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Les terres rares : entre défis géopolitiques et dépendance géostratégique

De
188 pages
La demande mondiale de terres rares étant importante, cet ouvrage constate la nécessité de réduire la dépendance européenne et propose différentes solutions. Pour l'auteur, les enjeux des terres rares à l'horizon 2030 laissent apparaitre des scénarii de risques de rupture d'approvisionnement comprenant des hausses des prix et une nécessaire adaptabilité des états, favorisant une nouvelle lutte d'influence sur les principaux pays producteurs. De nouvelles stratégies se mettent donc en place.
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Les terres rares : entre dé s géopolitiques
Viviane du Castelet dépendance géostratégique ?
France, Union européenne,
Groenland, Chine, Russie, États-Unis
Les terres rares s’inscrivent dans un contexte d’indépendance géostratégique,
de souveraineté des États et de logique géoéconomique de grande ampleur
d’une part, et de profonde mutation d’autre part.
La demande mondiale de terres rares est estimée à 134 000 tonnes
par an avec une production globale qui avoisine les 124 000 tonnes par an. Les terres rares :
Les estimations de production, pour les années 2015-2017, s’élèvent notamment
à 180 000 tonnes par an.
Dans ces conditions, il est impératif, a n de réduire la dépendance européenne entre dé s géopolitiques
et de réactiver des sources d’approvisionnement alternatives, de développer de
nouvelles techniques d’extraction, et en n, de mettre en place une lière de et dépendance géostratégique ?recyclage performante (collecte, démontage, prétraitement, raf nage).
Plus largement, il apparaît indispensable d’identi er des moyens de
transformation adaptés et de sécuriser les sources d’approvisionnement, et de France, Union européenne,
mettre en place des stratégies de contournement (alternatives technologiques, Groenland, Chine, Russie, États-Unis
regroupements industriels, mutualisation, prise de participation, etc.).
La sécurité des approvisionnements stratégiques des terres rares est
indispensable en termes d’indépendance géostratégique et de souveraineté des
États.
Dans le même temps, un accroissement de l’exploitation des ressources
disponibles, sur terre comme en mer, en Europe, et notamment en France,
serait sans doute une voie à ne pas négliger a n de préserver l’indépendance
géoéconomique et géostratégique des vingt-huit États membres de l’Union
européenne.
Dans ce contexte, les enjeux des terres rares à horizon 2030 laissent apparaître
des scénarii de risques de rupture d’approvisionnement comprenant des hausses
des prix et une nécessaire adaptabilité des États aux besoins, favorisant par Préface de François Masclanis
là-même une nouvelle lutte d’in uence sur les principaux pays producteurs.
Dès lors, de nouvelles stratégies se mettent en place, incluant des redé nitions
d’alliances, des transferts d’équilibre géostratégique.
Viviane du Castel, docteur en Sciences politiques, est analyste géopolitique et
directeur pédagogique ISEG, enseignant-chercheur ISEG-ISERAM, ISMEA, spécialisée
sur les problématiques européennes et énergétiques.
François Masclanis, docteur en Sciences politiques, est enseignant chercheur
ISEG-ISERAM en économie internationale et en géopolitique.
ISBN : 978-2-343-06643-1 Intelligence stratégique
19,50 et géostratégie
Les terres rares : entre dé s géopolitiques et dépendance géostratégique ?
France, Union européenne,
Viviane du Castel
Groenland, Chine, Russie, États-Unis











Les terres rares : entre défis géopolitiques
et dépendance géostratégique ?
France, Union européenne,
Groenland, Chine, Russie, États-Unis






