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MÉDIAS
et DÉMOCRATIE

Le grand malentendu

 

PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC

Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450

Québec (Québec) G1V 2M2

Téléphone : 418-657-4399 • Télécopieur : 418-657-2096

Courriel : puq@puq.ca • Internet : www.puq.ca

 

ANNE-MARIE GINGRAS

 

MÉDIAS
et DÉMOCRATIE

Le grand malentendu

 

 

 

 

 

3e ÉDITION
REVUE ET AUGMENTÉE

 

 

 

 

 

2009

Presses de l’Université du Québec

Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bur. 450

Québec (Québec) Canada G1V 2M2

 

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Gingras, Anne-Marie

Médias et démocratie

3e éd. rev. et corr.

Comprend des réf. bibliogr.

ISBN 978-2-7605-2388-3

ISBN 978-2-7605-2842-0 (epub)

1. Médias - Aspect politique. 2. Démocratie et médias. 3. Médias et opinion publique.

4. Médias - Influence. 5. Internet. I. Titre.

P95.8.G56 2009 302.23 C2009-940582-2

 

 

 

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIE) pour nos activités d’édition.

La publication de cet ouvrage a été rendue possible grâce à l’aide financière de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).

 

 

 

 

Intérieur

Mise en pages : Info 1000 mots

Couverture

Conception : Richard Hodgson

 

 

 

 

 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 PUQ 2009 9 8 7 6 5 4 3 2 1

 

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés

© 2009 Presses de l’Université du Québec

 

Dépôt légal - 2e trimestre 2009

Bibliothèque et Archives nationales du Québec / Bibliothèque et Archives Canada

 

Remerciements

 

 

 

 

 

La rédaction de cet ouvrage a été rendue possible grâce à l’aide et aux conseils de plusieurs personnes, parmi lesquelles deux méritent une reconnaissance bien spéciale à cause de leur patience et de leur générosité ; il s’agit de Thierry Vedel, chercheur CNRS au CEVIPOF, et de Claude Robillard, secrétaire général à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Je remercie aussi Michel Arseneault, Philippe Authier, Louise Bernard, Marc-François Bernier, Jean Dion, Marc Lemire, Don MacPherson, Benoît Munger, Pierre-Paul Noreau, Rhéal Séguin et Michel Sénécal. Il va sans dire que l’aide de ces personnes ne signifie aucunement qu’elles partagent la perspective présentée dans cet ouvrage.

 

Introduction

 

 

 

 

 

En mars 2003, le président américain George W. Bush déclenchait la guerre contre l’Irak, prétextant la fabrication d’armes de destruction massive par Saddam Hussein et l’alliance du dictateur avec l’organisation terroriste islamiste Al-Qaida. Les preuves de l’existence de ces armes et celles de l’alliance Hussein/Al-Qaida étaient bien fragiles, mais le New York Times a reproduit sans nuances ni questionnement les positions de la Maison-Blanche. À cette époque, toute remise en cause ou interrogation sérieuse sur l’existence d’armes de destruction massive dans le New York Times était perçue comme une atteinte au patriotisme américain, et les voix discordantes reléguées à la portion congrue de l’espace éditorial, quand elles n’étaient tout simplement pas tues. Un an plus tard, devant le scepticisme grandissant à l’égard de l’existence des soi-disant armes de destruction massive irakiennes, l’ombudsman du New York Times faisait son mea culpa, expliquant la dérive journalistique par le patriotisme exacerbé auquel a succombé le célèbre quotidien. L’image du New York Times comme modèle de rigueur et d’objectivité volait en éclats, le journal ayant tout simplement servi de porte-voix aux mensonges de l’administration américaine.

Le malaise face à cet épisode peu glorieux du journalisme américain s’explique par une croyance fortement ancrée dans la culture politique occidentale : l’association entre, d’une part, la liberté d’expression et la liberté de presse, et d’autre part, la démocratie. Des médias libres symbolisent, plus que n’importe quelle autre institution ou organisation, la liberté d’expression, un ingrédient essentiel en démocratie. Toute restriction à cette liberté est perçue comme une menace à la démocratie. À l’opposé, on ne manque jamais de souligner la censure et le contrôle des médias qu’exercent les régimes autoritaires.

