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Les Libéraux dans l'Union Européenne

De
484 pages
Depuis le XIXème siècle, les partis libéraux ont contribué de manière décisive au développement de régimes démocratiques et constitutionnels en Europe. Au gré des vicissitudes du continent, des affres de deux guerres mondiales, des ravages causés par les idéologies totalitaires, les partis libéraux ont tenu le cap, celui de rester fidèles à leurs valeurs en les mettant au service d'un idéal intangible : la liberté. Ce tome analyse la situation des partis libéraux en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie, en France, en Espagne, au Portugal et en Grèce.
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Penser le temps présent
ThierryCoosemans
LES LIBÉRAUX DANS L’UNION EUROPÉENNE
Richesse et diversité des partis libéraux dans 15 États membres
Tome 1
Grande-Bretagne Allemagne Italie France Espagne Portugal Grèce
Les libéraux dans l’Union européenne Richesse et diversité des partis libéraux dans 15 États membres
Collection « Penser le temps présent » Cette collection a pour ambition de proposer au lecteur un ensemble de travaux – études et essais – portant sur les thèmes d’actualité ou aptes à éclairer les grands événements du temps présent. Déjà parus EPPREH-BUTET(Raphaël), BENBARKA (Mokhtar),Le président Barack Obama à l’épreuve du pouvoir, Bilan de son premier mandat et perspectives d’avenir,2015. BENBIH(Rachid),Migrants d’Afrique de l’Ouest au Maroc,2015. BENZENINE (Belkacem),Penser la laïcité dans les pays arabes.De la Renaissance arabe à nos jours,2014.CONTI (Bartolomeo),L’islam en Italie. Les leaders musulmans entre intégration et séparation, 2014. GABRIEL-OYHAMBURU (Kattalin),Du nationalisme au terrorisme basque, 2014. COSSE (Jean-Pierre),Alain Juppé et le Rwanda, 2014.DA COSTA (Pascal),États-Unis, Europe, Chine. Des États au cœur des crises financières et économiques mondiales,2013. NASRAOUI (Mustapha),Le migrant clandestin, Le paradoxe de l’être et de la société,2013.
Thierry Coosemans
Tome 1 Grande-Bretagne – Allemagne – Italie – France – Espagne – Portugal – Grèce
Les libéraux dans l’Union européenne Richesse et diversité des partis libéraux dans 15 États membres
Du même auteur Radioscopie des urnes congolaises. Une étude originale des élections en RDC, L’Harmattan, 2008. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10036-4 EAN : 9782343100364
À la mémoire de Jean Gol, sans qui rien n’aurait été possible.
Introduction Depuis le courant du XIXème siècle, les partis libéraux ont, à des stades divers, contribué de manière décisive au développement et à l’enracinement de régimes démocratiques et constitutionnels en Europe de l’Ouest, à l’émancipation des hommes et des femmes à travers des politiques humanistes de participation démocratique (extension du suffrage universel), d’affirmation de droits fondamentaux inaliénables, comme ceux de la liberté d’expression, de réunion, de croire ou de ne pas croire, de droit à une justice indépendante qui préserve les libertés individuelles, ou encore d’un socle de droits minimaux, par exemple en matière d’éducation (obligatoire et gratuite). Ils luttèrent en première ligne pour une « constitutionnalisation » des régimes politiques européens qui mette fin à l’absolutisme royal, encadrant de jeunes monarchies constitutionnelles ou guidant des régimes républicains.
Au gré des vicissitudes du continent, des affres de deux guerres mondiales, des ravages causés par les idéologies totalitaires et inhumaines que furent le nazisme, le fascisme, le communisme, la division du continent européen durant la guerre froide, les partis libéraux ont tenu le cap : celui de rester fidèles à leurs valeurs en les mettant au service d’un idéal intangible, la liberté.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, tous s’engagèrent dans la voie de l’ambitieux projet de construction d’une Union européenne conçue comme une « Union sans cesse plus étroite entre ses peuples ». Aujourd’hui encore, la famille libérale européenne, que ce soit à travers l’ALDE ou son groupe au Parlement européen, s’attache à concrétiser ce projet. ‹Si leur apport à l’histoire de l’Europe moderne n’est plus à démontrer, les partis libéraux restent cependant mal connus et, par rapport à d’autres familles idéologiques, relativement peu étudiés par la communauté scientifique. Pascal Delwit soulignait à cet égard quesuggérer que le libéralisme politique et, plus encore, les partis libéraux en Europe sont peu étudiés est un euphémisme. Comparés aux formations socialistes, communistes, d’extrême droite et, plus récemment, écologistes, les partis libéraux sont indubitablement un des parents très pauvres de la littérature scientifique 1 dans les recherches portant sur les acteurs politiques.Certains ouvrages 1 DELWIT Pascal, « Le libéralisme politique : une famille politique complexe », in DELWIT Pascal (Edité par),Libéralismes et partis libéraux en Europe, Institut de sociologie –
