Pensées pour le futur de nos territoires

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Inventer le futur devient une obligation pour les élus, les responsables de collectivités territoriales, les citoyens. D'un monde mécanique hérité de deux siècles d'industrialisation, ne passons-nous pas à travers une civilisation dans laquelle la vie retrouve sa place, les rapports de l'homme avec la nature commencent à devenir plus sains, le rapport de nos sociétés à la planète se transforme sous la pression des événements catastrophiques ? Nouveaux rapports à l'espace, au temps, à la nature, à la connaissance sont les enjeux de cette nouvelle civilisation.
Publié le : lundi 1 février 2010
Lecture(s) : 259
EAN13 : 9782296251175
Nombre de pages : 184
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Les dix commandements pour une démarche de réflexion prospective Tu passeras par la globalité systémique pour maîtriser la complexité. Tu te projetteras dans le temps long, dans l’intention de faire émerger le futur du territoire. Tu porteras les projets selon une approche transversale, croisant les actions provenant des champs économiques, sociaux, environnementaux. Tu construiras un modèle de développement où chacun puisse avoir prise sur sa vie. Tu mobiliseras les citoyens pour partager le diagnostic concernant les mutations économiques, sociales, sociétales. Tu favoriseras la gouvernance par l’harmonisation entre politique et exécutif, entre partenaires locaux et nationaux, entre élus et citoyen. Tu éduqueras les citoyens au projet collectif du développement durable. Tu communiqueras avec tes pairs en signant la charte numérique. Tu creuseras l’identité du territoire dans les sillons du patrimoine, de sa diversité culturelle, de sa dynamique intergénérationnelle. Tu évalueras non les outils, mais les usages, non le quantitatif mais le qualitatif, l’essentiel est de dégager le sens des actions vécues.

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1. INTRODUCTION Cet ouvrage est composé de conférences que nous avons données, de synthèses de séminaires, de rencontres, de débats, avec diverses organisations territoriales ou institutionnelles auxquelles nous avons participé, au cours des années 2007 à 2009 ; nous l’avons enrichi de synthèses provenant de la lecture d’ouvrages venant éclairer les évolutions en cours et les possibles organisations sociétales de demain. Nous avons regroupé ces réflexions en deux grandes parties : A. La société de la connaissance en œuvre dans nos territoires B. Une nouvelle civilisation émerge dans nos territoires La rapidité des changements sociétaux en cours, l’accélération des innovations technologiques, en particulier dans le monde des nouvelles technologies de l’information et de la communication, nous obligent à faire des distinctions conceptuelles, par exemple : - en ce qui concerne la nature de l’économie (voir chapitre 5)
Types d’économie Économie de marché, Capitalisme libéral Économie de l’environnement Capitalisme dématérialisé Économie de la Connaissance, Capitalisme cognitif Économie Ecologique, Capitalisme relatif

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-en ce qui concerne le rapport à l’espace (voir chapitre 12)

- en ce qui concerne notre rapport au savoir (chapitre 2) :
Capital cognitif orienté selon différentes finalités : Apprentissage défini selon les objectifs Connaissance scientifique Know why Connaissance pure Know what Savoir-faire Know how Savoirs relationnels Know who

Learning by Learning by studying, commuting; learning by Réseau searching, informel Collège Salon invisible, professionnel Contrats entreprises laboratoires

Learning by Learning by using, by networking; interacting; Groupe projet Travail en réseau équipe

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- en ce qui concerne notre rapport au temps (chapitre 8) :
Temps/ Items Le complé ment du temps Temps cyclique/ circulaire Les saisons, Les astres, Les âges de la vie Temps linéaire historique La durée, Le présent originaire Temps linéaire singulier Le temps physique, mécanique se laïcise Temps réel Le temps rapporté Temps virtuel, Le temps uchronique

- en ce qui concerne nos échanges numériques qui renouvellent le statut de la confiance, et la nature des relations multiculturelles (chapitre 9) entre individus, entre entreprises, entre collectivités locales, entre organisations internationales :
Individus/mén ages : Nouvelle diaspora Individus : Combost Flick,Twango … Facebook, Myspace Ménages : Meetic,Ber, Parship Entreprises Collectivités locales Internet Society Organisations Internationales OIT, OMS, OMC, ITU OIT.IRS (blanchiment de l’argent)

ICAN Iso 9000-9001 Iso 14000-14001 Le Génius bar (Contrôle/qualité, (comportements environnementaux) d’Apple 2 millions Réseau de villes d’entreprises) Créatives, des Iso 26000 (responsabilité Régions Créatives. sociétale)

D’autres évolutions sont abordées au cours des deux grandes parties et des douze chapitres afin que le lecteur puisse entrer dans cet ouvrage par la porte qu’il connaît et puisse découvrir et s’imprégner d’autres approches complémentaires.

