//img.uscri.be/pth/30c8a38acd340f1df584c0ff9189d8d96777adba
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Le Noir et le savoir scientifique

De
99 pages
Les recherches postcoloniales sont marginalisées et se font dans l'ombre de la périphérie. Les contributions ici réunies soulignent la pertinence historique, culturelle, politique et philosophique de la postcolonie et de la mondialisation, périodes difficiles dans lesquelles l'Afrique noire désenchantée se trouve écartelée entre défis identitaires multiformes et quête de renaissance comme condition et possibilité de sa survie.
Voir plus Voir moins

REVUE SAVANTE ET PLURIDISCIPLINAIRE SUR L’AFRIQUE ET LES COMMUNAUTÉS NOIRES

LE NOIR ET LE SAVOIR SCIENTIFIQUE De la post-colonie à la mondialisation

Revue annuelle 2011 publiée par le Cerclecad COMITÉ DE RÉDACTION Augustin Ramazani Bishwende Benoît Awazi Mbambi Kungua Félix-Marie Affa’a Jean-Paul Mbuya Albright Mabiala

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13600-7 EAN : 9782296136007

ÉDITORIAL Le nom de notre revue Afroscopie peut se comprendre d'un point de vue étymologique, épistémologique et téléologique. Nous trouvons dans Afroscopie l'expression skopos, skopein, en grec voir, observer, visionner et Afro d'origine africaine et du monde noir. Dans notre Centre de Recherches Pluridisciplinaires sur les Communautés d'Afrique noire et de Diasporas en sigle Cerclecad, à l'instar du Cercle de Vienne, nous avons pris conscience qu'il est grand temps que les Noirs voient et lisent à partir de et dans leurs cultures, observent la réalité en proposant à la communauté scientifique leurs lunettes et herméneutiques sur les événements en vue d’une transformation qualitative de leur destin dans le monde contemporain. Si Afroscopie veut soutenir sa rationalité épistémologique différente des autres revues savantes, c'est en vue de donner une autre vision du monde sur la complexité des phénomènes qui apparaissent dans la vie des communautés noires et dans le monde, dans le but de relever courageusement les défis que rencontrent les Noirs en contexte actuel de mondialisation et de multiculturalisme. Or, les Noirs sont absents dans les milieux où se produisent les savoirs scientifiques. Comment peuvent-ils combattre les structures sociales de reproduction des mécanismes d'inégalité, de pauvreté, de l'assistance sous toutes ses formes produites par le capitalisme néolibéral ? D'ailleurs, 90 % des savoirs sur les Noirs sont produits par d'autres et non pas par les Noirs eux-mêmes. Et celui qui produit les savoirs scientifiques détient ipso facto le pouvoir et dirige le monde. Raison pour laquelle Afroscopie se donne comme missions de : - Produire et promouvoir des savoirs pertinents et mobilisateurs sur les sociétés noires contemporaines en vue de sortir de l'asservissement historique. - Fournir des données scientifiques pouvant servir de référence aux Organisations internationales et aux différents pays dans le but de renforcer le développement durable en Afrique et au sein des diasporas noires dans le monde. - Promouvoir des études servant à favoriser l'intégration raciale, culturelle et religieuse des Noirs dans la communauté mondiale.

SOMMAIRE

A. Ramazani Bishwende L’Afrique noire, de la postcolonie à la mondialisation ? ........................... 5 A. Ramazani Bishwende Le Noir et le savoir scientifique en contexte de mondialisation ................ 11 Philippe Mabiala Des intellectuels, des universitaires pour le progrès de l’Afrique ............. 25 François Kibwenge La problématique des enfants sorciers en Afrique. Le point de vue d’un théologien .................................................................................................. 39 Judith Houedjissin Le rôle de la mondialisation sur les administrations publiques en Afrique .. ................................................................................................................... 53 B. Kabongo Lukunda Les États africains de la postcolonie. De la microscopie de l’échec au développement. Expérience du Congo-Zaïre ............................................ 63 B. Awazi Mbambi Kungua Les principaux défis et tâches du Cerclecad en contexte de mondialisation néolibérale et dans une société multiculturelle et multiraciale : le Canada .................................................................................................................. 79 Présentation résumée des trois derniers livres du professeur Mbaya Kankwenda.............................................................. 89

