Le Nord face au danger populiste

De
Publié par

Les citoyens du Nord pourraient être considérés comme des résistants à l'offensive lancée par le Front national depuis les élections régionales de mars 2010. Malgré cette résistance, le parti a progressé et la locomotive du Nord et son voisin du Pas-de-Calais sont devenus des enjeux de la prochaine grande bataille dans les Hauts-de-France. Dans cet ouvrage, l'auteur se demande comment et où le Front national a-t-il conquis ces territoires et montre que la bataille de la droite et du Front national contre la gauche a déjà commencé.
Publié le : vendredi 1 juillet 2016
Lecture(s) : 1
EAN13 : 9782140013522
Nombre de pages : 467
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
des départementales, mais sans aucun élu. Enfin, il s’est installé à 38,2%
Hauts-de-France, en éliminant la gauche de la finale des régionales, et
Emmanuel N
Le Nord face au danger populiste
Radioscopie de l’offensive du FN à la veille de l’élection présidentielle de 2017
Le Nord face au danger populiste
Radioscopie de l'offensive du FN à la veille de l'élection présidentielle de 2017
Emmanuel Nkunzumwami
Le Nord face au danger populiste
Radioscopie de l'offensive du FN à la veille de l'élection présidentielle de 2017
DU MÊME AUTEUR :
La Tragédie rwandaiseHistorique et Perspectives, L’Harmattan, 1996 La Nouvelle dynamique politique en France, L’Harmattan, 2007La Montée de l’extrême droite en France, L’Harmattan, 2012 Le Partenariat Europe-Afrique dans la mondialisation, L’Harmattan, 2013 La Conquête de l’extrême droite en France, L’Harmattan, 2014 La France inquiète face à son avenir, L’Harmattan, 2016© L'HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09587-5 EAN : 9782343095875
Les nouvelles mutations électorales
Depuis le tour unique des élections européennes du 25 mai 2015, les territoires de la nouvelle région administrative Nord-Pas-de-Calais - Picardie, issue de la réforme de la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République), les électeurs mettent les élus sous tension. Ce sont les électeurs de cette région, composée de la fusion entre le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, qui ont pesé dans les résultats électoraux de la circonscription européenne du Nord-Ouest de la France. En effet, cette circonscription comprend en outre la nouvelle région Normandie, fusion entre la Haute-Normandie et la Basse-Normandie.Mais, l’ancienne région du Nord-Pas-de-Calais pèse beaucoup plus que la Normandie, et encore de loin plus que la Picardie. Les scores des partis politiques de la circonscription Nord-Ouest de la France sont donc liés à leur performance dans le Nord-Pas-de-Calais, et où domine largement le département du Nord.
Ces élections européennes, organisées immédiatement après celles des municipales des 22 et 29 mars de la même année, sont le premier test de résistance de la gauche, après la prise du pouvoir par François Hollande, lui-même issu des rangs du Parti socialiste. Ce dernier a commencé sa descente vers les échecs successifs après la victoire au second tour de la présidentielle du 6 mai 2012, suivie de celle aux législatives qui se sont tenues les 10 et 17 juin 2012. Il convient de rappeler que François Hollande avait déjà occupé le poste de Premier secrétaire du Parti socialiste, pour garder cette maison en remplacement de Lionel Jospin, après la victoire de ce parti aux élections législatives de 1997. Le président Jacques Chirac venait de dissoudre l’Assemblée nationale, sans doute pour encombrement majoritaire de la droite plurielle au Parlement, mais acquise à son adversaire de son même parti RPR (Rassemblement pour la République), Édouard Balladur. Ce dernier partageaitl’influenceavec
7
Jacques Chirac au sein de la droite et du centre. Le président Jacques Chiracn’étant alors soutenu que par une petite partie de son propre parti RPR, mais perdant la confiance de ses alliés de l’UDF (Union pour la démocratie française) soutenant Édouard Balladur. Aussi, la gauche plurielle a profité de cette mésentente au sein du parlement, pourtant très majoritairement à droite, et de la dissolution proposée par le Secrétaire général de l’Élysée, Dominique de Villepin. Mais en réalité, cette dissolution n’avait fait qu’avancer la tenue des élections législatives, prévues pour mars 1998, suivant le rythme habituel de renouvellement de l’Assemblée nationale tous les cinq ans. En effet, après la victoire écrasante de la droite et du centre droit aux élections de mars 1993, le principal vainqueur de ces élections était le parti RPR présidé par Jacques Chirac. Mais celui-ci a préféré passer les clés de l’Hôtel de Matignon à «son ami de trente ans », Édouard Balladur. Ce dernier avait déjà étéson ancien ministre de l’économie et des finances, de 1986 à 1988, pendant la première cohabitation entre le président socialiste François Mitterrand et le Premier ministre de la droite, Jacques Chirac, et jouissait de toute sa confiance.
