Où va la Guinée ?

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L'auteur synthétise le fruit de plusieurs années de réflexions sur les choix politiques des principaux gouvernements qui se sont succédé en Guinée et leur incidence négative sur les conditions de vie des populations, et ce, malgré les richesses immenses et diversifiées dont dispose le pays. Après une analyse et une évaluation méticuleuse, l'auteur propose des orientations et des réformes qu'il convient d'adopter comme thérapie pour sortir la Guinée de l'impasse.
Publié le : mardi 1 juin 2010
Lecture(s) : 324
EAN13 : 9782296262102
Nombre de pages : 197
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Où va la Guinée ?




















Sociétés Africaines et Diaspora
Collection dirigée par Babacar SALL

Sociétés Africaines et Diaspora est une collection universitaire à
vocation pluridisciplinaire orientée principalement sur l'Afrique et sa
diaspora. Elle accueille également des essais et témoignages pouvant
servir de matière à la recherche. Elle complète la revue du même nom et
cherche à contribuer à une meilleure connaissance des réalités historiques
et actuelles du continent. Elle entend également œuvrer pour une bonne
visibilité de la recherche africaine tout en restant ouverte et s'appuie, de
ce fait, sur des travaux individuels ou collectifs, des actes de colloque ou
des thèmes qu'elle initie.

Déjà parus

Aldo AJELLO, Brasiers d'Afrique. Mémoires d'un émissaire pour la paix, 2010,
Thierno DIOP, Léopold Sédar Senghor, Majhemout Diop et le marxisme, 2010.
Sidiki KABA, La Justice universelle en question. Justice de blancs contre les
autres, 2010.
Seidik ABBA, Rébellion touarègue au Niger. Qui a tué le rebelle Mano
Dayak ?, 2010.
Mandiaye GAYE, Le Sénégal sous Abdoulaye Wade. Banqueroute, corruption
et liberticide, 2010.
eM Boucounta DIALLO, La crise casamançaise. Problématique et voies de
solutions, 2009.
Seidik ABBA, La presse au Niger. Etat des lieux et perspectives, 2009.
Momar Sokhna DIOP, Quelles alternatives pour l’Afrique ?, 2008.
Kodou WADE, Sexualité et fécondité dans la grande ville africaine, la cas de
Ouakam, 2008.
Ndiassé SAMBE, El Hadji Diouf, footballeur et rebelle, 2008.
Seidik ABBA, Le Niger face au Sida : atouts et faiblesses de la stratégie
nationale contre la pandémie, 2008.
Mame Marie FAYE, L’immolation par le feu de la petite-fille du président
Wade, 2008.
Thierno DIOP, Marxisme et critique de la modernité en Afrique, 2007.
Jean Joseph PALMIER, La femme noire dans le cinéma contemporain, 2006.
Emmanuel EBEN-MOUSSI, L’Afrique doit se refaire une santé. Témoignage et
réflexion sur 4 décennies de développement sanitaire, 2006.
Vincent FOUDA, Eglises chrétiennes et Etats-nations en Afrique, 2005.
Mamadi CAMARA








Où va la Guinée ?

Mémorandum à un ami
pour sauver notre pays











Préface d’Albert Bourgi

























Du même auteur


Quarante ans de gestion socialiste et libérale
de la monnaie en Guinée (1958-1998)
Editions Ganndal, Conakry, 2003






























© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12449-3
EAN : 9782296124493






A Dieney Fadima Kaba.
Mon épouse bien-aimée

A mes enfants Sékou Mamadi, Laye Kaba, Latéfa Conè et Ibrahima Kalil
Pour l’impulsion qu’ils ont donnée à ma vie

A ma petite sœur Sogbè
Pour son soutien constant












REMERCIEMENTS


Je voudrais dire ma gratitude à Saïkou Barry et Mohamed Lamine
Touré, anciens Gouverneurs de la Banque Centrale de la République de
Guinée, qui ont lu la première version de mon manuscrit et fait des
commentaires avisés. Comme N’Faly Sangaré et Momory Camara, ils ont
contribué à ma formation de banquier central et de macroéconomiste.

Je remercie mes amis Fodé Bangaly Soumah, Mamadou Doumbouya,
Ibrahima Diallo et Moussa Sidibé, pour avoir lu tout ou partie de mon
manuscrit, et formulé des observations pertinentes sur les parties concernant
leurs domaines d’expertise respectifs.