L’AFRIQUE NOIRE, DE LA POSTCOLONIE À LA MONDIALISATION ? A. LA DIALECTIQUE DE LA POSTCOLONIE ET DE LA MONDIALISATION DANS LA PENSÉE D’A. MBEMBE La « Postcolonie », le « Postcolonialisme », paradigme scientifique structurant l’essai d’Achille Mbembe sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine 1 désigne l’identité spécifique « des sociétés récemment sorties de l’expérience que fut la colonisation, celle-ci devant être considérée comme une relation de violence par excellence » 2 . A. Mbembe part d’un constat historique, ni l’État colonial, ni l’État indépendant n’ont pu concrétiser leur projet : créer une société africaine stable en contexte de mondialisation. Pour lui, l’événement postcolonial touche particulièrement l’indigène par rapport à tout ce qu’il a connu comme acteur et témoin, et ce qu’il a subi comme victime depuis les indépendances et qui est susceptible d’être raconté, récité en vue de faire mémoire en ouvrant grandement l’horizon de l’avenir (utopie). Le climat insupportable de la postcolonie serait caractérisé par la violence conduisant à la mort, perpétrée par des seigneurs de guerre, par des gouvernements corrompus, par des despotes africains éclairés, valets de l’Occident, vautrés dans le sexe et le sang. Depuis les indépendances, les Afriques plurielles et indociles se présentent comme le théâtre des guerres civiles, des guerres politiques à caractère ethnique, des massacres sous toutes ses formes dans plusieurs pays africains, des génocides reconnus comme le Rwanda et le Darfour (Soudan), oubliés ou voilés comme c’est le cas en République démocratique du Congo. Par contre, si A. Mbembe considère la postcolonie comme une idée-force et centrale pour l’Afrique, dans le but de nous libérer de nos servitudes en vue de devenir des sujets africains autonomes ; néanmoins, la mondialisation présente le même visage. La postcolonie comme la mondialisation sont deux oiseaux de même plumage qui, à la fois, retardent l’Afrique mais aussi ouvrent des perspectives nouvelles sur le continent africain. Sa thématique sur la postcolonie s’inscrit bien évidement dans la perspective de J. F. Bayart sur la politique du ventre et la criminalisation de l’État en Afrique, mais
1 Cf. MBEMBE A., De la postcolonie : essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine, Paris : Editions Karthala, 2000, 293p. 2 Ibidem, p. 139-140. « Dans la mesure où ce qui s’est passé depuis les indépendances a besoin d’être raconté, inscrit dans un « récit » et projeté dans une « mémoire ». Il est évident que les lieux où se constituent ces « récits », les espaces où cette mémoire naissante prend forme et se structure portent, eux-mêmes, les stigmates d’une longue histoire de violence et épousent aujourd’hui les contours propres aux sociétés de disette que sont les sociétés postcoloniales ». Idem, Afriques indociles : Christianisme, pouvoir et État en société postcoloniale, Paris : Karthala, 1988, p. 207.

5

aussi dans la perspective de S. Latouche et de S. Brunel qui affirment qu’il existe déjà une Autre Afrique entre Don et marché, une Autre Afrique en réserve du développement, qui est en train, malgré la mondialisation, de venir, de devenir, d’advenir, bref, qui est en train de façonner son vrai visage. Malheureusement, depuis les années 80, les efforts de redressement économique initiés et soutenus par les programmes d’ajustement structurel, les événements postcommunistes, après la chute du mur de Berlin ne sont pas fort encourageants, ils ont conduit l’Afrique noire au désenchantement. Même les pays qui étaient bien cotés à l’époque comme le Kenya, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, plongent aujourd’hui dans la violence honteuse qui ne semble pas honorer l’Afrique. « Les guerres et le chaos qui en ont résulté imposent de trouver une issue. C’est le défi du XXIe siècle : désormais la compétitivité des économies à l’échelle mondiale exige de l’Afrique comme des autres, un accroissement des productivités. Or celui-ci ne peut qu’intensifier les rapports de violence issus des contradictions entre l’accroissement des inégalités et l’exacerbation des distorsions accumulation du capital / exclusion sociale »3. La postcolonie comme la mondialisation nous convient d’une part à une démarche historiographique et sociopolitique (qui fait appel à l’histoire et à notre mémoire) mais aussi à une démarche philosophique (qui fait référence à l’utopie). Comment à partir des paradigmes scientifiques de la postcolonie et de la mondialisation, peut-on interroger le passé africain non pas pour s’y incruster mais pour mieux comprendre notre présent historique en vue de préparer l’avenir de l’Afrique ? Comment la mémoire, faisant partie de notre propre identité, aidant l’homme africain à assumer l’héritage de la colonisation et de la postcolonie, dans un contexte mondial où l’horizon de l’avenir semble apparemment fermé, peutelle anticiper les temps eschatologiques considérés ici comme temps de paix, temps de reconstruction post-conflit, bref, temps du bonheur pour l’homme africain ? B. LA POSTCOLONIALITÉ DANS LA MOUVANCE DE LA DIASPORA INDIENNE AUX ÉTATS-UNIS Par ailleurs, dans les pays anglophones et plus particulièrement aux ÉtatsUnis, le paradigme scientifique de la postcolonialité a été largement débattu et exploité. A. Mbembe se démarque de ces recherches en montrant que sa problématique n’a rien à voir avec les discussions, en cours aux États-Unis

COQUERY-VIDROVITCH C., Mbembe, Achille. - De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine, Paris, Karthala, 2000, 293 p., index (« Les Afriques »), Cahiers d'études africaines, 167, 2002.

