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Le Congo à l'ère de la nouvelle Espérance

De
228 pages
Ce livre nous conduit dans l'exaltation de la Nouvelle Espérance, projet de société initié en 2002 par le chef de l'Etat congolais, Denis Sassou Nguesso. Quel est l'impact de ce vaste chantier et quelle sont ses perspectives ? Quels sont les principaux événements qui ont émaillé la dynamique de ce projet d'envergure ? Un livre d'analyse, de réflexion, de constatation et en même temps de description de la situation socio-économique et politique du Congo-Brazzaville.
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Le Congo à l'ère de la Nouvelle Espérance

Etudes Africaines
Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa

Dernières parutions Paterne Y. MAMBO, Droit et ville en Afrique noire francophone. Études de la décentralisation des compétences d'urbanisme dans la République ivoirienne, 2009. Sindani KIANGU, Le Kwilu à l'épreuve du pluralisme identitaire,2009. Jean-Bernard OUEDRAOGO et Habibou FOFANA (dir), Travail et société au Burkina Faso, 2009. Alexis GABOU, La constitution en République démocratique du Congo, 2009. Jean-Alexis MFOUTOU, Le français et les langues endogènes au Congo-Brazzaville, 2009. Andréa BEFF A Y -DEGILA, Le Champ du sacré au Bénin. Pensée animiste, pensée vôdun, 2009. Jean-Alexis MFOUTOU, La Langue de la sorcellerie au Congo-Brazzaville,2009. Ngimbi KALUMVUEZIKO, Congo-Zaïre. Le destin tragique d'une nation, 2009. Malick DIENG, Politique sénégalaise de protection sociale de l'enfance,2009. Kiatezua Lubanzadio Luyaluka, Vaincre la sorcellerie en Afrique. Une étude de la qpiritualité en milieu kongo, 2009. Constant SOKO, Les modèles de microfinance en Côte d'Ivoire. Origine, organisation et impact, 2009. Joseph GAMANDZORI (dir.), Congo-Brazzaville: Etat et société civile en situation de post-conjlit, 2009. Christian GRET, Le système éducatif africain en crise, 2009. Hygin Didace AMBOULOU, Les libéralités et les successions en droit congolais, 2009. Ngindu LUKUSA, Le mariage et ses implications chez les Luluwa de la République démocratique du Congo, 2009. Etanislas NGODI, Enjeu électoral et recomposition politique au Congo-Brazzaville,2009. Jean-Alexis MFOUTOU, Les antonymes du français écrit et parlé au Congo-Brazzaville, 2009. Louise TCHAMANBE DJINE, Les faillites bancaires en Afrique subsaharienne, 2009.

Séraphin MABANZA

Le Congo à l'ère de la Nouvelle Espérance
Réalités et perspectives

L'I-fCmattan

«J L'HARMATTAN, 2009 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan I@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-09131-3 EAN : 9782296091313

A Félix Mabanza, mon père, Et à la mémoire du peuple congolais

« Chaque fois qu'on produit un effet, on se donne un ennemi. Faut-il rester médiocre pour être populaire? » Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray

Sommaire

Préface Il Pro logue Le fil rouge 15 1. Le pourquoi des choses 21 2. Vers le processus de reconstruction .2 3. Le maillage du pays en infrastructures de base 37 4. Le programme économique et financier 67 5. Le Congo dans la tourmente des fonds vautours 79 6. Le bilan socio-économique .93 7. Les lettres de noblesses de la diplomatie congolaise 111 8. Le Congo, terre de paix 119 9. Le phénomène Ntumi 129 10. Les Accords MCDDI-PCT 151 Il. Les législatives de 2007 159 Épilogue ..173 I Arch ives l 79 1. Projet de société du Président de la république du Congo, Denis Sassou Nguesso 181 2. Compte rendu du Conseil des ministres (B/ville, le 18 mai 2008) 195 3. L'DE soutien le processus de paix au Congo-Brazzaville..201 4. Message à la nation .203 5. Discours de clôture de la Conférence nationale 211 6. Proposition de loi visant à lutter contre l'action des fonds vautours 215 II. Sources 219 III. Bibliographie .223 Remerciements. ... .225