Mes remerciements vont également à (i) Ismael Diakité. Esprit vif,
intelligent, il a écrit, en 2003, la postface de mon premier ouvrage. Ensuite,
il a lu le manuscrit concernant ce deuxième livre et fait des observations
adroites ; (ii) Saloun Cissé, l’un des plus grands spécialistes du milieu
naturel guinéen. Son appui a été précieux dans la documentation ; (iii)
Ibrahima Sory Djoumessy dont les conseils et la profonde connaissance du
microcosme politique guinéen ont été utiles dans l’amélioration de certains
chapitres ; (iv) Abdoulaye Touré, qui m’a aidé dans la documentation et m’a
fait profiter de son expérience dans le suivi de l’évolution économique de la
Guinée au cours des 20 dernières années ; et (v) Alain Cournanel, mon
ancien professeur d’Economie politique à la Faculté de l’Ecole Supérieure
d’Administration de l’Institut Polytechnique de Gamal Abdel Nasser de
Conakry. Sur le tout premier brouillon du manuscrit, il a fait des critiques
qui ont contribué à l’amélioration de la qualité de l’ouvrage.

Je remercie Giovanni Tibaldeschi pour avoir accepté d’écrire la postface
de cet ouvrage. Ancien fonctionnaire à la Banque africaine de
développement en qualité d’Expert en Agriculture et Environnement,
aujourd’hui Consultant international, il a une connaissance de la Guinée et
de ses responsables qui lui a permis de s’exprimer aisément sur les questions
soulevées dans le présent ouvrage.

Je remercie Albert Bourgi, universitaire et politologue français.
Participant souvent au « Débat africain », l’émission dominicale de Radio
France Internationale animée par Madeleine Moukamabano, Bourgi est bien
connu en Europe, au Proche-Orient et en Afrique. Il n’a pas hésité, un seul
instant, à accepter d’écrire la préface de cet ouvrage dès qu’il a été sollicité.


Je remercie tous ceux qui n’ont pas été cités et qui ont contribué,
directement ou indirectement, à l’amélioration de cet ouvrage. Je remercie
enfin ceux qui, à la faveur des discussions que j’ai engagées avec eux sur
différents sujets, m’ont permis de mûrir certaines réflexions et de créer en
moi le besoin incompressible d’écrire pour dire ce que je pense de certaines
questions stratégiques de développement économique et social préoccupant
les Guinéens et tous ceux qui, à travers le monde, aiment la Guinée et sont
soucieux de son devenir.



































Sommaire



Préface .................................................................................................... 15

Introduction............................................................................................. 17

1. L’Etat, le gouvernement et les citoyens.............................................. 23

2. L’art des nominations ......................................................................... 33

3. La retraite des hauts fonctionnaires.................................................... 39

4. Grève de janvier et février 2007
Les enseignements d’une révolution manquée....................................... 43

5. Fondement et finalité des privatisations............................................. 49

6. Crise énergétique ................................................................................ 55

7. Travaux publics, transports et autres.................................................. 67

8. La protection de l’environnement : un enjeu vital.............................. 71

9. Un vaste jardin.................................................................................... 79

10. Relance du transport ferroviaire ....................................................... 87

11. Les télécommunications, un outil de développement....................... 99

12. La santé et la sécurité ....................................................................... 103

13. Problèmes de population .................................................................. 111

14. 2007 : L’année du bac ...................................................................... 121

15. Etat des billets de banque ................................................................. 129

16. Les voies et moyens.......................................................................... 135

17. Développements économiques récents............................................. 143

18. Le reste du monde et nous ................................................................ 155
11

Conclusion .............................................................................................. 163

Post-scriptum : Coup d’Etat post-mortem
et violation des droits de la personne ..................................................... 169

Annexes .................................................................................................. 179

Bibliographie .......................................................................................... 189



































12









« Mon objectif, ce n’est pas de construire la société de demain, c’est de
montrer qu’elle ne doit pas ressembler à celle d’aujourd’hui. »

