Libérons la Démocratie

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Pour inverser le cours de notre Histoire, I'auteur propose de conquérir la première et la plus grande des libertés: une démocratie sincère et véritable nous permettant d'être maîtres et responsables de notre destin. La Première Démocratie Française, qui sera notre prochaine constitution, succédera aux Républiques aujourd'hui conservatrices. Hervé Ducrot expose des réformes qui feront échec à la pensée unique, et ouvre des débats démocratiques qui permettront le redressement économique de la France, le développement des libertés et des valeurs de bien.
(Editions Concordance, distribution l'Harmattan)
Publié le : mercredi 1 avril 1998
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EAN13 : 9782296361706
Nombre de pages : 160
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La démocratie sincère et véritable est la première
et la plus grande des libertés
La démocratie est le plus fort et le plus solide
des régimes pour protéger et développer les libertés La pensée unique est élaborée arbitrairement par
des consensus minoritaires.
Les valeurs doivent être déterminées et choisies
par des consensus majoritaires issus d'une sincè-
re et véritable démocratie
Pour être sincère et véritable, la démocratie doit
nous permettre d'utiliser en permanence les ins-
truments souverains de pouvoir ; ceux-ci sont
aujourd'hui : la communication et le pouvoir de
légiférer. LIBERONS
LA DEMOCRATIE LETTRE OUVERTE
à Monsieur Jacques Chirac,
Président de la République Française
à Monsieur Lionel JOSPIN,
Premier Ministre
et à l'ensemble des médias Monsieur le Président
Monsieur le Premier Ministre
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
responsables des Médias
Monsieur le Président, au cours de l'entretien télévisé du
12 Décembre 1996, vous vous êtes plaint en ces termes :»La
vérité est que nous sommes dans un pays profondément
conservateur et qu'il est extrêmement difficile de faire bouger
les choses. On peut les faire bouger, à la tête, dans l'impulsion
que l'on donne, mais très vite on se heurte au conservatisme
de l'ensemble de nos structures, les syndicats, les organisa-
tions professionnelles;....»
«Nous sommes dans un pays où il y a deux caractéristiques
étonnantes qui n'existent dans aucun autre pays industrialisé.
La première de ces caractéristiques, c'est que, tout naturelle-
ment, ceux qui peuvent le faire trouvent naturel de prendre les
Français en otage pour satisfaire leurs revendications. Ceux
qui ne peuvent les prendre en otage, et bien, on ne les entend
pas. Ils subissent. Mais il y a une catégorie de Français qui
5 sont capables de prendre les Français en otage et ils le font.
Une grève comme celle des routiers, une grève comme celle de
la S.N.C.F l'année dernière, ça n'existe nulle part ailleurs, et
les étrangers nous regardent stupéfiés et ne comprennent pas.
Deuxième réaction, deuxième caractéristique, nous sommes
un pays où dès qu'il y a un conflit, par exemple entre les
patrons et les ouvriers, instantanément il y a un seul point
d'accord, c'est que tout le monde se retourne vers l'Etat, en
disant c'est à vous de régler les choses et d'ailleurs vous
n'avez qu'à payer. C'est une réaction normale.»
De tels propos nous permettent de comprendre que vous avez
constaté :
- que nos structures sont conservatrices alors que, dans
d'autres pays, elles peuvent être meilleures qu'en France.
- que la toute puissance des syndicats et des organisations pro-
fessionnelles nous imposent leur conservatisme, perturbent le
fonctionnement de notre économie et font échec à votre volon-
té et à celle du gouvernement de réformer positivement notre
Société
- que la communication en France est un échec ; en effet vous
soulignez que certaines catégories de Français doivent, pour se
faire entendre, prendre des otages et qu'une autre grande par-
tie des Français, dont notamment les otages, ne peut également
pas se faire entendre.
- et que la toute puissance de l'Etat se doit, malgré lui, de
résoudre les conflits
Ce constat en quatre points est inquiétant pour notre avenir.
Aucune réforme n'ayant suivi, nous espérons néanmoins que
cet entretien n'était pas une conversation de salon et corres-
pondait à une volonté politique et gaulienne de votre part
d'améliorer notre Société.
6 En attendant, votre clairvoyance nous est précieuse et essen-
tielle; aussi sur de tels constats, il nous faut savoir en tirer les
leçons afin que notre pays se relève avec plus de vigueur !
En effet, si nous désirons entreprendre de grandes réformes
dans notre pays, il nous faut faire en sorte que ni les syndicats,
ni les groupements professionnels, ni l'Etat, ni quiconque ne
soit trop puissant et ne vienne étouffer les autres acteurs de
notre Société; pour cela d'importantes réformes de rééquili-
brage des pouvoirs entre les acteurs de notre Société doivent
être entreprises.
