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Le Canada et l'Arctique

De
426 pages
Le réchauffement climatique a des répercussions considérables sur l’environnement arctique, dont l’une est de rendre cette région beaucoup plus accessible au commun des mortels. Les nouvelles dynamiques géopolitiques laissent-elles entrevoir une ruée vers les ressources conflictuelle ? Au contraire, l’Arctique deviendra-t-il un territoire gouverné par l’intérêt commun et le droit international ?
Les auteurs, spécialistes reconnus des affaires arctiques, abordent ces questions fondamentales et la façon dont le Canada pourrait élaborer une stratégie pour le Nord à la fois efficace et responsable. Ce faisant, ils proposent un examen approfondi de la réalité politique et stratégique nationale et internationale qui se joue dans le continent glacé.
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•Franklyn Grifths Rob Huebert Collection dirigée pa r POLITIQUE
Stéphane Paquin et Stéphane Rousse lMONDIALE P. Whitney Lackenbauer
Le Canada Préfaces de Bill Graham et de Hugh Segal
Le réchaufement climatique a des répercussions considérables sur et l’Arctique
l’environnement arctique, dont l’une est de rendre cette région
beaucoup plus accessible au commun des mortels. Les nouvelles
dynamiques géopolitiques laissent-elles entrevoir une ruée vers les
ressources confictuelle ? Au contraire, l’Arctique deviendra-t-il un
territoire gouverné par l’intérêt commun et le droit international ?
Les auteurs, spécialistes reconnus des afaires arctiques, abordent
ces questions fondamentales et la façon dont le Canada pourrait
élaborer une stratégie pour le Nord à la fois efcace et responsable.
Ce faisant, ils proposent un examen approfondi de la réalité
politique et stratégique nationale et internationale qui se joue dans le
continent glacé.
Franklyn Griths est professeur émérite de science politique de l’Université de
Toronto, où il a été titulaire de la Chaire George Ignatief en études sur la paix et
les confits.
Rob Huebert est professeur agrégé du Département de science politique de
l’Université de Calgary, codirecteur du Centre d’études militaires et stratégiques et
chercheur au Canadian Defence and Foreign Afairs Institute.
P. Whitney Lackenbauer est professeur agrégé et président du Département
d’histoire de l’Université Saint-Jérôme (Université de Waterloo) et membre du
Canadian Defence and Foreign Afairs Institute, de l’Institut arctique de l’Amérique
du Nord et du Laurier Centre for Military, Strategic and Disarmament Studies.
• 39,95 $ 36 e isbn 978-2-7606-3217-2
Couverture : © westphalia /iStock.com
Disponible en version numérique
Les Presses de l’Université de Montréalwww.pum.umontreal.ca PUM
Pol. Mondiale-Le Canada arctique .indd 1 2015-03-30 12:32
f


griffiths huebert
Le Canada et l’Arctique
lackenbauerArctique.indd 2 2015-04-17 10:28le canada et l’arctique
Arctique.indd 3 2015-04-17 10:28POLITIQUE
MONDIALE
La collection « Politique mondiale » est dirigée par Stéphane Paquin et Stéphane Roussel.
Arctique.indd 4 2015-04-17 10:28Franklyn Grifths, Rob Huebert
et P. Whitney Lackenbauer
Le Canada et l’Arctique
Préfaces de Bill Graham
et de Hugh Segal
Traduction de Michel Buttiens,
en collaboration avec les auteurs
Les Presses de l’Université de Montréal
Arctique.indd 5 2015-04-17 10:28Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et
Bibliothèque et Archives Canada
Grifths, Franklyn, 1935-
[Canada and the changing Arctic. Français]
Le Canada et l’Arctique
(Politique mondiale)
Traduction de: C anada and the Changing Arctic.
Comprend des références bibliographiques et un index.
ISBN 978-2-7606-3217-2
1. Canada (Nord) - Aspect stratégique. 2. Arctique - Aspect stratégique. 3. Canada
(Nord) - Politique militaire. 4. Canada (Nord) - Politique gouvernementale. 5. Canada -
Frontières - Arctique. I. Huebert, Robert N. (Robert Neil), 1960- . II. Lackenbauer, P.
Whitney. III. Titre. IV . Titre: Canada and the changing Arctic. Français. V. Collection :
Politique mondiale (Presses de l’Université de Montréal).