Albert Jacquard




















PRÉFACE




A un moment où la Guinée cherche sa voie et où les principales forces,
notamment politiques et sociales, de ce pays sont déterminées à tourner
définitivement le dos aux dérives qui ont eu cours pendant ces dernières
décennies, l’ouvrage de Mamadi Camara a le grand mérite d’offrir aux futurs
dirigeants des clés pour affronter les défis à venir.
Averti par sa riche expérience, à la fois nationale et internationale, des
multiples dimensions que revêt une véritable politique de développement,
l’auteur n’élude aucune question, comme en témoignent les diverses
« têtes » de chapitre que recouvre sa réflexion. Celle-ci prend bien
évidemment en compte les questions économiques, financières et sociales
auxquelles s’identifie une bonne gestion du pays, mais elle est également
indissociable d’une analyse politique articulée autour du respect, par les
responsables nationaux, des principes et des valeurs qui fondent une
démocratie. C’est à ce titre, par exemple, que Mamadi Camara passe au
crible les méfaits d’une gestion patrimoniale de l’Etat dont témoigne, parmi
bien d’autres exemples, « la prise de décrets et de contre décrets au cours
d’une même journée, dictée par la seule prise en compte d’intérêts
particuliers »…
Tout au long de son ouvrage, dont la lecture aisée se conjugue avec la
rigueur de ses démonstrations, l’auteur n’a guère de mal à mettre en
évidence les multiples impasses auxquelles ont conduit les pratiques de
népotisme et de clientélisme mises en œuvre au cours des trente dernières
années.
Cela va des nominations à des postes de responsabilité, ou du
déroulement des carrières des fonctionnaires, au dévoiement systématique
des règles du libéralisme dont la Guinée a fait officiellement l’option à partir
de 1984.
C’est de ce même registre, tout à la fois de l’exhaustivité et de la
précision que relève, par exemple, le rappel de « l’onde de choc » provoquée
par le soulèvement populaire de janvier et février 2007, et les revendications
dont le mouvement social était porteur. Mamadi Camara analyse sans
complaisance les causes de l’échec du gouvernement de large consensus mis
en place sous la pression de la rue. Il tire, en fin de compte, un bilan
totalement négatif de cette période où les deux premiers ministres qui se sont
succédé, se sont davantage évertués à s’inscrire dans la continuité politique
qu’à marquer la rupture tant souhaitée par l’écrasante majorité des Guinéens.
15
En lieu et place d’une politique de réformes économiques et sociales, les
chefs de gouvernement en question n’ont eu d’autre souci que de perpétuer
des pratiques qui confortaient les cercles de pouvoir les plus proches du
Président Lansana Conté et prolongeaient, voire aggravaient, les conditions
de vie des populations.
Bien qu’il s’agisse d’un ouvrage que l’on peut qualifier « d’engagé »,
son auteur ne se départit jamais des qualités que requiert une réflexion
sérieuse. Statistiques à l’appui, l’auteur prend toujours soin d’étayer ses
arguments et de développer des démonstrations qui ne souffrent aucune
contestation.
Le résultat est que l’ouvrage de Mamadi Camara comble un vide : celui
d’une bonne connaissance du système guinéen qui ne s’est guère préoccupé
de l’intérêt général. A l’évidence, la classe politique appelée prochainement,
une fois qu’elle sera consacrée par le suffrage universel, à diriger la Guinée,
disposera d’un instrument d’analyse qui lui permettra de donner enfin au
pays le rang et la place que lui confèrent naturellement ses multiples atouts,
aussi bien humain et intellectuel qu’économique et financier.

er Paris, le 1 septembre 2009
Albert BOURGI
Professeur des Universités en Droit Public