Il en est de même, en ce qui concerne le droit de se faire
entendre; chacun de nous, sans aucune exception, syndiqué ou
non, doit, en parfaite équité, avoir la possibilité d'être écouté ;
là aussi, une grande réforme s'impose.
Nous constatons que les syndiqués ne représentent seulement
que 4,6% des électeurs inscrits ; ceux-ci, additionnés aux
groupes de pression, groupements professionnels et autres qui
ont fait notre passé depuis plus de 20 ans, font aujourd'hui notre
présent et préparent notre avenir, ne dépassent peut-être pas les
10% à 20% des électeurs inscrits ; en revanche, nous avons
compris et sommes, sauf erreur, convaincus que vous, notre
Président, pensez quotidiennement à tous les Français sans
exception et dont font partie les 80 à 90% d'entre nous non syn-
diqués et exclus des dialogues ; votre courroux est certainement
motivé par le fait que vous souhaitez que des réformes soient
entreprises au profit de la majorité des français et que vous en
êtes régulièrement empêché par peut-être 10% à 20% seule-
ment ; vos soucis que nous partageons vous honorent ; il est sûr
que si nos structures conservatrices ne leur donnaient pas tou-
jours raison et en revanche permettaient aux autres 80 ou 90%
de faire entendre leurs voix, ces syndiqués se remettraient quo-
tidiennement en question et ne seraient plus conservateurs.
7 Il est clair que nous, les électeurs, avons suffisamment prouvé
que nous n'étions pas aussi conservateurs que nos institutions ;
en effet, à chaque élection législative depuis 1981, nous
n'avons cessé de montrer notre insatisfaction et notre volonté
de changement. La progression des abstentions, des extrèmes
et des candidatures isolées ainsi que les changements de majo-
rités sont là pour le prouver.
Les majorités sortantes perdent généralement les élections
pour avoir été conservatrices et inefficaces.
Par exemple, les majorités successives en place s'occupent
essentiellement à soigner les symptômes du chômage mais ne
s'attaquent nullement aux causes de celui-ci. C'est comme si,
aujourd'hui, les recherches sur le cancer et sur le sida n'exis-
taient pas et que nous nous contentions de soigner et d'accom-
pagner les malades jusqu'à leur mort.
Le bon sens des électeurs fait que les résultats de nos élections
sont des votes de rejets des majorités précédentes mais nulle-
ment des votes d'adhésion aux nouvelles majorités quoi-
qu'elles nous promettent elles aussi toujours moins de chôma-
Il est en effet très probable que les dernières élections légis-ge !
latives de mai 1997 ont été perdues par la Droite en raison de
son conservatisme ; il en sera probablement de même, aux pro-
chaines législatives où la gauche perdra alors le pouvoir si elle
continue à poursuivre toujours la même politique ; et au profit
de qui ? une droite similaire ? une droite bonapartiste ? Ou
alors, en cas de ras-le-bol, un parti fasciste, aux conséquences
imprévisibles ?
Nos choix n'étant pas respectés, nous ne nous considérons pas
responsables de l'aggravation de nos difficultés ; nous ne
sommes institutionnellement pas responsables de notre destin ;
nous ne maîtrisons plus les valeurs et n'avons plus depuis fort
longtemps de points de repère ; en revanche, il devient logique
que nous nous tournions vers l'Etat pour lui demander de
8 payer ; le jour où nous deviendrons réellement maîtres de notre
destin, le jour où une véritable démocratie sera instaurée, alors
nous nous comporterons en citoyens responsables et nous pro-
fiterons des bénéfices et supporterons les pertes de nos choix.
Peut-être, Monsieur le Président, avez vous déjà pensé à la
démocratie comme remède pour faire échec au conservatisme
de nos structures !
En effet, le 14 juillet 1997, nous avons eu la joie de vous
entendre déclarer « que nous devions moderniser la vie démo-
cratique », Bravo, ça nous a fait chaud au coeur ; de plus, de
multiples fois auparavant, vous avez insisté sur la nécessité de
dialoguer avec nous les Français, et d'être à notre écoute ; nous
sommes nombreux à avoir entendu de telles intentions tant de
votre part que de nombreux élus nationaux et locaux. De telles
promesses paraissent, sauf erreur, sincères et accompagnées
d'une réelle volonté politique. Malheureusement aucune réfor-
me correspondante n'a suivi !
