Le cycle des crises aux États-Unis depuis 1929

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La prochaine crise de surproduction est-elle imminente ? Selon des modalités originales mais dans la plus stricte tradition marxiste, l'ouvrage examine les cycles propres au mode de production capitaliste, aux États-Unis, et tente d'apporter des éléments de réponse. Depuis 1929, la société étasunienne a été parcourue par une dizaine de cycles, toujours mieux documentés. À partir des statistiques officielles, le livre détaille les cycles propres aux crises et laisse penser que leur prévision peut être améliorée.
Publié le : mercredi 15 juin 2016
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EAN13 : 9782140011924
Nombre de pages : 378
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de l'Économie
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Collec tion L’ESPRIT ÉCONOMIQUE Collec tion L’ESPRIT ÉCONOMIQUE
SÉRIE KRISIS SÉRIE KRISIS
Le cycle des crises
aux États-Unis depuis 1929
Essai de systématisation de la conjoncture
La prochaine crise de surproduction, dont plus personne ne doute de la
venue, est-elle imminente ? Ce livre examine, selon des modalités originales
mais dans la plus stricte tradition marxiste, les cycles propres au mode de
production capitaliste, aux États-Unis, et tente d’apporter des éléments de
réponse à cette question.
Marx n’a laissé que quelques indications sur la nature du cycle des crises et
les fondements de sa périodicité. Son œuvre est inachevée, mais toute sa
vie, il cherchera à prévoir le retour des crises, y compris par des méthodes Robin Goodfellow
mathématiques. Depuis 1929, la société étasunienne a été parcourue par une
dizaine de cycles, toujours mieux documentés, dont l’examen vient conforter
comme jamais la théorie marxiste des crises en même temps qu’il permet d’en
approfondir certains aspects.
À partir des statistiques ofcielles, le livre détaille les cycles propres aux
crises, à ce qu’il appelle le cycle des taux et rapports (taux de proft, taux de
plus-value, rapport intérêt/proft, rapport capital fxe/proft), au capital fctif Le cycle des crises (bourse) et à leurs interactions. Le résultat des analyses met en évidence des
régularités et des évolutions qui permettent d’approfondir la connaissance
des cycles et laissent penser que la prévision des crises de surproduction peut aux États-Unis depuis 1929
être améliorée.
Essai de systématisation de la conjoncture
Robin Goodfellow est le pseudonyme collectif de militants communistes
internationalistes restés fdèles à la conception matérialiste de l’histoire et, par
conséquent, en opposition radicale avec le marxisme ofciel ou académique.
Réduit à une poignée de militants, mais présent dans plusieurs pays (Brésil, Espagne,
France, Mexique), Robin Goodfellow se situe résolument dans la perspective de la
reformation d’un parti communiste international et de la défense intransigeante
du marxisme, tout le marxisme, rien que le marxisme.
ISBN : 978-2-343-09207-2
37,50 €
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Le cycle des crises aux États-Unis depuis 1929
Robin GoodfellowCollection « L’esprit économique »
fondée par Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis en 1996
dirigée par Sophie Boutillier, Blandine Laperche, Dimitri Uzunidis
Si l’apparence des choses se confondait avec leur réalité, toute réflexion,
toute Science, toute recherche serait superflue. La collection « L’esprit
économique » soulève le débat, textes et images à l’appui, sur la face
cachée économique des faits sociaux : rapports de pouvoir, de production
et d’échange, innovations organisationnelles, technologiques et
financières, espaces globaux et microéconomiques de valorisation et de
profit, pensées critiques et novatrices sur le monde en mouvement...
Ces ouvrages s’adressent aux étudiants, aux enseignants, aux chercheurs
en sciences économiques, politiques, sociales, juridiques et de gestion,
ainsi qu’aux experts d’entreprise et d’administration des institutions.
La collection est divisée en six séries :
Dans la série Economie et Innovation sont publiés des ouvrages
d’économie industrielle, financière et du travail et de sociologie
économique qui mettent l’accent sur les transformations économiques et
sociales suite à l’introduction de nouvelles techniques et méthodes de
production. L’innovation se confond avec la nouveauté marchande et
touche le cœur même des rapports sociaux et de leurs représentations
institutionnelles.
La série Economie formelle a pour objectif de promouvoir l’analyse des
faits économiques contemporains en s’appuyant sur les approches
critiques de l’économie telle qu’elle est enseignée et normalisée
mondialement. Elle comprend des livres qui s’interrogent sur les choix des
acteurs économiques dans une perspective macroéconomique, historique
et prospective.
Dans la série Le Monde en Questions sont publiés des ouvrages
d’économie politique traitant des problèmes internationaux. Les économies
nationales, le développement, les espaces élargis, ainsi que l’étude des
ressorts fondamentaux de l’économie mondiale sont les sujets de
prédilection dans le choix des publications.
La série Krisis a été créée pour faciliter la lecture historique des
problèmes économiques et sociaux d’aujourd’hui liés aux
métamorphoses de l’organisation industrielle et du travail. Elle
comprend la réédition d’ouvrages anciens, de compilations de textes
autour des mêmes questions et des ouvrages d’histoire de la pensée
et des faits économiques.
La série Clichés a été créée pour fixer les impressions du monde
économique. Les ouvrages contiennent photos et texte pour faire ressortir
les caractéristiques d’une situation donnée. Le premier thème directeur
est : mémoire et actualité du travail et de l’industrie ; le second : histoire et
impacts économiques et sociaux des innovations.
La série Cours Principaux comprend des ouvrages simples, fondamentaux
et/ou spécialisés qui s’adressent aux étudiants en licence et en master en
ie, sociologie, droit, et gestion. Son principe de base est économ
l’application du vieil adage chinois : « le plus long voyage commence par le
premier pas ».








LE CYCLE DES CRISES
AUX ÉTATS-UNIS DEPUIS 1929









































© L’HARMATTAN, 2016
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-09207-2
EAN : 9782343092072 Robin Goodfellow






Le cycle des crises
aux États-Unis depuis 1929



Essai de systématisation
de la conjoncture






















L’HARMATTAN Du même auteur :
Le marxisme en abrégé, de la critique du
capitalisme à la société sans classes
Aux fondements des crises ; le marxisme de la
chaire et les crises.
Crise du capital, crise de l’entreprise.
De la révolution industrielle.
(tous ces titres sont disponibles en ligne sur le
site www.robingoodfellow.info)
61. Théorie et pratique.
« Les prévisions économiques ont été inventées pour donner du crédit aux
prévisions météorologiques » (Blague d’économiste)
Il est très important de pouvoir confronter les positions théoriques à la
réalité des faits, faute de quoi tout le travail des communistes se
limiterait à des incantations et à ressasser des idées toutes faites. Le
marxisme a démontré que le mode de production capitaliste
connaissait régulièrement des crises de surproduction, selon un cycle
d’à peu près 10 ans, à l’époque de Marx, et qui avait tendance à se
1raccourcir .
Depuis quarante ans, dans tous nos travaux sur la crise (cf.
Communisme ou Civilisation), nous avons évalué à environ 6 ans la
durée du cycle post deuxième guerre mondiale. Après 1945, s’ouvre
une période générale d’accumulation du capital sans précédent.
La vérification des faits sert un double enjeu : premièrement il s’agit
de conforter la théorie en la vérifiant, deuxièmement il s’agit de
2prévoir. Les erreurs de prévision (le marxisme en fait souvent ) posent
à chaque fois, de façon plus cruciale, le besoin d’un nouveau pas en
avant sur le plan scientifique, à moins que la théorie n’ait été
définitivement balayée.