FC191.G7514 201 5 341.4’209719 C2014-942398-5
Titre original : Canada and the Changing Arctic. Sovereignty, Security, and Stewardship
© Wilfrid-Laurier University Press, 2011
Mise en pages : Folio infographie
ISBN ( papier) : 978-2-7606-3217-2
ISBN (PDF: 9) 78-2-7606-3218-9
ISBN ( ePub) : 978-2-7606-3219-6
eDépôt légal : 2 trimestre 2015
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
© Les Presses de l’Université de Montréal, 2015
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide fnancière du gouvernement du
Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d’édition.
Elles remercient également de leur soutien fnancier le Conseil des arts du Canada, la Société
de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) ainsi que le Gouvernement
du Canada pour ses activités de traduction dans le cadre du Programme national de
traduction pour l’édition du livre.
ImPr Imé au CaNa Da
Arctique.indd 6 2015-04-17 10:28Table des matières
Liste des cartes 8
Liste des fgures 9
Préface 11
Hugh Segal
Préface 15
Bill Graham
Acronymes 25
Introduction 29
Chapitre 1
Un monde circumpolaire en pleine mutation 47
Rob Huebert
Chapitre 2
De la ruée polaire à la saga polaire : pour une approc he
stratégique intégrée 119
P. Whitney Lackenbauer
Chapitre 3
Une stratégie canadienne pour l’Arctique 261
Franklyn Grifths
Chapitre 4
La souveraineté, la sécurité et l’intendance  321
P. Whitney Lackenbauer
Annexe 357
Remerciements 385
Bibliographie 389
Index 411
Arctique.indd 7 2015-04-17 10:28Liste des cartes
Carte I Le monde circumpolaire 28
Carte 1-1 Les routes maritimes dans l’océan Arctique 56
Carte 1-2 L’évaluation des ressources de pétrole et de gaz non
découvertes de l’Arctique circumpolaire 69
Carte 1-3 Les juridictions et les frontières maritimes dans la région
de l’Arctique 82
Carte 2-1 Inuit Nunaat 123
Carte 2-2 Les îles canadiennes de l’Arctique et les lignes
de base continentales 132
Carte 2-3 La zone de services du trafc maritime du Nord
du Canada (NORDREG) 180
Carte 2-4 L’île de Hans186
Carte 2-5 La mer de Beaufort: revendications américaines
et canadiennes193
Carte 2-6 Les peuples de l’Arctique subdivisés selon les familles
linguistiques 206
Carte 2-7Les ressources connues : pétrole et gaz 227
Carte 2-8Les traités modernes dans le Nord 232
Carte 3-1Les routes de navigation intercontinentales potentielles 263
On retrouvera les cartes originales en couleur sur le site des PUM :
www.pum.umontreal.ca/catalogue/le-canada-et-larctique
Arctique.indd 8 2015-04-17 10:28Liste des fgures
Figure 1-1 Les zones maritimes du Canada 50
Figure 1-2 Le navire de la Garde côtière américaine Polar Sea
dans la mer de Beaufort, 200976
Figure 1-3 Radarsat-2 79
Figure 1-4 Le brise-glace nucléaire russe de classe arctique Yamal 87
Figure 1-5 Un Hornet CF-18 de Cold Lake, Alberta, vole côte à côte
avec un bombardier russe Tu-85 « B ear », 2007 95
Figure 1-6 Un Twin Otter CC-138 survole une patrouille de Rangers
canadiens, 2008 98
Figure 1-7 Le NCSM Montréal passe devant un iceberg dans la baie
Strathcona110
Figure 2-1 Le Ranger canadien Too Too relaie de l’information au
personnel de l’armée dans un Penguin, 1954 126
Figure 2-2 Scénarios futurs : matrice de navigation maritime
en Arctique du Global Business Network (GBN) 148
Figure 2-3 Les Forces canadiennes assistent au discours du premier
ministre Stephen Harper, lors de la cérémonie d’ouverture
de l’opération Lancaster, 2006 153
Figure 2-4 Des Rangers canadiens écoutent attentivement un briefng,
péninsule de Cumberland de l’île de Bafn 160
Figure 2-5 Le Globemaster CC-177 à Alert, lors de l’opération
Nunalivut, 2010 166
Figure 2-6 Le premier ministre Stephen Harper, le ministre
de la Défense nationale Peter MacKay et le capitaine
de frégate Alex Grant, commandant du NCSM Toronto
lors de l’opération Nanook, 2009 171
Figure 2-7 (Photo oubliée, à traduire) Brigadier-General David Millar,
the commander of Joint Task Force (North), and Kellie
Mitchell, the Arctic regional ofcer with Public Safety
Canada, co-chair ameeting of the Arctic Security Working
Group in Yellowknife, 2009 172
Figure 2-8 Le NGCC Heny Larsen dans la baie Strathcona pendant
l’opération Nanook 10 175
Arctique.indd 9 2015-04-17 10:28P10 le canada et l arctique’
Figure 2-9 Le HMCS Montreal, l’USS Porter et le HDMS Vaedderen
naviguent en formation dans la mer du Labrador pendant
l’opération Nanook, 2010 183
