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Main basse sur l'Egypte

De
228 pages
En descendant massivement dans la rue le 25 janvier 2011, pour réclamer du "pain, de la liberté et de la justice sociale", le peuple égyptien a montré sa détermination à lutter contre la dictature et l'injustice. Officiellement l'armée a répondu à la volonté populaire en acceptant la démission de Moubarak et en organisant des élections libres remportées par Mohamed Morsi, renversé à son tour par un coup d'Etat. La chute de Moubarak, tout comme celle de Morsi, a été décidée par la haute hiérarchie militaire, avec pour objectif de sacrifier un homme pour maintenir un régime. Cette contre-révolution a fait des milliers de morts et de blessés, de prisonniers politiques, et son bilan se solde par la résurgence d'un régime autoritaire.
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pƌisoŶŶieƌs poliIƋues, d’iŶŶoŵďƌaďles ĐoŶdaŵŶĠs à ŵoƌt et à la pƌisoŶ à vie, uŶ paLJs divisĠ et la ƌĠsuƌgeŶĐe d’uŶ ƌĠgiŵe autoƌitaiƌe. C’est le teƌƌiďle ďilaŶ de la ĐoŶtƌe-ƌĠvoluIoŶ ĠgLJpIeŶŶe. EŶ desĐeŶdaŶt ŵassiveŵeŶt daŶs la ƌue le Ϯ5 jaŶvieƌ ϮϬϭϭ, pouƌ ƌĠĐlaŵeƌ du « paiŶ, de la liďeƌtĠ et de la jusIĐe soĐiale », le peuple ĠgLJpIeŶ a ŵoŶtƌĠ sa dĠteƌŵiŶaIoŶ à lueƌ ĐoŶtƌe la diĐtatuƌe et l’iŶjusIĐe et soŶ espĠƌaŶĐe eŶ uŶ aveŶiƌ ŵeilleuƌ. Apƌğs la Đhute de Mouďaƌak, le ƌġve seŵďlait eŶ ŵesuƌe de se ƌĠaliseƌ. CoŵŵeŶt l’EgLJpte a-t-elle pu doŶĐ ƌeveŶiƌ, ŵalgƌĠ le teƌƌiďle ďilaŶ huŵaiŶ, à uŶ ƌĠgiŵe des plus autoƌitaiƌes, iŶĐaƌŶĠ paƌ le ƌetouƌ d’uŶ ŵilitaiƌe, le gĠŶĠƌal Aďdel Faah Al Sissi, à la tġte du paLJs ? OffiĐielleŵeŶt, l’aƌŵĠe a ƌĠpoŶdu à la voloŶtĠ populaiƌe eŶ aĐĐeptaŶt la dĠŵissioŶ de Mouďaƌak et eŶ oƌgaŶisaŶt des ĠleĐIoŶs liďƌes. ReŵpoƌtĠes paƌ les Fƌğƌes ŵusulŵaŶs, Đes deƌŶieƌs auƌaieŶt teŶtĠ de ƌĠtaďliƌ uŶ ƌĠgiŵe diĐtatoƌial, de teŶdaŶĐe ƌeligieuse, oďligeaŶt de Ŷouveau les ŵilitaiƌes à iŶteƌveŶiƌ, suites audž ŵaŶifestaIoŶs ŵassives ĐoŶtƌe le pƌĠsideŶt Mohaŵed Moƌsi le ϯϬ juiŶ ϮϬϭϯ. EŶ ƌĠalitĠ, la Đhute de Mouďaƌak, tout Đoŵŵe Đelle de Moƌsi, a ĠtĠ dĠĐidĠe paƌ la haute hiĠƌaƌĐhie ŵilitaiƌe, aveĐ pouƌ oďjeĐIf de saĐƌifieƌ uŶ hoŵŵe pouƌ ŵaiŶteŶiƌ uŶ ƌĠgiŵe. Quel Ƌu’eŶ soit le pƌidž. C’est la tƌagiƋue histoiƌe de Đee ĐoŶtƌe-ƌĠvoluIoŶ Ƌue Đe livƌe pƌopose de ƌaĐoŶteƌ.
en Egypte pouƌ les ƋuoIdiens suisses la
Photogƌaphie de Đouveƌtuƌe : Faƌid Oŵeiƌ MaŶifestaŶts ƌĠĐlaŵaŶt la Đhute du ƌĠgiŵe ŵilitaiƌe plaĐe Tahƌiƌ la veille du pƌeŵieƌ aŶŶiveƌsaiƌe de la ƌĠvoluIoŶ.
Farid Omeir
Main basse sur l’Egypte
Comment l’ancien régime a mené à bien sa contrerévolution
Main basse sur l'Egypte Comment l’ancien régime a mené à bien sa contre-révolution
Farid OMEIR
Main basse sur l'Egypte Comment l’ancien régime a mené à bien sa contre-révolution
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10832-2 EAN : 9782343108322
A toutes les victimes de la contre-révolution égyptienne
La chute d’un régime, ou d’un homme ?Après 18 jours de manifestations massives ayant coûté la vie à plus de 800 personnes, Hosni Moubarak finit par démissionner. Pour les Egyptiens, on peut désormais croire en un meilleur avenir. On espère que les idéaux de la révolution, « Pain, liberté et justice sociale », vont enfin se concrétiser. Si la rue est parvenue à destituer l'indéboulonnable dictateur après 30 ans de règne sans partage, c'est bien que tout devient possible. Mais le régime est-il tombé, ou l'armée a tout simplement lâché Hosni Moubarak ? Au vu des évènements successifs, il apparaît clairement que l'ex-dictateur a été sacrifié afin de préserver le régime. L'armée, la Justice, les hommes d'affaires, tous n'ont aucun intérêt dans cette révolte populaire qui demande un meilleur partage des richesses, un système judiciaire moins corrompu, des forces de sécurité bien moins violentes et la fin de leur impunité. Mais ce dont les Egyptiens ne semblent pas avoir conscience, c'est que le changement réel dans un pays présentant autant de 1 défis doit nécessairement prendre du temps. Or la volonté rapide de changement, contrecarrée par toutes les difficultés, notamment économiques, consécutives à la révolution, va apporter son lot de désillusion à toute une partie de la population. Une désillusion encouragée par les forces de l'ancien régime, qui vont tout mettre en œuvre pour organiser la contre-révolution. En se retirant purement et simplement, la police va laisser libre cours à l'insécurité grandissante. En se maintenant au pouvoir et en trahissant ses promesses, l'armée va entretenir l'instabilité. En cassant les décisions des futures instances élues et en dissolvant le futur Parlement, la justice égyptienne va également participer à saboter la transition politique. En dénigrant systématiquement les décisions de l’Assemblée et en 1 ème L’Egypte est classée 107 sur 185 pays en 2015 à l’indice de développement humain (IDH) : Près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, le taux d’analphabétisme touche plus du tiers de la population et le chômage des jeunes est particulièrement élevé.
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