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Passage au crible de la scène mondiale

De
156 pages
Cette publication réunit des contributions portant sur l'actualité internationale de l'année 2014. Elle forme un ensemble homogène qui éclaire le lecteur sur les lignes de force parcourant la scène mondiale : résistance des souverainetés étatiques face aux acteurs non étatiques, ambivalence de ressources symboliques, puissance des écosystèmes industriels dans l'économie mondiale ou encore marchandisation des Biens Publics Mondiaux.
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Passage au crible
de la scène mondiale
L’actualité internationale 2014
Cette publication réunit des contributions portant sur
l’actualité internationale de l’année 2014. Elle forme un
ensemble homogène qui éclaire le lecteur sur les lignes de
force parcourant la scène mondiale.
Plusieurs articles mettent tout d’abord l’accent sur la
résistance des souverainetés étatiques face aux acteurs
non étatiques, qu’il s’agisse des États-Unis, de la Russie
ou bien encore de certains pays en développement. Ce
livre aborde également l’ambivalence de ressources
symSous la direction de boliques, mobilisées par exemple par des agences de
notation ou des réseaux transnationaux d’individus. Un autre Josepha Laroche
groupe de textes s’attache ensuite à souligner la puissance
des écosystèmes industriels dans une économie mondiale
où règne désormais une concurrence implacable. Enfn, Passage au crible
une dernière partie traite de la marchandisation des BPM
(Biens Publics Mondiaux) et montre combien ces derniers de la scène mondiale
sont fragilisés, voire menacés de destruction.
L’actualité internationale 2014
Ont contribué à cet ouvrage : Robin Baraud, Florent Bédécarrats,
Alexandre Bohas, Weiting Chao, Adrien Cherqui, Justin Chiu,
Michaël Cousin, Florian Hévelin, Philippe Hugon, Elie Landrieu,
Josepha Laroche, Valérie Le Brenne, Thomas Lindemann,
Clément Paule, Jean-Jacques Roche, Yves Poirmeur.
ISBN : 978-2-343-05865-8
15,50 €
Josepha Laroche
Passage au crible de la scène mondiale 2014





Passage au crible
de la scène mondiale
L’actualité internationale 2014


Sous la direction de Josepha Laroche








Passage au crible
de la scène mondiale


L’actualité internationale 2014











































































































































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05865-8
EAN : 9782343058658
Collection Chaos International
chaos.internationl@dbmail.com
Dirigée par Josepha Laroche

Comité de lecture
Thomas Lindemann, Frédéric Ramel,
Jean-Jacques Roche, Catherine Wihtol de Wenden
et Camille Durette

Responsables éditoriaux
Bruno Van Dooren et Valérie Le Brenne

Désordre, violences, chaos... ainsi est-on tenté de qualifier ce qui se joue
aujourd'hui sur la scène mondiale.
Ce chaos international laisse l'observateur souvent démuni, sinon
désemparé, devant ce qui semble se dérober à l'entendement.
La collection Chaos International offre à ses lecteurs des grilles de
lecture qui permettent de dépasser une simple approche événementielle et
descriptive des relations internationales. Dans un style clair et accessible,
ses ouvrages analysent les nouveaux enjeux transnationaux et restituent le
processus de mondialisation dans sa complexité.
Avec Chaos International, les éditions L’Harmattan s'engagent à publier
sur les grands enjeux internationaux, des recherches claires et accessibles
aux non-spécialistes, sans pour autant céder sur l'essentiel, à savoir la
qualité épistémologique des ouvrages.

Turmoil, violence, chaos – these are the words we are inclined to use when
characterizing the current state of world affairs.
Faced with today’s International Chaos, we often react with
bewilderment – indeed with hopelessness – before a perplexing reality
seemingly impossible to grasp.
In response, the International Chaos Series offers readers an
indispensable framework of analysis that goes beyond the simple
descriptive approach to international events. Clearly written and accessible
to the non-specialist, this series critically investigates the opportunities and
risks of the new transnational order and reappraises the complex process
of globalization.
With the focal point of International Chaos on today’s most pressing
international dangers, the publishers at L’Harmattan promise a series that
is both accessible to general readers and grounded in the most recent and
empirical research.