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A. LA SOCIETE DE LA CONNAISSANCE EN ŒUVRE DANS NOS TERRITOIRES 2. L’intelligence territoriale1 À la suite des trente glorieuses, des crises du pétrole, les pays européens décident de reprendre leur primatie, par la maîtrise des connaissances : ce sont des investissements dans la recherche, accompagnés d’un renouveau de l’enseignement supérieur, des dispositifs favorisant le transfert technologique entre Laboratoires de Recherche et Grands Groupes (GIP, laboratoires mixtes, …) et avec les PMI (CRITT, réseaux de conseillers technologiques, Technology Innovation Center…) . La plupart des pays réunissent ces activités dans des parcs technologiques, Technopoles (42 en France). Mais ce fut également le renouveau de la culture scientifique et technique : après le Palais de la découverte, vient la cité des Sciences et quelques 30 CCSTI (centre de culture scientifique, technique et industrielle) dans les Régions. Ces différents mouvements se transforment aujourd’hui à travers ce que l’on appelle l’intelligence économique (auparavant il s’agissait de veille technologique et économique), le« Knowledge Management », considérant l’impact de la gestion des compétences dans l’entreprise et la place des investissements immatériels dans la performance des firmes. Ainsi l’Union Européenne s’est fixé pour objectif de devenir à l’horizon 2010, « l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde, capable d’une croissance économique durable, accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale »(Lisbonne,2000). Aussi aujourd’hui, le territoire, par l’intermédiaire des acteurs qui le dynamisent, doit être considéré dans toute sa complexité multidimensionnelle. Il importe d’envisager :

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Conférence donnée par C. Lemaignan, lors du colloque « Education populaire et les TIC », MJC 2007, Espace Mendés France.

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2.1. Le territoire comme intégrateur compétences (B.Guesnier/C.Lemaignan, 2006):

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Il éveille, il rassemble des talents, il offre des ressources cognitives ; L'économie de la connaissance, c'est la reconnaissance de l'information et des compétences comme jouant un rôle croissant dans la production, quelle que soit l'activité considérée. Les territoires qui détiennent des gisements de connaissances suffisamment riches, et offrent les meilleures perspectives d'apprentissage et d'innovation, sont des lieux favorables à la multiplication des relations entre les acteurs économiques, politiques, sociaux, facilitant la production, la diffusion, la valorisation de la connaissance. Ainsi se construisent des territoires apprenants. « Dés lors, le territoire n’est plus une surface délimitée, c’est un principe organisateur approprié, c’est une interaction, c’est une énergie au service d’une altérité déclinée, sous des modalités différentes, à la fois dans la proximité et dans le rapport au monde et aux autres » (JAMBES, 2001). Ces territoires sont « des systèmes ouverts entre acteurs pour développer des connaissances et des compétences, pour innover, ce qui autorise un processus cumulatif de connaissances, permettant de faire face à la concurrence » (BOULIANNE, 2004). Ces systèmes sont composés de sous-ensembles : - de formation, recherche, technologies ; - d’acteurs individuels et collectifs, moteurs du processus d’accumulation d’expériences ; - de pépinières d’entreprise et/ou de « clusters ». Dès 1980, aux Etats-Unis, la part des activités d'information (éducation, recherche, communication médias, informatique) dépasse le tiers du PNB ; 37 % de la valeur ajoutée des entreprises est le fait d'entreprises fondées sur le savoir (informatique spatiale, pharmacie, télécoms, services financiers, services aux entreprises). Dans l'OCDE, les investissements immatériels (IM) ont eu un taux de croissance plus rapide que celui des investissements matériels : ces derniers passent de 0.5% en 1929 à seulement 1.1% en 1990. Le budget R&D aux USA croît en 2003 de 13.8 % (et atteint 117 milliards de dollars). 18

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