16



INTRODUCTION



Autrefois dénommée Rivières du Sud jusqu’au décret du 17 décembre
1891, puis Guinée française qui intègre l’Afrique occidentale française créée
1par un décret du 16 juin 1895 , la Guinée a accédé à la pleine et entière
souveraineté internationale le 2 octobre 1958, à l’issue du référendum
organisé par le Général Charles de Gaulle dans les colonies françaises
d’Afrique le 28 septembre 1958 et au cours duquel les populations
guinéennes votèrent massivement pour l’indépendance immédiate et sans
conditions. Elle prend alors successivement le nom de République de
2Guinée, puis République Populaire Révolutionnaire de Guinée (en 1982) ,
et, enfin, République de Guinée depuis le 3 Avril 1984.
Situé en Afrique occidentale, le territoire guinéen couvrant une
2superficie de 245.857 km , se présente sous la forme d’un arc de cercle dont
l’intérieur est tourné vers l’océan atlantique sur 300 km. La Guinée est
entourée par le Sénégal et le Mali au nord ; la Sierra-Léone, le Libéria et la
Côte d’Ivoire au Sud ; la Côte d’Ivoire à l’Est ; et la Guinée-Bissau à
l’Ouest. Le pays se compose de 4 régions naturelles : la Guinée Maritime, la
Moyenne Guinée, la Haute Guinée et la Guinée Forestière ayant leurs
spécificités géographiques, économiques et culturelles. Ces quatre régions
couvrent les pourcentages suivants de la superficie totale : Guinée Maritime
(18%) ; la Moyenne Guinée (22%) ; la Haute Guinée (40%) et la Guinée
Forestière (20%).
Après la conquête de son indépendance en 1958, l’évolution du pays a
été marquée par une longue période de gestion étatique de type socialiste
pendant 26 ans, avec un système de parti unique, suivie d’une non moins
longue période de libéralisme économique et de démocratie multipartite (24
ans) caractérisée par un manque d’alternance présidentielle en dépit de trois
élections présidentielles en 1993, 1998 et 2003. Ces deux périodes ont
engendré une faillite économique, financière et sociale avec l’apparition de
èmeprofonds déséquilibres internes et externes notamment sous la 2
République (1984-2008). Cette faillite s’explique avant tout par la mauvaise
gouvernance et certaines contraintes qui n’ont pas permis au pays d’amorcer
son décollage économique en dépit de l’existence d’enviables ressources
naturelles.

1 Cf. Ahmed Sékou Touré, Tome 1, par André Lewin, Editions L’Harmattan, Paris, 2009.
2 Elle fut consacrée par la deuxième Constitution élaborée sous la Première République en
1982 et abandonnée dès la prise du pouvoir par l’armée le 3 avril 1984.
17
En effet, le pays est généreusement doté par la nature. Sa position
géographique lui confère beaucoup d’avantages. Les ressources naturelles
sont d’une rare richesse et constituent de véritables atouts pour le
développement économique et social. Pour en avoir une illustration, il suffit
de prendre cinq atouts naturels dont l’exploitation aurait pu permettre au
pays, en ce début du 21ème siècle, d’être parmi les pays à revenu
intermédiaire. Il s’agit de son potentiel minier, énergétique, hydrologique et
agricole, et de l’ouverture du pays sur la mer.
3Le potentiel minier est énorme. Les principales ressources minérales
sont la bauxite, le minerai de fer, l’or et le diamant. Cette énumération est
loin d’être exhaustive. Le sous-sol guinéen renferme une réserve globale de
bauxite estimée à 45 milliards de tonnes métriques, soit les 2/3 des réserves
mondiales prouvées de ce minerai, avec de très fortes teneurs en alumine.
Pour le fer, les réserves connues à ce jour sont estimées à 12 milliards de
tonnes de très haute teneur (65-68%). Quant à l’or, le potentiel est estimé à
plusieurs centaines de tonnes. La production annuelle actuelle se situe autour
de 35 tonnes. Enfin, pour le diamant, les réserves dépassent les 30 millions
de carats. En 2003, la production avoisinait les 300.000 carats.
Le potentiel énergétique est fabuleux. Selon des estimations effectuées
entre 1978 et 1989, il existe 129 sites potentiels de barrages hydroélectriques
dont les principaux se situent sur les cours d’eau suivants: Konkouré, Cogon,
Bantala, Kakrima, Fétoré, Kaba, Soukoudoukoura, Bafing, Dundouko,
Kokoulo, Komba, Mamou, Sankarani, Niger, Niandan, Lolo et Diani. Les
puissances estimées de chacun de ces barrages varient de 750 MW (Souapiti
sur le Konkouré en Basse-Guinée) à 10 MW (pour Diani en Guinée
Forestière). En d’autres termes, il existe de nombreuses possibilités de
construction de grands barrages et de micro-barrages sur toute l’étendue du
4territoire national .
La pluviométrie constitue l’un des atouts majeurs du pays. En effet, la
Guinée se caractérise par une pluviométrie abondante estimée annuellement
3 3à près de 400 milliards de m avec environ 350 milliards de m qui se
partagent entre le ruissellement, l’évaporation et l’infiltration. Forte et
relativement bien répartie sur les quatre régions naturelles, elle offre
beaucoup de possibilités sur le plan agricole. La pluviométrie moyenne
annuelle varie de 1.500 à 4.000 mm. Les saisons pluvieuses s’étalent sur 3 à
6 mois au cours de l’année ; et les saisons sèches de 7 à 9 mois par endroit.
Conakry est la région la plus arrosée du pays avec 4.300,1 mm, 3.800,8 mm
et 3.470,1 mm d’eau enregistrés respectivement en 2005, 2006 et 2007. En