Lorsque se ferme la très éprouvante et douloureuse parenthèse de la période 1992-1997, la société congolaise est tout entière bloquée. Mutilé dans son épanouissement et dans sa liberté, le peuple congolais n'a plus d'horizon. Notre défi au cours de la phase de transition était de rassembler les congolais dans une solidarité politique élargie et organisée, de les installer dans la voie de la paix et de la sécurité qui leur firent tant défaut, de poser solidement les jalons de la reconstruction et du renouveau. A tous égards, l'essentiel de ces objectifs a été atteint: le Congo est en paix, il a retrouvé sa stabilité et ses équilibres, il a reconquis sa place en Afrique et dans le monde et la tient. Son économie a été relancée et le processus démocratique est en marchel...
Le Congo est en pleine renaissance. Je l'affirme sans hésiter. Parce que la renaissance d'une nation se mesure à l'ampleur et à la qualité des actes qui traduisent la volonté commune d'aller de l'avant. Car les actes parlent toujours mieux que le verbe. La renaissance du Congo c'est une ambition, une ambition visible, concrète et tangible. Ce sont des réalisations que nos peuples voient et touchent au quotidien (..j. La « Nouvelle Espérance}) est en marche. Parce que sous nos yeux, le Congo se métamorphose, le Congo se transforme, le Congo change2...

I Projet de société, Nouvelle Espérance, Denis Sassou Nguesso, 2002. 2 Denis Sassou-Nguesso, Message à la Nation devant le Parlement réuni en congrès,2007.

Préface

« Avant de commencer la lecture de ce livre, vous attendez avec raison qu'on réponde à ces questions simples: Dans quel dessein a-t-il été écrit ? Il est difficile de répondre, dés le début, d'une manière simple et convaincante à ces questions. Il serait plus aisé de le faire, ce qui d'ailleurs serait superflu, à la fin du livre. Nous trouvons plus simple de dire précisément ce que ce livre ne prétend pas être. »3 Au départ, je ne voulais pas raconter pour ne pas raviver les mauvais souvenirs d'antan. Raconter comme fait le commun des mortels, pour critiquer en vue de détruire et/ou pour critiquer afin de construire. Mieux encore, raconter pour apprécier la grandeur d'une œuvre et mesurer le bien-fondé d'une action. Finalement, au plus fort de mon sommeil, j'ai été interpellé par mes sens si susceptibles. La postérité se souviendra, que lors de mes vacances au Congo il y a une décennie maintenant, j'ai été choqué de l'état de délabrement et de ruine dans lequel le pays était plongé à la suite des guerres successives qu'il a connues. Les bâtiments ont été éventrés, les murs dégradés et les façades trouées. Dans la ville, les immeubles portaient encore la noirceur déposée par les flammes. A trois heures de l'après midi, il n'y a plus personne en ville, même pas un chien, un oiseau non plus. La ville était déserte. Par ailleurs, dans les quartiers, notamment du côté sud de Brazzaville, à seize heures, il n'y avait plus personne dans les rues. En outre, la majeure partie des gens que je croisais là-bas,
3 Albert Einstein et Léopold Infeld, in l'évolution des idées en physique, Club France Loisirs avec l'autorisation des éditions Flammarion, 1983. éd

présentait une malnutrition symptomatique: des yeux jaunâtres, ventres ballonnés, cheveux roux etc. La plus part d'entre eux sortaient des forêts et/ou des villages où ils ont vécu, dieu seul sait, dans des conditions inhumainement misérables et déplorables. Le braquage était devenu un phénomène sociétal, car les armes étaient répandues dans tout le pays. Les fonctionnaires traînaient plusieurs mois d'arriérés de salaires. Comment vivre pour résister à la vie! Voilà brièvement, sans aucun détail, une litanie de faits qui constitue, à n'en point douter, le choc de l'Histoire de mon pays. C'est pourquoi disais-je, ne pas vouloir raconter au départ, car les souvenirs sont lointains mais les pensées sont présentes. Le but n'est pas de provoquer de nouvelles déchirures, mais de panser nos plaies. Bref, quelques années plus tard, je suis retourné au bercail. J'ai été admirablement stupéfait de constater que les bâtisses cassées et fragmentées jadis, avaient été reconstituées et raccommodées. En faisant usage de l'expression du chef de l'État congolais, je dirai, au lendemain de la guerre civile de 1997, qui a conduit le Congo au bord des précipices, le pays était, pour l'essentiel, un amas de ruines, un tas de cendres sur lesquelles il fallait tout reconstruire, bâtir de nouveau. Et c'est ce que le gouvernement s'est attelé à faire avec l'appui du peuple congolais. La population, en vaquant normalement à ses occupations, a repris du poil de la bête et retrouvé la joie de vivre. Ainsi, la paix n'est plus un vain mot mais une réalité irréversible.
« N'y a-t-il pas eu des faiblesses dans notre marche et dans notre action? N'y a-t-il pas eu des ombres au tableau? Oui, sans aucun doute. Aucune œuvre humaine n'étant par essence, parfaite. Cependant, nous avons ensemble parcouru un chemin appréciable que nous allons maintenant revisiter. »4
4 Denis Sassou Nguesso, discours sur l'état de la nation, 2008.