Il y a aujourd’hui un véritable fossé entre, d’une part, l’idéal journalistique de transmission rigoureuse des faits permettant aux citoyens et aux citoyennes de se faire une opinion éclairée sur les enjeux de tout ordre liés à l’évolution du monde et, d’autre part, les résultats de recherche en sociologie du journalisme et en économie politique des médias depuis plus de trente ans. Dans la perspective idéale, les médias constitueraient une « sphère publique », un lieu de délibération accessible, transparent et rationnel. Malgré leurs quelques défauts, ils joueraient le rôle d’un maillon fondamental du système démocratique. Les travaux sur le journalisme politique démontrent au contraire que la propagande, la désinformation, les mises en scène politiques et l’information-spectacle abondent dans les médias un peu partout sur la planète. Si les exemples de contrôle médiatique prennent une tournure plus flagrante dans certains pays non libéraux - on pense aux biais de la chaîne Al-Jazeera, à l’élimination d’une presse indépendante sous la Russie de Poutine et de Medvedev, à l’assujettissement de la télévision dans de nombreux pays comme la Tunisie et le Maroc -, les régimes démocratiques ne sont pas à l’abri des abus médiatiques, comme le montrent le contrôle de la télévision italienne par Berlusconi en Italie jusqu’en avril 2006 et les dérives récurrentes de la presse américaine en temps de guerre[1], entre autres.

Ce livre vise à faire le point sur une série de malaises relatifs aux médias : malaises quant à la crédibilité de la parole journalistique, à l’impact de la propriété de la presse sur les contenus, au mélange des genres entre l’information et le divertissement et au brouillage entre opinion et reportage. Dans quel contexte évoluent les médias et quel est leur degré d’autonomie face à la main qui les nourrit, l’entreprise privée ? Quelles attaches se tissent entre les journalistes et leurs sources ? Existe-t-il quelque chose comme un « contrôle de qualité médiatique » ? Quelles contraintes explicites ou implicites pèsent sur le travail des journalistes ? Comment concilier le rôle de fournisseur d’informations rigoureux des médias avec leur statut d’entreprises à la recherche de profit ? De quels outils disposent les acteurs politiques et tous les acteurs sociaux pour tenter d’influencer, voire de manipuler les médias et l’opinion publique ? Comment les sondages en sont-ils venus à représenter la voix du peuple dans les médias ? Ces questions, et bien d’autres soulevées dans ce livre, indiquent que pour vraiment comprendre le fonctionnement des médias, nous devons nous pencher sur la relative autonomie des journalistes et des médias, en mettant en valeur la toile des contraintes de nature politique et économique à laquelle ils sont assujettis. Voici donc une entreprise de déconstruction de l’image romantique du journaliste valeureux à la recherche des faits et une entreprise de déconstruction du média comme lieu de débat public servant la démocratie. À notre avis, l’association entre médias et démocratie repose sur un grand malentendu alimenté par trois confusions.

Il y a tout d’abord confusion sur le lien entre des médias libres et l’exercice concret de la démocratie. La réalisation, même imparfaite, de la démocratie comme système politique perméable aux volontés populaires, comme système administratif fondé sur la règle de droit, comme système commun de valeurs et comme lieu de débat nécessite des éléments de socialisation politique que rendent possible des médias libres : une éducation civique, une connaissance des acteurs, des idéologies et du système politique, la délibération et la pratique du compromis. Des médias libres constituent donc une condition essentielle à la mise en place de la démocratie, mais certainement pas une condition suffisante. Parmi les autres conditions essentielles, on trouve : une représentation adéquate de tous les groupes par les partis politiques, des mécanismes de participation politique variés capables d’instaurer un véritable « dialogue » entre la société civile et l’État ainsi qu’une capacité d’auto-organisation de la société civile. L’association naturelle entre des médias libres et la démocratie constitue donc un raccourci qui correspond à une méconnaissance des rapports de pouvoir en société et, disons-le, à une certaine forme de naïveté politique.

La deuxième confusion porte sur le pouvoir soi-disant intrinsèquement pédagogique de l’information et de la communication. L’association médias et démocratie repose sur un enchaînement de liens qui paraissent naturels : l’information mène à la connaissance, qui à son tour suscite la réflexion ; la communication est synonyme d’échanges, ce qui conduit à la formation des opinions politiques permettant la prise de décisions éclairées. La démocratie étant fondée sur la capacité pour le peuple de se gouverner (malgré l’ambiguïté de l’expression), sur la supposée capacité qu’a l’individu d’influer sur les politiques publiques, un préalable semble essentiel : qu’on fasse communiquer l’un et l’autre, et que du choc des idées surgissent le consensus et « le gouvernement du peuple pour le peuple ». Mais l’information et la communication ne possèdent aucun pouvoir pédagogique intrinsèque… Plus de messages ne garantit en rien la véracité de ces messages. On peut au contraire identifier de nombreuses situations où la communication et la propagande vont de pair. Par exemple, la communication politique de Hitler et son habile usage des moyens de propagande (radio, cinéma, loisirs, organisation du travail, associations bénévoles, organisations professionnelles, etc.) a contribué à instaurer un contrôle complet de l’Allemagne des années 1930.

