contestations des milices armées proches de l'ancien Président Pascal Lissouba. Elles procèdent à la coupure de l'électricité plongeant ainsi la capitale économique Pointe-Noire dans le noir pendant plusieurs mois. S'en suivra,...

1.2.1. Des faits et des repères

... Les troubles dans la région du Pool commencent en août 1998. En fait, tout commence dès le 29 août. Ce jourlà, à 5 heures du matin, un groupe de Ninjas attaque les localités de Mindouli et de Missafou. Un journaliste de la Radio Liberté, Fabien Bitoumbou, en reportage dans la région, trouve la mort. Ce même jour, les Ninjas sèment la mort dans la famille du Capitaine Joseph NKounka, Commissaire de Police à Mindouli. Ce dernier est abattu parce qu'il est considéré par des Ninjas comme un traître à la solde du pouvoir de Brazzaville. Au cours de la même attaque, son adjoint l'Adjudant Chef Jacques Biaoua est mortellement blessé. Simultanément, les miliciens de Bernard Kolélas procèdent à l'occupation du transformateur de très haute tension, suivie de l'interruption de la distribution du courant 27

électrique à Brazzaville. Les gares proches de Mindouli sont saccagées. La gare de Mindouli, nonplus, n'est pas épargnée. Les autres gares environnantes subissent un sabotage en règle méticuleusement mené par les milices de l'ancien Maire de Brazzaville. En ce mois d'octobre 1998, les Ninjas arrachent à la vie les agents du CFCO (Chemin de Fer Congo-Océan). Ils exécutent à Massembo Loubaki, à 110 km de Brazzaville, MM. André NGatsé, Pascal Loubamba, Ferdinand Nanitélamio et Anatole MBoungou. D'après des témoignages concordants, toutes les victimes. travaillaient à la réfection de la voie ferrée.Toujours au mois d'octobre, les Ninjas font des prisonniers parmi les officiels qui accompagnent le Ministre de l'Industrie, Michel Mampouya, dans sa tournée dans la région du Pool. Présent dans la région, le Ministre Claude Ernest NDalla subit lui aussi l'attaque des Ninjas. Son garde du corps est abattu au cours de ces échauffourées. Le 27 septembre de la même année, dans les localités de Goma Tsié-Tsié et Kibossi à vingt kilomètres de Brazzaville, les Ninjas s'illustrent. Ils sévissent violemment contre les populations. Ils commencent d'abord par assassiner les agents du CFCO. Ils font passer de vie à trépas le SousPréfet de Goma Tsié-Tsié et assassinent à Kindamba André Loubassou, ancien inspecteur d'école à la retraite. Le 29 septembre 1998, ils enlèvent et assassinent Prosper Yribita, Président de la cellule du PCT de Kimpouomo à Madibou. Le 26 octobre 1998, ils abattent six chercheurs en mission du Ministère de la Recherche Scientifique dans la région du Pool. Parmi les victimes se trouve une mère de famille, Cady Ekouélé, qui sera atrocement mutilée. C'est dire si la vie humaine avait un sens pour ces miliciens! Les autres membres de la délégation ne connaîtront pas un meilleur sort non plus. Ils seront exécutés tour à tour. Oscar Mavoungou, Didier NTalani, Dany Kotolo Malongo, Eugène MFinta et

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