C’était alors en toute sérénité et bonne entente qu’Édouard Balladur s’est vu confier le poste de Premier ministre par Jacques Chirac. Ce dernier avait déjà exercé les fonctions de Premier ministre sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, de 1974 à 1976, puis sous la cohabitation avec François Mitterrand de 1986 à 1988. Il souhaitait mettre à profit la période de 1993 à 1995 pour affiner son programme decampagne à l’élection présidentielle. Il sentait que son tour était enfin arrivé, après deux tentatives infructueuses de 1981 contre Raymond Barre, Giscard d’Estaing et François Mitterrand, parmi les candidats de premier rang, et en 1988 contre François Mitterrand. Mais, déjà malade et affaibli, au terme de son deuxième septennat, et n’ayant pas véritablement préparé un successeur désigné, François Mitterrand laissait un boulevard pour la victoire de Jacques Chirac. Les deux hommes avaient appris à s’apprécier pendant la courte cohabitation de deux ans, entre 1986 et 1988. Et François Mitterrand avait organisé un vide autour de lui, au sein du Parti socialiste, pour donner sa chance à Jacques Chirac. Les Français se souviennent que le Parti socialiste avait misé alors sur Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, jouissant d’une grande notoriété en Europe et à l’international. Mais, à l’émission 7/7
8
sur la chaîne de télévision TF1, la journaliste Anne Saint-Clair pose la question, droit dans les yeux, à Jacques Delors : « êtes-vous candidat à l’élection présidentielle» ? Ce dernier, froidement et fermement, a déçu tous les Socialistes, avec sa réponse par : « Non ! ». Ils devaient alors vite trouver un candidat de substitution, mal préparé et à peine connu du grand public. Une élection primaire interne oppose Lionel Jospin et Henri Emmanuelli. Dans les sections du parti, on s’agite, on organise vaille que vaille les débats dont les Socialistes sont familiers. Et on vote. Il faut absolument un candidat solide et crédible, car le parti du pouvoir ne peut pas rater une élection présidentielle. Lionel Jospin est alors choisi pour représenter le parti à cette élection. Inconnu, raide, froid,style d’élocution à mots bien détachés et prononcés avec une forte puissance, les Français découvrent un ancien ministre de l’éducation nationale et un ancien Premier secrétaire du parti socialiste de 1981 à 1988 dans cette campagne. Un homme de grande conviction, mais ayant vécu dans l’ombre du parti et de François Mitterrand. Pour affirmer sa personnalité, il doit donc « tuer le père», se différencier, se créer un espace d’autonomie. Il lâche alors « s» pour se désolidariser d’une partie deon droit d’inventaire l’action du président François Mitterrand. Ce dernier ne tarde pas à appuyer publiquement la candidature de son ancien adversaire Jacques Chirac contre le candidat de son propre parti. Dans une république féodo-monarchique, la parole du grand Chef sonne toujours plus fort, et oriente les votes de ses sujets, parmi lesquels on retrouve une forte majorité de ses obligés. Le second tour oppose Jacques Chirac et Lionel Jospin, et c’est «naturellement» Jacques Chirac qui l’emporte.
Mais Lionel Jospin a désormais un « CV » politique et ne tarde pas à s’en servir. Il préside aux destinées du Parti socialiste, en vrai patron et leader incontesté, contrairement à la période de 1981 à 1988 où le jeune Premier secrétaire était soumis à l’autorité du président de la République, dont il assurait un « remplacement par intérim ». Et c’est dans ses nouveaux habits de « Leader de l’opposition » qu’il aborde le septennat de Jacques Chirac. Et c’est également, et tout à fait « naturellement »,que la dissolution de l’Assemblée nationale, par anticipation du terme de l’échéancede la législature, offre une occasion Lionel Jospin d’emporter la victoire en 1997, soit deux ans après le début du septennat du président Jacques Chirac. Aussi, pendant cinq ans, le président de droite, Jacques Chirac, doit cohabiter
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.