Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 9,38 €

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Les chasseurs alpins

De
123 pages
Ce livre propose une découverte des chasseurs alpins et actualise la première édition parue en 1997. Il dresse un panorama des Troupes de montagne, à travers leur histoire, leur identité, leurs personnels et leurs unités et montre comment les chasseurs alpins ont réussi le challenge de la professionnalisation.
Voir plus Voir moins

Du même auteur : Uniformes et formations : socialisations et rites d'interaction dans un poste de commandement régimentaire, Paris, L'Harmattan, 1999. Armée de Terre : le malaise dévoilé, Paris, L'Harmattan, 1994.

A Marc-François

REMERCIEMENTS Nous tenons à remercier le général Marc Foucaud, commandant la 27e Brigade d'infanterie de montagne, ainsi que toutes les personnes de la Brigade qui ont accepté de collaborer à cette étude. Ce travail est une actualisation effectuée en 2008, de l'étude parue et publiée sous le titre "Les Chasseurs Alpins - mythe et réalités des Troupes de montagne", aux éditions L'Harmattan, en 1997. En effet, la professionnalisation des armées et l'évolution des unités rendaient nécessaire la mise à jour du premier ouvrage. On trouvera donc dans ce livre des parties qui étaient déjà présentes dans la première édition notamment dans l'historique et les descriptions ethnographiques, et d'autres parties totalement nouvelles et actualisées. Nos remerciements vont également à Jean-Claude Glévarec, ancien commandant de la 27e Division d'infanterie de montagne, et au général de corps d'armée Jean-Pierre Meyer, qui nous avaient permis de réaliser la première édition de cet ouvrage dans les meilleures conditions; ainsi que le colonel Genin, chef du Centre des relations humaines de l'armée de Terre, au colonel (CR) Dubois du Musée des Troupes de montagne, au lieutenant-colonel Martin pour la partie historique, à l'adjudant-chef Chamiot-Maitral pour la partie symbolique, à la Direction centrale du service national, et au Service d'information et de relations publiques des armées.

INTRODUCTION L'armée de Terre occupe une place particulière au sein des armées françaises. Armée aux effectifs les plus nombreux(1) avec plus de 133600 personnes, elle est notamment composée de plusieurs brigades. Au coeur de cet ensemble, parmi les nombreuses brigades (11e Brigade Parachutiste, 7e Brigade blindée, 4e Brigade aéromobile, etc.), la 27e Brigade d'infanterie montagne occupe une place spécifique. Comparées à d'autres brigades ou subdivisions d'armes, les Troupes de montagne n'ont pas une origine ancienne. Créées en 1888, les premières unités alpines ont pour origine les chasseurs à pied qui parcoururent beaucoup de chemin en plus d'un siècle. Ils connurent deux conflits majeurs, s'illustrèrent dans de nombreuses batailles, et participèrent à des missions onusiennes. Si les bataillons de chasseurs alpins donnèrent leur spécificité aux Troupes de montagne, celles-ci sont également formées d'artilleurs, et de toutes les armes qui constituent aujourd'hui une brigade d'infanterie : génie, transmissions, etc. Les sept unités de la 27e Brigade d'infanterie de montagne, essentiellement basées dans le sud-est de la France, regroupent des personnels militaires, hommes et femmes, qui portent la "Tarte"(2), et sont les héritiers d'une tradition centenaire aux noms prestigieux : Sidi Brahim(3), les Diables bleus(4), Narvick, le Mont-froid, le Roc-Noir, Vercors, Glières, etc. Leur quotidien est souvent éloigné de l'image dévolue au chasseur alpin. Aujourd'hui on peut servir dans les Troupes de montagne, sans avoir jamais

chaussé de crampons. De plus, les nouvelles doctrines stratégiques privilégient techniques et matériels. Les plans de bataille élaborés par les états-majors interarmées marginalisent l'emploi des fantassins aguerris au combat par -30°C, au profit de matériels performants et lourds, difficilement utilisables dans le combat en moyenne et haute montagne. Cette nécessaire modernisation des équipements pourrait avoir pour effet l'abandon croissant de l'emploi des spécificités montagne, et la diminution progressive du nombre de leurs principaux utilisateurs : les chasseurs alpins. Il ne reste plus que trois bataillons de chasseurs alpins sur les cinq existant en 1990. Désormais minoritaires en nombre, le 7e BCA, le 27e BCA, et le 13e BCA implantés en Haute-Savoie et en Savoie, sont les derniers dépositaires des traditions des chasseurs alpins. Ainsi, les Troupes de montagne, dont l'histoire est constamment jalonnée par la double identité militaire et montagne, perdent peu à peu l'empreinte de leurs créateurs, les chasseurs. Leur influence demeure néanmoins dans l'imaginaire alpin. La montagne, symbole humanisé, les signes distinctifs portés par les militaires de la brigade participent à la culture des Troupes de montagne dont les chasseurs alpins s'imposent comme les farouches gardiens. Les riches compétences de la 27e BIM lui ont permit de participer aux missions hivernales en exYougoslavie, en raison notamment de leur capacité de résistance au froid et de leurs qualités militaires particulièrement appréciées sur les massifs du MontIgman. En plus des missions d'interposition, la brigade a pour priorité les opérations en milieu difficile, élevé,
12