Lettre ouverte au peuple camerounais, mes compatriote

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Cet essai est un projet politique que l'auteur propose à tous les Camerounais. Son objectif est de remettre ce pays d'Afrique centrale sur les rails de l'histoire, de la démocratie et du progrès. L'auteur s'adresse à l'ensemble des Camerounais pour bâtir avec eux un Etat fort et républicain, une économie dynamique et florissante, dans une posture d'ouverture, de dialogue et de solidarité responsable.
Publié le : mardi 1 juillet 2008
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EAN13 : 9782296204331
Nombre de pages : 166
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MON PROJET DEMOCRATIQUE LETTRE OUVERTE

@ L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris

http://www.librairiehannattan.com difIusion.hannattan@wanadoo.fr hannattanl@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-06193-4 E~:9782296061934

Pierre MILA AssoUTÉ Président Fondateur du Rassemblement Démocratique pour la Modernité du Cameroun (RDMe)

MON PROJET DEMOCRATIQUE LETTRE OUVERTE au peuple camerounais, mes compatriotes

L'HARMATTAN

«Si un homme n'a pas découvert ce pourquoi il serait prêt à mourir, il n'est pas fait pour vivre. » Martin Luther King

SOMMAIRE

Mon acte de foi Modernité Démocratie Modernité sociale etat démocratique LA réforme constitutionnelle et le système électoral en question Le pouvoir exécutif L'institution parlementaire Les réformes de l'armée et des corps de maintien de l'ordre Un défi colossal La classe politique féminine La modernité sociale L'urgence de l'hygiène sociale La recherche scientifique et technologique Le Cameroun dans le monde Je fais un rêve... L'homme que je .suis Annexe

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MON ACTE DE FOI

Voici presque cinquante ans que le Cameroun est, de manière continue, gouverné par des archaïsmes: Ahmadou Ahidjo, premier président du pays, avait installé en sa faveur une extrême concentration des pouvoirs en trouvant justification dans les circonstances historiques particulières qui l'ont fait parvenir à la tête de la nation. 22 ans de son règne sans partage avait laissé aux Camerounais un début de développement économique, une croissance forte et des finances saines, mais aussi des blessures profondes, nées de la violence politique et de leur trop longue privation de liberté. Il paraît donc inconcevable que, 2S autres années après son départ, pourtant célébré comme ouvrant la voie du pays à un début de modernisation politique véritable, les Camerounais en soient toujours à chercher vainement sur quel plan leur vie a véritablement changé: peu de satisfactions en effet, mais au contraire, un long cortège de frustrations, de discours, de reculs, de rengaines et de morts sur le théâtre de celui qui se fit appeler, au temps de ses belles promesses, le «Renouveau». Cinquante ans d'inertie continue en effet, qui ont usé et abusé de la crédulité des Camerounais, en les rendant pessimistes, démotivés et, surtoUt, cyniques. Le pays tout entier se trouve dès lors plongé dans un long fleuve d'autodestruction, qui ensevelit l'essentiel de ses forces vives et de ses intelligences, toUt en laissant l'essentiel des ressources et des positions dominantes à ceux qui ont le moins de mérite et d'engagement, le moins d'ambitions pour la nation, ceux qui ont toutefois l'immense «qualité» de savoir «composer» avec le «système». Toute une population est ainsi condamnée à entrer dans la grande partition des arrangements, des calculs plus ou moins grands, des combines, des arnaques, de l'hypocrisie, du double jeu, du mensonge permanent, de

l'insincérité, du renversement des valeurs morales, tout juste parce que les institutions gouvernantes ont réduit la rationalité ambiante à une question de survie. Survivre, se battre contre la fatalité: plus de 40% de la population considérée comme pauvre, un taux de chômage estimé à presque 50% de la population active, 58% de la population rurale qui n'a pas accès à l'eau potable, 35% de la population urbaine n'ayant pas accès à la même eau potable, un taux d'analphabétisme encore supérieur à 40% ; un taux de mortalité en hausse, un exceptionnel niveau de corruption, justifiant que le pays ait été deux fois cité comme le pays du monde le plus corrompu; une fuite massive des Camerounais vers l'étranger; une altération de la réputation internationale du pays; une production industrielle locale en décroissance permanente; des produits primaires dépourvus de compétitivité sur la scène internationale; une espérance de vie, en chute libre, à seulement 48 ans, le taux de contamination au sida à au moins 12% de la population, pour l'essentiel, jeune. Difficile en effet de faire pire, pour un pays qui, pourtant, il y a encore vingt ans, se posait parmi les meilleurs espoirs de l'A&ique. C'est donc parce qu'il n'est pas possible de faire pire que je demande aux Camerounais - nombreux - qui ont encore du bon sens, une certaine idée des valeurs, de la morale, du bien commun, du patriotisme, de la générosité, de l'intelligence et de la foi à se mettre debout pour prendre en main leurs destins. Devant l'histoire qui avance vite et qui laisse à peine le temps de profiter de la vie lorsque se présente déjà la mort: nos enfants n'ont pas à vivre, à cause de notre omission, les vies que nous avons vécues; il faut le dire, pour nous-mêmes, tout est encore possible. Il est donc temps de s'engager, de se regarder en face, de se dire que demain peut être de meilleur forme