Figure 2-10 Les brise-glaces collaborent dans le cadre de l’expédition
dans le bassin canadien de l’océan Arctique, 2010 191
Figure 2-11 Rencontre entre les ministres des Afaires étrangères
canadien et russe à Chelsea, au Québec, 2010 204
Figure 2-12 Duane Smith prend la parole dans le cadre du Groupe
de travail sur le développement social du Conseil
de l’Arctique 208
Figure 2-13 Mary Simon répond aux excuses ofcielles relativement
aux pensionnats, 2008 219
Figure 2-14 Une visite du premier ministre Stephen Harper dans les
Territoires du Nord-Ouest, 2010 229
rFigure 2-15 Le D Luke Copland installe une balise de surveillance
sur le Plateau de glace d’Ayles, dans le cadre de l’Année
polaire internationale, 2008 238
Figure 4-1 La cérémonie concluant l’opération Nunalivut à Alert,
au Nunavut, 2010 324
Figure 4-2 Le Ranger canadien Pauloosie en train d’instruire
des soldats pendant l’opération Nanook en 2010 327
Figure 4-3 La signature d’un protocole d’entente en matière de défense,
de sécurité et de coopération opérationnelle dans
l’Arctique entre le Canada et le Danemark 333
Figure 4-4 Les représentants à la rencontre des ministres
des Afaires étrangères portant sur l’océan Arctique
tenue à Chelsea, 2010 340
Figure 4-5 Les membres de la délégation canadienne en marge
de la réunion ministérielle du Conseil de l’Arctique,
à Tromsø, en Norvège, 2009 342
Arctique.indd 10 2015-04-17 10:28Préface
hugh segal
Il est rare qu’un territoire si peu visité revête une si grande importance
sur les plans émotif, spirituel et personnel pour tant de gens. Voilà
pourtant bien une description modérée de la relation qui existe entre
la population canadienne et ses régions arctiques : une relation
passionnée, possessive, patriotique et nationaliste, que seul notre amour
du hockey parvient à surpasser. La bonne nouvelle, c’est qu’elle n’est pas
encore chauvine. Mais, comme c’est souvent le cas des choses perçues
à grande distance, elle est aussi sujette à une distorsion importante et
dangereuse. Ce serait pécher par excès de simplifcation que de laisser
entendre que cette relation est purement géostratégique, territoriale ou
militariste ou justifée uniquement par le pétrole et le gaz. La relation
entre la population canadienne et l’Arctique ayant une qualité
hautement romantique, comprendre la dynamique de cette histoire d’amour
– sa durabilité et les risques qu’elle comporte – n’est pas seulement
constructif mais en réalité vital pour le genre de politiques publiques,
d’afaires étrangères et de défense qui sont essentielles au maintien de
cette relation à son degré optimal de clarté et d’équilibre.
L’ordre du jour légal, environnemental et international en ce qui a
trait à l’Arctique est complexe, tout comme le sont les instruments à la
disposition du Canada et de sa population pour garantir nos intérêts.
Ce livre est essentiellement un minutieux déballage des difcultés
apparentées aux objectifs du Canada dans l’Arctique et des instruments
à sa disposition pour s’y attaquer. Le fait que l’assurance maladie
universelle de Mike Pearson soit totémique pour beaucoup et que la
« vision nordique » de « routes menant aux ressources » de Diefenbaker
Arctique.indd 11 2015-04-17 10:28P12 le canada et l arctique’
le soit pour d’autres est un refet très fdèle de l’histoire du Canada, de
sa croissance d’après-guerre et de ses aspirations, qui ont grandement
façonné notre identité actuelle par les événements et les appels à l’action
survenus pendant les années 1950 et 1960. Et, en réalité, d’une manière
qui confond les hypothèses stériles qui séparent la droite de la gauche,
beaucoup de ces mêmes personnes avaient leur sentiment d’identité
gravé dans ces deux symboles. Que ce soit un autre premier ministre
canadien de l’Ouest qui, un demi-siècle plus tard, ramène à l’ordre du
jour aussi bien le symbolisme que la promesse de l’Arctique et intègre
d’importantes annonces politiques et des visites annuelles dans trois
campagnes électorales et dans son calendrier ordinaire témoigne de
l’impact durable du déf que pose l’Arctique pour les Canadiens. Le fait
que le sud de l’Ontario ou les basses-terres continentales de la
Colombie-Britannique, qui comptent beaucoup d’électeurs, demeurent
intéressés par ce dossier et attirés par des politiques cohérentes
concernant le Nord souligne le rôle déterminant que le Nord joue dans la
perception que les gens ont de l’identité du Canada et de la nôtre
comme Canadiens.