1 Marx, Capital, L.I, Pléiade, T.1, p.1149-1150
2 Marx et Engels escomptaient une crise en 1853 sur la base d’une analyse
du cycle encore insuffisante. Son absence les conduira à approfondir la
théorie. De même, les affirmations de Marx selon lesquelles le mode de
production capitaliste avait atteint son apogée en Occident tandis que
s’affirmait sa sénilité ont été infirmées par le plus grand développement
connu des forces productives après la deuxième guerre mondiale. De plus,
les dernières années ont été marquées par la plus rapide et puissante
accumulation du capital de l’histoire : celle du capitalisme chinois. Le
mouvement communiste n’en a pas encore tiré la leçon. D’un autre côté, la
gauche d’Italie qui prévoyait une alternative guerre ou révolution pour 1975
et qui n’a jamais su dépasser cette erreur de prévision est morte en enfantant
de multiples sectes.
7Marx n’a jamais pu mener complètement à bien l’étude du cycle des
crises tandis que nous disposons aujourd’hui d’une masse de
matériaux bien plus importante que de son temps. Il importe donc de
poursuivre cet effort scientifique et de porter plus haut la conception
3matérialiste de l’histoire .
Les crises n’apportent pas automatiquement la révolution, ni même
des ripostes prolétariennes, mais il n’y aura pas de révolution sans
crises. Leur retour périodique et leur aggravation (en tendance) sont
de nouvelles confirmations de la validité de la théorie et du fait que le
mode de production capitaliste doit laisser la place à une forme
supérieure de l’organisation sociale sous la forme d’une société sans
classes : le communisme.
C’est pourquoi nous nous sommes penchés sur les données issues des
statistiques américaines, du cycle d’accumulation aux Etats-Unis
depuis 1929 et, plus précisément, depuis 1947. Le rassemblement de
ces données et la systématisation de la conjoncture des cycles qu’il
rend possible visent à fournir des éléments originaux, en parfaite
conformité avec la théorie de Marx et Engels, pour une analyse des
cycles.

3 « J’ai soumis à Moore un problème avec lequel je me suis privatim [en
mon for intérieur] colleté pendant longtemps. Mais il pense que la chose est
insoluble ou du moins, en raison des nombreux paramètres qui interviennent
et qu’il faut commencer par découvrir qu’elle est insoluble, pro tempore
[pour l’instant]. Voici ce dont il s’agit : tu connais les tableaux indiquant les
prix, discountrate [le taux d’escompte] etc. etc. avec leurs fluctuations au
cours de l’année etc. sous forme de courbes en zig-zag qui montent et
descendent. J’ai essayé à différentes reprises - pour analyser les crises - de
traiter ces ups and downs [montées et descentes] comme des courbes
irrégulières et d’en calculer le tracé et j’ai cru possible (et je continue à
penser que c’est possible à l’aide d’une documentation triée avec assez de
soin) de déterminer mathématiquement, à partir de là, les lois principales des
crises. Moore, je l’ai dit, considère que la chose est infaisable pour l’instant,
et j’ai décidé d’y renoncer for the time being [pour le moment]. » (Marx,
Lettre à Engels, 31-05-1873)
82. Cycle et crises
Depuis la première, et plus encore, la deuxième guerre mondiale, les
Etats-Unis sont devenus la première puissance au monde, le centre de
la contre révolution et le cœur de la production capitaliste. Ce faisant,
le cycle de la production capitaliste (à l’inverse de la tendance
générale de celle-ci) s’y est allongé, témoin du vieillissement du
capitalisme étasunien et de son accès au-devant de la scène.
Plusieurs erreurs sont commises lorsque l’on parle de « la crise », y
compris malheureusement dans le camp révolutionnaire. D’abord,
rappelons une première fois qu’il s’agit des crises propres au mode de
production capitaliste le plus moderne, celui qui est inauguré par la
révolution industrielle. Ces crises, spécifiques du mode de production
capitaliste le plus développé, sont les crises de surproduction. La
4première date de 1825 et depuis on peut en dénombrer près de trente.
Pour le marxisme, les crises sont périodiques. Parler de « la crise »,
dans le sens d’un phénomène permanent, comme le font nombre de
commentateurs n’aurait de sens que si le cycle disparaissait pour
laisser place à une stagnation permanente, une crise chronique. De
telles tendances ont pu être décelées à certaines époques de l’histoire
du mode de production capitaliste, mais ce n’est absolument pas le cas
de ces quarante dernières années. Selon la vulgate, répétée ad
nauseam, « la crise » a commencé avec la fin des soi-disant « trente
glorieuses », c’est-à-dire avec la première grande crise d’après-guerre
5qu’il était impossible de nier .
Dans les périodes d’accumulation du capital, le développement d’une
surpopulation relative est un puissant facteur de création et d’entretien
d’une armée de réserve industrielle. Chômage, inégalités sociales et
misère ne sont en rien corollaire de crise (si le mode de production
capitaliste pouvait enrichir toute la société au même niveau, il ne