Intelligence stratégique et géostratégie
Collection dirigée par Viviane du Castel
La collection « Intelligence stratégique et géostratégie » vise à mieux
comprendre les évolutions du monde découlant de la nouvelle donne
géopolitique en construction. Le recours à l’intelligence stratégique et
à la géostratégie sont des incontournables du décryptage du monde.
Les éditions L’Harmattan ont souhaité éclairer les lecteurs sur les
changements géostratégiques en créant cette collection « Intelligence
stratégique et géostratégie ». Celle-ci se donne pour objectif de
présenter des analyses et des mises en relation d’événements
internationaux, ainsi que des projections de la géographie et des
composantes intrinsèques des États, face à un contexte spécifique, dans
une perspective stratégique.
Déjà parus
Viviane du CASTEL, Choix énergétiques, quels enjeux ?, Postface de Julie
Montrfort, 2015.
Fanny KOWAL, Être une femme : une chance ! Quelle stratégie pour une vraie
égalité ? 2014.
Jeanne RIVA, Europe à géométrie variable : la survie de l’UE, 2014.
Viviane du CASTEL, La sécurité des approvisionnements énergétiques, 2014.
Viviane du CASTEL avec Paulo BRITO, Le Groenland, entre indépendance
en suspens et récupération géostratégique, 2014.
Viviane du CASTEL avec Thibault RENARD, Intelligence stratégique et
énergie : un tandem indissociable au service d’une nouvelle géopolitique, 2013.
Chantal REVAULT d’ALLONNES, Feu sur les psys, 2013.
Jean-Luc DELCROIX, Le management stratégique, d’abord humain, 2013.
Julie ÉLIE, Nous ne sommes pas des quotas. Manifeste contre la discrimination
positive, 2013.
Jeanne RIVA, La difficile cohabitation États-nations Europe, 2013.
Henri PRÉVOT, Moins de CO2 pour pas trop cher. Propositions pour une
politique de l’énergie, 2012.
Julie MONTFORT et Viviane du CASTEL, Le retour du nucléaire après
Fukushima, 2012.
Thierry Jacques LAURENT, Camus et de Gaulle, 2012.
Jacques DA-ROCHA, Gao, je t’aime, 2012.
Paul OHANA, Mon Père au cœur du Judaïsme marocain, 2012.
Henri PROCHOR, Israël-Palestine : vers une paix historique. Le scénario
d’une sortie de crise au Proche-Orient, 2012.
Isabelle TISSERAND, La prise en charge du choc en situation de crise, 2012.
Patrick de FONTBRESSIN, France-Dépassement, L’heure de la citoyenneté
volontaire, 2011.
Viviane du Castel












Les terres rares : entre défis géopolitiques
et dépendance géostratégique ?


France, Union européenne,
Groenland, Chine, Russie, États-Unis













Préface de François Masclanis


























































*





























DU MÊME AUTEUR

La Biélorussie, une indépendance à la dérive, L’Harmattan, 1999.
La géoéconomie et les organisations internationales, L’Harmattan,
2001.
L’équilibre instable de la zone baltique. Vers un désenclavement au
carrefour de l’Europe, L’Harmattan, 2002.
Et al., L’Europe globalisée. La fin des illusions, L’Harmattan, 2002.
De Königsberg à Kaliningrad. L’Europe face à un nouveau
département d’outre-terre russe sur la Baltique, édition augmentée
et actualisée, L’Harmattan, 2008.
Le Grand Nord : un nouvel enjeu très courtisé. L’exemple de la mer de
Barents, Norvège, L’Harmattan, 2010.
eLe gaz, enjeux géoéconomiques du XXI siècle. L’exemple de l’Europe,
L’Harmattan, 2011.
Avec Julie Monfort, Renouveau du nucléaire après Fukushima,
L’Harmattan, 2012.
Avec Thibault Renard, Intelligence stratégique et énergie : un tandem
indissociable au service d’une nouvelle géopolitique, L’Harmattan,
2012
La sécurité des approvisionnements énergétiques, L’Harmattan, 2014.
Avec Paulo Brito, Le Groenland, entre indépendance en suspens et
récupération géostratégique, L’Harmaattan, 2014.
Choix énergétiques, quels enjeux ?, Postface de Julie Monfort,
L’Harmattan, 2015.








© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-06643-1
EAN : 9782343066431
SOMMAIRE
PRÉFACE 9
INTRODUCTION 13
I-Un choix géopolitique à contenu économique 21
A- UNE POLITIQUE STRATÉGIQUE EN ÉVOLUTION ? 22
1-Une inégale répartition géopolitique, facteur de
rayonnement ? 22
2-L’enjeu des prix, un vecteur de déstabilisation ? 29
3-Terres rares : le défi sécuritaire du XXIe siècle ? 30
B- TERRES RARES, LEVIER SÉCURITAIRE ? 31
1-Vers des solutions alternatives ? 31
2-Des stocks stratégiques : un incontournable ? 36
C- TERRES RARES, CLEF DE LA TRANSITION
ÉNERGÉTIQUE ? 41
1-Terres rares et énergie renouvelable, un tandem
sous haute surveillance ? 42
2-Terres rares et sécurité énergétique, vecteurs
d’indépendance 48
3-Terres rares et énergie de demain, alternatives réelles ? 50
II- Vers une nouvelle géoéconomie ? 65
A- LES TERRES RARES, ENJEUX GÉOÉCONOMIQUES
POUR LA FRANCE ? 65
1-Comes et Brgm, deux acteurs géoéconomiques 65
2-Vers une sécurité des approvisionnements ? 67
B- TERRES RARES ET FRANCE D’OUTRE-MER 69
1-Terres rares marines : quelques spécificités 69
2-Terres rares terrestres, vers de nouvelles opportunités ? 78
C- LES BREVETS ET L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE, AVENIR
GÉOPOLITIQUE OU ATOUT STRATÉGIQUE ? 100
1-Vers un Soft Power ? 102
2-Économie circulaire, une solution pragmatique ? 104
7III-Des enjeux géostratégiques tous azimuts 109
A- LA CHINE, VERS UN RENVERSEMENT DE STRATÉGIE ? 111
1-Une reconquête de leadership 112
2-Une politique de quotas comme tremplin 120
3- Une stratégie hégémonique ? 125
B-UE ET EUROPE GÉOGRAPHIQUE, UNE STRATÉGIE
DE LONG TERME ? 134
1-Une Union européenne qui se cherche ? 134
2-Groenland, un exemple ? 142
3-Une Russie, trouble-fête ? 152
C- LES ÉTATS-UNIS, UN RENOUVEAU STRATÉGIQUE ? 159
1-Une stratégie expansionniste ? 159
2-Respect du droit international 160
3-Une sécurité des approvisionnements dans une optique
stratégique 160
Conclusion 163
Bibliographie 165
8Préface
Les dix-sept éléments qui composent les terres rares sont
l’un des enjeux géopolitiques majeurs du XXIe siècle. Ces
composants constituent la nouvelle dynamique de
l’organisation des rapports de force entre pays
industrialisés et pays émergents, mettant notamment en
opposition les politiques de pouvoir développées
conjointement par les États-Unis et par la Chine.
Paradoxalement, ce défi géostratégique est encore fort
méconnu de la société civile. Les terres rares revêtent en
effet une importance capitale sur quatre axes
primordiaux à l’horizon 2030-2050 : d’une part,
l’économie et la stratégie politique de puissance, voire de
domination des États, sont les deux premiers aspects
fondateurs de la réorganisation hiérarchique de la
mondialisation contemporaine. D’autre part, les données
contemporaines et prospectives de la nécessité d’une
refondation écologique de nos modes de fonctionnement
énergétiques sont liées à la détention et à l’utilisation de
ces terres rares. Enfin, stratégiquement, la conduite d’une
politique militaire autonome, axiome essentiel de la
maîtrise tactique de toute opération de défense ou
d’intervention, est liée elle aussi à la possession de ces
