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La problématique démocratique au Congo-Brazzaville

De
246 pages
Voici un plaidoyer pour une société démocratique. Au Congo-Brazzaville, depuis le retour du multipartisme, c'est-à-dire depuis plus de vingt ans, les enjeux de pouvoir ne permettent pas à la société de tirer le bénéfice d'une stabilité politique durable au profit de son développement. Cet ouvrage s'efforce de faire un état des lieux général.
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scories politique depuis les enjeux de pouvoir ne permettent pas à la société de tirer le bénéfice d'une stabilité politique durable, au profit de son développement.
Sans prétendre en faire le tour, ce livre dépeint l'état des lieux général Il retrace, autant que possible, le déroulement de la vie politique congolaise de ces vingt dernières années, en apportant, s'agissant des problé-matiques qui ont dominé et dominent encore les enjeux qui en découlent, quelques éclairages.
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La problématique démocratique au CongoBrazzaville
La problématique démocratique au Congo-Brazzaville
Jean-Pierre HEYKOLEKOBA
La problématique démocratique au Congo-Brazzaville
-Congo
Du même auteur
Le poids des souvenirs. La quête L’Harmattan-Congo, novembre 2012 ;
du
présent,
Les sentiers des origines. O’ Tsina, L’Harmattan-Congo, mai 2014.
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : ͻ͹ͺ-ʹ-͵Ͷ͵-Ͳ͸Ͷͺ͹-ͳ EAN : ͻ͹ͺʹ͵Ͷ͵Ͳ͸Ͷͺ͹ͳ
Remerciements
Merci à mes parents pour leur amour, pour tout ce qu’ils m’ont apporté.
Merci à mon épouse, ainsi qu’à mes enfants qui, de tout temps, m’ont encouragé, ont accepté mes longues périodes d’isolement consacrées à la rédaction de cet essai, c’est un temps que nous aurions pu passer ensemble.
Mes remerciements vont enfin, aux équipes de relecture, camarades, collègues, amis et frères qui, dans l’anonymat de leurs corrections et de leurs conseils avisés, m’ont accompagné tout au long de cette réflexion.
Avant-propos
La désignation par la direction nationale provisoire du parti congolais du travail du militant que je suis, alors membre du Bureau politique, pour présider la commission 1 du congrès extraordinaire de 2012, en charge de réfléchir sur la doctrine du parti, fut, sans doute, la mission la plus redoutable de ma vie politique. Redoutable, en effet, car non seulement y étaient rassemblés des cadres d’une très grande facture intellectuelle, mais, surtout, la profondeur et la qualité des débats au sein de cette commission avaient, de manière évidente, malgré la pru-dence de ses membres, démontré les limites des transpositions doctrinaires plaquées, difficiles d’application dans des partis comme le PCT, dont la culture politique est le contraire des choix philosophiques affichés. Il avait fallu trouver les mots qui convenaient pour une semaison des conclusions de la commis-sion-doctrine, comme on l’a nommait, qui fissent germer dans les esprits des autres camarades des interrogations sur les rup-tures inévitables. Ce qui conduisit ses membres à formuler des propositions sur la nécessaire refondation du parti, d’une telle puissance argumentaire, que seules les résistances de ceux qu’on appelle, de l’intérieur, les conservateurs avaient réussi à en reporter le calendrier de mise en œuvre. Le projet du présent essai, sur ces anachronismes doctrinaux, mais aussi sur les in-cohérences du système politique congolais, en général, est né à la suite de cette frustration collective.
Membre du Bureau politique nouvellement élu, intervenant en mars 2007, à l’occasion du premier séminaire sur la social-démocratie, j’exposai déjà la question de la refondation du parti ème en ces termes : « Le 5 congrès extraordinaire du parti congo-lais du travail tenu en 2006 aura été, quoi que l’on dise, un grand moment de vitalité de l’expression démocratique, si l’on considère que la démocratie s’appréhende à l’aune de la ren-contre polémique des opinions, rencontre qui rend compte du lien dialectique qui existe entre les différentes approches et le projet global. Il est donc légitime d’affirmer que les divisions qui l’ont précédé donnent toute son importance à nos délibéra-tions finales. En effet, dans ce haut lieu spéculaire qu’est le Palais des congrès, nous avons décidé de faire émerger la so-cial-démocratie comme une affirmation de notre volonté à faire un saut qualitatif vers une conception du monde de la gauche, celle d’une pratique politique où la vérité chaque fois renouve-lée est le résultat d’un débat qui se mène dans un processus de confrontation permanente des idées, d’une vérité qui est tou-jours à découvrir selon une méthode éprouvée ailleurs, de la transaction ou du compromis, vecteurs à n’en point douter de la cohésion sociale... Tout autant, il est légitime de s’interroger, chers camarades, sur notre capacité à accepter de telles exi-gences, au regard de l’état actuel de notre parti, autrement dit, notre disposition à nous adapter, à nous ouvrir à une refonda-tion inévitable du parti, et de sa culture politique. Car, il ne suffit pas de transposer une expérience politique et les grands principes qui la structurent pour changer une culture politique et espérer de ses acteurs des automatismes nouveaux. Il faut, en plus, développer et adapter les règles et les codes qui effacent des habitudes installées, renouvellent toute l’architecture poli-tique, ainsi que les mécanismes de prise de décisions. C’est la seule manière de construire la nouvelle identité politique du parti ». Sept ans plus tard, notamment après l’échec, de mon point de vue, du congrès de 2012, j’en suis à me demander, et je
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ne suis pas le seul, si la direction politique du parti comprend ce qu’elle veut, véritablement.
Dans son ouvrage intituléDe la liberté de l’esprit, Alain Po-zarnik écrit ce qui suit à la page 160 : « Pour qu’il y ait chan-gement, non pas théoriquement, mais réellement, la meilleure suite à donner à une expériencehumaine désastreuse, existen-tielle, frustrante, ou traumatisante, celle qui nous fait toujours réagir de manière conflictuelle, est d’en saisir sa place dans la structure fluctuante du temps et de l’espace, de façon à en rela-tiviser la portée personnelleet collective, et, à s’engager dans des actions constructives objectives, plus en rapport avec les lois du monde qu’avec nos folles espérances ou nos peurs égo-tistes ». Tel est résumé, le drame de l’histoire politique du Con-go, depuis l’indépendance à aujourd’hui, qui justifie cette ré-flexion sur les disfonctionnements de son système politique.
Il est important de signaler, cependant, compte tenu de la re-lative difficulté de saisir les tenants et les aboutissants de cette histoire politique, que le présent essai ne postule aucune vérité, ne prétend nullement dénouer une situation politique visible-ment bloquée, mais simplement l’analyser et espérer, ainsi, interpeller les consciences des acteurs politiques que nous sommes, en charge du destin des Congolais, mais aussi celles de tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir dans ce pays, à sa compréhension. Ce qui, d’une certaine manière, répond à la célèbre interpellation de Frantz Fanon, selon laquelle : « chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, 1 la remplir ou la trahir » . De ce point de vue, cet essai ne sou-lève que des questions, de nombreuses questions pour les-quelles il n’existe toujours pas de réponse qui, toutes, interro-
1 - Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, nouvelle publication des éditions Gallimard, p.197.
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