Aux yeux de certains, le fait que le premier ministre Harper prenne
fait et cause pour une politique nordique peut apparaître comme une
astucieuse stratégie politique. C’est peut-être vrai. Selon moi, cela révèle
un dirigeant politique réféchi et intuitif d’origine ontarienne ancré
dans la culture politique de l’Ouest dont la propre perception du
Canada a toujours été façonnée non seulement par une afection mani -
feste envers le hockey mais aussi par la réalité arctique de notre identité
nationale. Après tout, c’est une réalité qui ne ravive aucune animosité
interrégionale, tension linguistique ou friction confédérale belliqueuse.
Les premiers ministres évitent d’afronter ce genre de difcultés à leurs
risques et périls. Ceux qui sont en pleine possession de leurs moyens
excellent à décider pour les bonnes raisons d’exprimer les espoirs et les
éléments fondamentaux de l’identité d’une nation. L’attention
actuellement accordée à divers aspects de la politique concernant l’Arctique
et aux instruments permettant de la mettre en œuvre, qu’ils existent
déjà ou en soient encore au stade de la conception, non seulement dans
cet ouvrage, mais aussi au sein d’une véritable petite industrie de
groupes de réfexion, dans le secteur privé, dans les universités et les
fondations et au sein de la famille des Premières Nations de l’Arctique,
Arctique.indd 12 2015-04-17 10:28PPréface 13
est principalement due à la cohérence thématique et déterminée du
premier ministre Harper en ce qui a trait au déf du Nord.
Pour le Canada et la population canadienne, c’est un dossier
fondamental car il renferme tous les aspects de notre futur parcours. La
souveraineté, non comme un état fnal mais comme un instrument à
utiliser pour le bien national et dans l’intérêt public, est une question
essentielle. Ses composantes fondamentales sont une véritable capacité
militaire, des procédures, la formation et le lieu. Il est important de
forger des alliances avec d’anciens ennemis du temps de la guerre froide
et de les gérer habilement sur ce plan. En plus des impacts politiques
des changements climatiques, l’acuité et la compétence hydrographique
se posent en tant que forces secondaires déterminantes qui auront une
immense contribution à notre façon de maintenir et d’évaluer nos
perspectives nordiques.
Cet ouvrage nous aide à trouver notre chemin dans le labyrinthe en
ofrant une analyse de type realpolitik ainsi qu’une précision
instrumentale utile concernant des questions comme le droit international
de la mer, le périmètre contrôlable et les priorités communes de
protection de l’environnement. De plus, comme c’est souvent les cas
lorsqu’un éclairage lumineux et intellectuellement honnête est braqué
sur des hypothèses et des craintes, les chemins menant à une voie
rationnelle paraissent moins sombres et risqués tandis que
commencent à émerger les choix stratégiques favorables nécessaires pour
dégager ces chemins. Ce livre fournit un éclairage utile, assez semblable
à celui d’une bougie dans l’obscurité, sur l’importance réelle des choix
stratégiques dans l’Arctique. Afaires indiennes et Développement du
Nord, les Afaires étrangères et le ministère de la Défense nationale
devraient faire de cette monographie une lecture obligatoire pour tous
les membres de leur personnel assumant des responsabilités à l’égard
des questions de politique ou de mise en œuvre concernant l’Arctique
ou susceptibles de le faire dans l’avenir. Le fait que, au cours des travaux
d’amorce que j’ai réalisés pour aider le Conseil international du Canada
il y a plus de trois ans à défendre son programme de recherche jugé par
les pairs, j’aie eu, avec Bill Graham, Janice Stein, John English, Jim
Balsillie, Pierre-Marc Johnson, Douglas Gould, Jennifer Jefs, Tamara
Zur, Jodi Whyte, Don Macnamara, Eddie Goldenberg et d’autres,
l’occasion de collaborer avec les co-auteurs de cet ouvrage à un des
Arctique.indd 13 2015-04-17 10:28P14 le canada et l arctique’
premiers nouveaux projets de recherche stratégique commandité par
le CIC et jugé par des pairs de ce conseil nouvellement créé me comble
d’aise. Que le comité de recherche universitaire du CIC ait choisi des
chercheurs réputés et des plus jeunes de la compétence remarquable
des trois co-auteurs pour travailler sur l’Arctique refète toute l’impor -
tance de la recherche pour un développement stratégique reposant sur
de solides assises et la compréhension experte des variables, dont la
mise en évidence constitue l’un des objectifs clés du CIC et des
organismes qui l’ont précédé, l’Institut canadien des afaires internationales
(ICAI) et l’Institut canadien d’études stratégiques.