4 « D’un côté, la grande industrie sortait à peine de l’enfance, car ce n’est
qu’avec la crise de 1825 que s’ouvre le cycle périodique de sa vie moderne.»
(Marx, Postface de la seconde édition allemande du Capital, Pléiade, T.1,
p.553)
5 Aux Etats-Unis, cf. annexe 1, chapitre 10, la crise débute officiellement en
novembre 1973 pour prendre fin en mars 1975.
9serait plus le capitalisme et d’ailleurs on ne voit pas trop bien
pourquoi on chercherait à le renverser). Par conséquent, ce n’est pas
en examinant les courbes de chômage ou des différences de revenus,
que l’on délimite la crise, même si, évidemment, dans les périodes
d’accumulation, la bourgeoisie a plus de moyens pour arrimer le
prolétariat au char du capital afin de maintenir sa domination. A
l’inverse, la situation du prolétariat s’aggrave brutalement au moment
même des crises. C’est d’ailleurs pour cette raison, que le parti
prolétaire a toujours lutté pour que la situation du prolétariat soit
d’autant meilleure en période d’accumulation qu’il faut veiller à se
prémunir au mieux pour faire face aux périodes de crise. Il n’en
demeure pas moins, que les effets répétés des différentes crises, le
ralentissement de l’accumulation et l’accroissement de la concurrence
de plus jeunes capitalismes (concurrence qui est, pour une part,le
produit du développement des entreprises multinationales) ont miné
les marges de manœuvre de la bourgeoisie des pays capitalistes les
plus développés, ce qui la conduit à revenir sur ce qu’elle avait ou
pouvait accorder à d’autres époques.
Outre que nous maintenons que les crises ont un caractère périodique,
on notera que nous n’employons jamais, sinon par inadvertance, les
concepts de « crise systémique », « crise structurelle », « récession ».
Autant de concepts forgés par la bourgeoisie pour justifier l’éternité
du mode de production capitaliste et tenter de lui trouver une autre
issue que la révolution prolétarienne.
Les crises de surproduction sont justement ces crises spécifiques du
mode de production capitaliste le plus développé. Ce sont des crises
catastrophiques qui affectent la totalité du produit social. Elles sont un
produit organique de ce mode de production. Il est inutile de faire
6référence dans ce cas à une crise systémique ou structurelle car on en
viendrait à masquer ce qui est caractéristique des crises modernes : la
surproduction.
De même, il ne faut pas en minimiser la portée sous prétexte de leur
répétition. Marx n’emploie pas le terme de catastrophe en attente
d’une crise dévastatrice unique, une nouvelle Apocalypse ouvrant la
6 Comme son nom l’indique, la « crise systémique » se rattache à la
systémique, un corpus théorique issu de la cybernétique. Il constitue un
ersatz de dialectique à l’usage des classes dirigeantes.
10voie à un Armageddon entre le prolétariat et la bourgeoisie, mais dans
le sens où, à l’instar d’une catastrophe naturelle (inondation,
tremblement de terre), la société est dévastée (mais ici uniquement
pour des raisons sociales).
Les crises de surproduction témoignent à la fois d’une abondance
relative et de l’incapacité de la bourgeoisie et de ses théoriciens à
7maîtriser le développement des forces productives . Leur répétition
n’est pas la répétition du même ; elles évoluent dans leur forme
comme dans les modalités de leur déclenchement. Les remèdes mis en
œuvre par la bourgeoisie, les évolutions du mode de production
capitaliste mettent fin à certains processus mais la crise emprunte de
nouveaux chemins tandis que le développement du mode de
production capitaliste crée un potentiel de crise toujours plus
important et les modalités de leur déclenchement.
La périodicité des crises n’est donc en rien un signe de leur faiblesse
ou de leur contingence, comme le voudraient, quand elles ne peuvent
plus nier les faits, les écoles fatalistes de la bourgeoisie. Après les
rigueurs de l’hiver, il n’y aurait plus qu’à attendre une meilleure
saison. C’est la version optimiste du cycle qui sied à la bourgeoisie.
Ce serait oublier que le mode de production capitaliste a une
dynamique. Ce serait oublier le cours catastrophique du mode de
production capitaliste, l’interaction entre les crises du passé et celles
du présent, les effets secondaires des remèdes comme facteurs

7 « D'un côté, perfectionnement du machinisme, dont la concurrence fait une
loi impérative pour tout fabricant et qui équivaut à une élimination toujours
croissante d'ouvriers : armée industrielle de réserve. — De l'autre côté,
extension sans limite de la production, également loi coercitive de la
concurrence pour chaque fabricant. — Des deux côtés, développement inouï
des forces productives, excédent de l'offre sur la demande, surproduction,
encombrement des marchés, crises décennales, cercle vicieux : excédent, ici,
de moyens de production et de produits - excédents, là, d'ouvriers sans
emploi et sans moyens d'existence ; mais ces deux rouages de la production
et du bien-être social ne peuvent s'engrener, du fait que la forme capitaliste
de la production interdit aux forces productives d'agir, aux produits de
circuler, à moins qu'ils ne soient précédemment transformés en capital : ce
que leur surabondance même empêche. La contradiction s'est intensifiée en
contre-raison : le mode de production se rebelle contre la forme d'échange.
La bourgeoisie est convaincue d'incapacité à diriger davantage ses propres
forces productives sociales. » (Engels, Anti-Dühring, Editions sociales,
p.320)
118d’aggravation des crises suivantes quand ils n’escomptent pas la
reprise de l’accumulation elle-même. Ainsi, sous couvert d’une « crise
9systémique » ou d’une « crise structurelle » on en revient à attendre
LA crise. Sous cette apparence de radicalité, nous trouvons autant de
concessions aux idéologies bourgeoises. Quant à la récession, concept
concocté pour montrer la soi-disant nouvelle réalité des « fluctuations
économiques », nouvelle réalité qui serait caractérisée, non plus par
des crises, mais par de simples infléchissements de l’activité, elle est
devenue par la force des choses et à la grande confusion de la gens
10economica , un euphémisme pour désigner les crises.
A travers le cycle de crises périodiques, se déploie la baisse
tendancielle du taux de profit. A un moment, qui n’est pas
actuellement atteint, elle peut devenir synonyme, pour le capital, de
renoncement à sa mission, de mise hors-jeu. Mais, le développement
des forces productives dans le cadre du mode de production capitaliste
ne donne que la base matérielle sur laquelle se déroule la lutte entre
les classes sociales. La recherche du maximum de plus-value avec ses
corolaires, prolétarisation, création d’une surpopulation croissante,
concentration et centralisation du capital, impérialisme et
développement des antagonismes entre les nations, exploitation accrue
et misère sociale, crises de surproduction, conduisent à l’exacerbation
de la lutte des classes. Bien que la fin de la guerre froide (notamment)