terres rares.
Économiquement, leur importance technologique primera
dans le futur proche, sur les coûts actuels d’exploitation, et
sur les prix d’achat. Leurs usages multiples, surtout dans
les domaines liés à la haute technologie, les rendent
indispensables et donc moins sensibles aux simples lois
économiques de pure rentabilité de marché.
Les impératifs géopolitiques : la Chine domine
aujourd’hui la production mondiale à plus de 90 %, et
détiendrait 1/3 des réserves mondiales. Ses faibles coûts
d’extraction et ses moindres contraintes
environ9 nementales et réglementaires lui ont permis de se
positionner en leader mondial. Mais cette domination a
rapidement provoqué des réactions importantes : les
ÉtatsUnis, l’Europe, le Japon et les pays émergents, ont pris
conscience qu’une partie stratégique de la réorganisation
des rapports de puissance à l’horizon 2030-2050 se jouait
dès à présent.
La dimension écologique est également primordiale : face
au réchauffement climatique, aux émissions de gaz à effets
de serre, la nécessité d’une redéfinition, à l’horizon
20302050, des modes de production d’énergie est un impératif.
Or, l’exploitation des terres rares est polluante, tout en
demeurant indispensable à l’élaboration des nouvelles
écotechnologies. Cette dangerosité avait conduit dans un
premier temps, pour nombre de pays (hors Chine), à
abandonner toute production. Mais, la politique de quotas
et de tarifs de la Chine et le risque de domination
géopolitique ont provoqué la reprise de la recherche et de
l’exploitation des terres rares à travers le monde. Le risque
écologique d’aujourd’hui pourrait ainsi s’effacer devant la
nécessité écologique de demain.
La dépendance de l’industrie militaire mondiale aux terres
rares est à rapprocher de l’obligation de souveraineté en
matière de défense nationale, un nouveau paradigme qui
pourrait changer les rapports de force stratégiques à
l’horizon 2030-2050 : première puissance économique
mondiale du XXIe siècle, la Chine renforce ses capacités
militaires. Or, le développement de ses nouvelles
technologies tactiques, comme l’avion furtif J -20,
nécessite l’utilisation de terres rares pour leur réalisation.
La tentation chinoise de conserver l’exclusivité de ses
propres ressources, obéit alors à une logique globale
fondée sur le long terme : la conduite d’une politique de
domination, tous azimuts, de portée internationale. De fait,
les autres puissances militaires, au premier rang desquelles
10les États-Unis ne peuvent se permettre de devenir
dépendantes d’une souveraineté extérieure. La
multiplication de réouvertures de sites miniers devient
ainsi, pour tous, une nécessité stratégique.
Toutes ces thématiques liées aux terres rares bousculent
les équilibres actuels. Bien plus qu’un simple eldorado
économique, un pouvoir de pression politique, un danger
écologique, ou un moyen de domination militaire, les
terres rares englobent tous ces enjeux. Le contrôle des
ressources et des productions de ces terres rares sont un
des fondements les plus importants de la réorganisation
géopolitique mondiale à l’horizon 2030-2050.