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Certes, tout n'est pas fait et ne pouvait pas sans doute se faire en un temps record. Cependant, le pays se trouve sur une belle trajectoire de progrès. Je n'ai pas écrit un mémorial de la politique congolaise; on y trouvera pas, consignée certainement, l'histoire du pays depuis l'indépendance jusqu'à nos jours. Mon intention était plutôt d'esquisser à grands traits la situation du Congo-Brazzaville au regard d'un septennat qui s'achève, et en m'appuyant sur des faits comparatifs afin de trouver la connexion entre le présent et l'avenir. Je me suis donc efforcé de mettre en relief les initiatives porteuses d'espoir. En raison des défis colossaux qui jalonnent le parcours du Congo, j'ai dû choisir quelque grand chemin, celui qui me paraissait le plus significatif. « L'importance d'un problème ne devrait pas être jugée d'après le nombre de pages , . qu on IUlconsacre. »5 Certaines parties essentielles de cet ouvrage ont été abandonnées, non parce qu'elles m'ont paru sans importance, mais parce qu'elles ne sont pas situées le long du chemin que j'ai emprunté. Des faiblesses, des lacunes, il y en a inexorablement, sans nul doute. Mais, croyez-moi, il ne manquera pas de censeurs aux longues dents pour les dénicher. Et ce sera tant mieux car ils permettront ainsi d'améliorer une édition ultérieure. Tout au long de mon parcours, j'ai du faire usage des citations et des expressions de certaines personnalités et de certains auteurs. Elles ont servi à condenser un argument ou encore, ont permis une heureuse répartie et un jugement pertinent. En revanche, certaines expressions communes ne seraient pas l'apanage de quelqu'un. Gabriel Naudé, l'érudit bibliothécaire de Richelieu et de Mazarin, écrivait:
5 Pour des raisons de confort de lecture. certaines références des citations sont données à la fin du présent ouvrage.

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« Il n'appartient qu'à ceux qui n'espèrent jamais être cités de ne citer personne. » Les reproches quelconques du lecteur sont perceptibles; de la même manière, je comprends aisément l'envol des pensées et la passion que peut avoir un lecteur quand il dévore un livre. Mais vous conviendrez avec moi, que pour permettre à un enfant de progresser, il faudrait l'encourager à poursuivre ses efforts. Il serait donc incongru de ne pas reconnaître, en parlant du Congo-Brazzaville, la dynamique de progrès dans laquelle le pays se trouve et les efforts accomplis pour y arriver. En dépit bien évidemment, des attentes légitimes du peuple et de la détermination du gouvernement. James Freeman Clarke déclarait: «la différence entre le politicien et I 'homme d'État, c'est que le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération. » Le but de la politique serait donc de donner un espoir d'avenir au peuple.