L’Arctique est un élément essentiel de l’identité canadienne.
Souvent, les diplomates étrangers en poste au Canada soulignent qu’au
cours de tous leurs déplacements dans le pays, jamais ils n’ont mieux
saisi le Canada et les Canadiens que pendant la visite de l’Arctique
organisée par Afaires étrangères Canada et le ministère de la Défense
nationale. Cet ouvrage aide tous ceux d’entre nous qui ont le souci de
comprendre tout le potentiel de notre pays, sur les plans international,
national et économique et d’une manière écologiquement responsable,
à mieux saisir l’importance et les raisons de certains choix relativement
à l’Arctique. Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec toutes les
analyses et conclusions pour admirer l’intégrité, la réfexion, l’équilibre et
la perspicacité à la base de cet ouvrage. Toutes les histoires d’amour
exigent de l’engagement et de la réfexion. Notre histoire d’amour avec
l’Arctique ne fait pas exception.
Arctique.indd 14 2015-04-17 10:28Préface
bill graham
Quand le professeur Huebert m’a demandé de rédiger une préface à cet
ouvrage, que l’on doit à certains des plus éminents experts des
questions de l’Arctique, je me suis demandé ce que je pouvais bien ajouter
à leurs réfexions éclairées sur ce sujet, que les Canadiens doivent
comprendre s’ils souhaitent relever les défs que présente cette région
essentielle mais négligée. À bien y penser, il peut être utile de proposer
un point de vue légèrement diférent sur l’incidence des préoccupations
entourant l’Arctique, celle que je tire de mon expérience comme
parlementaire en provenance du Canada urbain. Je propose donc ces
réfexions dans le modeste espoir qu’elles puissent contribuer à une
compréhension du climat politique dans lequel ont été prises, pour le
pire ou le meilleur, les plus récentes décisions qui ont infuencé la
structure de la politique canadienne concernant l’Arctique.
Il y a toujours eu un certain fossé entre le discours canadien sur
l’importance de l’Arctique pour l’identité canadienne comme nation
nordique et les ressources mises en œuvre pour transformer ce discours
en réalité. J’ai saisi l’ampleur de cette dichotomie lorsque j’étais
président du Comité permanent des afaires étrangères et du commerce
international (CPAECI).
En 1996, les membres de ce comité permanent ont fait de nombreux
voyages de recherche dans l’Arctique (y compris en Russie et en
Norvège), pour aller écouter des experts en la matière et des habitants
de l’Arctique, aussi bien sur leur terrain qu’à Ottawa. Publié au
printemps de 1997 et intitulé Le Canada et l’univers circumpolaire, notre
rapport aborde les questions de souveraineté et de sécurité, de
coopéArctique.indd 15 2015-04-17 10:28P16 le canada et l arctique’
ration internationale, d’environnement et de développement durable.
Ses recommandations sonnent toujours en grande partie vrai et bon
nombre d’entre elles fgurent parmi les ordonnances proposées par les
auteurs de ce recueil.
Si on ne retrouvait pas dans ce rapport l’expression « réchaufement
planétaire », il mettait l’accent sur les changements climatiques et les
dommages environnementaux connexes en Arctique, les changements
qui en résultent pour le mode de vie des Inuits, l’accès rendu plus facile
aux ressources minérales et autres, et l’impact de la fonte de la banquise
sur les revendications canadiennes et les réalités géopolitiques dans la
région. Il réclamait des investissements importants dans des travaux
scientifques et de recherche sur l’Arctique, une recommandation tirée
de la reconnaissance que la cartographie du plateau continental efectuée
par les Russes exigeait un efort semblable de la part du Canada. Nous
avons aussi réclamé plus d’éducation et des capacités de défense accrues
dans le Nord. Comme on le sait, le gouvernement de l’époque s’est
d’abord occupé de rétablir l’intégrité fscale du Canada, puis a concentré
son attention sur le fnancement de la santé, de la recherche scientifque
et des universités (Fondation canadienne des bourses d’études du
millénaire). Comme souvent par le passé, ces recommandations exigeant
des injections de fonds sont demeurées en grande partie lettre morte.