8 « (…) chaque facteur qui s’oppose à une répétition des anciennes crises
recèle le germe d’une crise future bien plus puissante. » (Engels, note Livre
III du Capital, Pléiade, T.2, p.1211)
9 Certains comme « Matière et révolution » pensent d’ailleurs l’avoir
trouvée. La dernière crise (2008-2009) serait pour eux une crise mortifère
d’une nature encore inconnue à ce jour. Tous les indicateurs dont nous
disposons montrent plutôt qu’il s’agit de la crise de surproduction la plus
grave depuis 1945.
10 Avant que les crises ne soient une telle évidence que les représentants de
la bourgeoisie ne soient tournés en ridicule, le prix Nobel d’économie 1970,
Paul Samuelson pouvait écrire : « Le National Bureau of Economic Research
a si bien travaillé qu’il a en fait éliminé une de ses propres tâches
principales, à savoir les fluctuations cycliques … » « La synthèse
néoclassique : grâce à l’emploi approprié et renforcé de politiques monétaires et
fiscales, notre système d’économie mixte peut éviter les excès des booms et
des dépressions, et peut envisager une croissance progressive saine. » (Cité
par E. Mandel, La crise - 1974-1982, p.7)
12ait montré que la bourgeoisie mondiale dispose de grandes capacités
pour trouver des solutions qui en restent à des conflits guerriers
limités ; bien que la dernière décennie ait été la plus « pacifique »
depuis que le socialisme scientifique est né, il existe de nombreux
signaux laissant augurer d’une nouvelle époque de guerres et de
révolutions. Ces signaux sont : le retour périodique et visible des
crises de surproduction, la remise en cause de la hiérarchie des nations
– incluant la domination des Etats-Unis sur la planète – ; la nécessité
de faire plier le prolétariat des pays les plus développés et de dégrader
ses conditions de reproduction ; la nécessité de discipliner le jeune
prolétariat des pays qui montent le plus rapidement l’échelle
industrielle des nations ; les évolutions démographiques mondiales ;
les perspectives écologiques ; les révolutions démocratiques et les
autres révolutions pro-capitalistes qui n’arrivent pas encore à cette
exigence qu’est la république démocratique, ultime champ de bataille
entre le prolétariat et la bourgeoisie. La crise du dollar, la révolution
démocratique à venir en Chine, seront autant de jalons de cette
époque. Si le prolétariat (et avec lui l’humanité) ne veut pas
succomber dans une troisième guerre mondiale, s’il veut trouver une
issue positive au cours catastrophique du mode de production
capitaliste, il se doit de renouer avec son programme historique :
constitution du prolétariat en parti politique distinct et opposé aux
autres partis ; conquête du pouvoir politique ; exercice d’une dictature
révolutionnaire, transition politique de la société bourgeoise vers la
société sans classes : le communisme.
133. Le cycle des crises
Le tableau du cycle des crises en annexe (annexe 1, chapitre 10.1)
donne, pour les Etats-Unis, les dates officielles des crises de
11surproduction et leurs durées .
Qu’en obtient-on ?
De 1933 à 2009, soit en 76 ans, il y a eu 12 ou 13 cycles soit une
durée moyenne de l’ordre de 6 ans. Depuis la fin 1945, soit en 64 ans,
le capitalisme étasunien a connu 10 ou 11 cycles, soit encore un cycle
d’une durée de l’ordre de 6 ans. Le National Bureau of Economic
Research (NBER) a fait des calculs plus précis (sur la base de 11
cycles). Il nous dit que, depuis l’après-guerre, selon sa terminologie,
les périodes de contraction de l’activité ont duré près d’un an en
moyenne (11,1 mois en moyenne) et les périodes d’expansion près de
5 ans (58,4 mois en moyenne). Au total, nous avons un cycle
d’environ 6 ans.
Nous obtenons donc une période d’accumulation moyenne de l’ordre
de 5 ans (avec un écart type autour de deux ans) et une période de
crise d’environ 1 an.
Nous retrouvons la durée du cycle que nous avons depuis longtemps
établie à partir des statistiques françaises. Il suffisait de lire un
12ouvrage consacré à la croissance de l’économie française, de Carré,
Dubois, Malinvaud, tous éminents membres de l’INSEE, sans se
laisser impressionner par l’extraordinaire vulgarité du propos quant
aux fondements de cette croissance.
En bons représentants de la bourgeoisie et des illusions qui peuplent
sa pensée, nos économistes avaient souligné que « la croissance des
années d’après-guerre peut être décomposée en quatre périodes :
• de 1945 à 1951 reconstruction et redémarrage de l’économie

11 L’ensemble des données et analyses de ce livre repose sur une
documentation arrêtée à la fin mars 2016
12 Abrégé de la croissance française, Carré, Dubois, Malinvaud, Editions du
Seuil, 1973
15• de 1951 à 1957 premier cycle de l’après-guerre
• de 1957 à 1963 deuxième cycle de l’après-guerre
• de 1963 à 1969 troisième cycle de l’après-guerre » (p.36)
Bien loin d’y voir à l’œuvre la caractéristique des cycles et des crises
de surproduction, comme pouvait le faire le marxisme, les défenseurs
de la société bourgeoisie concluaient : « Le terme de cycle employé ici
ne doit pas faire illusion : nous ne pensons pas que la croissance
française soit nécessairement cyclique et que nous risquons de
retrouver, approximativement tous les six ans, des périodes de fort
ralentissement de la croissance » (p.37)
Et pourtant, en dépit de ce que pensaient nos économistes bourgeois
mais conformément à la théorie de Marx, c’est ce qui advint.
Bien entendu, Le cycle des crises n’est pas un mécanisme. Sa
périodicité est fonction de nombreux paramètres. Alors que
l’astronomie a démontré que même le mouvement des planètes avait
un caractère chaotique, il serait absurde de transformer le cycle des
crises en une horloge sociale. Cela n’exclut en rien un certain
déterminisme, que seule la dialectique matérialiste est capable
d’exprimer correctement.
La fin officielle de la dernière crise de surproduction, la plus grave de
l’après-guerre, date de juin 2009. Six ans après, l’économie mondiale
connaît toujours, globalement, une période favorable pour
13l’accumulation du capital . Sur la base d’une phase de croissance de 5
ans (avec un écart type de deux ans), une nouvelle crise pouvait être
attendue entre mi 2012 et mi 2016. La date minimum est, depuis
longtemps, dépassée ; la date moyenne (mi 2014) l’est également et
nous nous rapprochons rapidement de la date maximum.
Actuellement, l’expectative règne. D’un côté, on annonce plutôt des
perspectives d’accélération de l’accumulation en Europe et aux
EtatsUnis, mais des nuages semblent aussi présents. Ils permettent à
nombre de commentateurs d’affirmer que la crise est imminente.
Cependant, ce ne serait pas le premier cycle à dépasser les sept ans. Le
cycle actuel pourrait d’autant plus être dans ce cas que la très grave
13 Cf. La conjoncture mondiale en dix graphiques ; Coe-Rexecode
16crise précédente (2008-2009) a engendré une longue période de
recouvrement dans un contexte d’accentuation de la concurrence
internationale des nations.
En dépit des aléas dans la prévision des crises, Marx défendit, tout au
long de son existence, une théorie qui reposait sur la périodicité des
crises. Il s’appuiera sur cette analyse pour en prévoir le retour et il
restait persuadé qu’on pouvait approcher ce sujet à l’aide de méthodes
mathématiques. A la suite de l’échec final de leur prévision lors des
révolutions quarante-huitardes, Marx et Engels concluront qu’il existe
14des crises intermédiaires , susceptibles de limiter l’ampleur de la
crise générale. La fréquence et l’intensité des crises de surproduction
tendent à être en relation inverse. Nous verrons que l’idée qu’il existe
des crises intermédiaires qui peuvent escompter la crise générale est
15toujours d’actualité . D’autre part, les crises intermédiaires sont une
composante de la tendance à la stagnation qui se traduit alors par un
allongement du cycle. Dans les derniers cycles où la déflation est
combattue par tous les moyens et où l’accumulation du capital
présente des tendances à la stagnation, leur espacement est le signe
d’une plus lente accumulation des tensions. Mais l’intensité de la crise
sera en relation avec cet allongement de la durée ; la crise générale
sera d’autant plus importante que les digues édifiées depuis des années
lâcheront. Si le cycle a tendance à se raccourcir avec le
développement du progrès technique et de la productivité du travail,
donc, quand le capital mène ardemment la chasse au maximum de
plus-value tout en se régénérant rapidement, ce même cycle tend à
s’allonger, nonobstant l’effet de la reproduction du capital fixe, quand
les crises s’aggravent et que les tendances à la stagnation se
développent. Cette stagnation s’affirmerait d’autant plus fortement si
le taux de profit baissait du fait d’une forme de renoncement du
16capital à sa mission historique .
Le cycle n’est donc pas une donnée mécanique et l’étude de leur
périodicité est une matière complexe. Engels avait envisagé leur