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Prologue

Le fil rouge

Ancien territoire d'outre-mer, le Congo est un État d'Afrique centrale. La République du Congo, dite « Congo-Brazzaville» a accédé à l'indépendance le 15 août 1960. Le Congo-Brazzaville est donc une république souveraine, membre de l'organisation des Nations unies, de l'Union Africaine, de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC), et bénéficie d'une réglementation douanière commune aux États de cette région. Sa monnaie est le franc CFA, de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC), ayant une parité fixe par rapport à l'Euro. Par ailleurs, l'organisation politique et administrative actuelle subdivise le territoire national en douze départements placés sous la responsabilité des préfets. Les collectivités locales que sont les départements et les communes sont administrées par des conseillers élus. Le cadre institutionnel, défini par la constitution du 20 janvier 2002, consacre le régime présidentiel et le principe de séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Le Congo est un pays en développement. Son économie repose principalement sur l'agriculture de subsistance et l'artisanat, ainsi que sur le secteur industriel s'appuyant largement sur les hydrocarbures. La majorité de la population vit de l'agriculture vivrière. Cependant, l'économie du pays dépend aussi de l'exportation du pétrole, du bois, du zinc, de l'uranium, du cuivre, du gaz naturel... Les piliers de l'exportation sont le bois et le pétrole tous exploités, entre autres, par des compagnies françaises qui

versent en contre-partie des devises à l'Etat. Le bois représente une part importante des exportations du Congo: acajou, okoumé, limba, etc. L'activité industrielle repose sur la production des biens de consommation: le tabac, le ciment, le textile, la boisson alcoolisée, le savon, etc. Plus de 90% du commerce est aux mains d'étrangers ou de personnes d'origine étrangère. Les revenus pétroliers du Congo se chiffrent à 4 milliards USD, soit 1200 USD par personne en 2005, et sont gérés actuellement par une compagnie pétrolière d'Etat (la Société Nationale des Pétroles du Congo ou SNPC). Depuis 1976, le raffinage du pétrole est effectué à Pointe-Noire, la capitale économique du Congo. Il fournit 90% des recettes de l'Etat, et constitue le même pourcentage des exportations. Avec une croissance annuelle du PNB de 5%, l'un des taux les plus forts d'Afrique, au début des années 80, la forte croissance des revenus pétroliers avait permis au Congo de financer des projets de développement à grande échelle. Par la suite, la chute des cours du brut a réduit de moitié le PNB. La dévaluation de 50% du franc CFA, le 12janvier 1994, avait provoqué un taux record d'inflation de 61% la même année. Au classement de l'Indice de développement humain établi par les Nations unies, le pays se classe en 144ème osition sur un p total de 177 pays. Selon l'UNICEF, Il % des enfants de moins de 15 ans sont orphelins, 60.000 femmes et filles ont été victimes de viol et 5.000 enfants ont combattu durant la guerre. En 2005, on estimait à près de 4,7% la proportion des Congolais de la tranche d'âge de 15 à 49 ans atteints du VIH/SIDA. Le taux de scolarisation primaire est tombé de 90% en 1990 à 40% en 2000, et l'espérance de vie a aussi baissé dans le même temps, passant d'environ 52 ans au début des années 90 à 48 ans en 2002. On estime le taux de chômage de la population active à près de 50% et les jeunes sont particulièrement les plus touchés. Globalement, la situation a empiré entre 1992 et 1997 par des dettes lourdes engagées alors

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par les autorités sur les ressources pétrolières, dans le but de financer les guerres tribales. L'enlisement dans la mauvaise gouvernance et le manque de stratégie conséquent pour le développement socio-économique ont finalement fait inscrire le pays, malgré la richesse et la diversité de ses ressources, au nombre des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Depuis son indépendance, Je Congo a vu son histoire émaillée par une série de conflits, et a connu notamment trois coups d'État, entre 1958 et 1979. En 1968, un régime militaire a accédé au pouvoir et institué par la suite un régime marxisteléniniste. La conférence nationale souveraine qui a eu lieu du 25 février au 10 juin 1991 a rétabli la démocratie dans le pays, donnant lieu à des élections libres et transparentes. De 1993 à 1999, le pays a été ébranlé par trois guerres civiles. Il nous souviendra donc, que la situation de ce pays, gouverné pendant longtemps sous un monopartisme marxisant, reste très marquée par les conflits sociopolitiques des années 1993, 1997, 1998 et 1999 qui avaient entraîné la destruction des infrastructures socio-économiques, des pertes en vies humaines, des traumatismes et des déplacements massifs et involontaires des populations. Mais depuis la signature des accords de cessez-le feu et de cessation des hostilités6 à la fin de 1999, d'importants progrès ont été réalisés dans les domaines de la réconciliation nationale, de la normalisation de la situation politique et de la reconstruction économique. Quoique l'on ait observé momentanément la résurgence des hostilités dans certaines zones proches de Brazzaville, notamment dans la région du Pool, ce venin a été stoppé du fait de la volonté incontestable du
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Le 16 novembre 1999, à Pointe-Noire, puis le 29 décembre 1999, à