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qu'aujourd'hui, qu'il est encore possible de construire un pays dans lequel les populations s'enracinent et prennent plaisir à vivre ensemble à l'échelle d'une compétition internationale croissante qui ne nous laisse plus le temps d'hésiter. Rendons possible ce qui paraît impossible, par une passion collective et la confiance dans notre Etat. Créons une identité camerounaise exportable. Notre pays a de formidables capacités, partoUt. Le changer ne demande pas une révolution. Cela demande un Etat propulseur du développement et une administration productrice qui facilite l'initiative, accompagne le génie, un petit effort, consenti individuellement et collectivement, ferait en sorte que la richesse collective soit mieux redistribuée, que les talents, dans l'espace public, soient mieux reconnus, que le pays dans son ensemble mobilise toutes les forces et toutes les richesses qui lui permettent, demain, d'occuper la place qu'il mérite d'occuper sur la scène africaine et internationale. Quand je suis devenu membre du Comité central du RDPC en 1996, j'ai immédiatement commencé à faire des propositions au gouvernement et au parti: elles sont cependant, toutes, progressivement allées vers l'oubli. Je ne me reconnaissais plus dans les idéaux originels du RDPC lesquels reposaient, comme on le sait, sur la rigueur et la moralisation, la libéralisation, la démocratisation. Je me suis rendu compte que les fondements sur lesquels, pourtant, l'adhésion des cadres, dès le départ, avait pu se réaliser étaient brisés. C'est donc comme cela que, sentant une sorte d'aspiration au changement dans le pays profond, face à la misère grandissante dans les milieux urbains et dans les campagnes, au chômage endémique des jeunes, je me suis dit qu'il fallait arrêter cette confiscation du parti, cette instrumentalisation dont il était

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désormais l'objet en tant que moyen de captation des fonds publics. D'où l'idée du courant que j'ai créé à l'intérieur du parti, et qui visait entre autres choses à attirer l'attention sur les enjeux de la transition, surtout en faveur de la jeunesse, principale sacrifiée de ces dernières années dans l'ensemble du pays; par ailleurs il se trouve que les institutions actuelles du Cameroun ne sont pas encore débarrassées des séquelles du joug colonial dont les logiques induisent leur configuration profonde. C'est une configuration impropre au développement socio-économique du pays, toute axée qu'elle est sur la conquête des territoires. C'est Pourquoi je pense aujourd'hui que seule une relation nouvelle entre la société, l'Etat et les institutions renouvelées est à même de redéployer une vie d'ensemble épanouissante. Au début de mes relations avec le parti au pouvoir actuel, le RDPC, renaissant des cendres de l'UNC comme pour beaucoup en 1985, après le départ d'Ahmadou Ahidjo, j'avais cru à un véritable changement. J'avais participé au travail chargé de la préparation matérielle du congrès."Et, bien plus tard, j'ai gardé des attaches solides à l'intérieur du parti, au point de faire partie, régulièrement, des délégation du Comité central, à partir de 1990. De ma candidature à la présidentielle en 2004 et de toutes les autres prises de position que j'ai eues par la suite, découlent en effet une distanciation naturelle avec la hiérarchie de ce parti. Nous sommes bien loin en effet de partager la même vision de la politique et même, la même vision du Cameroun. Dès lors, ma ligne de conduite vis-à-vis du RDPC devient nécessairement une ligne de rupture, mais une rupture par rapport à la classe dirigeante du parti et de l'Etat dont tout le monde sait qu'il a confisqué l'appareil du pouvoir au profit de quelques intérêts personnels et, surtout,

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financiers. Quant aux militants de «base», les hommes et les femmes qui, tous les jours, dans une conviction forte et renouvelée, font vivre cette organisation politique sur le terrain, je ne me suis jamais senti aussi proche d'eux que je ne le suis en ce moment, eux dont l'engagement et les attentes sont sans cesse confisqués par une clique de personnes sans ambition pour le peuple camerounais au nom de qui, ils estiment pourtant s'exprimer. A mes yeux en effet, il n'est pas question de criminaliser «tout» le RDPC sous le prétexte que «tout» ce parti politique, le RDPC serait à rejeter: à l'intérieur, se rencontrent des hommes et des femmes de tous les jours, travailleurs et débrouillards aux revenus modestes, des personnes qui ne se déclarent militantes de ce parti que parce que, souvent, elles n'ont pas le choix, qu'elles n'ont pas d'alternative militante crédible, pas d'espérance au bout de l'horizon. Ce sont donc ces Camerounais, si souvent sincères mais si souvent floués, qu'il s'agit de réconcilier avec une certaine idée de la politique, quelques valeurs fondatrices du combat pour la patrie: un engagement citoyen de tout instant, un partage de valeurs et d'expériences, une lutte tenace et assidue contre des archaïsmes, des inégalités et des injustices. Je ne me suis jamais défini comme un agitateur au sens «camerounais» du terme; plus précisément, je ne me suis jamais vu dans la position de celui qui agite l'épouvantail de ses «idées» ou de quelque engagement partisan, pour mieux se faire une position d'enrichissement personnel dans l'appareil de domination du régime en place. C'est bien cette démarche, poussée au cours de ces dernières années à la caricature, qui a permis à Paul Biya et son équipe de renforcer sans cesse leur mainmise sur le Cameroun. Puisqu'elle leur a inspiré le sentiment que tous les Camerounais, en fin de compte,

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