14 Par la suite, Engels pensera qu’elles ont disparu. Cf. Annexe 4, chapitre
22.
15 Notamment, dans le cas de ce que nous appelons les « cycles à vagues »
(le cas du huitième cycle est particulièrement probant).
16 Comme nous le montrons dans l’annexe 7, chapitre 32, ce n’est pas le cas
actuellement.
17disparition ou du moins leur allongement au profit d’une stagnation
plus ou moins marquée du fait de nouvelles configurations dans le
17marché mondial et le déclin concomitant de l’Angleterre . Ici aussi
les prévisions d’Engels ne se sont pas réalisées : ni l’Angleterre ni la
production capitaliste n’ont péri et les cycles, pour autant qu’ils aient,
pour un temps, disparus ou été allongés, sont revenus et ont eu
tendance à se raccourcir.
Nous vivons aujourd’hui, par certains aspects, une situation similaire à
celle envisagée par Engels avec le déclin relatif des vieilles nations
capitalistes occidentales. Pour que les crises de surproduction puissent
se manifester dans toute leur netteté, encore faut-il que leurs bases
matérielles puissent se mettre en place. Or, les effets de la dernière
crise sont loin d’avoir partout été résorbés, tandis que l’endettement
des Etats file bon train. Les Etats-Unis viennent à peine de mettre fin à
leur politique d’assouplissement monétaire et continuent à pratiquer
des taux d’intérêt très bas. En Europe, c’est une croissance très faible,
entrecoupée de rechutes, qui a longtemps prévalu. Le spectre de la
déflation ne cesse de menacer, ce qui conduit la banque centrale
européenne à outrepasser ses prérogatives et imiter la politique des
autres banques centrales. D’une certaine manière, les effets de la crise
de 2007-2009 ne sont pas encore résorbés qu’une nouvelle crise
frappe à la porte.
L’Allemagne, dont on vante tant les vertus, a connu, après 4 trimestres
de crise en 2008-2009, plusieurs trimestres pendant lesquels le PIB a
18reculé mais de façon discontinue (deuxième trimestre 2012,
17 Cf. Engels, Préface à l’édition de 1892 de la situation des classes
laborieuses en Angleterre.
« Depuis la dernière grande crise générale, il y a eu, comme je l’ai déjà noté,
un changement : la forme aigüe du processus périodique avec son cycle
décennal semble avoir fait place à une alternance plus chronique, plus
étendue, à une amélioration relativement brève et faible des affaires et à une
dépression relativement longue et indécise, touchant plusieurs pays
industriels à des moments différents. Peut-être ne s’agit-il que d’un
allongement de la durée du cycle. » (Engels, note au livre III du Capital,
Pléiade, T.2, p.1210-1211, souligné par nous)
18 Sources :
https://www.destatis.de/EN/PressServices/Press/pr/2014/11/PE14_416_811.
html - Press release 416 / 2014-11-25
18
quatrième trimestre 2012, premier trimestre 2013, deuxième trimestre
192014) et un taux de croissance annuel déclinant (2011 : 3,3% ;
2012 : 0,7% ; 2013 : 0,4%). Des formes de protectionnisme larvé se
sont mises en place car le commerce international n’a pas eu de
croissance plus rapide que le PIB. Ces derniers temps, les exportations
20mondiales reculent ainsi que la capitalisation boursière mondiale .
Six ou sept ans après l’acmé de la crise, une reprise un peu solide
semble avoir lieu aux Etats-Unis qui continuent de vivre à crédit sur le
dos du reste du monde tandis qu’une timide reprise de l’accumulation
semble se manifester dans la zone euro où le PIB total y est encore
inférieur à celui de l’avant crise. Le Japon dont l’activité est soutenue
par l’endettement de l’Etat a, après la crise de 2008-2009, connu une
nouvelle crise en 2011 et a rechuté en 2014 (baisse du PIB au
deuxième et troisième trimestre 2014). Mais si l’accumulation du
capital connaît maintes difficultés dans les pays capitalistes les plus
développés, elle progresse plus vite dans d’autres parties du monde.
Toutefois, des tendances dépressives semblent se manifester partout.
La Chine ralentit fortement entraînant sur son passage une crise
boursière ; les exportations mondiales régressent ; la Russie, le Brésil
sont en crise ; l’inflation ralentit toujours et menace de se transformer
21en déflation alors même que la masse monétaire mondiale renoue
22avec la croissance .

Ces facteurs laissent penser que compte tenu du délai exceptionnel de
recouvrement, en relation avec la gravité de la crise et de la politique
menée pour tenter de la juguler – sans préjuger de la qualité de reprise
- le cycle en a été allongé d’autant. Sommes-nous pour autant à la
veille d’une nouvelle crise de surproduction ? Nous verrons que la
conclusion de notre étude répond par la négative.

Le cycle des crises de surproduction peut être décomposé en deux
parties : une période d’accumulation et une période de crise dont nous
avons esquissé les durées moyennes (5 ans et un an). D’autres

https://www.destatis.de/EN/PressServices/Press/pr/2014/02/PE14_062_811.
html - Press release 062 / 2014-02-25
19 Source : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CM
PTEF 0 8118
20 Cf. La conjoncture mondiale en dix graphiques ; Coe-Rexecode

21n22ncture m-Rexecode
19
indicateurs vont nous permettre d’améliorer la prévision des crises et
pour cela nous devrons mieux préciser dans quelle partie du cycle
nous nous trouvons. Même pendant les crises, dans certains foyers,
l’accumulation du capital continue et de nouveaux capitaux entrants
cherchent à se faire une place tandis que dans d’autres foyers, sous
l’effet de la paralysie des affaires, des faillites et des pertes qui
s’ensuivent, elle s’arrête et décline brutalement. Inversement, dans la
période d’accumulation, il existe aussi des entreprises qui font faillite
tandis que d’autres essuient des pertes, sans oublier celles qui cessent
leur activité sans pour autant faire faillite (c’est la très grande majorité
– départ en retraite du dirigeant, par exemple). Le processus
valorisation dévalorisation du capital est un procès permanent. Dans
les périodes d’accumulation, la valorisation et l’accumulation du
capital prennent le dessus, dans les périodes de crise c’est l’inverse, la
23dévalorisation sous ses diverses formes l’emporte.

Nous aurons besoin de créer des concepts. Afin de clarifier au mieux
notre propos, nous distinguerons au sein du (des) cycle (s), des
périodes, des séquences, des phases. Une période peut être découpée
en séquences et la séquence en phases.

En ce qui concerne le cycle des crises, nous le décomposons donc en
deux périodes :

- La période d’accumulation – c’est une période pendant
laquelle les économistes parlent de croissance, etc. ; c’est une
période d’expansion, celle où la valorisation du capital et son
accumulation prennent le dessus. Cette période ouvre un
nouveau cycle de crise puisqu’elle commence avec la fin de la
crise de surproduction précédente
- La période de crise de surproduction – c’est la période qui
clôture le cycle des crises. Les économistes qui représentent la
bourgeoisie qualifient souvent cette période de « récession ».
Nous avons vu ce qu’il fallait penser de ce terme. La période
de crise se caractérise par le fait que la dévalorisation du
capital sous ses diverses formes l’emporte par rapport aux

23 Pour les divers sens du concept de dévalorisation nous renvoyons à notre
ouvrage « Aux fondements des crises ; le marxisme de la chaire et les
crises »
20
forces vives de l’accumulation, tandis que le taux de profit
baisse brutalement.