Le fonctionnement de la Société dans laquelle nous vivons
depuis le début des années 1970 conduit à la pensée unique, à
la suprématie du politique tout en poursuivant la descente aux
enfers de l'Economie et de notre Société civile ; le chômage
poursuit son ascension, la misère et la pauvreté progressent
rapidement, le nombre de pauvres ne cesse d'augmenter et les
riches deviennent de plus en plus riches mais sont de moins en
moins nombreux. La Société se dégrade, les valeurs dévelop-
pées dans les discours politiques sont trop souvent bafouées
par les amis de ceux qui les prononcent, les banlieues et la jeu-
nesse se révoltent, la délinquance progresse, le nombre de sui-
cides augmente et la formation et l'accès aux connaissances ne
sont plus en vogue car le chômage est trop souvent au bout du
chemin.
9 Cette Société n'est pas la nôtre, elle est celle d'une minorité ;
la majorité des Français ne maîtrise pas son destin ; celui-ci est
pourtant aujourd'hui entre vos mains et celles des ténors poli-
tiques. Il nous semble, sauf erreur, que seuls certains syndicats
d'employés et de fonctionnaires et des minorités que sont les
groupements professionnels et les lobbies économiques sont
écoutés. Ils obtiennent des avantages dont les autres ne profi-
tent pas mais qu'en revanche ils supportent par les prélève-
ments obligatoires ; cet ensemble parfaitement huilé nous
ignore souverainement sans qu'aucun changement de majorité
à l'Assemblée Nationale ne puisse venir troubler le conserva-
tisme de ces jeux ! Nos institutions et notre Société ne fonc-
tionnent plus efficacement.
Les grandes élites des gouvernements successifs et les leaders
politiques ont tous échoué pour faire échec au conservatisme.
Vous même Monsieur Chirac, Président de la République et
depuis plus de 30 ans grand professionnel de la politique, plu-
sieurs fois ministre et deux fois Premier Ministre, votre volonté
politique a apparemment toujours été mise en échec par le fonc-
tionnement de nos institutions et de notre constitution. Il en est
de même pour vous Monsieur Lionel Jospin, aujourd'hui
Premier Ministre et aussi grand professionnel de la politique
depuis de nombreuses années, votre volonté politique ne paraît
pas non plus être couronnée de succès.
Face à un tel blocage de nos institutions, nous ne pouvons que
constater un déficit important de démocratie en raison du
conservatisme de nos structures. Notre démocratie ressemble à
une automobile pour laquelle nous ne pourrions disposer enco-
re et toujours que de l'avoine pour chevaux alors que depuis
longtemps il existe de l'essence à profusion.
Nos institutions conduisent à la pensée unique comme a pu et
peut l'être le, communisme. En effet, la pensée unique fait que
le bien et le mal sont définis, sans débats, par des minorités ;
10 la pensée unique, négation de la démocratie, aboutit à l'absen-
ce de progression des libertés et peut même conduire à leur
régression ; de plus, de trop nombreux exemples dans d'autres
pays nous ont prouvé que l'insuffisance de démocratie faisait
le lit de l'intolérance et du fascisme.
De par le fonctionnement de nos institutions, les parlementaires,
soumis à leurs partis, ne débattent qu'insuffisamment pour
défendre la vérité contre le mensonge et le bien contre le mal.
Aujourd'hui, il nous faut créer entre nous tous de grands
débats démocratiques. Ces débats sont essentiels pour per-
mettre à notre future démocratie de dégager des consensus
majoritaires sur la politique de progression de notre Société et
sur les caractéristiques du bien et du mal et de leurs limites. Il
nous faut réinventer la démocratie, il nous faut réformer nos
structures afin que ni vous ni nous ne soyons soumis à la
volonté comme à la pression d'une quelconque minorité
Nous ne saurions nous satisfaire de promesses de changement
avant les élections pour n'avoir que du conservatisme après !
Alors que le monde change quotidiennement, nous ne pouvons
plus nous contenter sur le plan national d'une élection prési-
dentielle tous les sept ans et, sauf dissolution anticipée, d'une
élection législative tous les cinq ans ; ces nouvelles majorités
ne remettent jamais en cause les pressions et la puissance des
lobbies, des groupes de pression, des groupements profession-
nels et accessoirement des ténors politiques et des groupes de
presse ; notre avenir ne peut plus dépendre indirectement
d'eux !
Notre future démocratie doit assurer l'équilibre des pouvoirs.
Notre démocratie doit disposer d'un contre-pouvoir souverain,
direct et remplissant un rôle de censeur vis à vis du système
représentatif parlementaire.
11 Notre démocratie doit être permanente.
Notre démocratie doit nous permettre de débattre de tout sujet
quotidiennement entre nous.
Notre démocratie doit nous permettre d'établir directement des
lois et de les modifier.
Aujourd'hui, la souveraineté ne nous appartient pas ; aujour-
d'hui, le cours de notre Histoire doit être inversé ; la souverai-
neté doit être exercée par des majorités d'opinion de nous les
électeurs.