Un des objectifs atteints par notre rapport a été de renforcer la
compréhension qu’ont les parlementaires du rôle que jouent les
habitants du Nord eux-mêmes dans la gouvernance de l’Arctique et la
gérance du territoire. Cela se refétait dans les travaux réalisés par
d’autres membres du CPAECI, comme le député du Parti réformiste
Charlie Penson et les membres du Comité permanent de la Chambre
des communes sur l’environnement et le développement durable
présidé par Charles Caccia, de même que des organismes
interparlementaires complémentaires comme la Conférence des parlementaires de
la région arctique, au sein de laquelle Cliford Lincoln était très actif.
Ma participation aux travaux du CPAECI m’a permis de
comprendre jusqu’à quel point la technologie moderne a aidé les peuples
du Nord canadien à rassembler des ressources et à coordonner des
activités avec les peuples voisins de l’Alaska, de la Russie et du nord de
la Norvège. Internet à haute vitesse a créé des liens entre des
installations comme l’Institut de recherche Aurora et le Collège du Yukon, ce
Arctique.indd 16 2015-04-17 10:28PPréface 17
qui a permis aux habitants du Nord et aux chercheurs en visite de
mettre en commun leurs expériences et leurs connaissances ainsi que
les résultats de leurs travaux sur le terrain. Il s’en est suivi un
enrichissement de leur capacité à concevoir et à mettre en œuvre des solutions
locales à leurs problèmes, une chose dont j’ai commencé à mesurer
l’ampleur quand, comme ministre des Afaires étrangères, j’ai constaté
le rôle unique que peuvent jouer les peuples nordiques dans des
institutions comme le Conseil de l’Arctique.
Un élément qui pourrait surprendre est qu’une institution
gouvernementale que l’on a fni par assimiler à l’Arctique ces dernières années
soit le bureau du gouverneur général. Autant Adrienne Clarkson que
John Ralston Saul ont efectué de nombreux voyages dans la région,
attirant ainsi l’attention des Canadiens du Sud sur les préoccupations
de l’Arctique et soulignant l’identité nordique du Canada au cours de
leurs voyages à l’étranger. Plus récemment, ils ont mis en évidence des
questions propres à l’Arctique en organisant une Conférence LaFontaine-
Baldwin à Iqaluit. Et la consommation de viande de phoque crue par
Michaëlle Jean lors d’une activité communautaire inuite a été saluée
par de nombreux Canadiens conscients de la fragilité de la vie des
Autochtones dans l’Arctique et du rôle joué par les Inuits et d’autres
peuples nordiques dans la gérance de ses ressources naturelles. Pour
beaucoup, son geste constituait une riposte à ce que nombre de gens
voient comme de l’hypocrisie de la part des parlementaires européens
qui professent un profond souci à l’endroit des peuples autochtones
mais condamnent la chasse au phoque et les autres activités de récolte
de fourrures à la base de leur existence.
Comme ministre des Afaires étrangères, j’ai été directement
exposé aux problèmes de la souveraineté canadienne, en particulier à
la question de savoir si le passage du Nord-Ouest est un passage
international ou s’il fait partie de nos eaux intérieures. Il existe énormément
de documentation sur cette question, à laquelle le présent ouvrage vient
s’ajouter. Un point qui m’a toujours renversé – et il semble que ce soit
le cas du professeur Huebert également – est l’insistance des
Américains à considérer le passage comme faisant partie des eaux
internationales, insistance renforcée dernièrement dans une directive sur la
sécurité nationale de l’administration sortante de George W. Bush.
Je peux comprendre les préoccupations des Américains concernant
Arctique.indd 17 2015-04-17 10:28P18 le canada et l arctique’
un précédent qui pourrait avoir une incidence sur le détroit de Malacca
ou d’autres eaux contestées auxquelles la Marine américaine attache de
l’importance. Mais il semblerait être dans l’intérêt des États-Unis que
le passage du Nord-Ouest soit considéré comme canadien. En tant que
nation amie et alliée, les États-Unis bénéfcieraient d’un passage prati -
quement sans restriction, soumis à des contrôles environnementaux
dont nous tirerions tous deux des avantages. Des aménagements
semblables pourraient satisfaire l’intérêt de l’UE envers une liberté
d’utilisation commerciale tandis que serait refusé à des puissances moindres
le droit de passage sans restriction. Les revendications de la Russie dans
la région et son intérêt envers ses ressources nous sont familiers, mais
il se pourrait bien que l’intérêt récemment témoigné par la Chine envers
cette région, vu à la lumière de sa politique mondiale d’acquisition de
ressources et de son développement de la recherche dans l’Arctique et
d’une fotte de haute mer comprenant des brise-glaces, justife le soutien
de l’Amérique et de l’Europe à la position canadienne.