Brazzaville, un Accord de cessation des hostilités était conclu entre le commandement militaire des Forces armées congolaises et les miliciens qui avaient sévi dans le Pool, le Niari, la Bouenza et la Lékoumou. Ces Accords auront organisé un retour à la paix en proposant de réintégrer dans l'armée ceux qui en avaient fait leur métier avant le 5 juin 1997, et aux autres, il était proposé des formations qualifiantes. 17

chef de l'Etat congolais de répandre son leitmotiv -la paix- sur toute l'étendue du territoire national. Les efforts de restauration de la paix avaient permis la normalisation du climat sociopolitique et la poursuite du programme de démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR) des ex-combattants avec notamment l'appui de l'Union Européenne, de la Banque Mondiale, de l'UNICEF et du Bureau International du Travail (BIT). La consolidation de ce climat de paix avait permis le retour des populations en exil, la réintégration des travailleurs exilés, la libre expression des partis politiques ainsi que la circulation sur l'étendue du territoire national. Avec la poursuite des efforts de renforcement de la paix qui ont conduit à l'installation des institutions démocratiques, les élections législatives ont eu lieu en juin et août 2007, les élections locales et municipales se sont tenues le 29 juin 2008 et les sénatoriales le 5 août 2008. La présidentielle est prévue pour juillet 2009. Maintenant qu'il renaît peu à peu de ses cendres, le Congo compte sur ses nombreux atouts et sur la bouée de sauvetage du FMI avec lequel il négocie un accord PPTE (Pays Pauvres Très Endettés), pour déployer toutes ses potentialités socioéconomiques, garantir la croissance, le développement et pérenniser une paix chèrement acquise. « Le Congo a tourné la page des turpitudes sanglantes qui ont agité son histoire récente... Il est redevenu ce qu'il avait toujours été: une terre généreuse qui a lié son destin à celui de la paix et de la liberté... Le Congo afermement mis le cap sur le développement durable. Il a rendez-vous avec la modernité. » 7 Ainsi, depuis la stabilisation politique en 2002, le Congo est entré dans une phase de reconstruction, avec le soutien de la communauté internationale. Cette reconstruction s'est traduite par des réformes macro-économiques et structurelles dont les
7 Discours de Denis Sassou-Nguesso, 1999.

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résultats, en termes de perspectives économiques sont contenus dans le Document de stratégie et de réduction de la pauvreté (DSRP). Dans ce contexte et après des efforts constants, le Congo a pu bénéficier d'une première réduction de sa dette extérieure, sous les auspices du Club de Paris, et a pu atteindre, en mars 2006, le point de décision de l'initiative renforcée des Pays pauvres très endettés (PPTE) qui permet la réduction d'environ 20 % de sa dette extérieure de 9 milliards U.S. La perspective de réalisation du point d'achèvement est un objectif qui mobilise, en conséquence, le gouvernement congolais. C'est dans cet élan que la Charte des investissements a été actualisée, pour la rendre compatible avec la Charte communautaire. Le schéma national d'aménagement du territoire, adopté par le gouvernement et qui vise à une meilleure valorisation de l'espace national, s'inscrit dans la même dynamique. Dans le même temps, le gouvernement a lancé un vaste programme de réhabilitation des infrastructures, au travers de la célébration tournante de la fête de l'indépendance du 15 août communément appelée « municipalisation accélérée ». Les faits se sont succédé avec de possibles perspectives. Étant donné l'ampleur du chantier, le chef de l'Etat congolais s'est résolument engagé autant que faire se peut à transformer de fond en comble l'image du Congo, ternie par les guerres successives que le pays a connues. Le programme à base duquel Denis Sassou-Nguesso a été élu, est structuré en douze points dont le quatrième point est consacré aux infrastructures de base. Des travaux multisectoriels ont été réalisés quasiment dans tous les domaines de la vie courante. C'est ainsi par exemple que grâce au processus de la « municipalisation accélérée» lancé en 2004, six départements ont bénéficié d'infrastructures de base viables: Kouilou, Pointe-Noire, Likouala, Niari, Cuvette et Brazzaville. Les aéroports ont été modernisés; des voies ont été construites, les systèmes d'adduction d'eau potable et les