http://www.chaos-international.org/
Déjà parus

Josepha Laroche, La Grande Guerre au cinéma. Un pacifisme sans illusions, 2014.
Josepha Laroche (Éd.), Passage au crible de la scène mondiale. L’actualité
internationale 2013, 2014.
Florent Bédécarrats, La microfinance. Entre utilité sociale et rentabilité financière,
2013.
Josepha Laroche et Yves Poirmeur (Éd.), Gouverner les violences. Le processus
civilisationnel en question, 2013.
Michel-Olivier Lacharité, Les Compromis médiatiques de MSF au Yémen. Retour
d’expériences, 2013.
Josepha Laroche (Éd.), Passage au crible de la scène mondiale. L’actualité
internationale 2012, 2013. he (Éd.), Passe
internationale 2011, 2012.
Josepha Laroche (Éd.), La loyauté dans les relations internationales, 2011.
Josepha Laroche (Éd.), Passage au crible de la scène mondiale. L’actualité
internationale 2009-2010, 2011.
Dorota Dakowska et Elsa Tulmets (Éds.), Le Partenariat franco-allemand. Entre
européanisation et transnationalisation, 2010.
Thomas Lindemann, Sauver la face, sauver la paix. Sociologie constructiviste des crises
internationales, 2010. Série Synthèses.
Josepha Laroche (Éd.), Un Monde en sursis. Dérives financières, régulations
politiques et exigences éthiques, 2010.
Alexandre Bohas, Disney. Un capitalisme mondial du rêve, 2010.
Jean-Loup Samaan, La RAND Corporation (1989-2009). La reconfiguration des
savoirs stratégiques aux États-Unis, 2010.
Annelise Garzuel, L’Allemagne aux Nations Unies. Une diplomatie modeste, 2009.
Hervé Pierre, Le Hezbollah, un acteur sur la scène internationale, 2008.
Auriane Guilbaud, Le Paludisme. La lutte mondiale contre un parasite résistant,
2008.
eJosepha Laroche, Alexandre Bohas, Canal+ et les majors américaines, 2 éd.,
2008.
Cyril Blet, Une Voix mondiale pour un État. France 24, 2008.
Guillaume Devin (Éd.), Faire la paix, 2005.
Léa Durupt, Notation et environnement, 2005.

Sommaire
Liste des contributeurs .................................................................... 9
Introduction .................................................................................. 11
Partie I
La résistance des souverainetés étatiques ............... 17
Les diplomaties controversées du développement
Florent Bédécarrats ........................................................................ 19
Un usage hégémonique du droit et de la monnaie
Yves Poirmeur ................................................................................ 25
Un néo-patrimonialisme inadéquat
Philippe Hugon ............................................................................... 31
Entre libéralisme interventionniste et réalisme
Jean-Jacques Roche ........................................................................ 37
La radicalisation de la Russie dans la crise ukrainienne
Thomas Lindemann ....................................................................... 43
Partie II
L’ambivalence des ressources symboliques .......... 49
La coercition normative des agences de notation
Elie Landrieu ................................................................................... 51
La coupe du monde de football au Brésil
Élie Landrieu 57
La confirmation d’une doxa humaniste
Josepha Laroche ............................................................................. 63
Les dynamiques individuelles face au changement climatique
Weiting Chao .................................................................................. 69
L’émergence d’une citoyenneté transnationale
Justin Chiu ....................................................................................... 75Partie III
La puissance des écosystèmes industriels .............. 81
La restructuration globale de l’industrie du PC
Justin Chiu ....................................................................................... 83
L’arme de la propriété intellectuelle
Robin Baraud .................................................................................. 89
Une rivalité coopérative entre Apple et Samsung
Adrien Cherqui ............................................................................... 95
Une cérémonie mondiale de marketing
Justin Chiu .....................................................................................101
Sony à l’épreuve d’un monde post-international
Alexandre Bohas ...........................................................................107
Partie IV
La marchandisation des BPM ......................................111
Une organisation discréditée entre déni et impunité
Clément Paule ...............................................................................113
Le désinvestissement des investisseurs en santé publique
Michaël Cousin .............................................................................119
Les océans, des biens publics menacés
Florian Hévelin .............................................................................125
La biodiversité menacée par le marché
Valérie Le Brenne .........................................................................131
L’illusoire confinement d’une crise sanitaire
Clément Paule ...............................................................................137
Index analytique ...........................................................................143
Index des noms de personnes ....................................................147
8
Liste des contributeurs

Robin Barraud, Rédaction de Chaos International.

Florent Bédécarrats, Docteur en science politique. Rédaction de Chaos
International, chercheur à l’AFD.

Alexandre Bohas, Docteur en science politique et Business Analyst pour l’Europe
dans un grand groupe industriel. Rédaction de Chaos International.

Weiting Chao, Doctorante en science politique, Université Paris 1
PanthéonSorbonne. Rédaction de Chaos International.

