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Le mépris du peuple

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156 pages

Mais pourquoi ont-ils fait disparaître le peuple ?
Tel est le fil rouge du livre de Jack Dion, intitulé Le mépris du peuple. Dans un pays qui se réclame des droits de l’homme et du citoyen, et dont l’histoire est celle des révoltes populaires, le peuple pointe aux abonnés absents... 


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politique française était un long euve tranquille. Ils oublient que la société est en train d’imploser. Le peuple a fait sécession. Il boude les urnes, ou bien il utilise le bulletin de l’extrême droite pour crier sa colère, se jouant des condamnations morales. Au terme d’une épuration sociale discrète mais efîcace, les couches populaires ont disparu du paysage. Tout ce qui vient de la France d’en bas est suspect, douteux, voire subversif. La clé
nouveau nom du mépris de caste. Les gens ordinaires sont ainsi devenus des bannis de l’intérieur. Ils sont systématiquement exclus des instances de décision, do
sphères de la société. Ils sont abandonnés et méprisés par des élites issues des mêmes cercles, formées dans les mêmes cénacles et adeptes des mêmes dogmes, quelles que soient leurs étiquettes politiques. Pour Jack Dion, c’est un véritable putsch contre la démocratie.
(Fayard, 2009).
Illustration de couverture : © Jonathan Croft / Getty Images
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JACK DION
Le mépris du peuple
COMMENT L’OLIGARCHIE A PRIS LA SOCIÉTÉ EN OTAGE
L L LLES LIENS QUI LIBÈRENT
Le mépris du peuple Comment l’oligarchie a pris la société en otage
Sont-ils devenus fous ? Ont-ils à ce point perdu le sens des réalités ? Les stratèges duPSla droite en sont déjà à et échafauder des plans pour l’élection présidentielle de 2017, comme si la vie politique française était un long Leuve tranquille. Ils oublient que la société est en train d’imploser. Le peuple a fait sécession. Il boude les urnes, ou bien il utilise le bulletin de l’extrême droite pour crier sa colère, se jouant des condamnations morales. Au terme d’une épuration sociale discrète mais efIcace, les couches populaires ont disparu du paysage. Tout ce qui vient de la France d’en bas est suspect, douteux, voire subversif. La cléricature médiatique nourrit un procès permanent en « populisme », nouveau nom du mépris de caste. Les gens ordinaires sont ainsi devenus des bannis de l’intérieur. Ils sont systématiquement exclus des instances de décision, dominées par une oligarchie qui accapare le pouvoir dans toutes les sphères de la société. Ils sont abandonnés et méprisés par des élites issues des mêmes cercles, formées dans les mêmes cénacles et adeptes des mêmes dogmes, quelles que soient leurs étiquettes politiques. Pour Jack Dion, c’est un véritable putsch contre la démocratie.
Jack Dion
Jack Dion est directeur adjoint de la rédaction du journalMarianne. Il est notamment l’auteur, avec Martine Bulard, deL’Occident malade de l’Occident(Fayard, 2009).
DU MÊME AUTEUR
L’Occident malade de l’Occident, avec Martine Bulard, Fayard, 2009. Sur la piste des patrons, avec Pierre Ivorra, Messidor, 1987. Sur la piste des grandes fortunes, avec Pierre Ivorra, Messidor, 1985.
Illustration de couverture : © Jonathan Croft / Getty Images
ISBN :997799-1100-220099-00214890-84 © Les Liens qui Libèrent, 2015
Jack Dion
LE MÉPRIS DU PEUPLE
Comment l’oligarchie a pris la société en otage
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À Martine
Introduction
Quand Louis XVI et sa famille entrèrent dans Paris, à la fin de juin 1791, de retour de Varennes, ils furent accueillis par une foule interloquée et muette. Michelet parla de l’« excommunication du silence ». Autres temps, autres mœurs. Aujourd’hui se mani feste une nouvelle forme de rupture entre la France d’en haut et celle d’en bas, entre les élites et le peuple. Les signes extérieurs sont manifestes : scepticisme généralisé ; doutes sur la capacité des politiques à changer l’ordre des choses ; rejet d’une caste politico médiatique adepte de la connivence et de l’entre soi ; faible participation aux élections ; percée du Front national ; suspicion à l’égard de dirigeants passés maîtres dans l’art de ne rien changer une fois arrivés au pouvoir – non sans avoir préalablement promis le contraire pour gagner la confiance des citoyens, fûtce le temps d’une échéance électorale. Bref, là où il faudrait du souffle et de la volonté, du courage et de l’audace, pour bousculer le monde
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LEMÉPRISDUPEUPLE
aseptisé des vieilleries, l’heure est à la désillusion, à l’interrogation, à la résignation. Ainsi va la vie publique, et elle ne va pas bien. Quand les partis qui se succèdent aux affaires s’érigent en ligues de défense de l’ordre établi, le peuple devient un ennemi de l’intérieur. Il est le grand oublié, l’éternel absent des cénacles officiels. Il symbolise aussi un danger potentiel. Désormais, quiconque ose s’en réclamer est suspecté des pires travers, des pires dérives, des pires fantasmes. À cet effet, on a même recyclé un motvalise exhalant le fumet rance du racisme de classe : « populisme ». Pour paraphraser Marx, on pourrait dire : un spectre hante la France, le spectre du populisme. Ce concept fourretout est devenu le mot favori de ceux qui tentent d’expliquer les dérèglements politiques contemporains par desa prioriidéologiques, ou qui considèrent que tout ce qui vient de la France popu laire est à prendre avec des pincettes. On le retrouve sous toutes les plumes, on l’entend dans toutes les bouches, on le lit dans toutes les gazettes régies par les dogmes de la pensée correcte. En somme, on tente d’accréditer la thèse selon laquelle, si le peuple a fait sécession, les élites n’y sont pour rien, et pas davantage les politiques suivies. Le mépris de caste a ainsi fait du peuple le trou noir de la scène publique et de la prolophobie la donnée structurante de la France contemporaine. Par un système d’épuration sociale discret, mais efficace, les milieux populaires sont exclus des lieux de pouvoir. Les partis traditionnels, de gauche comme de droite,
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