Un autre souci du ministère des Afaires étrangères lorsque j’en étais
le ministre était la question de savoir comment parvenir à exercer
vraiment la souveraineté dans l’Arctique. Il m’apparaissait alors – et
encore davantage aujourd’hui – que beaucoup de questions liées à
l’Arctique exigeaient une approche multilatérale, ou une « intendance
concertée », comme l’écrit le professeur Grifths dans son essai. Cela
vaut même pour ce qui pourrait sembler des préoccupations purement
nationales, comme nous l’avons vu dans le cas de la détérioration de la
fotte soviétique à Mourmansk : certes un problème immédiat pour les
Russes, mais un problème pour nous aussi en cas de catastrophe ;
l’activité radioactive dans les mers ne respecte pas les frontières
internationales. Cela a bien sûr constitué l’une des motivations pour signer le
projet d’élimination des déchets chimiques et nucléaires russes, objet
d’une entente au sommet du G8 à Kananaskis.
Une institution essentielle pour la coopération multilatérale dans
l’Arctique est le Conseil de l’Arctique. Quand j’étais ministre, les
Américains ne se préoccupaient guère de ce conseil, refétant ainsi
l’hostilité générale de l’administration Bush envers les institutions
internationales qui empiétaient, selon elle, sur la souveraineté
américaine. Certains membres, comme la Norvège et le Canada, par contre,
le considéraient comme important. Le Conseil a, par exemple, permis
Arctique.indd 18 2015-04-17 10:28PPréface 19
d’efectuer de la recherche scientifque sans connotation politique
problématique. Ce sont en efet des chercheurs scientifques du Conseil
de l’Arctique qui ont mené la plus grande partie de la recherche initiale
sur les efets des changements climatiques dans la région. En dépit
d’une réticence à consonance politique dans certains milieux à
cautionner des politiques découlant de ces recherches, le Conseil a
beaucoup contribué à établir les faits sur lesquels les responsables de
l’élaboration des politiques doivent fonder leurs décisions.
À l’encontre de toute autre institution internationale que je connais,
le Conseil de l’Arctique présente un avantage supplémentaire : celui de
donner un rôle ofciel aux peuples autochtones qui constituent la
population de l’Arctique. Selon mon expérience, la participation de
l’Inuit Tapirisat du Canada (aujourd’hui l’Inuit Tapiriit Kanatami) et
des nations d’Athabasca, pour donner deux exemples, a permis
d’expliquer des événements sur le terrain en plus de fournir des solutions
pratiques. De surcroît, en partageant leurs expériences et leurs
pratiques optimales avec leurs pendants autochtones d’autres pays de
l’Arctique, les membres canadiens du Conseil ont pu se forger un point
de vue véritablement circumpolaire.
Un élément sous-jacent à toutes les revendications de souveraineté
dans l’Arctique est la Convention des Nations Unies sur le droit de la
mer, que le Canada a signée en 1982 mais qu’il n’a pas ratifée avant
2003 en raison d’une opposition de certains, principalement fondée sur
les préoccupations de l’industrie de la pêche dans l’Atlantique Nord.
Comme professeur de droit international, je me suis souvent plaint
dans mes cours de notre incapacité à ratifer la Convention que nous
avions inspirée et aidé à rédiger. Quand j’ai soumis à l’attention du
premier ministre Jean Chrétien l’importance de ce traité pour nos
revendications dans l’Arctique, il a accepté de le présenter une fois de
plus au Cabinet, qui, cette fois, l’a approuvé. C’est donc avec une grande
satisfaction personnelle qu’au mois de novembre 2003, j’ai signé son
instrument de ratifcation en présence d’Alan Beesley, notre
négociateur principal et un des pères de cette convention. En fait, il s’était passé
à peu près vingt et un ans depuis le jour où l’honorable Allan MacEachen
et lui avaient signé le traité au nom du Canada. Les eforts récemment
déployés par la Russie pour étendre ses revendications au plateau
continental sur la base du traité viennent confrmer la sagesse de notre
Arctique.indd 19 2015-04-17 10:28P20 le canada et l arctique’
action ; les Américains eux-mêmes reconnaissent désormais que, s’ils
veulent protéger leurs droits dans l’Arctique, ils devront le faire dans
le cadre du traité, et ils se dirigent lentement vers sa ratifcation.