Adrien Cherqui, Rédaction de Chaos International.

Justin Chiu, Doctorant en science politique, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Rédaction de Chaos International.

Michaël Cousin, Rédaction de Chaos International.

Florian Hévelin, Rédaction de Chaos International.

Philippe Hugon, Professeur de sciences économiques, Université Paris X
Nanterre.

Elie Landrieu, Rédaction de Chaos International.

Josepha Laroche, Professeur de science politique, Université Paris 1
PanthéonSorbonne. Directrice de Chaos International.

Valérie Le Brenne, Doctorante en science politique, Université Paris 1
PanthéonSorbonne. Rédaction de Chaos International.

Thomas Lindemann, Professeur de science politique, Université de
VersaillesSaint-Quentin-en-Yvelines.

Clément Paule, Doctorant en science politique, Université Paris 1
PanthéonSorbonne. Rédaction de Chaos International.

Jean-Jacques Roche, Professeur de science politique, directeur de l’ISAD,
Université Paris II Panthéon-Assas. Directeur de la formation, des études et de la recherche de
l’IHEDN.

Yves Poirmeur, Professeur de science politique et Vice-président de l’Université de
Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.
Introduction
Josepha Laroche
Contrairement à l’École réaliste qui centre exclusivement
ses recherches sur l’acteur étatique et la dimension
diplomatico-stratégique, toutes les présentes études procèdent du
paradigme transnationaliste. Toutes ont ainsi accordé une
importance particulière aux acteurs et aux flux non-étatiques. Mais
cette approche résolument éloignée de tout statocentrisme
n’ignore pas pour autant le rôle parfois majeur joué par les
États. En fait, elle a plus particulièrement pour ambition de
donner à voir les interactions complexes qui se nouent entre
des intervenants aussi hétérogènes que des firmes
transnationales, des ONG, des réseaux sociaux ou bien encore des
Étatsnations. De même, elle s’attache à montrer les intrications
existant entre l’économique et le politique, tant sur le plan macro
qu’à l’échelle micro.
Réunir en un même ouvrage des notes d’analyse critique
∗traitant de l’actualité internationale 2014 , tient de la gageure
car les données qui les ont suscitées étaient dissemblables.
Comment dès lors pouvions-nous les assembler en un tout
homogène et cohérent qui puisse éclairer le lecteur ? D’emblée,