Le potentiel pédagogique de l’information et de la communication a au contraire besoin d’une foule de conditions pour se réaliser. L’enchaînement des liens naturels cité plus haut pose problème : l’écoute du bulletin télévisé correspond souvent bien plus à un rituel qu’à un réel apprentissage ; en effet, la rétention d’informations sur un sujet est fonction des connaissances préalables d’un individu[2]. L’information, souvent présentée sous forme de spectacle, ne suscite pas nécessairement la réflexion : les citoyens et les citoyennes, qui s’intéressent de manière épisodique et souvent distraite aux affaires publiques, en débattent peu entre eux ; la communication provoque autant les échanges qu’elle les restreint, comme le montrent les exemples de propos offensants dans les groupes de discussion électronique qui ont un effet refroidissant sur bien des internautes ; les seuls produits journalistiques ne peuvent suffire à la formation des opinions politiques ; cette formation fait l’objet d’un grand intérêt de la part des acteurs politiques et économiques tant dans les systèmes démocratiques qu’autoritaires ; enfin, même les peuples réputés pour leur haut niveau de socialisation politique élisent à l’occasion des gouvernants peu compétents.

La troisième confusion porte sur l’aura d’harmonie qui se dégage de la communication, sur la prétendue bonne entente qui en résulte, sur l’idée de consensus qui y est associée. L’expression « idéologie de la communication » renvoie à ce type de liens ; à partir des années 1940 naît un discours explicite et cohérent qui apparaît comme une solution alternative aux idéologies politiques perçues comme ayant fait faillite. « L’idéologie de la communication se présentait comme une idéologie «sans ennemis» instaurant - grâce aux techniques - une sorte de norme consensuelle dans les rapports sociaux[3]. » La communication est donc perçue comme distillant naturellement de l’harmonie : qui se parle s’entend.

Or, cette perspective fait fi des intérêts divergents des individus et des groupes constitutifs de la société et postule comme normale l’existence de consensus sociaux ; il s’agit là d’une vision naïve des rapports de force en société et du genre humain. La vie collective est tissée de relations antagoniques que le politique a justement comme mission de gérer. La communication peut servir à mettre au jour les divergences d’intérêts et faire le point sur les attentes, mais le compromis relève davantage de la recherche de la justice et du véritable respect des droits que de la communication, fût-elle apparentée à une discussion franche et exhaustive.

Pour dissiper le grand malentendu concernant l’association entre les médias et la démocratie, nous examinerons le rôle politique des médias à partir d’une analyse matérielle - entendue au sens des pratiques, de la législation et de la réglementation ainsi que de l’économie politique - et d’une analyse symbolique. parmi les conditions matérielles dans lesquelles évoluent les journalistes et les médias, on trouve les pratiques journalistiques, les fondements de la routine médiatique, les liens personnels et institutionnels entre les journalistes et leurs sources, les relations de travail, la structure décisionnelle des médias, leurs assises économiques, leur statut juridique, l’impact de la publicité sur les contenus, l’organisation des réseaux électroniques, les objectifs de la construction des gouvernements électroniques, les stratégies des acteurs prédominants dans le cyberespace, la législation et la réglementation des médias traditionnels et les régulations des technologies médiatiques.

À cette analyse matérielle des médias viennent se superposer des aspects plus symboliques qui permettent de saisir la signification politique des pratiques et des organisations. Au-delà de leur fonctionnement matériel, les médias sont conçus comme un lieu de délibération ou une agora libre : le code de communication des personnages politiques s’exerce sur le mode de la plaidoirie ; les styles politico-médiatiques s’inscrivent dans des rapports affectifs et ludiques ; l’opinion publique symbolise le pouvoir du peuple ; et la mise en place de nouvelles technologies médiatiques s’accompagne de rêves d’une société meilleure.

À notre avis, seule une analyse qui relève à la fois des aspects matériels et symboliques permet de saisir l’écheveau des intérêts qui entourent les médias et le nœud de croyances auxquelles ils participent. En effet, si l’examen des conditions matérielles dans lesquelles évoluent les journalistes et les médias explique en partie les stratégies et les comportements des divers acteurs, il faut joindre à cette perspective un volet plus immatériel ; les médias transmettent des idées qui elles-mêmes s’insèrent dans un contexte idéologique plus large. Les médias sont socialement et historiquement situés ; ils ne peuvent faire fi de la culture politique dans laquelle ils baignent, c’est-à-dire des croyances, des préjugés, des idées dominantes, de certains types de participation politique, des hiérarchisations sociales, etc.