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restent des références incontournables, en particulier le travail dirigé par Emil Kirchner, « Liberal Parties in Western Europe », mais somme toute déjà ancien puisque publié en 1988. On y ajoutera la contribution de Nicolas Roussellier sur « L’Europe des libéraux », parue en 1991 ainsi que l’ouvrage édité par Pascal Delwit en 2002, « Libéralismes et partis libéraux en Europe ». C’est que d’emblée, plusieurs problèmes méthodologiques se posent. La première difficulté est de résister à la tentation - courante dans l’analyse du phénomène partisan - d’un examen superficiel des étiquettes et des sigles revendiqués par les partis. Certains auteurs, comme Epstein, ont certes soutenu que l’étiquette électorale reste un élément déterminant permettant de distinguer un parti politique, aussi lâche que soit son 2 organisation et aussi flou que soit son projet.Mais cette approche ne résiste plus à l’analyse et, pour reprendre les termes de Daniel-Louis Seiler, ce serait céder àl’illusion du savoir immédiat,d’autant quela connaissance spontanéedu libéralisme en Europe débouche surun tableau de capharnaüm 3 politique. Le libéralisme s’accommode mal des raccourcis et des angles droits. Parce qu’il est dépourvu de catéchisme, qu’il n’a produitni hérésies ni 4 hérétiques,il a attiré davantage decomme aimait le rappeler Jean Gol, polémistes que de prophètes – heureusement, serions-nous tenté de dire ! Paul Magnette a repris cette idée en rappelant, à juste titre, quele libéralisme n’a ni encycliques, ni manifestes, ce qui l’a doté d’une grande souplesse, qui lui a permis de s’adapter aux grandes convulsions politiques modernes, à l’avènement de la démocratie, de la nation et de la société de masse. (…) Le mépris des dogmes est si profondément ancré dans la culture politique libérale que ses penseurs ont hésité à lui former une doctrine propre. (…) Depuis ses origines, le libéralisme s’est défini par rejet des grandes doctrines et il a gardé de cette attitude initiale une profonde 5 indétermination idéologique. Ainsi,le libéralisme a toujours conservé une
Sociologie politique, Editions de l’Université de Bruxelles, 2002, p. 7 2 CLAEYS Paul-Henri et LOEB-MAYER Nicole,Les groupes politiques dans la perspective de l'élection du Parlement européen, Université Libre de Bruxelles, Institut de Sociologie, Rapport au 15 juin 1978, pp. 7-8. 3  SEILER Daniel-Louis, « Le paradoxe libéral : la faiblesse d'une force d'avenir », in DELWIT Pascal (Edité par),Libéralismes…,op. cit.,p. 44 4 GOL Jean,Librement, Bruxelles, Editions Didier Hatier, 1992, p. 256 5 MAGNETTE Paul, « Les dilemmes fondateurs du libéralisme », in DELWIT Pascal (Eds), Libéralismes…,op. cit, p. 25
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tournure négative. Les libéraux savent mieux ce qu’ils ne veulent pas que ce 6 qu’ils souhaitent. En outre, si l’on considère l’expression partisane du courant libéral, le problème se complique encore et, comme l’a constaté Paul Magnette,la 7 famille libérale est l’une des plus déroutantes.Daniel-Louis Seiler confirme cetétonnant paradoxe,né du contraste qui oppose la prégnance et l’hégémonie de l’idéologie et des choix libéraux d’une part à la faiblesse 8 relative des partis qui s’en revendiquent de l’autre. Riche de son histoire, le libéralisme n’a cessé de s’adapter, de se transformer pour rencontrer les préoccupations de son époque. Bien plus, il a fait tache d’huile, au point que certains ont cru pouvoir annoncer la « fin des 9 idéologies ». En effet, qui n’est pas libéral aujourd’hui, depuis que la social-démocratie s’est ralliée à la démocratie politique et à l’économie de marché et que la démocratie-chrétienne a pris la mesure du conservatisme traditionaliste, consacrant la convergence des trois grandes forces politiques historiques d’Europe (occidentale) à la « démocratie libérale » ? Cela étant, cette adaptation permanente aux nécessités du temps a permis aux partis politiques se revendiquant du libéralisme de se perpétuer jusqu’à nos jours dans tous les États membres de l’Union européenne, sous des 10 étiquettes et des configurations variables. S’il a marqué de son empreinte l’histoire de l’Europe, le libéralisme s’est toujours trouvé confronté au défi de concilier un « invariant » (son identité) à deux « variables » : le projet politique d’une part, la mobilisation d’une force structurée partisane capable de porter ce projet, d’autre part. Un parti politique est, selon nous, fondé sur un ou des invariant(s), sorte de génome ADN qui fonde (ou témoigne de) son identité profonde. Pour reprendre les termes de Daniel-Louis Seiler,tout parti politique est porteur d’un projet de médiation politique qui, sauf réalignement, constitue un invariant historique par-delà les variations programmatiques, 11 doctrinales, voire même idéologiques.cette matière, la théorie de En 6 Ibid., p. 33 7 Ibid., p. 25 8 SEILER Daniel-Louis,Le paradoxe libéral …, op. cit., p. 37 9 Nous faisons évidemment ici référence à l’ouvrage controversé de Francis FUKUYAMA, La fin de l’histoire et le dernier homme, Paris, Flammarion, 1992. 10 Ce constat est confirmé par Paul MAGNETTE, op. cit., p. 25 et par Daniel-Louis SEILER, Le paradoxe libéral …, op. cit., p. 39 11 SEILER Daniel-Louis, « Bilan des partis démocrates-chrétiens et conservateurs à l’aube du e XXI siècle »,inPascal (Eds), DELWIT Démocraties chrétiennes et conservatismes en
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