Pour un tel bouleversement, le bouleversement de nos institu-
tions est inéluctable.
La dernière heure des Républiques Françaises doit sonner
pour laisser la place aux Démocraties Françaises
La constitution de la Première Démocratie Française doit
avoir l'ambition de faire de la France la nation dont la
Démocratie sera une très grande référence
De nombreuses réformes de structures vous sont proposées dans
cet ouvrage.
Parmi celles-ci, les Forums de la démocratie vont établir une
vraie communication entre nous tous et enfin vous permettre
d'atteindre votre grand objectif : le pouvoir nous écouter. Les
Référendums d'initiative populaires, les Présentations
Populaires de projets de lois, ainsi que la possibilité pour cha-
cun d'entre nous de faire juger anticonstitutionnelles nos
mauvaises lois nous permettront d'intervenir directement dans le
domaine législatif lorsque nous le jugerons nécessaire. Ces
quatre principales réformes vont constituer le socle de notre
12 Première Démocratie Française ; elles nous permettront
d'exercer directement et souverainement un contre-pouvoir
face au pouvoir représentatif du Parlement ; de plus elles
répondront aux aspirations et aux souhaits que vous, Monsieur
le Président, vous Monsieur le Premier Ministre, et tous les
élus ont exprimés ; elles constitueront les outils essentiels au
service de nous tous pour lutter contre le conservatisme et réa-
liser les grands changements tant attendus.
Nous sommes convaincus que vous avez, tous les deux ainsi
que vous les médias, la volonté inébranlable de faire le bien
de nous tous ; pour cela, il nous paraît essentiel et fondamen-
tal que vous ayez la volonté politique de créer, directement
entre vous et nous tous de grands dialogues nationaux et
locaux ; les Forums de la Démocratie créeront, nous en
sommes persuadés, des élans invincibles et irrésistibles de
communication.
Monsieur le Président et Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les responsables des
médias il devient essentiel que, sans attendre, vous mettiez en
place les réformes proposées dont les forums de la démocra-
tie. Vous en avez les pouvoirs et les moyens.
Ne nous imposez pas une réforme au rabais, il nous la faut sin-
cère et véritable comme l'a fait le général de Gaulle, lorsqu'il
nous a proposé l'élection du Président de la République au suf-
frage universel. De plus, si des minorités venaient à faire pres-
sion sur vous pour faire échec à de telles réformes n'hésitez
pas :
- vous, Monsieur le Président de la République à dissoudre
l'assemblée nationale, à réaliser un référendum, à démission-
ner
- vous, Monsieur le Premier Ministre à faire démissionner les
députés de votre majorité, à démissionner vous-même
13 En réalisant de telles réformes constitutionnelles, nous serons
fiers de vous et vous serez fiers de nous. Ne vous appuyez plus
sur des puissances minoritaires. En revanche, responsabilisez-
nous, appuyez-vous sur nous tous, sans exception, sur la démo-
cratie directe, la première et la plus grande des libertés ; vous
engagerez alors durablement le redressement économique de la
France, le développement des libertés et des valeurs de bien. En
réalisant de telles réformes .de votre propre initiative, et avant que
toute pression populaire ne vous l'impose, vous deviendrez pour
l'Histoire les inventeurs de la plus forte démocratie au Monde. A
vous d'en décider et, si oui, de mettre votre volonté politique au
service du bien et du bonheur de nous tous.
Hervé DUCROT
14 TABLE DES MATIERES
Page
23 TITRE 1er
PREAMBULE
Nos libertés tant civiles qu'économiques sont-elles
en bon état ?
CHAPITRE UNIQUE 29
Qui effectivement gouverne la France ?
Le gouvernement gouverne et légifère ;
les élus sont plus des subordonnés que des législateurs 29
La puissance des groupes de pression, des co-pouvoirs
et des contre-pouvoirs
31 - La justice est exceptionnellement un contre-pouvoir....
15
Page
- La puissance des syndicats d'employés 32
- Les liens étroits entre d'une part, les lobbies, les
pouvoirs économiques, les groupements professionnels,
et d'autre part, les pouvoirs politiques nationaux
et les collectivités locales 33
Les lobbies avec les pouvoirs politiques nationaux 33
Les lobbies et les collectivités locales 34
- Le clientélisme institutionnel et local : les miettes
de nos impôts, des libertés sournoisement bafouées 35
- Les partis d'opposition sont institutionnellement
faibles 38
- La puissance des médias 38
Les médias-hauts-parleurs 38
Les médias et l'information 39
Les médias, vecteurs d'opinion 39
Il est difficile aux médias d'être impartiaux 39
Propriété et financement des médias : omniprésence
de l'Etat et des grands groupes économiques 43
CONCLUSION 47
16

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