21 4. Le cycle des taux et rapports
4.1 Remarques générales
L’annexe 2 détaille ce que nous appelons le cycle des taux et rapports
(taux de profit, taux de plus-value, rapport intérêt sur profit, rapport
capital fixe sur profit). Il y est montré que ces taux et rapports
parcourent un cycle et que ces cycles présentent une grande
similitude.
Une analyse plus précise de ces cycles montre également que le cycle
des taux et rapports est décalé par rapport au cycle des crises et que ce
décalage permet d’affiner la prévision des crises.
Nous divisons ce cycle en deux périodes : période d’expansion et
période de contraction.
Dans la période d’expansion les taux ont tendance à s’élever tandis
que les rapports ont tendance à baisser. Dans la période de
contraction, nous assistons au processus inverse : les taux ont
tendance à baisser et les rapports à s’élever. Ces phénomènes
atteignent le maximum de leur ampleur pendant la période de crise du
cycle des crises.
Le retournement de tendance nous permet de délimiter le passage de
la période d’expansion à la période de contraction propre à chaque
cycle et le passage d’un cycle des taux et rapports à l’autre.
Il existe donc deux points de retournement :
Le premier se situe pendant la période d’accumulation du cycle des
crises. Il met fin à la période d’expansion du cycle des taux et
rapports. Quand la précision est utile nous l’appelons : point de
retournement de la période d’accumulation. Comme ce point de
rement se situe avant la crise de surproduction, proprement dite,
il en anticipe la venue. Nous pouvons donc améliorer d’autant la
prévision des crises si nous parvenons à le détecter suffisamment tôt.
Le second point de retournement a lieu pendant la période de crise. Si
nécessaire nous le nommons : point de retournement de la période
23crise. Avec lui, s’achève la période de contraction du cycle des taux et
rapports. Un nouveau cycle des taux et rapports peut commencer.
D’une certaine manière, comme nous le montrons dans les annexes, et
bien que le degré de précision des données soit différent, ce point de
retournement anticipe la fin de la période de crise. Le nouveau cycle
des taux et rapports précède le nouveau cycle des crises.
4.2 Les périodes d’expansion et de contraction
du cycle des taux et rapports
Les points de retournement des cycles des divers taux et rapports
présentent une grande proximité si bien qu’il est possible de
déterminer un point de retournement unifié, un point de retournement
qui sert de référence pour l’analyse du cycle considéré. Généralement,
il y a une très grande correspondance entre les points de retournement
des divers taux et rapports ; dans la majorité des cas, il s’agit d’un
24point commun. Mais, en cas de divergence , nous retenons la série
dont le point de retournement de la période d’accumulation est le plus
près de la crise de surproduction. Les arguments pour privilégier le
rapport i/p (intérêt/profit) dans l’analyse du cycle sont exposés en
annexe 3 (chapitre 15.1). Cependant, comme il s’agit ici de déterminer
le point de retournement du cycle qui nous permette d’améliorer la
prévision des crises, nous retenons le point de retournement qui est le
plus près de la crise que ce point soit celui du rapport i/p ou d’un autre
taux ou rapport.
Une fois ces points de retournement établis, nous pouvons déterminer
avec une bonne précision les périodes d’expansion et de contraction
propres à chaque cycle.
Ces résultats sont synthétisés dans le tableau ci-après. Les en-têtes de
colonne sont les suivants :
A Cycle : numéro d’ordre du cycle. Les cycles entre 1929 et 1947 sont
numérotés en chiffres romains et ceux de 1947 à nos jours en chiffres
arabes. Cette différence tient à la qualité de la précision des données
(annuelle pour les premiers cycles, trimestrielle ensuite).
24 C’est particulièrement le cas pour le cycle actuel.
24B Date fin expansion : Date harmonisée de la fin de la période
d’expansion. La date est exprimée au format <année ; trimestre> à
partir de 1947. Pour les cycles précédents, la date est au format
<année (trimestre)>. Il s’agit alors d’une estimation par interpolation
des données disponibles. Dans la période d’expansion, les taux qui
étaient au plus bas (et inversement pour les rapports qui étaient au plus
haut) pendant la période de crise se redressent (baissent pour les
rapports) jusqu’au point de retournement de la période
d’accumulation.
C Date fin contraction : Date harmonisée de la fin de la période de
contraction. Cette période commence à partir du point de
retournement de la période d’accumulation et se termine avec le point
de retournement de la période de crise.
D Durée expansion : Durée harmonisée (en trimestres) de la période
d’expansion propre à chaque cycle des taux et rapports. Quand la
durée est indiquée entre parenthèses, c’est qu’il s’agit du résultat
d’une estimation.
E Durée contraction : Durée harmonisée (en trimestres) de la période
de contraction propre à chaque cycle des taux et rapports. Les
parenthèses autour de la durée marquent le caractère estimatif de
celle-ci.
F Taux, Rapport : Taux ou rapport d’appartenance : Cette colonne
indique à quel taux ou rapport appartient le point de retournement qui
définit la date du retournement de tendance. Quand la date du point de
retournement est la même pour tous les taux et rapports nous
indiquons la mention : point commun.
G D Pic A. : Date du pic d’accumulation. Date exprimée au format
<année, trimestre> du pic d’accumulation qui clôture la période
d’accumulation.
H Diff. Différence entre les deux dates (en trimestres) : Durée en
trimestres entre la date du maximum de l’accumulation et la date du
point de retournement de tendance de la période d’accumulation. Pour
les trois premiers cycles, le calcul est plus approximatif, compte tenu
de la différence dans la précision des données
25Les grandes périodes du cycle des taux et rapports
A Cycle B Date fin CDate fin D Durée E Durée F Taux, Rapport GPic H
expansion contraction expansion contraction d‘activité Différence
I - 1932 (4) - - tpg ; i/p ; k/p 1929 ; 3 -
II 1937 (2) 1938 (2) (18) (4) i/p 1937 ; 2 0
25
III 1944 (4) 1945 (2) (26) (2) i/p 1945 ; 1 1
1 1948 ; 2 1949 ; 4 (12) 6 Point commun 1948 ; 4 2
2 1950 ; 4 1953 ; 4 4 12 Po 1953 ; 3 11
3 1955 ; 4 1958 ; 1 8 9 i/p ; k/p 1957 ; 3 7
point le plus
commun (1955; 1)
4 1959 ; 2 1961 ; 1 5 7 Point commun sauf 1960 ; 2 4
i/p (1959 ; 1)
5 1966 ; 1 1970 ; 4 20 19 Point commun sauf 1969 ; 4 15
i/p
6 1973 ; 1 1974 ; 4 9 7 Point commun 1973 ; 4 3
7a 1977 ; 3 1980 ; 2 11 11 Po 1980 ; 1 10
7b 1981 ; 1 1982 ; 4 3 7 Point commun 1981 ; 3 2
8 1984 ; 1 1990 ; 4 5 27 Point commun 1990 ; 3 26
9 1997 ; 3 2001 ; 4 27 17 Po 2001 ; 1 14
25
On peut également considérer que le point de retournement général est au deuxième trimestre 1946. C’est le seul
cas où le point de retournement est en dehors de la période de crise proprement dite.
2610 2006 ; 3 2009 ; 2 19 11 Point commun 2007 ; 4 5
11 2014 ; 4 22 Rapport i/p
27Pour la durée de la période d’expansion, nous obtenons une moyenne
d’ensemble de l’ordre de 12 trimestres (de l’ordre de 11 trimestres
pour les cycles d’après-guerre) et un écart type de l’ordre de 8
trimestres.
Pour la période de contraction, la moyenne est de l’ordre de 11
trimestres (de l’ordre de 12 trimestres pour la période d’après-guerre)
et un écart type d’environ 6 à 7 trimestres.
Au total, nous avons un cycle de 23 trimestres soit près de 6 ans. Cette
durée moyenne est bien entendu identique au cycle des crises de
surproduction, mais le cycle des taux est décalé et en avance sur le
cycle des crises de surproduction. Il permet donc de mieux les
anticiper.
En moyenne, le cycle semble donc partagé en deux parties
sensiblement égales. Mais, cette moyenne ne met pas en évidence les
évolutions internes. L’analyse détaillée (cf. annexes et notamment
annexe 6) des cycles montre également que la morphologie des cycles
ne reste pas identique ; les grandes moyennes peuvent masquer des
évolutions majeures. Dans les premiers cycles de l’après-guerre, la
période de contraction semble plus importante que dans les derniers
cycles. Dans ceux-ci (en dépit des apparences, la remarque vaut aussi,
comme nous le verrons, pour le huitième cycle) les périodes
d’expansion tendent à être plus grandes. Dans le cycle en cours, le
onzième selon notre notation, en supposant que la période d’expansion
ait pris fin au cours du quatrième trimestre 2014, nous aurions une
période d’expansion d’une durée de 22 trimestres. Seul, le neuvième
cycle (et le cycle III) aurait eu une période d’expansion plus longue.
Comme nous l’avons déjà souligné, aucune crise de surproduction ne
s’est manifestée avant que le point de retournement de la période
d’accumulation ne soit franchi. Nous avons donc là un indicateur
susceptible d’améliorer la prévision des crises. A cette fin, nous avons
retenu comme point de retournement général, le point de retournement
le plus proche de la crise de surproduction au sein de tous les taux et
rapports analysés. Bien souvent, ce point est le même pour toutes les
séries de données, du fait de l’importance de l’évolution du profit dans
la détermination des taux et rapports. Cependant, il arrive que telle ou
telle série puisse présenter un décalage par rapport à l’évolution
moyenne. Si le point de retournement de la série considérée intervient
après le point de retournement le plus commun, c’est ce point que
28nous prenons en compte puisqu’il s’agit d’anticiper les crises de
surproduction. Cependant, les différences entre les divers points de
retournement sont très rarement significatives.
Le calcul de la distance par rapport au pic d’activité qui constitue le
point de départ officiel de la crise de surproduction nous donne, pour
les cycles de l’après-guerre, une moyenne de 9 trimestres avec un
26écart type de l’ordre de 7 à 8 trimestres . Si nous écartons le premier
cycle dans la mesure où les données sont insuffisantes, et la deuxième
partie du septième cycle car cette crise n’aurait pas pu être anticipée à
partir des méthodes que nous développons, nous obtenons une
moyenne de près de 11 trimestres avec un écart type du même ordre
de grandeur que précédemment. La prévision des crises de
surproduction devient donc un peu plus précise. Le cycle des crises
nous donnait un cycle moyen d’environ 23 trimestres pour un écart
type de 8 trimestres. La détermination du point de retournement de la
période d’accumulation nous apporte donc une aide certaine pour
apprécier l’état du cycle de la production capitaliste et pour affiner la
prévision des crises de surproduction.
26 L’échantillon n’est pas significatif. On ne peut donc en tirer que des
indications sans valeur probante (mais dans un cadre déterministe) et non des
probabilités.
29
5. Périodes et séquences du cycle du
capital réel
Nous pouvons maintenant confronter les deux cycles que nous avons
décrits et ainsi distinguer un certain nombre de séquences au sein du
cycle de la production capitaliste