Comme ministre de la Défense nationale, j’ai été davantage impliqué
dans l’Arctique que je ne m’y attendais quand le premier ministre Paul
Martin m’a nommé à ce poste. En réalité, le ministère de la Défense
nationale assume d’importantes responsabilités dans le Nord, y
compris celle de l’infrastructure pour réagir à des événements qui, dans les
provinces du Sud, relèvent de la responsabilité des gouvernements
provinciaux. Ainsi, il est responsable des recherches et des sauvetages
dans l’ensemble du Nord et non pas uniquement en mer comme c’est
le cas dans le sud du Canada. Dans ce contexte, certains soutiennent
parfois que, vu le nombre relativement restreint d’incidents dans
l’Arctique comparativement à ce qui se passe dans le Sud, il serait plus
efcace d’installer le matériel de nos équipes de recherche et de sauve -
tage aux bases de Trenton, de Cold Lake ou ailleurs dans le Sud et de
le déployer dans le Nord en cas de besoin. Pour ma part, j’ai soutenu
avec vigueur la nécessité d’y avoir une présence physique car, si nous
en étions absents, cela ne ferait que confrmer, aux yeux des habitants
du Nord, notre manque d’intérêt fondamental envers leurs besoins.
La recherche et le sauvetage dans le Nord faisaient partie des
activités auxquelles mon homologue russe, Sergueï Ivanov, et moi avons
collaboré lors de notre rencontre à Moscou. En réalité, il existe une
longue tradition de collaboration discrète, non politisée, « sous le
radar » en quelque sorte, entre le Canada, la Russie et les États-Unis sur
la recherche et le sauvetage, un modèle pour d’autres domaines de
coopération circumpolaire. Le gouvernement actuel, avec raison à mon
sens, s’est adressé au Conseil de l’Arctique, qu’il considère comme un
forum adéquat pour la rédaction d’une entente multilatérale en matière
de recherche et de sauvetage, ce qui pourrait très bien servir de modèle
pour une coopération future de ce genre dans d’autres secteurs.
Le MDN ne maintient plus la présence qu’il avait dans l’Arctique
pendant la guerre froide avec la ligne d’alerte avancée (DEW) et les
bases relais avancées pour les CF-18. Il conserve cependant une
présence active grâce à des exercices et aux Rangers canadiens, qui
constituent un symbole visible de la souveraineté canadienne. C’est une
expérience remarquable que de prendre part aux exercices des Rangers
Arctique.indd 20 2015-04-17 10:28Arctique.indd 425 2015-04-17 10:29•Franklyn Grifths Rob Huebert Collection dirigée pa r POLITIQUE
Stéphane Paquin et Stéphane Rousse lMONDIALE P. Whitney Lackenbauer
Le Canada Préfaces de Bill Graham et de Hugh Segal
Le réchaufement climatique a des répercussions considérables sur et l’Arctique
l’environnement arctique, dont l’une est de rendre cette région
beaucoup plus accessible au commun des mortels. Les nouvelles
dynamiques géopolitiques laissent-elles entrevoir une ruée vers les
ressources confictuelle ? Au contraire, l’Arctique deviendra-t-il un
territoire gouverné par l’intérêt commun et le droit international ?
Les auteurs, spécialistes reconnus des afaires arctiques, abordent
ces questions fondamentales et la façon dont le Canada pourrait
élaborer une stratégie pour le Nord à la fois efcace et responsable.
Ce faisant, ils proposent un examen approfondi de la réalité
politique et stratégique nationale et internationale qui se joue dans le
continent glacé.
Franklyn Griths est professeur émérite de science politique de l’Université de
Toronto, où il a été titulaire de la Chaire George Ignatief en études sur la paix et
les confits.
Rob Huebert est professeur agrégé du Département de science politique de
l’Université de Calgary, codirecteur du Centre d’études militaires et stratégiques et
chercheur au Canadian Defence and Foreign Afairs Institute.
P. Whitney Lackenbauer est professeur agrégé et président du Département
d’histoire de l’Université Saint-Jérôme (Université de Waterloo) et membre du
Canadian Defence and Foreign Afairs Institute, de l’Institut arctique de l’Amérique
du Nord et du Laurier Centre for Military, Strategic and Disarmament Studies.
• 39,95 $ 36 e isbn 978-2-7606-3217-2
Couverture : © westphalia /iStock.com
Disponible en version numérique
Les Presses de l’Université de Montréalwww.pum.umontreal.ca PUM
Pol. Mondiale-Le Canada arctique .indd 1 2015-03-30 12:32
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griffiths huebert
Le Canada et l’Arctique
lackenbauer