François Masclanis
Docteur en Sciences Politiques
Analyste Géopolitique
Toulouse, le 11 Mai 2015



11 Introduction
À l’heure de la transition énergétique et de la conférence
internationale 21 COP sur le climat, à Paris, en 2015, la
1problématique des terres rares s’inscrit dans un contexte
d’indépendance géostratégique, de souveraineté des États et
de logique géoéconomique de grande ampleur d’une part et
2de profonde mutation d’autre part. Cet ouvrage a pour
objectif d’apporter un éclairage sur les enjeux géopolitiques
et géostratégiques des terres rares.
3Les terres rares ont trois caractéristiques majeures : elles ne
sont pas rares géologiquement, toutefois, elles le sont pour
les secteurs et les pays qui en sont dépendants
technologiquement ; ces terres rares sont très concentrées
géographiquement ; enfin, dans la plupart des cas, ces
minerais sont des sous-produits de ressources minières
principales.
Les terres rares sont des ressources stratégiques : elles
soutiennent le développement de nouvelles technologies ;

1Lanthane, prométhium, thulium, cérium, samarium, dysprosium,
praséodyme, europium, holmium, lutécium, néodyme, gadolinium, erbium,
prométhium, terbium : ces terres rares sont des lanthanides. L’ytterbium et
le scandium ne sont pas des terres rares. Claude Birraux, Christian Kert,
« Les enjeux des métaux stratégiques : le cas des terres rares », Rapport du
Sénat, n ° 782, 23 août 2011.
2Cet ouvrage s’inscrit dans la continuité et le prolongement des précédents
écrits de l’auteur sur les problématiques énergétiques, et ce, à des fins de
mise en perspective de conceptualisation des terres rares qui s’inscrivent
dans une logique similaire à celle de l’énergie.
3Caractéristiques des terres rares : quantitatif (petite production : 200.000
tonnes par an) ; technique (sous-produits de l’industrie minière ou
métallurgique) ; économique (produit à valeur élevée, voire très élevée,
soumis à de fortes fluctuations [haut degré de pureté] ;
« criticité » (importance vitale pour les nouvelles filières industrielles High
Tech) ; comportement (périodes atones entrecoupées de crises (flambée des
prix, pénurie). Claude Birraux, Christian Kert, « Les enjeux des métaux
stratégiques : le cas des terres rares », Rapport du Sénat, n ° 782, 23 août
2011.
13 elles sont difficiles à substituer ; et permettent l’économie
4d’autres ressources . La demande mondiale de terres rares
ne cesse de s’accroître au fil des années (50 % entre 2007 et
5 62013) . Il existe deux catégories de terres/métaux rares :
les légères (ex. : lanthane, cérium, praséodyme, néodyme.
Cf. : Chine) ; et les lourdes (tout le reste. Cf. : Chine, Russie
[péninsule de Kola]). Les terres rares, qui vont sans doute
connaître une hausse de la demande de plus de 10 %
annuellement, sur la période des années à venir, subissent
une double crise : celle de l’offre, en raison d’éventuelles
interruptions d’ordre conjoncturel et temporaire de la
production (ex. : stockage massif, intempéries de forte
intensité…) ; et celle de la demande, en raison de
problèmes structurels et de commercialisation intensive. En
guise de préliminaire, il convient de distinguer trois
7notions :
Métaux précieux Terres rares- Métaux Métaux stratégiques
rares• Ils sont qualifiés de précieux • Ils sont indispensables à la
sur la double notion de rareté technologie et à l'industrie, • Ils sont abondants à la surface
et de grande valeur mais ils ne sont ni de la terre, mais leur
économique renouvelables ni substituablesexploitation et transformation
sont difficiles
L’occurrence des terres rares remonte au projet Manhattan
(États-Unis, 1940-1945) où avait été mise en place la
purification des terres rares, et ce, à un niveau industriel.
4Claude Birraux, Christian Kert, « Les enjeux des métaux stratégiques : le
cas des terres rares », Rapport du Sénat, n ° 782, 23 août 2011.
5Claude Birraux, Christian Kert, « Les enjeux des métaux stratégiques : le
cas des terres rares », Rapport .
6Claude Birraux, Christian Kert, « Les enjeux des métaux stratégiques : le
cas des terres rares », Rapport .
7Committee on Critical Mineral Impacts of the US Economy, Committee
on Earth Ressources, National Research Council, États-Unis, 2008.
14Un peu d’histoire…

C’est en 1787 que l’ytterbium a été découvert par Carl
Axel Arrhenius ; en 1885, Carl Auer Welsbach utilise le
nitrate de cérium. Jusqu’en 1948, les terres rares
provenaient essentiellement des gisements situés en Inde,
au Brésil puis en Afrique du Sud (1950) et aux États-Unis
(1960). Dans les années 1970, les utilisations concrètes
des terres rares dans l’industrie se sont développées, à
l’image de l’yttrium pour les luminophores des tubes
cathodiques des téléviseurs. En 1972, la Chine a mis au
8point des techniques d’extraction par fusion et également
des techniques d’affinage. Depuis les années 1990-2000,
la Chine s’est imposée comme le premier fournisseur de
9terres rares (2010-2013 : 95 % de l’offre) . Depuis 1995,
la Chine rachète des mines. Ainsi, il convient de citer, à
10titre illustratif , Magnequerch (États-Unis, 1995), GA
Powders (États-Unis, 1998), Unilog (États-Unis et France,
2000), Widia Magnet Engineering (Allemagne, 2000).
Les terres rares (métaux rares) sont composées de dix-sept
éléments qui se trouvent en grande quantité aux
États11 12Unis , en Chine , en Russie, dans d’autres États de la