Nous avons vu que nous pouvions décomposer le cycle des crises en
deux périodes :
- La période d’accumulation
- La période de crise

Quant au cycle des taux et rapports, il se décompose également en
deux périodes :
- La période d’expansion
- La période de contraction

En confrontant ces périodes nous pouvons mettre en évidence quatre
séquences. Elles ne recouvrent que partiellement les grandes phases
du cycle décrites par Marx et Engels, mais cela n’est en rien
contradictoire car le niveau de l’analyse est différent. Dans le tableau
nous indiquons entre parenthèses quelles phases du cycle - selon les
remarques de Marx et Engels - seraient plutôt concernées par les
séquences identifiées.

Période d’accumulation Période de crise de
surproduction
Période d’expansion Séquence de reprise, Séquence de sortie de
recouvrement, crise générale de
prospérité (marché surproduction ; mélange
calme, animation de recul toujours
croissante, prospérité) prédominant, de
stagnation et de reprise
(stagnation)
Période de Séquence de haute Séquence d’entrée en
contraction prospérité, crise générale de
surproduction, surproduction (krach,
surspéculation (haute crise)
prospérité,
surproduction)
31
1 Séquence de reprise, recouvrement, prospérité :

Le croisement de la période d’accumulation et de la période
d’expansion délimite une séquence que nous pouvons assimiler à la
reprise, recouvrement du niveau d’activité antérieur (en général),
prospérité. Cette séquence débute avec la complète sortie de crise : la
reprise s’affirme et a pris le dessus sur les tendances dépressives qui
dominaient encore dans la période et séquence précédentes. Puis,
l’accumulation du capital s’anime avant que la prospérité ne s’installe.
Les taux de profit se redressent. L’intersection entre la période
d’expansion des taux et rapports et la période d’accumulation de la
production capitaliste recouvre trois des phases du cycle décrites par
Marx (le marché calme, l’animation croissante, la prospérité).

2 Séquence de haute prospérité, surproduction, surspéculation :

A partir du point de retournement du cycle des taux et rapports, tandis
que l’accumulation continue, les bases de la surproduction se mettent
en place. Cependant, l’euphorie continue, voire s’intensifie alors que
les fondements matériels d’un tel état d’esprit commencent doucement
à se dérober. Même si le taux de profit baisse, l’accumulation du
capital peut non seulement se poursuivre mais éventuellement
s’accélérer si le taux d’accumulation du capital augmente et vient plus
que compenser la baisse des taux. En moyenne, la situation qui suit la
phase de prospérité proprement dite (nous l’appelons aussi phase de
post-prospérité) est la même mais au lieu de toujours s’améliorer, elle
tend doucement à se dégrader. C’est cette phase qui correspond, sans
doute, à ce que Marx appelle la haute prospérité. Dans ces situations,
encouragées par une débauche de crédit et la spéculation boursière, les
tendances fondamentales de l’accumulation peuvent diverger. Si
l’accumulation de la plus-value et de capital argent s’accélèrent tout
en accroissant également leur engagement dans la sphère du capital
fictif ou de la rente capitalisée (terrains, immobilier), la mise en place
des bases de la crise de surproduction prend de la vitesse et cette base
s’élargit. Passé la haute prospérité, les phénomènes propres à la
surproduction se précipitent jusqu’au krach qui, généralement,
annonce la crise de surproduction.