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réseaux d'électricité ont été réalisés, de même que les infrastructures sanitaires et scolaires; les centres de loisirs et bien d'autres services sociaux de base tels que les marchés et les gares routières. A Brazzaville, les façades éventrées ici et là sont couvertes d'échafaudages. La réhabilitation est en cours, avec elle, les derniers stigmates de la guerre civile de 1997 sont en train de disparaître. De nouveaux bâtiments ont été construits; les immeubles ravagés par les combats, réhabilités; d'anciens édifices ripolinés; des ronds-points, aménagés. Par ailleurs, il convient de souligner que l'action du chef de l'État congolais s'étend au-delà de la« municipalisation accélérée ». Des projets lourds sont en cours; le réseau routier s'élargit de jour en jour etc.

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1.
Le pourquoi des choses

Il y a presque plus d'une décennie jour pour jour, le Congo sortait des guerres fratricides qui l'ont ravagé et le pays était entièrement à reconstruire. Bien que ces évènements soient aujourd'hui considérés, à juste titre, comme une page tournée de notre Histoire, néanmoins, ils sont ancrés à jamais dans la mémoire collective. Plus que jamais, le devoir de mémoire s'impose à nous, ne serait-ce que pour nous permettre de faire des analyses objectives quant aux évènements tragiques que nous avons vécus. Le peuple profond qui a vécu ces guerres dans sa chair est conscient que des efforts considérables ont été faits pour que le pays renaisse de ses cendres comme un phénix. Naguère, nombre de Congolais ne croyaient pas au redressement. Et pourtant, le Congo s'est refait plus vite que les plus optimistes ne l'imaginaient, cela grâce à la volonté de certains qui ont cru en l'avenir de la nation. Les gens se plaignent de ce qui aurait pu être fait, mais ils ignorent ou feignent d'ignorer que beaucoup de choses importantes ont été réalisées en un temps record. Ainsi en est-il de la paix et de la sécurité qui ont été restaurées sur toute l'étendue du territoire national. Le Congo était en panne durant la période 1992-1997, il ressemblait à ces innombrables carcasses abandonnées au bord des abîmes. C'est le moteur qui ne fonctionnait plus. Le peuple congolais fut donc confronté à la misère et à la démocratie de l'intimidation instaurée sous le régime de Pascal Lissouba. Denis Sassou-Nguesso proposa alors «La Nouvelle Espérance» qui est un train de mesures motivées et hiérarchisées, à l'exemple des célèbres poupées russes emboîtées les unes dans

les autres, pour reprendre l'expression deux principales tâches précises:

d'Isidore Mvouba. Avec

D'une part, la paix, la sécurité et la stabilîté et d'autre part, le développement économique, en passant de l'économie stabilisée à l'économie de développement en croissance. C'est cela Ie «new deal».

Ainsi, au lendemain des conflits fratricides qui ensanglantèrent le Congo, Denis Sassou-Nguesso et son gouvernement entreprirent la reconstruction du pays sur la base du programme de «La Nouvelle Espérance» 8 proposé au peuple congolais en 2002. De façon laconique, ce programme électoral, devenu programme de gouvernement, tourne autour de douze principaux engagements au nombre desquels: I - Garantir la paix, la sécurité et la stabilité du pays, rénover l'administration publique, renforcer ses capacités instîtutionnelles et promouvoir la bonne gouvernance en son sem; 2 - Faire basculer J'économie de sa situation de précarité et d'instabilité vers une situation de croissance régulîère, assise sur une base de production diversifiée et modernisée; 3 Créer des zones économiques spéciales de développement privilégié susceptibles d'attirer de nombreux investisseurs privés; 4 - Mailler l'ensemble du pays d'infrastructures de base viables (routes nationales traversant toutes les régions du pays, routes internationales aux principales frontières du pays, ports et aéroports) tant pour le transit international que pour l'éclatement et le désenclavement ; 5 - Éradiquer le chômage de masse, en favorisant la création de dizaines de milliers d'emplois chaque année dans tous les secteurs, aussi bien formels qu'informels de l'économie;
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