3

6

notamment sur la « postcolonialité » ou encore la conscience « subalterne »4. Les recherches postcoloniales sont le fait des universitaires « migrants », « expatriés » ou en « exil ». Ce sont surtout les chercheurs indiens installés aux États-Unis. Dans les littératures anglophones, de nombreux critiques ont pu rejeter de recourir au « post » (postcolonie, postcolonial, postcolonialité). Pour Anne Mc Clintock, un « post » suggère une historiographie consensuelle, une évolution de type linéaire voire eschatologique, dans laquelle l’histoire coloniale reste la référence paradigmatique, l’épistémologie centrale à laquelle aucune production ne peut échapper5. A. Mbembe, quant à lui, affirme que la postcolonie en tant qu’époque renferme des vérités multiples faites de discontinuités, de renversements, d’inerties, d’oscillations qui s’enchevêtrent et s’imbriquent les unes les autres. 3. LA POSTCOLONIE MONDIALISATION COMME PHÉNOMÈNE DE LA

Si nous réfléchissons dans la perspective de l’épistémologie coloniale de la « poétique relationnelle » caractérisant les colons et les colonisés au moment de l’expansion coloniale, la postcolonie serait limitée si elle était appliquée seulement aux sociétés africaines. La postcolonie n’est-ce pas aussi la France, la Belgique en référence à la Françafrique6, Noir silence7, Noir procès8, Noir Chirac9, bientôt Noir Sarkozy et pourquoi pas le Québec

4 Cf. YOUNG R., White Mythologies: Writing History and West, London: Routledge, 1990; CHAKRABARTY D., Postcoloniality and the Artifice of History: Who Speaks for ‘Indian’ Past? Representations, 37, 1992, SHOHAT E., Notes on the ‘Post-Colonial’, Social Text, 31-32, 1992, p. 84-113 ; PRAKASH G., Postcolonial Criticism and Indian Historiography, Social Text, 31-32, 1992; Idem, Subaltern Studies as Postcolonial Criticism, American Historical Review, vol. 99, n° 5, 1994, p. 1475-1490; Idem, After Colonialism: Imperial Histories and Postcolonial Displacements, Princeton: Princeton University Press, 1995 ; YOUNG R., Colonial Desire: Hybridity in Theory, Culture and Race, London : Routledge, 1995; SPIRAK G.C., A critique of Postcolonial Reason: Toward a History of the Vanishing Present, Cambridge, Harvard University Press, 1999 ; DIOUF M. (dir.), L’historiographie indienne en débat. Colonialisme, nationalisme et sociétés postcoloniales, Paris: Karthala, 1999; QUAYSON A., Postcolonialism: Theory, Practice or Process ? Cambridge, Polity Press, 2000. 5 Cf. MC CLINTOCK A., Imperial Leather: Race, Gender and sexuality, Colonial context, New York: Routledge, 1995 ; KING B., New national and Postcolonial literatures, New York: Oxford University Press, 1996 ; MOURA J. M., Littératures francophones et théorie postcoloniale, Paris: PUF, 1999 qui propose les voies d’une critique postcoloniale francophone consciente de ses déterminations et de ses apories. 6 VERSCHAVE F.-X., La Françafrique. Le plus long scandale de la République, Paris : Stock, 1998. 7 Idem, Noir silence, Paris : Les Arènes, 2000. 8 Idem, Noir procès (avec Laurent Beccaria), Paris : Les Arènes, 2001. 9 Idem, Noir Chirac, Paris : Les Arènes, 2002.