L’analyse matérielle et symbolique des médias a pour but de saisir le rôle politique des médias, c’est-à-dire leur rôle dans l’évolution des rapports de force en société. Dans le premier chapitre, notre objectif est de contester de manière plus approfondie l’association médias et démocratie, c’est-à-dire de discuter de la sphère publique comme concept pouvant servir à expliquer adéquatement le rôle ou la fonction des médias dans les sociétés dites démocratiques. Le concept de sphère publique a été abondamment discuté à cause des aspects normatifs qui le fondent et qui se trouvent en complète contradiction avec les pratiques politiques erratiques des citoyens : non, le citoyen moyen n’est ni rationnel ni très intéressé à la chose politique ; non, le débat public ne se fait pas sans que soient pris en considération le statut des personnes qui s’expriment dans l’espace public ; non, ce n’est pas la qualité de l’argumentation qui préside au choix des acteurs mis en valeur dans les médias. La sphère publique constitue cependant un concept utile parce qu’il permet de fixer un idéal, celui de la « responsabilité sociale des médias ». Notre propos consistera à démontrer que les médias ne satisfont pas à cette responsabilité et ne constituent pas une sphère publique au sens habermassien du terme. Ils se situent plutôt sur un continuum où se trouve à une extrémité la sphère publique et à une autre l’appareil idéologique, expression qui renvoie à l’utilisation que font les élites des médias.

On ne peut, en effet, concevoir les médias comme une agora où les enjeux sociaux seraient débattus librement, un lieu neutre, étranger aux conflits. Les médias sont au contraire interdépendants des pouvoirs politiques et économiques, ce que nous nous emploierons à démontrer aux chapitres 2 et 3. Les médias exercent un « rôle politique », pas nécessairement partisan, mais un rôle dans le maintien ou l’évolution des rapports de force entre différents pouvoirs. Le poids de la presse écrite et audiovisuelle dans la représentation des événements en tout genre n’est pas neutre ; il a un impact dans les rapports sociaux. L’examen des interdépendances entre les médias et les pouvoirs politiques et économiques nous permettra de comprendre en quoi cette situation des médias colore fortement la représentation qu’ils donnent de l’État libéral et du système capitaliste.

Le rôle politique des médias doit être appréhendé sur deux plans : celui des journalistes et celui des organisations médiatiques, aucun n’étant réductible à l’autre. La distinction est essentielle, parce qu’au-delà de l’autonomie relative dont disposent les individus dans une entreprise de presse, des exigences organisationnelles pèsent sur le travail journalistique. Les volontés individuelles ne peuvent faire fi des contraintes structurelles, elles les intègrent souvent de manière toute naturelle ; les contraintes, pensées comme normales, finissent par perdre leur visibilité. Les journalistes se veulent libres, ils se pensent libres, oubliant que, comme chacun de nous, ils sont assujettis à des contraintes organisationnelles.

L’interdépendance entre médias et pouvoirs politiques, l’objet du chapitre 2, s’explique de plusieurs manières. Les journalistes ont besoin de recourir à des sources fiables, régulières et crédibles comme les institutions ou les personnages politiques, et ceux-ci cherchent à construire ou à entretenir une bonne image publique. S’instaurent alors entre les uns et les autres des liens de dépendance mutuelle, qui ne renvoient toutefois pas à un jeu à somme nulle. De plus, les médias et les pouvoirs politiques fonctionnent en vertu de principes semblables, comme l’insistance sur les personnalités. Ils construisent ensemble la « politique spectacle », une politique assimilée aux loisirs comme le sport, le théâtre et le jeu. Les personnages politiques deviennent des « vedettes » et les affaires publiques sont appréhendées comme des shows et fondées sur l’exaltation et la performance. Enfin, parce que les hommes et les femmes politiques servent de sources privilégiées, leur discours, qui domine la scène médiatique, fera l’objet d’un examen détaillé.

L’interdépendance entre médias et pouvoirs économiques, l’objet du chapitre 3, peut être analysée en considérant la vie propre que possèdent les organisations médiatiques comme entités juridiques et économiques. Ces organisations, dans leur majorité, appartiennent à des entreprises privées, et fonctionnent en vertu d’un certain nombre de principes et de règles. Les entreprises privées sont des structures hiérarchiques visant la maximisation du retour sur l’investissement et ayant à leur tête des patrons qui font partie des élites économiques et sont généralement en bons termes avec les élites politiques. Tous les médias, même ceux qui n’appartiennent pas au secteur privé, doivent se plier aux logiques du système économique auquel ils appartiennent, et au premier chef à la marchandisation et à la concentration économique. En théorie, les médias sont coincés entre la nécessaire rentabilité et une mission d’information politique, deux objectifs étrangers l’un à l’autre ; en effet, la qualité de l’information ne garantit en rien le succès commercial, et la bonne santé financière n’est certes pas une mesure à l’aune de laquelle on peut évaluer l’information. L’examen des logiques économiques citées nous permettra de cerner le dilemme et d’évaluer le poids des contraintes économiques sur le fonctionnement des médias.

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