32 3 Séquence d’entrée en crise générale de surproduction
Que ces tendances stylisées se réalisent pleinement ou non, la crise de
surproduction finit par advenir. A ce moment, la contraction des taux
s’affirme tandis que l’activité se dérobe. La mévente s’installe ; les
pertes se matérialisent ; les faillites s’accroissent ; les paiements se
figent ; les nouveaux entrants se font plus rares ; des baisses de prix
plus fréquentes et plus fortes se font jour ; l’armée de réserve
industrielle se gonfle rapidement ; les moyens de productions sont
inutilisés ou sous utilisés ; la demande de crédit monte tandis que
l’offre se raréfie ce qui accentue la poussée des taux d’intérêt ; le
sauve-qui-peut a déjà depuis longtemps envahi la bourse… La crise de
surproduction se déclenche et tel un tremblement de terre dévaste la
société. Cette séquence de la crise générale de surproduction est donc
à l’intersection de la crise de surproduction et de la contraction des
taux (d’un autre côté, le taux d’intérêt monte rapidement) et dure
jusqu’à l’acmé de la crise qui est marquée par un nouveau
retournement du cycle des taux et rapports.
4 Séquence de sortie de crise générale de surproduction
Dans la séquence suivante, alors que l’activité reste déprimée, le cycle
des taux et rapports se renverse et annonce une reprise de
l’accumulation sur la base d’un capital dévalorisé. Tandis que les
mesures d’« assainissement », c’est-à-dire la mise en place des
modalités pour restaurer et accroître le degré d’exploitation de la force
de travail précédemment atteint, se poursuivent, les premiers effets de
la dévalorisation du capital, dans la séquence précédente, commencent
à porter leurs fruits. Les tendances dépressives dominent toujours,
mais des signes d’embellie pour la production capitaliste
27apparaissent . Les spéculateurs les plus audacieux ou les mieux
informés se sont positionnés pour anticiper la remontée des cours.
Cette séquence, en même temps qu’elle clôture le cycle des crises
précédent, prépare le cycle suivant. On doit pouvoir inclure dans cette
séquence ce que Marx appelle la phase de stagnation du cycle dès lors

27 On ne doit évidemment pas confondre embellie de l’économie capitaliste
et amélioration du bien-être du prolétariat, même si ces périodes peuvent
permettre de lui forger des chaînes dorées.
33que les tendances dépressives et de reprise s’équilibrent ou prennent le
pas alternativement l’une sur l’autre.
Si nous représentons la conjonction des deux cycles sur un mode
linéaire vertical nous obtenons le schéma suivant :
Cycle des taux et Séquences du
Cycle des crises
rapports capital réel
Séquence d’entrée en
Contraction cycle n-1 crise générale de
surproduction
Crise du cycle n-1
Séquence de sortie de
crise générale de
surproduction
Expansion cycle n
Séquence reprise
recouvrement
prospérité
Accumulation du
Séquence haute cycle n
prospérité
surproduction
surspéculationContraction cycle n
Séquence d’entrée en
Crise du cycle n crise générale de
surproduction
Séquence de sortie de
Expansion cycle n + 1 crise générale de
surproduction
346. Des séquences aux phases du cycle de la
production capitaliste
6.1 Les vagues d’accélération
L’examen des données et des courbes laisse penser que l’analyse et la
prévision des crises de surproduction pourrait être encore améliorée si
nous parvenions à délimiter et anticiper ce que nous appelons
conventionnellement des « vagues d’accélération ».
Par vague d’accélération, nous désignons, au sein de la séquence de
haute prospérité, surproduction, surspéculation (la séquence à
l’intersection de la période d’accumulation du cycle des crises et de la
période de contraction du cycle des taux et rapports), une phase
particulière qui se caractérise par l’accentuation de la pente de la
courbe des taux et rapports (du rapport intérêt/profit - i/p -
notamment). Cette accentuation se poursuit pendant la crise de
surproduction mais généralement débute avant celle-ci. Si nous
parvenions à la mettre en évidence avant que la crise de surproduction
n’éclate, nous aurions une meilleure précision quant à la survenue de
celle-ci.
Nous appelons donc, « vague d’accélération », au sein de la séquence
définie ci-dessus, la phase de surproduction, surspéculation
proprement dite. La séquence est divisée en deux phases : la phase de
haute prospérité ou de post-prospérité et la phase de surproduction,
surspéculation ou « vague d’accélération ». Celle-ci commence à un
point qui doit être identifié (c’est là toute la difficulté) et elle se
termine avec la crise de surproduction. Comme nous l’avons dit,
l’accentuation de la courbe se poursuit dans la crise. Mais, cette partie
finale de la courbe est bien délimitée. Elle constitue la séquence
d’entrée de la crise de surproduction, c’est-à-dire la séquence qui
commence avec la période de crise, avec le recul de l’accumulation,et
qui se termine avec le point de retournement, pendant la crise de
surproduction, du cycle des taux et rapports (apogée des rapports,
point bas des taux).
35En annexe 3, nous présentons deux méthodes afin de déterminer le
point de départ d’une vague d’accélération. La première n’est efficace,
pour définir une vague, que si la courbe présente des discontinuités.
La seconde, au contraire, est d’autant plus efficace que la courbe de
tendance donne une bonne approximation des données réelles. Le
mouvement réel n’étant ni mécanique, ni indéterminé, la combinaison
des deux méthodes nous permet une première approche satisfaisante
pour borner ces vagues d’accélération.
Cette démarche ne saurait remplacer complètement une analyse plus
spécifique qui pourrait mieux jalonner les vagues d’accélération en
s’appuyant sur d’autres éléments de conjoncture. Cependant, même à
partir d’un découpage encore mécanique – puisqu’il repose, pour
l’essentiel, sur des équations – les résultats obtenus, par exemple, lors
de l’analyse du cycle du capital fictif restent satisfaisants pour mettre
en évidence les grandes évolutions dans la morphologie des cycles.
6.2 La prise en compte des vagues
d’accélération
Dès lors que nous sommes à même d’isoler une vague d’accélération,
nous pouvons distinguer deux phases au sein de la séquence de haute
prospérité, surproduction, surspéculation
- La phase de haute prospérité ou de post-prospérité ; elle suit le
point de retournement (point bas des rapports, point haut de
taux) qui délimite la période d’expansion de la période de
contraction pour s’achever avec le début de la vague
d’accélération. Dans cette phase, la tendance à la contraction, à
la surproduction et à la surspéculation restent encore mesurées.
Les conditions moyennes y sont proches de la phase de
prospérité et l’euphorie du succès a gagné les esprits bien que
les conditions objectives se dégradent lentement.
- La phase de surproduction proprement dite ou « vague
d’accélération » pendant laquelle les tendances à la contraction
et à la surproduction s’accélèrent. Le krach boursier est
souvent contemporain de cette phase qui se conclut avec la
crise de surproduction, du moins pour les cycles ordinaires.
36

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