∗ www.chaos-international.org il nous faut donc expliciter notre démarche. En premier lieu,
précisons que le but visé ne relève absolument pas d’une
quelconque logique d’exhaustivité ; tant il est vrai que celle-ci n’est
gage ni de scientificité ni de lisibilité. Le propos consiste plutôt
à discerner par-delà le magma factuel, les événements
emblématiques des relations internationales. Cette règle
méthodologique étant posée, il s’avère nécessaire d’opérer un Passage au
crible de la scène mondiale, c’est-à-dire une discrimination entre les
innombrables séquences apparues dans le maelström de
l’année, afin de retenir et d’examiner plus avant celles qui nous
sont apparues significatives de l’état du monde. Autrement dit,
seuls certains moments clés de 2014 sont traités dans cet
ouvrage.
Après avoir rappelé sous une forme concise et didactique
les principales données factuelles du sujet abordé, et restitué
son contexte historique, chaque texte met en relief sa
signification profonde. Il s’agit en l’occurrence d’offrir au lecteur
intéressé par les enjeux internationaux un cadrage théorique qui lui
permette d’analyser la confusion devant laquelle il reste
habituellement trop souvent démuni, sinon désemparé. En
dépassant la simple surface empirico-descriptive du moment, qui
semble se dérober à l'entendement, il convient donc de
construire des repères et de proposer des clés productrices de sens.
Au cours de l’année 2014, les États ont manifesté une
solide résistance face aux divers mouvements de
transnationalisation et aux turbulences dont ils font l’objet. Quelles que
soient leur spécificité et leur puissance, ils se sont en effet bien
souvent montrés en mesure de contrer les menées d’acteurs
hors souveraineté qui contestaient leur légitimité. La Partie I, La
résistance des souverainetés étatiques en témoigne.
L’exemple le plus paradigmatique reste à cet égard sans nul
doute celui où l’on voit comment les États-Unis ont su
imposer leur hégémonie à une grande banque privée de
rayonnement mondial, la BNP (Un usage hégémonique du droit et de la
monnaie, Yves Poirmeur). Par-delà les tribulations de cette dernière,
on comprend comment la puissance américaine a réussi à
dominer tout un ensemble d’intervenants grâce à la
mondialisa12 tion de ses normes. Curieusement, par la mobilisation de
ressources certes plus traditionnelles, il en va de même pour l’État
russe (La radicalisation de la Russie dans la crise ukrainienne,
Thomas Lindemann) qui – malgré les sanctions infligées par
l’Union européenne et les États-Unis – réussit à dicter son
agenda et ses priorités diplomatico-stratégiques dans la crise
ukrainienne.
S’agissant des rapports Nord-Sud, la réunion du
Partenariat mondial pour une coopération efficace qui s’est tenue au Mexique
(Les diplomaties controversées du développement Florent Bédécarrats),
montre bien comment les acteurs étatiques savent faire bloc, le
moment venu, en matière d’aide, pour utiliser celle-ci comme
un simple instrument au service de leur stratégie. C’est ainsi
une manière de résister aux demandes issues des sociétés civiles
relayées par les ONG et les exigences de certaines
organisations internationales comme l’ONU.
Finalement la diplomatie westphalienne – telle qu’elle a
dominé de manière implacable durant plusieurs siècles – résiste
plutôt bien face au processus de transnationalisation en cours.
Elle se maintient parfois même de manière surprenante,
lorsqu’elle ne se trouve pas purement et simplement renforcée à
l’occasion d’une conjoncture locale. Notons qu’il en a été ainsi
cette année, notamment en Afrique. En effet, au Burkina Faso
par exemple (Un néo-patrimonialisme inadéquat, Philippe Hugon)
les revendications de la population sont restées lettres mortes
après le renversement de Blaise Compaoré.
En revanche, les calculs des diplomaties occidentales –
celles de la France et des États-Unis – ont nettement prévalu.
Au regard de la menace islamiste qui s’est brusquement
accentuée sur le continent, ces États ont dû bouleverser leur agenda
et modifier substantiellement leurs priorités. Il apparaît ainsi
désormais clair, qu’ils n’instrumentalisent plus le
néopatrimonialisme de leur partenaire africain, comme ils l’ont fait
auparavant, pendant tant d’années.
Cette logique régalienne s’observe a fortiori avec les
opérations militaires Sangaris, Serval et Barkhane (Entre libéralisme
interventionniste et réalisme, Jean-Jacques Roche) qui sont menées
13 par les armées françaises dans les principaux pays de la bande
sahélo-saharienne (BSS) : Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et
Burkina-Faso. Ce faisant, elles viennent illustrer à merveille la
conformité de cette politique à la tradition réaliste en
s’inscrivant clairement dans le cadre classique des relations
interétatiques.
Certes, ce premier groupe d’études soulignent combien
les acteurs étatiques réussissent encore aujourd’hui à affirmer
parfois leur autorité en mobilisant leurs éléments constitutifs.
Mais cet ouvrage relativise ensuite cette résistance des
souverainetés étatiques dans sa Partie II, L’ambivalence des
ressources symboliques. En effet, les articles qui la composent
mettent au contraire l’accent sur la puissance normative et
contraignante d’organismes privés. Ainsi, en est-il des agences de
notation, capables de sanctionner symboliquement les États,
voire de les stigmatiser mondialement. Dès lors, la dimension
symbolique peut être rapidement convertie sur le plan
politicoéconomique (La coercition normative des agences de notation, Elie
Landrieu) et fragiliser alors le pays ciblé. Avec une entité bien
différente – la FIFA – on observe également cette même
aptitude à s’ingérer dans les affaires intérieures d’un État (La coupe
du monde de football au Brésil, Élie Landrieu) et la capacité
surprenante, voire exorbitante, de transformer les formes du pouvoir
étatique.
Que dire par ailleurs de l’ambition transnationale affichée
par l’institution Nobel lorsqu’elle développe sa diplomatie
nonétatique sur la scène mondiale, sinon, qu’à travers l’attribution
de ses prix, elle ne cesse de classer et déclasser les États ?
Mieux, elle ne cesse de les hiérarchiser, tandis que ceux-ci sont
condamnés à se soumettre à sa logique symbolique (La
confirmation d’une doxa humaniste, Josepha Laroche). Ce recours
systématique à la notoriété mondiale si caractéristique des Nobel
s’observe aussi dans le cadre de mobilisations transnationales
visant à faire prévaloir un ensemble de valeurs ou bien des
engagements en faveur d’une ligne politique.
S’agissant de la lutte contre le réchauffement climatique,
on a ainsi vu par exemple de nombreuses personnalités faire
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