8Extraction : procédé très coûteux, contraignant, ayant des effets néfastes
pour les sols. Techniques d’extraction : Classique : décaper la terre
végétale pour atteindre le minerai plus en profondeur. Après l’excavation
viennent le broyage en fine poudre, puis la séparation des éléments avec
des acides puissants qui s’infiltrent in fine dans le sol jusqu’aux ruisseaux
et aux rivières. www.archives.org/stream
9Australie : 5 % de l’offre et les États-Unis : 15 %.
10Il s’agit de noms de mines rachetées ou de sociétés qui ont acheté des
mines, par exemple la Chine.
11Les États-Unis détiennent 13 % des réserves de terres rares. Les
principales entreprises concernées sont Electron Energy Corporation
(CEE/EEC), PA…, USGS, juillet 2014.
12La Chine détient 36 % des réserves de terres rares et 23 % des réserves
accessibles. USGS juillet 2014.
15 13Communauté des États Indépendants (CEI) , en Pologne,
14en Autriche, en Inde, au Canada, en Australie et, dans
une moindre mesure, au Brésil, en Malaisie, en Afrique du
Sud, au Burundi, en Tanzanie, au Sri Lanka. Le contrôle
sur la production des terres rares est essentiellement assuré
15 16par quatre États : Russie , Chine , République
17 18démocratique du Congo (RDC) et le Brésil . Pour
l’Union européenne (UE), d’ici à 2030, quarante et une
matières premières sont considérées comme
19indispensables aux TIC et sont qualifiées de critiques ;
elles sont importées à 95 % et très peu recyclées ou
20substituées . Le risque encouru est celui de la rupture des
approvisionnements avec de lourdes conséquences pour
21les industries européennes.
La demande mondiale de terres rares est estimée à 134.000
tonnes par an avec une production globale qui avoisine les
124.000 tonnes par an. Les estimations de production,
pour les années 2015-2017, s’élèvent notamment à
180.000 tonnes par an. Toutefois, il convient de ne pas
négliger le fait que les nouveaux projets miniers peuvent
prendre dix ans environ avant d’être opérationnels.
L’utilisation des terres rares se révèle capitale dans de
nombreuses applications, telles que les nouvelles
13Les États de la CEI détiennent 9 % des réserves de terres rares. USGS,
juillet 2014.
14L’Australie détient 6 % des réserves de terres rares. USGS juillet 2014.
15Matériaux du groupe platine : platine, palladium, iridium, rhodium,
ruthénium, osmium. www.usgs.gov
16Antimoine, fluorite, gallium, germanium, graphite, indium, magnésium,
terres rares, tungstène. www.usgs.gov
17Cobalt, tantale. www.usgs.gov
18Niobium, tantale. www.usgs.gov
19TIC : Technologies de l’information et de la communication.
20« The 2010 Environmental performance index », EPI, CIESIN,
Columbia University, États-Unis, 8 mai 2012.
21Claude Birraux, Christian Kert, « Les enjeux des métaux stratégiques :
le cas des terres rares », OPECST, 8 mars 2011.
16technologies de l’énergie (craquage catalytique des fluides
dans le pétrole, batteries rechargeables des véhicules
électriques et hybrides, génératrices pour éoliennes…), les
applications liées à la sécurité et la défense nationale
(avionique, guidage de système de missiles, défense
antimissile, les satellites, les systèmes de communication,
les systèmes d’armes militaires, les systèmes de détection
de mines sous-marines, les télémètres lasers ou non…), les
applications plus courantes (phosphore dans les téléviseurs
couleurs à écran plat, téléphones portables, DVD
portables, ordinateurs portables, pots catalytiques,
batteries luminophores, aimants permanents, dispositifs
22médicaux…) .
Actuellement, les terres/métaux rares présentent deux
types de risques bien spécifiques : une vulnérabilité aux
23ruptures d’approvisionnement et une radioactivité issue
des éléments contenant du thorium. Il devient ainsi
nécessaire d’envisager un financement approprié pour la
24recherche et l’exploitation . En termes de vulnérabilités
stratégiques des approvisionnements en terres rares, une
domination de la Chine (en situation monopolistique) est à
envisager dans la mesure où Pékin détient 1/3 des réserves
mondiales et assure 95-97 % de la production mondiale.
La récente découverte de terres rares au fonds du
Pacifique (estimation évaluée à 90 milliards de tonnes)
n’est cependant pas une alternative, dans la mesure où les
droits d’exploitation des gisements situés dans les eaux

22Marc Humphries, « Rare Earth Elements : The Global Supply Chain »,
Congressional Research service, 30 septembre 2010.
23Cette problématique liée à la radioactivité pose notamment de nombreux
problèmes à certaines régions. Ex. : Groenland, voir III-B-2
24B. Stephen, Casto and James B. Hedrick, « Rare Earth Element », Rare
Element resources Ltd, 2011.
17