3 Cf. Revue de la Chambre des Mines de Guinée, Register 2006, Millésime 2007, République
de Guinée.
Cf. Journal de l’Economie guinéenne, n° 18/19, janvier 2005.
4 Cf. La revue L’Energie en Guinée, Editions 1996, Ministère des Ressources naturelles et de
l’Energie, Direction Nationale de l’Energie, République de Guinée.
18
revanche, Siguiri n’a enregistré que 1.031,8 mm ; 1.236,2 mm ; et 1.352,4
mm sur la même période. Pour réaliser à quel point, la Guinée est gâtée par
la nature, il suffit de comparer ces données avec celles d’un pays sahélien
comme le Niger. Au cours des 4 dernières années (2005-2008), la plus forte
pluviométrie a été enregistrée dans la région de Birni N’Konni avec 775,9
mm en 2006. La plus forte pluviométrie enregistrée dans la capitale,
5Niamey, s’est établie à 645,8 mm d’eau de pluie en 2005 .
Le potentiel foncier est évalué à 364 000 ha de terres aménageables. Il
est favorisé par l’existence de nombreux cours d’eau et d’une végétation
variée et riche. En effet, la Guinée est arrosée par 54 cours d’eau dont les
principaux sont: le Niger et ses affluents longs de 4.200 km, le Bafing, la
Gambie, le Konkouré et la Kolenté. Le fleuve Niger couvre une superficie de
213.000 km . La géographie physique révèle une surface agricole utile de
263.000 km et une végétation composée de forêts denses sèches et de forêts
2 2claires (16.000 km ) ; de forêt dense humide (7.000 km ) ; de savane
2 2herbeuse (200.000 km ) ; et de mangrove (2.500 km ). On dénombre 141
forêts classées. L’effectif des bovins atteint 16 millions de têtes de la race
N’Dama dont la viande est de grande qualité. Les parcours permanents se
chiffrent à 7.500.000 d’ha.
Enfin, le dernier atout réside dans le fait que la Guinée bénéficie d’une
ouverture maritime d’une longueur de 300 km de côte avec trois ports
minéraliers à Kamsar, Conakry et Benty, un port marchandise, un port de
pêche à Conakry. Cela en fait un pays de transit vers l’hinterland et un voisin
de la République du Mali dont l’enclavement oblige à faire passer une partie
de ses importations de biens d’équipement et de consommation par la
capitale guinéenne.
En dépit des possibilités offertes par ces conditions naturelles
favorables, le pays ne parvient pas à amorcer son décollage économique qui
permettrait aux populations de connaître une qualité de vie plus élevée.
Ainsi, l’exploitation minière ne s’est pas soldée par un progrès économique
et social conséquent ; la disponibilité des terres cultivables et de l’eau n’a
pas permis d’atteindre l’auto-suffisante alimentaire ; le potentiel énergétique
n’a pas généré de production d’électricité suffisante pour desservir les foyers
et promouvoir l’industrialisation du pays ; le port autonome de Conakry ne
s’est pas suffisamment développé pour s’imposer dans la sous-région comme
une voie de recours pour les importations et les exportations des pays
enclavés tels que le Mali et le Burkina Faso.
Depuis plus de 30 ans, l’exploitation minière a assuré à la Guinée la
création de 10.000 emplois permanents, plus de 100.000 emplois
temporaires à travers les PME/PMI sous-traitantes, plus de 60% des revenus
de l’Etat, 80% des recettes d’exportation en devises. En outre, elle a

5 Cf. Données pluviométriques fournies par l’ASECNA/Niger.
19

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