Les mots de la diplomatie

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Ce livre nous fait découvrir la réalité diplomatique au travers d'une centaine de mots et de noms propres. Chaque définition est illustrée d'exemples. Les grands thèmes actuels, comme la mondialisation ou la diplomatie économique sont abordés. Il permet de se faire une idée de ce métier aux cent facettes dont on découvrira ici les traits principaux : l'intérêt pour les relations entre les Etats et entre les nations, l'attirance pour les autres cultures et le sens du service de l'Etat.
Publié le : jeudi 15 octobre 2015
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EAN13 : 9782336392882
Nombre de pages : 178
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RaoulDELCORDE
Les mots de la diplomNoauvellte édiîtîone
Les mots de la diplomatie
Nouvelle édition
Raoul DELCORDE
Les mots de la diplomatie
Nouvelle édition
Première édition :
Les mots de la diplomatie, Paris, L’Harmattan, 2006
Du même auteur
Lasécurité etla stratégie dans le Golfe arabo-persique, Paris, Le Sycomore, 1983.
Lejeu des grandes puissances dans l’océan Indien, Paris, L’Harmattan, 1993.
Les diplomates belges, Bruxelles, Mardaga, 2010
La carrière diplomatique en Belgique, (avec Cl Roosens & M. Liégeois), CECRI, Louvain-la- Neuve, 2014.
L’auteur s’exprime à titre personnel.
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-07146-6 EAN : 9782343071466
A mes parents, qui m’ont fait découvrir et aimer la diplomatie.
LES MOTS DE LA DIPLOMATIE
On lira ce livre comme une introduction au métier de diplomate. Métier très varié, dont les fonctions peuvent se décliner en cent mots au moins. On en découvrira ici les traits principaux : l’intérêt pour les relations entre les Etats et entre les nations, l’attirance pour les autres cultures, le sens du service de l’Etat.
La diplomatie d’hier à demain
Tout au long du XXème siècle la diplomatie a connu des transformations considérables. Au début, comme on le sait, la diplomatie était l’art de mener des relations bilatérales entre Etats comme alternative à la guerre (quand les hommes se parlent, ils ne se font pas la guerre dit la sagesse populaire). Les diplomates appartenaient à la bonne société de leur pays, et souvent s’entendaient mieux avec leurs collègues des autres pays qu’ils ne communiquaient avec leurs compatriotes appartenant à d’autres milieux sociaux. On naissait diplomate en quelque sorte (il y avait des traditions familiales, des filiations) et les capacités professionnelles se résumaient, le plus souvent, (comme dans l’ensemble de la bourgeoisie qui assumait diverses fonctions dirigeantes à l’époque), à la culture générale, aux bonnes manières, à l’élégance vestimentaire et à la maîtrise du français, qui était la seule langue de la diplomatie.
La Première Guerre mondiale a provoqué la première grande révolution dans le métier de diplomate. La Conférence de la Paix en 1919 (à Versailles) marque le début de la diplomatie multilatérale de haut niveau et le
diplomate dut tout à la fois maîtriser l’anglais (les Américains ne négociaient pas en français) et une série de matières techniques comme le désarmement, les compensations financières, les transports internationaux, etc. Du coup le recrutement des diplomates a mis davantage l’accent sur les compétences professionnelles que sur le milieu social, suivant le processus de démocratisation général de nos sociétés. L’usage de la force pour la conduite des relations extérieures d’un pays fut sévèrement restreint et même prohibé, et la diplomatie se vit reconnaître une forme de prééminence dans les relations internationales, avec la création de la Société des Nations. Le bilatéralisme céda progressivement la place au multilatéralisme et les relations multilatérales se sont déployées dans le cadre d’organisations internationales dotées de compétences générales ou spécialisées. Dans ce dernier cas, on vit apparaître des délégués auprès des organisations internationales, qui n’étaient pas nécessairement des diplomates mais bien des experts détachés par leur administration. Les dernières décennies du XXème siècle ont vu apparaître une transformation encore plus profonde de la diplomatie. La barrière de la souveraineté, qui protégeait les Etats contre les interférences dans leurs affaires intérieures, a commencé à se déliter. La diplomatie, naguère confinée aux salons et salles de réunion, s’est étendue progressivement au domaine économique, culturel, universitaire…La technologie de l’information surmonte l’obstacle des distances et permet une communication rapide entre le diplomate et ses autorités. Internet décuple les capacités du diplomate à communiquer, tout en lui donnant la possibilité de se concentrer sur son travail principal : établir et nourrir des relations avec un vaste éventail de représentants de la société du pays où il se trouve. Dans quelle mesure cette révolution de
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l’information va-t-elle façonner la diplomatie de demain ? On sait que la terminologie « diplomatie publique » se répand. Elle est née aux Etats-Unis durant la Guerre froide : il s’agissait alors de contrer la propagande soviétique en diffusant une information destinée à promouvoir l’intérêt national américain auprès de l’opinion publique étrangère. Pour ce faire, de puissants organes d’information furent créés :Radio Free Europe, Voice of America.diplomatie publique concerne aussi La la diffusion d’information dans les universités, les contacts avec les médias locaux, la diffusion de matériel audiovisuel pour donner une image attrayante du pays concerné. D’aucuns diront que la diplomatie publique n’est, au fond, qu’un synonyme de propagande. Elle constitue, de toute manière, une dimension nouvelle du travail diplomatique ; elle s’adresse aux faiseurs d’opinion, à tous ceux qui sont susceptibles, à l’étranger, d’influer sur la perception que l’on peut avoir des relations avec tel ou tel Etat. On sent bien que la diplomatie publique a partie liée ausoft power,que l’on pourrait traduire par « diplomatie d’influence » en français. François-Bernard Huyghe a expliqué que « la diplomatie publique est une stratégie que l’on mène, le soft power un résultat que l’on 1 attend » . La première est de l’ordre des moyens, la seconde de l’ordre des fins. Ou encore : la diplomatie publique remplit les fonctions de la diplomatie classique (défense des intérêts d’une puissance) par le biais de la communication. Elle ne vise pas à convaincre d’autres diplomates mais des populations (via les faiseurs d’opinion) pour obtenir une forme d’adhésion, ou à tout le moins de sympathie. Du coup, les populations ayant fait l’objet d’une stratégie de diplomatie publique vont 1 François-Bernard Huyghe,: diplomatiePolitiques d’influence publique et soft power, www.huyghe.fr
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