7

en référence au Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique10 et par la présence sur les territoires canadiens, américain, australien des diasporas africaines et noires. La présence en France et en Belgique des immigrés provenant des anciennes colonies belges et françaises, ainsi que les politiques d’identité et d’auto-affirmation culturelle qu’elle alimente et les crises des banlieues françaises manifestent clairement que la postcolonie se présente bel et bien comme un des phénomènes de la mondialisation. La postcolonie montre clairement que les temps actuels sont marqués et caractérisés par le phénomène de la mondialisation unilatérale de la technique instaurant le marché mondial en déplaçant capitaux, biens et services et ressources humaines selon des logiques purement mercantilistes. Donc, la postcolonie c’est aussi la France, c’est aussi la Belgique et toutes les puissances coloniales parce qu’elle désigne, « plus généralement, […] tous ces espaces hétérogènes où les mémoires de la situation coloniale continuent à structurer les désirs et les manières d’être, de vivre et d’habiter le monde des individus et des collectivités après l’effondrement des empires coloniaux »11. Bien qu’A. Mbembe n’ait pas vu cette nouvelle dimension de la postcolonie en référence aux puissances colonisatrices, néanmoins, en France, en Belgique et même au Québec, le paradigme scientifique de la postcolonie semble être ignoré, parce que le passé colonial non seulement est un passé sous silence dans ces deux premiers pays mais aussi et surtout controversé, difficile à être assumé. La postcolonie, c’est maintenant qu’elle devient un domaine d’étude, un espace de recherche en France. Mais elle reste toujours absente dans les institutions européennes d’enseignement universitaire et de recherche. Bref, les recherches postcoloniales sont marginalisées et se font dans l’ombre de la périphérie. Raison pour laquelle notre premier numéro d’Afroscopie, revue savante et pluridisciplinaire sur l’Afrique et le monde noir, porte le titre « Le Noir et le savoir scientifique. De la postcolonie à la mondialisation ». Ce premier numéro reprend différents articles qui ont été prononcés le samedi 15 mars 2008 au Collège des Dominicains à Ottawa (Ontario, Canada), jour de l’inauguration officielle de notre Centre de Recherches Pluridisciplinaires sur les Communautés d’Afrique noire et de Diasporas en sigle Cerclecad, dans le but de souligner la pertinence historique, culturelle, politique et philosophique de la postcolonie et de la mondialisation, périodes difficiles dans lesquelles l’Afrique noire traverse des crises multiformes mais aussi ouvrent ce continent à plus de possibilités dans l’avenir. La première
10 DENEAULT A., ABADIE D. et SACHER W., Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique, Montréal : Ecosociété, 2008, 348p. 11 ABOU BAMBA B., Qu’est-ce que la postcolonie ? Contribution à un débat francophone trop afrocentré, Africa Review of Books, Revue africaine des livres, p. 16.

8

conférence reprise dans ce numéro est celle du professeur Augustin Ramazani Bishwende qui situe le débat sur le plan historique en montrant comment dans un contexte de globalisation qui est le nôtre, l’urgence s’impose à l’homme noir de sortir progressivement de l’histoire coloniale façonnée et manipulée par d’autres en vue de devenir sujet de et dans l’histoire en reconstruisant une nouvelle vision de l’histoire lui permettant de travailler pour une mondialisation alternative qui transforme et réinvente les nouvelles sociétés africaines 12 . Les deux conférences, celle de Philippe Mabiala et de François Kibwenge présentent les défis que connaissent les Africains et les Diasporas noires, d’une part celui du rôle des intellectuels, des universitaires dans le progrès et d’autre part, celui de la sorcellerie, bien évidemment comme frein au développement de l’Afrique noire. Mais beaucoup plus comment peut-on comprendre, sur le plan théologique, le ministère du salut de Jésus Christ par devers le phénomène des enfants sorciers qui fait la une du quotidien en Afrique noire ? L’avant dernière série des conférences souligne les questions de politique africaine comme un des défis majeurs du continent en partant de deux expériences, celle du Bénin, un pays qui a réussi la transition démocratique en Afrique noire et celle de la République Démocratique du Congo (RDC), un pays où la transition démocratique fut un échec cuisant au temps du président Mobutu. Judith Houedjissin analyse l’impact de la mondialisation sur les administrations publiques au Bénin et Bertrand Kabongo Lukunda répond à la question : Pourquoi tant de pays d’Afrique noire semblent résister au changement ? Le professeur Benoît Awazi Mbambi Kungua se réapproprie la problématique de la postcolonie et de la mondialisation dans une perspective philosophique : éthique, épistémologique et politique, en insistant sur la pertinence et l’actualité de notre Centre des Recherches. En fait, le Cerclecad veut procéder à une auscultation approfondie et un diagnostic complet de la crise séculaire vécue par l’Afrique et le monde noir en vue de proposer des stratégies de « sortie de crise » dans une démarche scientifique, pluridisciplinaire et holistique. Professeur Augustin RAMAZANI BISHWENDE Directeur de la revue

Sans pour autant répéter J.-M. Ela et sans se démarquer de lui non plus, nous nous situons dans la perspective de son livre, Restituer l’histoire aux sociétés africaines, Paris : L’Harmattan, 1994, 143p. L’Afrique a suscité de nombreuses recherches depuis la fin du 19ème siècle, mais peu d’enquêtes de terrain ont réussi à transformer des sociétés africaines. Une telle situation pose de sérieux problèmes éthiques et interpelle les différentes épistémologies de la recherche mises en place par les Africanistes. Le temps n’est-il pas arrivé de faire de la recherche en Afrique, un instrument de réinvention de nouvelles sociétés africaines ?

12

9